lundi 7 juillet 2008

Fraude

Je suis passablement énervé devant ce que je trouve être un abus de pouvoir. Je maudis cette personne et me promets, en rentrant, de façonner en son souvenir une statuette de cire que je transpercerai d’épingles avec un plaisir sadique.

Je décide de me glisser derrière un voyageur pour passer les portillons car je n’ai aucunement envie de payer un ticket que je n’aurais pas eu à payer si on m’avait refait mon Passe Navigo comme c’est prévu dans le contrat. En d’autres termes, je vais frauder. Le premier qui se présente, et ce sera le bon, est un homme.

Au moment où le tourniquet se rabat derrière lui, je me colle contre lui ! Et hop, nous sommes passés. Vu le regard qu’il me lance, il n’a pas apprécié du tout. Soit que je me colle à lui, soit que je fraude…

Je m’en moque. Il n’a qu’à me dénoncer aux contrôleurs absents s’il le souhaite. Je n’attends que ça ! Je suis remonté comme un ressort et il ne manquerait pas grand-chose pour que ça parte…

Il s’agit maintenant de rentrer dans le RER. J’ai déjà vu tellement de personnes le faire, que je n’ai même pas à me poser la question de savoir comment m’y prendre.

Ce coup-ci je repère une jeune femme. Juste avant de m’engager avec elle dans le portillon, je la préviens que je l’accompagne. Elle me prévient à son tour qu’elle ne paiera pas l’amende au cas où un contrôleur surgirait. Je lui dis qu’il n’y aura pas de problème, et hop !

Me voici dans le RER. Une fois là, à cette heure de la journée, je sais qu’il y a très peu de chance que je me fasse contrôler. Si cela devait arriver, j’aurais de quoi récriminer. Je ne sais pas si cela serait entendu, mais cela me permettrait au moins de vider mon sac en espérant que cela remonte là où il faut.

La sortie pouvant s’effectuer sans ticket, je n’ai d’autre souci que de penser à la manière de voyager le lendemain matin et du meilleur endroit où me faire refaire ce fichu Passe Navigo.

Depart

vendredi 4 juillet 2008

Cave Canem

Je m’en moque de ce qu’elle a fait, bien ou mal. Il n’y a que mon problème qui devrait être important à ses yeux. C’est vrai qu’elle a une tête à faire des conneries. Je demande pour la énième fois qu’elle veuille bien faire le nécessaire, que l’agence ne doit fermer que dans une demi-heure, que je dois rentrer chez moi… Comme je n’ai pas de Passe Navigo, je lui demande qui va me payer ou me rembourser mon ticket puisqu’elle refuse de m’en faire un.

Rien à faire, je suis face à des esprits obtus et butés qui ne veulent rien entendre et sont trop pressés d’en finir sans se soucier le moins du monde de mon existence, de mon problème et pour qui le sens commercial ou le souci de la qualité du service n’ont pas encore imprégné leurs méninges.

Sans doute quelques manières à prévoir et à inculquer au cours des séances de formation professionnelle qui ne doivent pas manquer.

Est-ce normal que leur refus m’oblige à acheter un aller retour plein tarif ? Il faudra bien que je rentre chez moi et que je revienne le lendemain dans Paris. Cela ne les gêne pas du tout. Au contraire elles me répondent :

« Revenez demain, ça ouvre à sept heures ! ».

Des pulsions violentes m’envahissent et l’image de cette harpie clouée à la porte de son Club me traverse l’esprit.

Étant maintenant définitivement convaincu que je n’arriverai à rien, je réalise qu’il ne sert à rien d’insister. Ce n’est pas encore aujourd’hui que mon estime pour les préposés à casquette et à uniforme remontera… Il n’y a pas assez de distributeurs automatiques.

Ma décision est prise. Je n’attends pas qu’elle ait terminé de me justifier son refus. Je lui tourne le dos et je quitte les lieux.

J’ai déjà repéré la personne derrière laquelle je me glisserai dans le métro.

Sans payer !

Accordeon

jeudi 3 juillet 2008

Entrée en force

Mes arguments ne convainquent personne et les portes restent closes.

Un des clients finit enfin par sortir. C’est un homme. Jeune (plus jeune que Maurice). Il s’arrête dans le passage pour me dire :

« N’insistez pas Monsieur, c’est fermé ! ».

Que me veut-il celui-là ? N’a-t-il rien d’autre à faire que de s’occuper de ce qui le regarde ? Pas la peine de lui parler. Un regard de travers et je m’avance. Il s’écarte et me laisse passer. Je peux enfin rentrer dans ce fichu Club. Brave garçon…

Je me fais accueillir comme il se doit par les deux cerbères de service accortes préposées.

« C’est fermé depuis 10 minutes Monsieur ! »

Pas un bonjour, pas un désolé, pas un veuillez nous excuser... Bref, dans la droite ligne du Parti. Celle-là, celle avec les lunettes, a une tête à donner des prénoms à ses pantoufles. J’ai un collègue de travail dans le même genre… La satisfaction du client et la qualité de la prestation du service ne sont pas ses valeurs de référence. A priori elle a tout de même rendu un homme heureux, celui qu’elle n’a pas épousé.

Espérant que de guerre lasse, par compréhension, par humanité, par gentillesse ou par simple volonté de rendre service, elle daigne répondre favorablement à ma demande, je répète à nouveau que j’ai besoin d’un nouveau Passe Navigo car j’ai perdu le mien, que ce sont des choses qui arrivent et il est prévu qu’on me le remplacera gratuitement. En ce qui me concerne c’est la première fois en plus de vingt ans que cela m’arrive. Par ailleurs il reste encore du temps avant la fermeture officielle de l’agence…

Elle ne m’écoute même pas. Elle se contente de s’adresser à sa collègue qui n’a pas terminé avec sa cliente, pour lui dire !

« J’ai fait une connerie… J’ai fait une connerie… ! »

Trottoir express

mercredi 2 juillet 2008

Dialogue de sourds

Comme la porte refusait de s’ouvrir, je finis par jeter un coup d’œil à l’intérieur à travers les portes vitrées. Deux personnes me font de grands gestes avec les bras en me regardant. Il ne s’agit pas des agents de la RATP, mais de leurs clients. En croisant et en décroisant les bras devant eux, et ouvrant de grands yeux et en articulant grossièrement de la bouche, il me font comprendre que c’est fermé.

Ils font erreur car l’agence est censée fermer dans une demi-heure. Je reste donc planté devant la porte avec l’intention de rentrer dès que celle-ci s’ouvrira au moment où un des clients voudra sortir.

Alors que les agents commerciaux de la RATP n’ont pas encore levé les yeux vers moi, trop occupés qu’ils sont à agrafer des documents ou pianoter sur le clavier de leur terminal, les clients insistent et recommencent leurs gesticulations. Cette fois je les entends à travers la vitre me dire que c’est fermé.

C’est sympathique de leur part de faire les commissions à la place des autres, mais si quelqu’un doit me dire quelque chose, ce sont les deux autistes de service agents de la RATP.

Je leur réponds quand même que l’agence est censée fermer dans une demi-heure. Cette remarque a le don de sortir les deux préposées de leur hébétude. Dans un ensemble parfait chacune d’elles lève le bras gauche pour me montrer sa montre qu’elles tapotent de l’index droit pendant que leur tête s’incline rapidement de droite à gauche.

« C’est fermé qu’on vous dit ! »

Je répète ma rengaine : il reste 30 minutes avant que l’agence ferme, j’ai perdu mon Passe Navigo et j’ai besoin d’en avoir un nouveau.

Nouveau concert de refus. Qu’à cela ne tienne, je campe sur mes positions. Quelqu’un finira bien par sortir. En même temps je sens que l’énervement que j’avais jusqu’à présent réussi à réprimer, commence à prendre le dessus.


Baleine de profil

mardi 1 juillet 2008

Sésame ouvre toi !

L’endroit semble assez sombre, probablement pour donner l’impression d’être dans un club chic, dans les tons verts avec des chiffres et des lettres peints sur les murs. Il doit s’agir de noms de stations célèbres. Peut m’importe l’emballage. Je suis tout content d’avoir enfin trouvé cet endroit tant désiré.

Je regarde l’heure sur mon téléphone car je ne porte plus de montre et je constate avec plaisir qu’il me reste largement 40 minutes avant la fermeture ! Cela ne devrait pas poser de problème puisqu’il m’a été dit que toutes les données me concernant étaient accessibles à partir de n’importe quel agence de ce type.

Maurice est donc confiant !

Comme dans tous les clubs selects qui se respectent, il faut montrer patte blanche avant d’entrer, pouvoir prouver qu’on en fait bien parti. On n’est quand même pas dans un moulin. À la différence d’autres clubs signalés par une lumière rouge à l’entrée et dont on n’aperçoit que difficilement à travers une toute petite fenêtre les longues jambes croisées de charmantes jeunes femmes en train de se rafraîchir d’une coupe de champagne, ici, tout est exposé à travers de grandes baies vitrées.

A l’intérieur on peut aisément distinguer deux bureaux occupés par deux femmes portant fièrement l’uniforme RATP. Pas des top-modèles, mais probablement efficaces. On ne peut pas tout avoir…

Ne vous y trompez pas et ne mettez pas cette réflexion sur le compte de la misogynie car vous feriez fausse route.

Je cherche désespérément une poignée de porte, mais en vain. Ici il y a quand même une sonnette à l’entrée. La peinture en est sérieusement écorchée et rayée, signe sans doute d’une importante fréquentation.

Décidé à en terminer rapidement, j’appuie sur le bouton, sans résultat. Je renouvelle l’opération, pensant n’avoir pas appuyé correctement. Rien… Y aurait-il une incantation que je n’aurais pas prononcée ?


Baleine face

lundi 30 juin 2008

Repos

De retour des 24 heures du Mans Roller, Maurice n'a pas travaillé aujourd'hui !

Il reprend le chemin du travail demain... et retrouvera son train de banlieue préféré.

vendredi 27 juin 2008

Fin de la quête ?

J’opte finalement pour la certitude.

Erreur…

Je remercie et je souhaite quand même une bonne fin de journée à cette femme qui à aucun moment n’a fait preuve d’une amabilité démesurée. On a les commerciaux qu’on mérite. C’était sans doute le service minimum. Mais bon… j’avais obtenu les renseignements que je souhaitais.

Me voilà donc de nouveau parti. J’escalade l’immense escalator qui n’avance pas assez vite à mon goût, pour me retrouver tout à coup au milieu de la foule affairée des badauds, des touristes, des passants et de toutes ces personnes crapahutant aux abords des fameux Grands Magasins en fin de journée.

Maurice n’est pas un grand fana du shopping, mais le fait de bonne grâce, de te’mps en temps, lorsque c’est vraiment nécessaire, mais aussi parfois pour faire plaisir. J’espère que ces quelques lignes seront lues et interprétées comme il se doit ! Mmmh ?

Bref. Il faut à présent se frayer un passage au milieu de tous ces obstacles et de toutes ces personnes en train d’admirer les 1000 et une façons de s’habiller d’un paréo (l’été approche) ou de découper des légumes en moins de deux.

Entre les arbres, les poteaux, les feux, les stands, les piquets, les badauds, les kiosques et les motos ou vélos qui stationnent, il reste peu de place pour progresser à pied sur les trottoirs. Il n’est pas facile non plus de remonter le boulevard Haussmann à pied à contresens de la circulation automobile.

Je trouve finalement l’entrée de la fameuse station de métro et j’en dévale les escaliers. Au bout de plusieurs couloirs, je finis par apercevoir le Club RATP. Un peu comme si au détour d’un chemin forestier un peu sombre vous arriviez d’un seul coup dans une clairière.

Il faut s’appeler Maurice pour penser à ça à ce moment là !

jeudi 26 juin 2008

Déviation

Je m’acquitte évidemment d’un ticket plein tarif. Ma carte Famille Nombreuse n’est plus valable depuis que mon aîné a eu 18 ans… Je remercie la guichetière et je me dépêche quand même de prendre le métro. Jusqu’ici tout va bien et j’imagine alors que tout va rentrer dans l’ordre en moins de deux.

Erreur !

Arrivé à Havre-Caumartin j’emprunte la correspondance pour la Gare Saint-Lazare. En route je demande tout sourire à une autre guichetière si elle sait où se trouve la fameuse agence commerciale de la gare Saint-Lazare. Un coup d’œil et je constate que le charme n’opère pas de la même façon… Elle sait où se trouve l’agence mais ne me le dit pas. Aïe ! Elle m’explique qu’il est tard et qu’elle est probablement fermée. Je lui fait part de mon étonnement car vue l’heure qu’il est et selon les informations qu’on m’avait communiqué il y a quelques instants, l’agence ne devrait pas fermer avant 40 minutes.

Elle m’explique alors qu’il y a des travaux dans cette agence et du coup ils ne respectent pas forcément les horaires de fermeture. Ben voyons…

« Par contre, me dit-elle, vous pouvez tout aussi bien vous rendre à la station de métro qui est à côté de l’Opéra, derrière le Printemps. À cette station de la ligne 9 il y a un Club RATP qui vous refera votre Passe Navigo sans problème. Il faut sortir par là (elle me montre un immense escalator), longer le magasin du Printemps et descendre dans le métro. »

Devant mon sourcil froncé elle rajoute : « Maintenant, vous faites comme vous voulez… ».

Restons calme, me dis-je et analysons la situation. D’un côté une agence commerciale proche mais qui risque d’être fermée, et de l’autre un Club RATP un peu plus lointain mais qui sera ouvert et me fera mon Passe Navigo…

mercredi 25 juin 2008

Retard annoncé

Je n'étais pas dans le TGV revenant de Montpellier...

mardi 24 juin 2008

La quête

Un être vous manque et tout est dépeuplé. Un Passe Navigo est égaré et il va falloir galérer pour rentrer.

Le problème c’est qu’il commence à se faire tard, je ne suis pas dans mon quartier et je suis un peu plus éloigné de chez moi qu’en temps normal. Il en faut cependant plus pour me déstabiliser. Il n’y a de toute manière pas à tortiller, il faut que prenne d’abord le métro.

En me rendant à la station de laquelle j’étais sortie le matin même, je regarde par terre à tout hasard au cas où mon Passe Navigo y serait encore. Évidemment, après une longue journée ce serait un miracle que personne ne l’ait vu et ramassé...

Je marche quand même d’un pas assez rapide car j’ai perdu de temps, l’heure tourne et les trains de ma correspondance n’attendent pas. Je n’ai pas envie en plus d’arriver à toutes les heures chez moi.

Arrivé à la station de métro, je m’adresse au guichet. En pleur j’explique à une charmante jeune femme que j’ai perdu mon Passe Navigo et que je ne peux plus rentrer chez moi. Devant tant de souffrance et de douleur, elle finit par me faire entrer dans sa loge pour me consoler. Et vous croyez tout ça ? Pfffff… Reprenons !

J’explique donc ma mésaventure à une jeune femme très serviable et souriante qui me donne la liste des stations de métro à proximité qui pourront encore me dépanner à cette heure de la journée. Comme la station qu’elle propose est à l’opposé de la direction que je souhaite prendre, je lui donne ma destination. Aussitôt elle me communique une nouvelle liste de stations. J’opte pour l’agence commerciale de la gare Saint Lazare qui fermer plus tard que les autres.

« Vous avez le temps » me dit la marchande.

lundi 23 juin 2008

Fin du rêve

En fait, à cet instant je décide de retourner dans la salle car je me dis que jamais je n’ai jamais encore perdu mon Passe Navigo ou ma Carte Orange. Même si ça ne m’est jamais arrivé, cela peut quand même arriver un jour ou l’autre. Il y a donc une chance qu’il soit resté sur place. Autant en avoir le coeur net.

De toute manière je n’ai à ce moment pas de titre de transport pour rentrer chez moi, donc quitte à perdre du temps, autant essayer d’abord de le retrouver avant d’envisager autre chose et de prendre une quelconque autre décision. Cette solution, même si elle est peu probable a le mérite d’être la plus radicale.

De retour à ma place dans la salle, bien sûr je ne trouve rien. Comme je l’écrivais précédemment, comme il n’y a rien sur ou sous les bureaux, forcément un Passe Navigo en déshérence ne serait pas passé inaperçu. Après être retourné dans tous les endroits par où j’étais passé dans la journée, après m’être entendu dire par le gardien des lieux que non, personne ne lui avait rapporté de Passe, je réalise alors que ma crainte était fondée.

S’il n’est dans aucune de mes poches, s’il ne se trouve pas dans ma sacoche et s’il n’est pas dans la salle où j’ai passé la journée, c’est qu’il n’y est jamais rentré. Et s’il n’y est jamais rentré…

Cette fois je me rends à l’évidence, j’ai bel et bien perdu mon Passe Navigo, c’est la fin de la journée et je suis loin de chez moi. Il me reste peut-être le temps de refaire cette fichue carte. Je crois me souvenir que c’est gratuit, encore faut-il savoir où pouvoir le faire, et rapidement.
C’est peut-être encore jouable, alors ne baissons pas les bras, prenons le taureau par les cornes, haut les cœurs et en avant ! Voyons comment les choses vont se passer…

vendredi 20 juin 2008

Alaaarm !

Alors que je sortais à l’extérieur ou bien même lorsque je quittais mon siège pour en rejoindre un autre, je laissais mon blouson en plan sur un fauteuil à roulettes à côté du mien. Quelqu’un profitant de mon absence momentanée aurait-il été tenté de me faire les poches ? Même si plus rien ne doit m’étonner, je ne pense pas que ce soit le cas.

Une fois encore, à cet instant précis je ne suis pas conscient du malheur qui m’attend.

Le soir au moment de partir, je fais place nette. Il n’y a pas de tiroir, pas d’armoire, juste un PC sur une table, pas de dossier ou de paperasse. Rien donc qui puisse attirer l’attention, comme par exemple un Passe Navigo qui détonnerait complètement dans le paysage !

Je quitte la salle en fin d’après-midi et déjà je pense au trajet du retour. En marchant je passe machinalement la main à l’endroit où mon Passe Navigo devrait se trouver. Il n’y est pas. S’il n’y est pas c’est que j’ai du le mettre dans une autre poche. Non, ce n’est pas celle-ci non plus... Après les avoir toutes passées en revue, je recommence l’exercice et force est de constater qu’elles sont vides. C’est ridicule de recommencer cet exercice car il est impossible à louper du premier coup.

Peut-être pas pour tout le monde. Je ne porte pas de lunettes, mais il m’est arrivé de voir des personnes réaliser qu’elles avaient leurs lunettes sur le nez alors qu’elles les cherchaient partout !

Fin de l’aparté.

Je pratique le même exercice dans ma sacoche que je fouille dans tous les sens. Rien ! Mince ! Je peste contre moi-même car il va falloir que je retourne dans la salle dans laquelle j’ai passé la journée. Cela va me faire perdre du temps…

jeudi 19 juin 2008

Inconscience

Après réflexion, si j’avais pu jusqu’à présent progresser dans mon périple, c’est que j’avais pu franchir les différents portillons à l’aide mon Passe Navigo.

Cependant pour sortir du métro il n’est pas nécessaire d’avoir de Passe ou de ticket. Je ne l’avais peut-être déjà plus à cet instant. Avait-il glissé d’une de mes poches entre temps ? Alors que j’avais déjà bien marché, j’ai commencé à avoir chaud. Je décidais alors de retirer mon blouson.

Deuxième possibilité de perte donc. Je pensais avoir mis mon Passe dans la poche de ma chemisette et j’étais persuadé de ne rien avoir dans les poches de mon blouson. Je n’aurais donc pas pris de précaution, et pour cause, pour l’enlever et le porter sur l’avant-bras.

On ne saura certainement jamais, mais à cet instant je suis toujours inconscient du drame qui s’est noué de façon irréversible.

Ma journée se passe bien. Je suis enfermé dans une salle sans fenêtre et sans lumière extérieure. Cette salle peut contenir plusieurs centaines de personnes, mais en ce jour quelques dizaines seulement travaillent sur ce site. L’ambiance est calme et studieuse. À l’abri de l’agitation extérieure et des sollicitations habituelles, je peux abattre une quantité de travail supérieure à la moyenne.

Du coup, je ne vois pas le temps passer. Le déjeuner se prend sur place, grâce à un service de plateaux-repas. Ce n’est pas mauvais mais par la suite j’aurai des brûlures d’estomac.

À deux reprises j’irai mettre le nez dehors. Une première fois juste après déjeuner pour prendre mon café et me rendre compte que le soleil brille et qu’un cerisier couvert de fruits n’attend que des mains tendues pour les cueillir, une deuxième fois, toujours un café à la main et accompagné d’une collègue que l’idée de manger des cerises que je lui cueillerais a décidé de répondre favorablement à mon invitation de sortir avec moi !

mercredi 18 juin 2008

Les circonstances

Comment ai-je pu le perdre ? Quelques heures après, quelques jours plus tard, je me pose toujours la question. J’ai beau me repasser dans la tête le film des événements, je ne vois rien, mais je devine.

Cette journée n’était pas comme les autres car il fallait que je me rende sur un lieu de travail différent de celui que je fréquente habituellement. Si le début de mon parcours était inchangé, la fin différait complètement. En cours de route, plutôt que de abandonner le RER A pour prendre le métro. La veille j’avais repéré l’itinéraire le plus direct et le plus rapide à prendre. Il me fallait emprunter la ligne 9 puis la 10. Facile !

Un autre élément qui a probablement aussi de l’importance, est le fait que je n’étais pas habillé comme à l’accoutumée. Devant rester enfermé, pour ne pas dire enterré durant toute la journée, j’avais laissé mon costume sur son cintre et troqué une chemisette contre une chemise à manches longues. Et comme en ce moment les matins sont plutôt frisquets, j’avais aussi ressorti mon blouson de cuir de son placard. C’est dans ce même placard que je range ma machette et mon pagne en peau de léopard.

En arrivant dans le métro ce matin là, des messages diffusés par haut-parleurs annonçaient les difficultés de circulation sur la fameuse ligne 3. Je ne me sentais pas concerné même si je pouvais avoir une pensée pour une des lectrices de ce blog. C’était un mercredi.

Arrivé à ma correspondance un autre message annonçait l’arrêt de la circulation sur la ligne 10. Bigre ! Le conducteur de la rame (en civil) et un agent de la RATP (en tenue réglementaire) confirmaient l’impossibilité de poursuivre leur chemin aux voyageurs désorientés. Il ne me restait plus qu’à sortir du métro et à marcher. Décidemment, ça partait mal…

mardi 17 juin 2008

Disparition

Il ne me quittait jamais et il m’arrivait souvent de le garder tout contre moi. Jamais il ne m’avait fait défaut et toutes les fois où je l’avais sollicité, il avait toujours répondu présent. Il m’était arrivé dans la journée, non pas de l’abandonner, mais de ne pas l’amener avec moi. Non pas par négligence, mais volontairement car il ne pouvait pas occuper sa place habituelle.

Contrairement à d’autres personnes, il ne m’a ait jamais lâché au pire moment et il réagissait au quart de tour, alors que pour d’autres il n’était que source de contrariété.

Il n’y a que les week-ends et pendant les vacances que nous étions séparés l’un de l’autre. Et encore ! Il nous arrivait de nous retrouver, et même dans ces moments là, après une longue absence, il venait à mon aide sans rien dire et sans rechigner, comme si de rien n’était.

Certes à plusieurs reprises il avait échappé à mon attention et c’est toujours avec beaucoup d’énergie et d’appréhension que je m’étais lancé à sa recherche. C’est également avec beaucoup de soulagement que je le retrouvais. Je ne pouvais pas lui en vouloir car j’étais probablement et même sûrement le seul responsable de cette situation. Si seulement je l’avais traité et considéré toujours de façon égale, ça ne serait jamais arrivé.

C’est souvent après, lorsque tout est terminé et parfois lorsque c’est trop tard, qu’on réalise à quel point un infime changement dans le comportement aurait pu avoir un immense effet sur le déroulement d’un événement et comment on aurait pu éviter un drame.

Un geste, un mot, une attitude…

Cette fois mon inattention lui aura été fatale et je ne cherche pas à me défiler devant la lourde responsabilité que je porte dans cette affaire.

Pour la première fois, alors qu’il m’accompagne depuis des années, j’ai perdu mon Passe Navigo.

Autoroute

lundi 16 juin 2008

Défoliant (2/2)

De même, en France et particulièrement en Région Parisienne, il y a suffisamment de motifs variés pour entraîner un problème de circulation, et il n’est vraiment pas nécessaire d’en rajouter un autre. J’imagine la tête des usagers lorsque le matin on leur annonce : « Les feuilles mortes tombées sur les voies empêchent toute circulation des trains. Nous vous prions de nous excuser pour la gêne occasionnée. »

Cela dit, si la fin justifie les moyens, ne serait-il pas possible d’en imaginer un autre justement ? Le traitement mécanique ne serait-il pas préférable au traitement chimique ? Les déchets pourraient ainsi être recyclés plutôt que de pourrir sur place.

Lorsque les abords des voies sont débroussaillés de façon mécanique, on ne peut pas dire que le travail ait été fait dans la dentelle, vue la façon dont les branches restantes sont déchiquetées. Je serai curieux de voir à quoi ressemblent les engins qui sont capables d’avaler autant de branchages et parfois des branches de section assez importante.

Cela dit la nature reprend vite ses droits. Il n’est qu’à voir en ce moment les quantités de coquelicots qui fleurissent le long des voies, les colorant d’un rouge vif. Ne manquent que les bleuets (hélas disparus) et les marguerites pour pouvoir confectionner des bouquets aux couleurs bien de chez nous !

Sur le quai de gare où Maurice descend le soir en rentrant chez lui c’est un peu la forêt vierge. Les précipitations abondantes des semaines précédentes conjuguées avec une température relativement clémente ont permis à la végétation de se déchaîner ! Il faudra bientôt faire quelque chose car les mûriers sauvages poussent comme du chiendent et à certains endroits il faut presque se contorsionner pour pouvoir passer sans y laisser un morceau de costume !

Seine

vendredi 13 juin 2008

Défoliant (1/2)

Les trains de banlieue, en particulier celui qu’emprunte Maurice quotidiennement, ne roulent pas que dans les tunnels ou au milieu d’un environnement essentiellement urbain. Ils traversent aussi des zones forestières et parfois rurales. A travers les vitres gravées à l’aide d’une bougie (d’allumage), on peut apercevoir de la verdure !

Au bord de ces portions de voies, la végétation pousse de façon naturelle, c'est-à-dire non domestiquée par la main de l’homme. En fait pas complètement car l’homme veille à ce qu’elle n’empiète pas sur son domaine ferroviaire.

Les abords des voies sont régulièrement nettoyés de façon mécanique, fauchés et taillés, mais aussi de façon chimique. Chacun peut en ce moment constater comment l’herbe est jaune le long des voies, jusqu’à une distance régulière de la voie, comme si cette zone avait été délimitée au cordeau. Jaune, alors qu’il pleut pratiquement tous les jours… De la même façon, les feuilles des arbres et arbustes qui poussent le long de la voie sont couleur marron foncé alors que nous sommes toujours au printemps. Et comme pour l’herbe, les feuilles le sont à une distance toujours régulière des voies ferrées, à l’horizontal et au vertical. Un petit arbre pourra ainsi avoir la moitié de son feuillage vert et l’autre moitié marron, du sommet au pied.

À quel moment cet entretien est-il fait ? Quel est le produit utilisé ? Quelles sont les conséquences éventuelles sur l’environnement ? Je n’en ai aucune idée et je ne peux que constater l’efficacité de ce produit. J’ai l’impression que seules les feuilles en contact avec ce produit tombent. L’arbre à moitié défolié (?) ne meurt pas.

L’objectif de ce traitement de choc est très certainement d’éviter un problème de circulation, à l’automne prochain. Les habitants de la perfide Albion connaissent bien le problème. Il tombe certains jours de l’année tellement de feuilles sur les voies ferrées, que la circulation des trains peut être fortement perturbée, voire interrompue en attendant que les voies soient dégagées.

Quai RER

jeudi 12 juin 2008

Pas de chance…

Ce matin le voyage avait pourtant bien commencé. J’étais pile en face de la porte lorsque le train s’est arrêté en gare. J’ai pu ainsi être le premier à monter dans la rame à une heure où tout le monde à cet arrêt est sûr de trouver une place assise. Il n’y a donc pas de souci à se faire. Étant le premier à monter, je peux choisir une place assise à côté d’une fenêtre.

Sur la banquette de trois places, une autre personne a choisi de s’asseoir à l’autre extrémité. Il reste donc une place assise au milieu de la banquette et je peux commencer tranquillement ma lecture.

Ça ne durera malheureusement pas longtemps car 2 arrêts plus loin, la place sera occupée par une personne dont je me serai bien passé. Un obèse ! Énorme ! Avec un cul large comme deux fauteuils… Je n’exagère pas ! Il arrive à se frayer un passage et s’assoit.

Je me suis retrouvé coincé entre cette personne et la fenêtre et j’imagine qu’à l’autre bout de la banquette l’autre infortuné voyageur a du se cramponner pour ne pas être éjecté. Il m’a fallu gesticuler et le pousser pour lui faire sentir qu’il n’était pas seul.

Personnellement j’ai trouvé cette attitude complètement choquante et irrespectueuse.

Ma réaction vous choque ? Il y avait certes un siège libre, mais pas la place pour une personne de ce gabarit. Qu’il s’assoit en bout de rangée ou sur un siège seul, ce n’est pas un problème, mais il n’a pas à s’imposer de cette façon en s’asseyant sur ses voisins. Le fait d’être obèse ne donne aucun droit particulier et ne dispense pas d’être attentif aux autres.

Je n’ai rien dit cette fois mais si la situation se reproduit je manifesterai mon désaccord pour ne pas dire ma colère car franchement celui-là dépassait les bornes des limites !

Défense orage

mercredi 11 juin 2008

Animal de compagnie (Bonus)

D’aucun(e)s se posent la question de savoir pourquoi les chiens se reniflent mutuellement le trou de balle. L’explication est connue pourtant et je me fais un devoir, sinon un plaisir, de vous la rappeler.

C’était il y a longtemps. Très longtemps même. En des temps anciens où les chiens dominaient le monde, avant l’apparition de l’homme. Ils vivaient dans une société hiérarchisée et vouaient un culte à un dieu qu’ils appelaient Naunosse.

Pour rendre hommage à ce dieu tout puissant, ils avaient l’habitude de se réunir dans un temple suffisamment grand pour pouvoir tous les accueillir. Malheureusement ce temple n’était pas très aéré et rapidement les chiens commencèrent à se plaindre des mauvaises odeurs qu’ils y respiraient.

Ces mauvaises odeurs provenaient de leurs trous de balle. C’est bien connu, les chiens pètent et si on ne l’entend pas toujours, souvent on peut le sentir.

Pour remédier à ce problème, ils décidèrent, avant de pénétrer dans le temple, de laisser leurs trous de balle à l’extérieur. Et c’est ce qu’ils firent. Ils pouvaient dorénavant se rassembler sans être incommodés par les mauvaises odeurs.

Jusqu’au jour où un gros coup de vent balaya les trous de balle qui furent mélangés. C’est depuis ce jour que les chiens se reniflent le trou de balle pour essayer de retrouver le leur !

J’ai bien trouvé sur internet quelques illustrations relatives à ce sujet, mais certaines images pouvant choquer, vous comprendrez aisément ma réticence à les exposer sur ce blog, eu égard au respect que je voue à mes lecteurs. En fait tout le monde sait à quoi ça ressemble et je ne veux même pas imaginer ce à quoi vous êtes en train de penser à cet instant !

Sol

mardi 10 juin 2008

Animal de compagnie (2/2)

Quelqu’un avait-il déposé à cet endroit une galette quelques jours plus tôt ? Je ne parle pas très bien le langage des chiens et je risquerais de ne pas comprendre ce qu’il me répondrait si jamais je voulais lui demander quel goût a le sol qu’il lèche. Vu la façon dont il s’applique à le faire, pour un chien cela a l’air en tous cas délicieux !

Un moment assis, un moment debout, un moment couché… le temps lui semble long ou alors il ne sait pas tenir en place. À quoi peut bien penser un chien dans ses moments là ? Pense-t-il aux trous de balle de ses congénères ? C’est entre autres ce qui distingue le chien de l’homme. C’est une habitude essentiellement canine que d’aller, avec sa truffe froide et humide, renifler le trou de balle de ses semblables. Cette pratique est immuable et connaît une explication très lointaine.

À plusieurs reprises il se gratte le cou de façon frénétique. Soit son collier le gêne, soit il a des puces ! Maurice opte pour la deuxième possibilité. Sachant que la puce ne reste pas en permanence sur son hôte, combien en abandonnera-t-il dans le train en partant ? Je préfère ne pas savoir.

Pas gêné d’être au milieu d’inconnus, il profite de ces instants où il ne se passe rien de particulier, pour faire sa toilette intime. Tiens, c’est un mâle ! Sa maîtresse n’a rien vu, toute plongée qu’elle est dans sa lecture.

C’est à ce moment que le train s’arrête et qu’elle se lève pour descendre du train. Juste avant, elle se sera penché sur son compagnon à quatre pattes pour lui faire une bise sur la tête. Celui-ci en profite pour lui faire une léchotte sur les lèvres. Elle en sourit d’aise. Si elle savait…

Chien RER