Demande de renseignement
C’est assez souvent que Maurice est interrogé par des inconnu(e)s dans le RER. Essentiellement lorsque sur le quai il attend son prochain train. C’est rare qu’on l’arrête en chemin, mais cela peut arriver. Sur le quai, il y a souvent pas très loin d’autres personnes qui comme lui attendent, et pourtant il semblerait qu’on préfère s’adresser plutôt à lui.
A quoi cela peut-il bien tenir ? Son air rassurant ce qui sous-entendrait qu’on peut s’adresser à lui sans crainte ? Son air sérieux qui sous-entendrait qu’on est sûr d’obtenir une bonne réponse ? Son air engageant qui sous-entendrait une certaine disponibilité et une qualité d’écoute ? Son air charmant qui sous-entendrait… C’est certainement la somme de tous ces traits de caractère !
La plupart du temps, les personnes qui posent les questions sont pratiquement au bon endroit. À défaut de trouver un prétexte pour engager la conversation, elles avaient juste besoin d’être rassurées. Maurice ne se souvient pas, étant à Haussmann-Saint-Lazare, d’avoir eu à renseigner un voyageur désirant aller à Bergues.
La question est souvent la même. Ces voyageurs perdus ou inquiets veulent tous savoir d’où part le train pour leur destination ou bien ils veulent la confirmation que leur train partira bien du quai sur lequel ils se trouvent. C’est arrivé plusieurs fois avec des touristes anglo-saxons, allemands ou russes.
Pour reprendre l’exemple de la gare du RER E, il y a quatre quais et effectivement, étant touriste à l’étranger, dans la précipitation ou par défaut d’inattention on peut avoir loupé un aiguillage.
Il arrive aussi que la question soit posée en français et pas en cheutimi. Très souvent Maurice est surpris par la question car il suffit de lever le nez pour lire les indications qui s’affichent sur les panneaux d’information lumineux. Si Maurice peut les lire, pourquoi pas eux ?
Tout simplement parce qu’ils ne savent pas lire.
