jeudi 5 janvier 2006

Des gamelles et des bidons

Pas plus tard que ce matin, j’ai été témoin d’une situation pour le moins cocasse. J’avoue qu’il fallait être présent au bon endroit et au bon moment tellement cela s’est déroulé rapidement. Peut-être y a-t-il des caméras qui ont filmé la scène ? En tous cas même armé d’un caméscope, nul n’aurait été suffisamment rapide pour dégainer son appareil et saisir cette scène digne des meilleurs moments de la « caméra cachée ». Heureusement que Maurice était là pour vous relater ce qui s’est passé.

L’action se passe dans les couloirs du RER A, plus exactement au niveau des portillons où régulièrement le Chippendale de service vend ses tickets (pour plus de détails, prière de se reporter aux éditions précédentes). Il y a là une rangée d’une quinzaine de portillons équipés et d’une barre à pousser au niveau des cuisses, et d’une porte sensée empêcher de sauter cette barre.

Entre les deux, il y a un espace suffisant pour coincer un fraudeur ayant sauté la barre, mais s’étant fait coincer par la porte que personne n’a eu la bonté de maintenir ouverte.

C’est ce qui est arrivé ce matin à un homme d’environ 40 ans, moustachu avec veste jaune moutarde et cravate assortie, plutôt du genre avec un petite moustache, un gros ventre et un tout petit cartable en cuir. Je ne sais pas pourquoi il a voulu sauter le portillon. Il était accompagné d’un ami qui lui, est passé sans problème. C’est sans doute la raison pour laquelle ce dernier n’a pas retenu la porte derrière lui, pensant que son ami passerait aussi.

Voici donc notre moustachu qui ni une ni deux prend son élan, pose les deux mains de chaque côté du portillon, prend appui sur ses bras tendus, replie les jambes sous lui malgré la bedaine et passe avec succès la barre. Le tout dans un grand bruit au moment de l’atterrissage.

Pas de bol, la porte vient de se refermer et elle est verrouillée. Le voici donc coincé entre la barre et la porte à se démener comme un beau diable pour essayer de forcer le passage. Malheureusement son ventre l’en empêche ! Son ami, l’œil amusé, ne peut que constater. Il n’y a rien à faire de ce côté de la barrière pour libérer le malheureux. Ce n’est qu’au prix d’efforts considérables et à force de se presser l’estomac, que centimètres après centimètres le malheureux réussira à se libérer.

Et comme avait l’habitude de le chanter mon grand-père :
« Plaignez, plaignez le pauvre invalide
dont le bidon dépasse les proportions… »

4 commentaires:

Anitta a dit…

Ce que ton histoire ne dit pas, cher Maurice, c'est si le jeune homme en question s'est fait attraper par le contrôleur...? Parce que là, question discrétion, évidemment...

ariane a dit…

chaque age a ses plaisirs. On ne fait pas du saut de haie passé un certain age

Lutine a dit…

Tres bien ton histoire...
Faut pas froder c'est pas bien

Tiens, je me suis achete une valise a roulette, et la trainant derriere moi, elle faisait plein de bruit. j'ai pense que cela ne plairait pas a maurice ma nouvelle valise.

Lutine qui ne court pas et ni passe de portillons mais qui a une grosse Valise a roulette.

Maurice a dit…

L'homme en question n'était pas si jeune que ça Anitta, et aucun contrôleur n'était présent à ce moment là.

Tu as certainement raison Ariane, mais même s'il faut se rendre à l'évidence, ce n'est pas facile de l'accepter.

Je vois queles épisodes "Valises à roulettes" ont marqué les esprits !Tu me fais plaisir Lutine. En fait si les trottoirs étaient lisses, les valises à roulettes seraient silencieuses.