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lundi 19 novembre 2007

Recylcage des petits sacs en plastique

Le vendredi c'est en jean que MAurice vient travailler, et les jours de grève, quand ça pousse, aussi car il n'a pas en plus envie de flinguer ses costards.
D'autant que lundi une jeune fille qui était tombée dans les pommes devant lui a commencé à vouloir vomir !
Trois stations plus tôt elle avait littéralement disparu de notre vue. Une poupée de chiffon sans tonus qui s'écroule.
Heureusement pour elle, la foule était suffisamment dense pour ne pas qu'elle se fasse mal en tombant.
Ensuite il a fallu la remonter, tant bine que mal, et la tenir debout, le temps qu'elle reprenne ses esprits.
Autant vous le dire tout de suite, elle était livide. Blanche comme un lavabo ou un cachet d'aspirine.
Elle toussait de plus en plus et avec sa fille MAurice se demandait comment ça allait finir.
On a tous gueulé pour savoir si quelqu'un avait un sac en plastique. "Viiiiite ! Y'a quelqu'un qui va vomir !"
Et comme par enchantement on a vu arriver des petits sacs en plastique de tous les côtés.
C'est incroyable le nombre de personnes qui voyagent dans les transports en commun avec un petit sac en plastique.
En plus, dans beaucoup d'entre eux il y avait des petits bonbons à la menthe.
Le premier sac qu'elle a eu entre les mains ressemblait à un sac qu'on trouve dans les grandes surfaces et qui sert à emballer les salades au rayon légumes.
Transparent avec des inscriptions vert foncé.
Il était encore tout plié comme il faut, preuve qu'il n'avait jamais servi.
Comme on a reçu plusieurs sacs, du coup j'en ai gardé un. Juste au cas où quelqu'un en aurait besoin.
Le soir en rentrant je l'ai vérifié. En fait il était tout troué ! Du coup je l'ai jeté à la poubelle. On a eu chaud.

Maurice a un petit cœur pour l'odeur du vomi, surtout quand on lui fait juste sous le nez dans un environnement surchauffé et sans aération.
Au grand air ou dans une pièce, même de la taille de wc, il arrive à réprimer les nausées.
Heureusement la jeune fille a réussi à se contenir jusqu'à l'arrêt suivant et à ne pas gueuler "Raoul, le prénom qui dessoule !"
Lorsqu'elle a voulu sortir de la rame, c'était un peu comme Moïse face à la mer morte ! Un miracle !

Hier il y avait plein de place dans un train. En fait toute la moitié de la rame était vide et l'autre complètement pleine.
Il y avait de la buée partout sur les vitres (signe qu'il y a beaucoup de gaz carbonique dans les ouagons).
En fait l'humidité venait d'une énorme pizza avec des morceaux que quelqu'un avait brutalement déposé par terre dans le train !
Celui qui a fait ça avait du sacrément gueuletonner dès le matin !

Ce que Maurice vous a écrit vous écœure ? Tout est pourtant si vrai et si loin de la réalité…

lundi 22 octobre 2007

Fin de grève ?

Comment Maurice, tout comme d’autres milliers de personnes, aura-t-il survécu à la grève des transports en commun ?

Les options sont nombreuses en fait en cas de grève des transports en commun. Cela dit c’était la première fois depuis des années de conflits sociaux que la gare était fermée et que la circulation était supprimée.

En temps « normal » il y avait toujours quelques trains. Certes moins nombreux et moins réguliers et parfois plus courts, mais il y en avait toujours. Il était également possible d’arbitrer entre le RER A et le RER E. Pas cette fois !

La décision prise fut donc non pas d’aller soutenir un mouvement impopulaire d’une minorité au fort pouvoir de nuisance, mais de poser une journée de congés. Il faut bien que les RTT, autres « zacquis sociaux » obtenus de longue lutte pour une autre catégorie de privilégiés dont Maurice fait partie, servent à quelque chose.

En ce qui concerne le vendredi, Maurice avait la possibilité d’accompagner un de ses amis qui devait rendre une voiture de location louée les jours précédents pour pouvoir se déplacer en province. Et là aussi tous les records furent battus car un trajet qui par les transports en commun prend en général 1h15 en ne prenant pas forcément le chemin le plus court, se transforma en un calvaire de 4h30 !

Combien de tonnes de CO2 ? Combien de tonnes de particules plus ou moins fines ? Combien d’éternuements et de saignements de nez intempestifs ? On ne la saura jamais. Et quand bien même ?

Le chemin du retour dut se faire sans la voiture ! Maurice et son ami avaient délibérément pris le risque de ne pas avoir de moyen de transport pour le retour. Si au moins ils avaient emporté leurs rollers… Heureusement pour eux, la ligne 1 du métro avait repris du service, ainsi que le RER E. Restait à faire la jonction entre les deux. Décision fut prise de la faire à pied entre Franklin D. Roosevelt et Haussmann Saint Lazare. Au total le retour durera deux heures. On n’ira pas se plaindre !

En ce lundi matin, la situation est revenue à la normale sur le trajet de Maurice. A moins que ce soit un leurre qui permette aux grévistes de coincer les honnêtes gens dans Paris ? Comment leur faire confiance ?