jeudi 24 mars 2005

Une époque formidable

C'était lundi soir la première soirée du mouvement social qui touche le réseau Est et qui a été reconduit de 24 heures pour prendre fin jeudi. Encore un effort camarades et bientôt ce sera le week-end. En bonus vous aurez le lundi de Pâques pour vous remettre. En attendant c'est un train toutes les heures au tarif syndical. En temps normal, aux heures de pointe, les voitures sont bien remplies. Lorsqu'on supprime trois trains sur quatre elles sont plus que plus que plus que remplies.

Les voitures se remplissent dès leur arrivée en gare. Les derniers "rentrés" se cramponnent à la porte de peur d'être éjectés. Ils devront tenir de longues minutes dans cette position inconfortable en attendant que les portes se referment. Ceux qui ont eu la "chance" de monter les premiers baignent déjà dans leur jus et dans celui des autres. D'autres enfin, qui n'ont pas pu monter faute de place, patientent à proximité des voitures avec l'espoir de profiter de la bousculade du départ pour s'enfoncer dans le magma humain.

Dans ces moments de grands rassemblements, on partage tout. Le contact, mais surtout les odeurs, les souffles chauds dans la nuque, les haleines acides et fétides, l'odeur du tabac froid, les parfums chers ou bon marché, la transpiration aigrelette ou à l'oignon, le graillon des mangeurs de hamburgers. Et puis il y a le bruit, car en fait toutes ces personnes n'arrêtent pas de parler. On se piétine et on se bouscule dans la fausse bonne humeur et la résignation peut se lire dans beaucoup de regards. Tout le monde râle unanimement à l'unisson lorsque le conducteur annonce que le départ du train sera retardé suite à un tirage de signal d'alarme. Tout le monde grogne aussi de la même manière lorsque les corps s'écrasent les unes les autres au moment du freinage brutal du train.

Au bout d'une heure de ce traitement, mes vêtements sont trempés et puent. Ils sont bons pour la teinturerie. Encore quelques jours ç ce rythme et ma garde-robe va y passer. Une courte nuit de repos et on remettra ça demain et les jours suivants, bon pied, bon oeil.

2 commentaires:

buse a dit…

ça c'est pour te faire apprécier lorsque qu'il n'y a pas de problème... te faire remémorer les jours où il ne se passe rien, le train-train habituel, la tranquilité.

Maurice a dit…

Même ces journées et ces trajets difficiles font partie du train-train habituel Buse.