vendredi 20 juin 2008

Alaaarm !

Alors que je sortais à l’extérieur ou bien même lorsque je quittais mon siège pour en rejoindre un autre, je laissais mon blouson en plan sur un fauteuil à roulettes à côté du mien. Quelqu’un profitant de mon absence momentanée aurait-il été tenté de me faire les poches ? Même si plus rien ne doit m’étonner, je ne pense pas que ce soit le cas.

Une fois encore, à cet instant précis je ne suis pas conscient du malheur qui m’attend.

Le soir au moment de partir, je fais place nette. Il n’y a pas de tiroir, pas d’armoire, juste un PC sur une table, pas de dossier ou de paperasse. Rien donc qui puisse attirer l’attention, comme par exemple un Passe Navigo qui détonnerait complètement dans le paysage !

Je quitte la salle en fin d’après-midi et déjà je pense au trajet du retour. En marchant je passe machinalement la main à l’endroit où mon Passe Navigo devrait se trouver. Il n’y est pas. S’il n’y est pas c’est que j’ai du le mettre dans une autre poche. Non, ce n’est pas celle-ci non plus... Après les avoir toutes passées en revue, je recommence l’exercice et force est de constater qu’elles sont vides. C’est ridicule de recommencer cet exercice car il est impossible à louper du premier coup.

Peut-être pas pour tout le monde. Je ne porte pas de lunettes, mais il m’est arrivé de voir des personnes réaliser qu’elles avaient leurs lunettes sur le nez alors qu’elles les cherchaient partout !

Fin de l’aparté.

Je pratique le même exercice dans ma sacoche que je fouille dans tous les sens. Rien ! Mince ! Je peste contre moi-même car il va falloir que je retourne dans la salle dans laquelle j’ai passé la journée. Cela va me faire perdre du temps…

jeudi 19 juin 2008

Inconscience

Après réflexion, si j’avais pu jusqu’à présent progresser dans mon périple, c’est que j’avais pu franchir les différents portillons à l’aide mon Passe Navigo.

Cependant pour sortir du métro il n’est pas nécessaire d’avoir de Passe ou de ticket. Je ne l’avais peut-être déjà plus à cet instant. Avait-il glissé d’une de mes poches entre temps ? Alors que j’avais déjà bien marché, j’ai commencé à avoir chaud. Je décidais alors de retirer mon blouson.

Deuxième possibilité de perte donc. Je pensais avoir mis mon Passe dans la poche de ma chemisette et j’étais persuadé de ne rien avoir dans les poches de mon blouson. Je n’aurais donc pas pris de précaution, et pour cause, pour l’enlever et le porter sur l’avant-bras.

On ne saura certainement jamais, mais à cet instant je suis toujours inconscient du drame qui s’est noué de façon irréversible.

Ma journée se passe bien. Je suis enfermé dans une salle sans fenêtre et sans lumière extérieure. Cette salle peut contenir plusieurs centaines de personnes, mais en ce jour quelques dizaines seulement travaillent sur ce site. L’ambiance est calme et studieuse. À l’abri de l’agitation extérieure et des sollicitations habituelles, je peux abattre une quantité de travail supérieure à la moyenne.

Du coup, je ne vois pas le temps passer. Le déjeuner se prend sur place, grâce à un service de plateaux-repas. Ce n’est pas mauvais mais par la suite j’aurai des brûlures d’estomac.

À deux reprises j’irai mettre le nez dehors. Une première fois juste après déjeuner pour prendre mon café et me rendre compte que le soleil brille et qu’un cerisier couvert de fruits n’attend que des mains tendues pour les cueillir, une deuxième fois, toujours un café à la main et accompagné d’une collègue que l’idée de manger des cerises que je lui cueillerais a décidé de répondre favorablement à mon invitation de sortir avec moi !

mercredi 18 juin 2008

Les circonstances

Comment ai-je pu le perdre ? Quelques heures après, quelques jours plus tard, je me pose toujours la question. J’ai beau me repasser dans la tête le film des événements, je ne vois rien, mais je devine.

Cette journée n’était pas comme les autres car il fallait que je me rende sur un lieu de travail différent de celui que je fréquente habituellement. Si le début de mon parcours était inchangé, la fin différait complètement. En cours de route, plutôt que de abandonner le RER A pour prendre le métro. La veille j’avais repéré l’itinéraire le plus direct et le plus rapide à prendre. Il me fallait emprunter la ligne 9 puis la 10. Facile !

Un autre élément qui a probablement aussi de l’importance, est le fait que je n’étais pas habillé comme à l’accoutumée. Devant rester enfermé, pour ne pas dire enterré durant toute la journée, j’avais laissé mon costume sur son cintre et troqué une chemisette contre une chemise à manches longues. Et comme en ce moment les matins sont plutôt frisquets, j’avais aussi ressorti mon blouson de cuir de son placard. C’est dans ce même placard que je range ma machette et mon pagne en peau de léopard.

En arrivant dans le métro ce matin là, des messages diffusés par haut-parleurs annonçaient les difficultés de circulation sur la fameuse ligne 3. Je ne me sentais pas concerné même si je pouvais avoir une pensée pour une des lectrices de ce blog. C’était un mercredi.

Arrivé à ma correspondance un autre message annonçait l’arrêt de la circulation sur la ligne 10. Bigre ! Le conducteur de la rame (en civil) et un agent de la RATP (en tenue réglementaire) confirmaient l’impossibilité de poursuivre leur chemin aux voyageurs désorientés. Il ne me restait plus qu’à sortir du métro et à marcher. Décidemment, ça partait mal…

mardi 17 juin 2008

Disparition

Il ne me quittait jamais et il m’arrivait souvent de le garder tout contre moi. Jamais il ne m’avait fait défaut et toutes les fois où je l’avais sollicité, il avait toujours répondu présent. Il m’était arrivé dans la journée, non pas de l’abandonner, mais de ne pas l’amener avec moi. Non pas par négligence, mais volontairement car il ne pouvait pas occuper sa place habituelle.

Contrairement à d’autres personnes, il ne m’a ait jamais lâché au pire moment et il réagissait au quart de tour, alors que pour d’autres il n’était que source de contrariété.

Il n’y a que les week-ends et pendant les vacances que nous étions séparés l’un de l’autre. Et encore ! Il nous arrivait de nous retrouver, et même dans ces moments là, après une longue absence, il venait à mon aide sans rien dire et sans rechigner, comme si de rien n’était.

Certes à plusieurs reprises il avait échappé à mon attention et c’est toujours avec beaucoup d’énergie et d’appréhension que je m’étais lancé à sa recherche. C’est également avec beaucoup de soulagement que je le retrouvais. Je ne pouvais pas lui en vouloir car j’étais probablement et même sûrement le seul responsable de cette situation. Si seulement je l’avais traité et considéré toujours de façon égale, ça ne serait jamais arrivé.

C’est souvent après, lorsque tout est terminé et parfois lorsque c’est trop tard, qu’on réalise à quel point un infime changement dans le comportement aurait pu avoir un immense effet sur le déroulement d’un événement et comment on aurait pu éviter un drame.

Un geste, un mot, une attitude…

Cette fois mon inattention lui aura été fatale et je ne cherche pas à me défiler devant la lourde responsabilité que je porte dans cette affaire.

Pour la première fois, alors qu’il m’accompagne depuis des années, j’ai perdu mon Passe Navigo.

Autoroute

lundi 16 juin 2008

Défoliant (2/2)

De même, en France et particulièrement en Région Parisienne, il y a suffisamment de motifs variés pour entraîner un problème de circulation, et il n’est vraiment pas nécessaire d’en rajouter un autre. J’imagine la tête des usagers lorsque le matin on leur annonce : « Les feuilles mortes tombées sur les voies empêchent toute circulation des trains. Nous vous prions de nous excuser pour la gêne occasionnée. »

Cela dit, si la fin justifie les moyens, ne serait-il pas possible d’en imaginer un autre justement ? Le traitement mécanique ne serait-il pas préférable au traitement chimique ? Les déchets pourraient ainsi être recyclés plutôt que de pourrir sur place.

Lorsque les abords des voies sont débroussaillés de façon mécanique, on ne peut pas dire que le travail ait été fait dans la dentelle, vue la façon dont les branches restantes sont déchiquetées. Je serai curieux de voir à quoi ressemblent les engins qui sont capables d’avaler autant de branchages et parfois des branches de section assez importante.

Cela dit la nature reprend vite ses droits. Il n’est qu’à voir en ce moment les quantités de coquelicots qui fleurissent le long des voies, les colorant d’un rouge vif. Ne manquent que les bleuets (hélas disparus) et les marguerites pour pouvoir confectionner des bouquets aux couleurs bien de chez nous !

Sur le quai de gare où Maurice descend le soir en rentrant chez lui c’est un peu la forêt vierge. Les précipitations abondantes des semaines précédentes conjuguées avec une température relativement clémente ont permis à la végétation de se déchaîner ! Il faudra bientôt faire quelque chose car les mûriers sauvages poussent comme du chiendent et à certains endroits il faut presque se contorsionner pour pouvoir passer sans y laisser un morceau de costume !

Seine

vendredi 13 juin 2008

Défoliant (1/2)

Les trains de banlieue, en particulier celui qu’emprunte Maurice quotidiennement, ne roulent pas que dans les tunnels ou au milieu d’un environnement essentiellement urbain. Ils traversent aussi des zones forestières et parfois rurales. A travers les vitres gravées à l’aide d’une bougie (d’allumage), on peut apercevoir de la verdure !

Au bord de ces portions de voies, la végétation pousse de façon naturelle, c'est-à-dire non domestiquée par la main de l’homme. En fait pas complètement car l’homme veille à ce qu’elle n’empiète pas sur son domaine ferroviaire.

Les abords des voies sont régulièrement nettoyés de façon mécanique, fauchés et taillés, mais aussi de façon chimique. Chacun peut en ce moment constater comment l’herbe est jaune le long des voies, jusqu’à une distance régulière de la voie, comme si cette zone avait été délimitée au cordeau. Jaune, alors qu’il pleut pratiquement tous les jours… De la même façon, les feuilles des arbres et arbustes qui poussent le long de la voie sont couleur marron foncé alors que nous sommes toujours au printemps. Et comme pour l’herbe, les feuilles le sont à une distance toujours régulière des voies ferrées, à l’horizontal et au vertical. Un petit arbre pourra ainsi avoir la moitié de son feuillage vert et l’autre moitié marron, du sommet au pied.

À quel moment cet entretien est-il fait ? Quel est le produit utilisé ? Quelles sont les conséquences éventuelles sur l’environnement ? Je n’en ai aucune idée et je ne peux que constater l’efficacité de ce produit. J’ai l’impression que seules les feuilles en contact avec ce produit tombent. L’arbre à moitié défolié (?) ne meurt pas.

L’objectif de ce traitement de choc est très certainement d’éviter un problème de circulation, à l’automne prochain. Les habitants de la perfide Albion connaissent bien le problème. Il tombe certains jours de l’année tellement de feuilles sur les voies ferrées, que la circulation des trains peut être fortement perturbée, voire interrompue en attendant que les voies soient dégagées.

Quai RER

jeudi 12 juin 2008

Pas de chance…

Ce matin le voyage avait pourtant bien commencé. J’étais pile en face de la porte lorsque le train s’est arrêté en gare. J’ai pu ainsi être le premier à monter dans la rame à une heure où tout le monde à cet arrêt est sûr de trouver une place assise. Il n’y a donc pas de souci à se faire. Étant le premier à monter, je peux choisir une place assise à côté d’une fenêtre.

Sur la banquette de trois places, une autre personne a choisi de s’asseoir à l’autre extrémité. Il reste donc une place assise au milieu de la banquette et je peux commencer tranquillement ma lecture.

Ça ne durera malheureusement pas longtemps car 2 arrêts plus loin, la place sera occupée par une personne dont je me serai bien passé. Un obèse ! Énorme ! Avec un cul large comme deux fauteuils… Je n’exagère pas ! Il arrive à se frayer un passage et s’assoit.

Je me suis retrouvé coincé entre cette personne et la fenêtre et j’imagine qu’à l’autre bout de la banquette l’autre infortuné voyageur a du se cramponner pour ne pas être éjecté. Il m’a fallu gesticuler et le pousser pour lui faire sentir qu’il n’était pas seul.

Personnellement j’ai trouvé cette attitude complètement choquante et irrespectueuse.

Ma réaction vous choque ? Il y avait certes un siège libre, mais pas la place pour une personne de ce gabarit. Qu’il s’assoit en bout de rangée ou sur un siège seul, ce n’est pas un problème, mais il n’a pas à s’imposer de cette façon en s’asseyant sur ses voisins. Le fait d’être obèse ne donne aucun droit particulier et ne dispense pas d’être attentif aux autres.

Je n’ai rien dit cette fois mais si la situation se reproduit je manifesterai mon désaccord pour ne pas dire ma colère car franchement celui-là dépassait les bornes des limites !

Défense orage

mercredi 11 juin 2008

Animal de compagnie (Bonus)

D’aucun(e)s se posent la question de savoir pourquoi les chiens se reniflent mutuellement le trou de balle. L’explication est connue pourtant et je me fais un devoir, sinon un plaisir, de vous la rappeler.

C’était il y a longtemps. Très longtemps même. En des temps anciens où les chiens dominaient le monde, avant l’apparition de l’homme. Ils vivaient dans une société hiérarchisée et vouaient un culte à un dieu qu’ils appelaient Naunosse.

Pour rendre hommage à ce dieu tout puissant, ils avaient l’habitude de se réunir dans un temple suffisamment grand pour pouvoir tous les accueillir. Malheureusement ce temple n’était pas très aéré et rapidement les chiens commencèrent à se plaindre des mauvaises odeurs qu’ils y respiraient.

Ces mauvaises odeurs provenaient de leurs trous de balle. C’est bien connu, les chiens pètent et si on ne l’entend pas toujours, souvent on peut le sentir.

Pour remédier à ce problème, ils décidèrent, avant de pénétrer dans le temple, de laisser leurs trous de balle à l’extérieur. Et c’est ce qu’ils firent. Ils pouvaient dorénavant se rassembler sans être incommodés par les mauvaises odeurs.

Jusqu’au jour où un gros coup de vent balaya les trous de balle qui furent mélangés. C’est depuis ce jour que les chiens se reniflent le trou de balle pour essayer de retrouver le leur !

J’ai bien trouvé sur internet quelques illustrations relatives à ce sujet, mais certaines images pouvant choquer, vous comprendrez aisément ma réticence à les exposer sur ce blog, eu égard au respect que je voue à mes lecteurs. En fait tout le monde sait à quoi ça ressemble et je ne veux même pas imaginer ce à quoi vous êtes en train de penser à cet instant !

Sol

mardi 10 juin 2008

Animal de compagnie (2/2)

Quelqu’un avait-il déposé à cet endroit une galette quelques jours plus tôt ? Je ne parle pas très bien le langage des chiens et je risquerais de ne pas comprendre ce qu’il me répondrait si jamais je voulais lui demander quel goût a le sol qu’il lèche. Vu la façon dont il s’applique à le faire, pour un chien cela a l’air en tous cas délicieux !

Un moment assis, un moment debout, un moment couché… le temps lui semble long ou alors il ne sait pas tenir en place. À quoi peut bien penser un chien dans ses moments là ? Pense-t-il aux trous de balle de ses congénères ? C’est entre autres ce qui distingue le chien de l’homme. C’est une habitude essentiellement canine que d’aller, avec sa truffe froide et humide, renifler le trou de balle de ses semblables. Cette pratique est immuable et connaît une explication très lointaine.

À plusieurs reprises il se gratte le cou de façon frénétique. Soit son collier le gêne, soit il a des puces ! Maurice opte pour la deuxième possibilité. Sachant que la puce ne reste pas en permanence sur son hôte, combien en abandonnera-t-il dans le train en partant ? Je préfère ne pas savoir.

Pas gêné d’être au milieu d’inconnus, il profite de ces instants où il ne se passe rien de particulier, pour faire sa toilette intime. Tiens, c’est un mâle ! Sa maîtresse n’a rien vu, toute plongée qu’elle est dans sa lecture.

C’est à ce moment que le train s’arrête et qu’elle se lève pour descendre du train. Juste avant, elle se sera penché sur son compagnon à quatre pattes pour lui faire une bise sur la tête. Celui-ci en profite pour lui faire une léchotte sur les lèvres. Elle en sourit d’aise. Si elle savait…

Chien RER

lundi 9 juin 2008

Animal de compagnie (1/2)

Il y a quelques jours, Maurice a aperçu un aveugle guidé par un chien dans le RER. Aujourd’hui, c’est un chien qui accompagne une femme qui n’est pas aveugle. Le chien est d’une marque rendue célèbre grâce à un animateur de jeu télévisé. Au cours de ce divertissement, on peut faire fortune. C’est ce fameux jeu où le présentateur a pour assistante une jeune femme face à laquelle certains, j’en suis sûr, aimeraient se retrouver coincés dans les transports en commun un jour de forte affluence (à vue de nez, et sans être un spécialiste de la question… je parierais pour un 95 E).

Toutes ces considérations nous égarent. Revenons à nos moutons et au chien.

Celui dont Maurice vous parle ne semble pas trop effarouché ou perturbé d’avoir à prendre le train. En compagnie de son maître ou de sa maîtresse préférés, les chiens seraient capables d’aller partout et de faire n’importe quoi, y compris prendre la train.

Celui-ci a donc suivi sa maîtresse et s’est installé par terre, à ses pieds, au bord du passage entre deux rangées de banquettes. Il peut ainsi observer et sentir les voyageurs qui montent ou descendent l’escalier qui est juste à côté.

Auparavant il a quand même passé en revue le petit périmètre qui l’entoure, en reniflant les banquettes, le sol et en en léchant avidement une partie. Avant de se coucher, les chiens en général tournent sur place, même dans leur panier préféré. Il semblerait qu’ils agissent ainsi pour chasser les bestioles qui pourraient se trouver-là : serpents entre autres. L’être humain lui ne regarde pas où il s’assoit ni où il met les pieds. C’est pour ça qu’il est capable de s’asseoir sur un chewing-gum fraîchement collé à son siège ou de marcher dans une grosse merde.

Chien RER

vendredi 6 juin 2008

Oups ! (3/3)

Si intérieurement c’est la franche rigolade, de l’extérieur rien ne transpire. Ou presque, car c’est une façon de parler. Maurice sent très bien la petite goutte de sueur qui est en train de se former le long de sa tempe. Progressivement la goutte grossit et il commence à la sentir se déplacer vers le bas. Ça le chatouille et machinalement, pour l’essuyer, il lève le bras qu’il avait le long du corps.

C’est malheureusement un réflexe qui va lui coûter cher !

En effet, sans le vouloir, sa main touche, précisons le tout de suite afin d’éviter tout malentendu, de manière complètement innocente et involontaire, cette poitrine opulente. Vous me direz qu’il y a toucher et toucher. Il y a eu contact, c’est indéniable, mais ni du genre caresse furtive à la plume d’autruche, ni du genre uppercut mortel à la Mike Tyson. C’est pour ça que Maurice est gêné car c’est plutôt du genre caresse appuyée et remontante ! Il a pu apprécier ce contact, au sens ressentir du terme, et se dit que forcément l’autre personne en a fait de même et l’a bien senti.

Maurice se met à se liquéfier et devient probablement aussi rouge qu’une écrevisse plongée dans l’eau bouillante. Là on ne rit plus. Il ne peut faire autrement que de regarder sa voisine dans les yeux. Déjà elle le dévisage. Il lui demande pardon pour ce contact bien involontaire.

Elle lui sourit alors et d’un ton ingénu lui répond : « Tout le plaisir est pour moi ! ». Maurice à son tour ne peut que lui rendre son sourire.

Il se sent néanmoins seul et se contorsionne afin de remettre son bras le long du corps, en faisant bien attention cette fois d’éviter tout nouveau contact, malgré les nouveaux à-coups redoublés du train.

Le voyage va lui sembler long ce soir…

Graphiti

jeudi 5 juin 2008

Oups ! (2/3)

Dans sa hâte de monter, Maurice n’a pas remarqué qu’il se trouve pour ainsi dire nez à nez avec une femme à la poitrine plus que généreuse et très décolletée. En ces journées printanières et quasiment estivales, beaucoup ont choisi de s’habiller légèrement en ce moment. C’est le cas pour cette personne. Afin d’éviter tout incident et histoire de pouvoir regarder ailleurs, Maurice profite de ce que les voyageurs sont encore en train de se caler au moment du départ pour effectuer un quart de tour. Au milieu de tous ces corps chauds et coincés les uns contre les autres, ce n’est pas toujours évident.

C’est comme ça qu’il se retrouve, une fois de plus, face à un décolleté vertigineux C’est le mot consacré. Impossible d’y échapper dès lors qu’on l’a sous le nez. Maurice lève rapidement les yeux et envoie un petit sourire coincé, par-dessus le balcon, à sa voisin d’en face, d’un air de dire qu’on est tous dans la même galère, qu’il n’y a décidemment pas beaucoup de place, que ce n’est agréable pour personne, qu’on est tous dans la même galère, bref rien que de la compréhension mutuelle. Dans ces moments là un regard suffit souvent pour se comprendre et d’un regard en dire beaucoup.

Maurice avait déjà chaud, mais là il a encore plus chaud. Le train ne roule pas de façon régulière, et les à-coups le font tantôt s’éloigner, tantôt se rapprocher de cette poitrine généreuse.

Cela vous fait sourire peut-être ? Maurice aussi ! Mais il ne faut pas qu’il le montre. Il doit conserver son air sérieux de peur que sa réaction ne soit mal interprétée. Dans de tels moments, c’est encore plus difficile de conserver son sérieux. Cependant vous connaissez Maurice et son stoïcisme légendaire, pour ne pas parler de son abnégation.

Sortie de tunnel

mercredi 4 juin 2008

Oups ! (1/3)

Vous avez été nombreux et nombreuses à suivre avec attention les aventures de Super-Maurice alors qu’il volait au secours d’une jeune femme qui s’était innocemment laissé coincer la main dans la porte du train. Cette fois, ce qui est arrivé il y a quelques jours à Maurice n’était pas un rêve. Quoiqu’il faille s’entendre sur la signification du mot rêve…

L’aventure commence un soir en sortant du bureau, comme souvent d’ailleurs. Au moment d’attraper sa correspondance, Maurice constate qu’un train qui n’aurait pas du se trouver là est à quai et que sur ce quai il y a manifestement beaucoup de monde. Beaucoup trop pour que toutes ces personnes puissent rentrer dans le train.

Les regards de ces personnes sont tournés vers les écrans d’affichage et leurs oreilles sont tendues vers les haut-parleurs qui diffusent quelques messages. Tant que l’écran et les haut-parleurs sont devant, ça va bien pour eux. A partir du moment où l’écran est devant et le haut parleur derrière, il faut voir la rotation des oreilles pour le croire !

Maurice finit par comprendre qu’un grave accident de voyageur perturbe fortement la circulation des trains qui pour l’instant sont tous bloqués. Et ce blocage dure depuis longtemps apparemment. En langage clair, quelques personnes sont occupées à ramasser les morceaux d’une autre personne qui est passée sous le train. Ne vous offusquez pas si cela ne choque plus personne ici bas. C’est comme ça. Chacun ne pense qu’à rentrer chez soi le plus rapidement possible.

Quelques voyageurs décident de sortir d’une voiture probablement pour utiliser un autre moyen de transport et Maurice en profite pour prendre leur place et se faufiler dans la voiture. C’est à ce moment précis que le signal du départ se fait entendre et que les portes se referment. Dommage pour ceux qui venaient de descendre !

Nuage

mardi 3 juin 2008

Raoul !

Ames sensibles d’abstenir !

J’ai déjà évoqué plusieurs fois les surprises que l’on pouvait découvrir entre deux rangées de fauteuils. Dans ces situations, c’est d’abord l’odorat qui vous alerte bien qu’habituellement c’est plutôt la vue qui vous guide et vous permet d’identifier les obstacles et les dangers.

L’autre jour l’odorat n’aurait fourni aucune indication car c’était inodore. Ce n’est qu’une fois arrivé sur place qu’on pouvait remarquer la chose. Comme j’étais équipé de mon appareil photo (celui de ma fille en fait), je n’ai pas hésité un instant à immortaliser cet instant de manière à vous faire partager ce que je vois et vous apporter la preuve que je n’invente rien !

Ce n’était pas une merde, mais une gerbe. Une pizza ou une peau de loup. Les expressions ne manquent pas. Moi j’aime bien « appeler Raoul » ou « conduire le bus de porcelaine ». C’est sonore et imagé.

Les spécialistes pourront peut-être m’aider à identifier ce qui se trouvait ce jour-là par terre. Vous m’excuserez, mais je n’ai pas eu le temps d’effectuer de prélèvement. Je ne dispose que de cette photo prise à la va-vite.

Il ne s’agit a priori pas d’un ectoplasme atomisé par la fine équipe des Ghost Busters.

L’origine est pour moi humaine. Rares sont les animaux, pouvant produire une telle quantité de matière, qui prennent les transports en commun. Un chien aurait tout ravalé.
J’ai pensé à une bouse de vache, mais j’ai vite rejeté cette hypothèse pour plusieurs raisons. Primo je ne vois pas comment la vache aurait pu monter là-haut, et deuxio si la forme rappelle la flatte, la couleur et l’odeur ne collent pas. Vous savez ce qu’est une flatte ?

Pour moi c’est du vomi, mais qui ne sent pas le vomi.

En zoomant sur certaines parties de la photo, j’ai cru deviner des grains de riz, avalés sans mâcher ! Par contre, pour le liant, je n’ai pas d’idée pour l’origine de la couleur. Des épinards ? Trop clair. De l’oseille ? Possible.

Comme d’habitude les demi-tours sur place des voyageurs pressés, qui finalement ne voulaient plus s’asseoir dans ce coin, auront été nombreux et nous auront une pensée compatissante pour les personnes qui, ce soir, devront nettoyer tout ça…

Vomi

lundi 2 juin 2008

J'ai eu chaud !

C'est la première fois que je fais ça : reprendre un article écrit par quelqu'un d'autre, un journaliste en l'occurrence. J'espère qu'il ne m'en tiendra pas rigueur. Je n'ai jamais su très bien hier pourquoi il n'y avait pas de train à Haussmann-Saint-Lazare. Voici l'explication :

Grosse pagaille dans le RER E

Copie intégrale d'un article de Franck LEFEBVRE-BILLIEZ du 31/05/2008 et paru à 11h50 sur le site internet LCI.fr

A l'origine, une défaillance de signalisation. A l'arrivée, quatre rames de RER bloquées, dont l'une dans un tunnel sans possibilité d'en sortir ; la ligne E du RER détournée pour éviter la zone Gare du Nord - Magenta ; et des incidents qui se sont propagés, par un effet de contagion, à de nombreux trains, dont des Corail et des TGV, lors d'une coupure d'électricité qui s'est étendue jusqu'à Bondy. Le trafic a été notablement perturbé vendredi soir entre Paris et sa banlieue Est, mais si la plupart des passagers n'ont connu qu'un contretemps, l'épisode le plus difficile a été vécu par ceux qui, bloqués dans un tunnel, ont décidé au bout d'une heure d'attente, excédés et sans aucune information, de quitter la rame pour finir leur voyage à pied le long des voies...

L'épisode pourrait rappeler celui qui avait paralysé le trafic à la gare du Nord début mai, et qui avait, lui aussi, été provoqué par un problème de signalisation. Mais la SNCF, contactée par LCI.fr, tient à éviter ce parallèle. Les conséquences ont été bien moins spectaculaires, assure-t-on à la société de transport ferroviaire, et de moindre durée. Autre différence : la pagaille à la gare du Nord avait pour origine un acte de malveillance. Dans le cas du problème survenu ce vendredi, on évoque simplement un "dysfonctionnement". Mais s'il ne semble pas avoir été provoqué volontairement, on en ignore toujours la cause précise.

1h40 pour rétablir le signal

Tout commence donc, ce vendredi, vers 17h30, lorsqu'un signal se met inopinément au rouge sur le parcours du RER E. Le conducteur d'une rame engagée dans le tunnel de 4 kilomètres qui relie la proche banlieue Est de Paris aux gares souterraines de Magenta (Gare du Nord) et Haussman-Saint-Lazare doit stopper sa machine. Il se trouve alors à quelques centaines de mètres de cette dernière gare, sa destination, où trois autres trains vont se trouver pour leur part bloqués au départ.

Faute de connaître la raison de ce signal passé au rouge, la SNCF organise une déviation pour éviter une paralysie de tout le trafic sur cette ligne : comme avant 1999 et la mise en service du tunnel reliant la banlieue à Haussman-Saint-Lazare, les trains passent par la Gare de l'Est. Pour la plupart des passagers, l'inconvénient se résume donc à des retards plus ou moins importants dans les deux sens, auxquels s'ajoutent des difficultés à rallier la Gare du Nord. Pour la rame prisonnière du tunnel, l'attente commence. Elle sera longue : il faudra 1h40 pour que le signal soit rétabli par les équipes d'intervention de la SNCF. Entretemps, la plupart des passagers auront choisi, au bout d'une heure, ignorant toujours l'origine de leurs déboires, de descendre du train pour rejoindre la gare par leurs propres moyens.

L'incident fait tache d'huile

Mais cette sortie dans le tunnel d'usagers excédés contribue à amplifier un peu plus le problème : mettant en place les procédures de sécurité prévues lors de la présence de piétons près des voies, la SNCF coupe l'électricité, non seulement sur la ligne E, mais aussi, par précaution, dans un secteur élargi qui va dans un premier temps jusqu'à Bondy, englobant les grandes lignes de la gare de l'Est, avant d'être restreint progressivement. A cet instant, et pendant quelques minutes, l'incident perturbe pas moins d'une vingtaine de trains, dont la plupart ne connaîtront toutefois pas plus d'un quart d'heure de retard. Les équipes de la SNCF devront ensuite s'assurer que le tunnel est bien dégagé de toute présence humaine avant de pouvoir intervenir sur le signal défectueux.

L'heure est au bilan. Combien de passagers cet incident a-t-il pu affecter ? Difficile à dire. A l'intérieur de la rame bloquée dans le tunnel, ils ne devaient pas être plus de 300, estime-t-on à la SNCF. En effet, le train concerné effectuait le trajet banlieue-Paris, alors qu'un vendredi soir, le plus gros du trafic a lieu généralement en sens inverse. Que prévoit la SNCF pour ces usagers bloqués une heure dans un tunnel ? A priori, rien d'autre qu'un affichage en gare. Les "gestes commerciaux" sont limités aux périodes de grève et aux grandes perturbations similaires, et ne concernent théoriquement pas les incidents ponctuels comme celui de vendredi. Quant à envoyer un mot d'excuses aux personnes concernées, on met en avant à la SNCF l'impossibilité de retrouver les passagers présents lors des faits. Ironie du sort, alors que sont souvent soulignés les défauts de fonctionnement d'autres lignes de RER, c'est précisément la plus fiable d'Ile-de-France (avec un taux de régularité oscillant entre 96% et 96%, assure-t-on à la SNCF) qui a été touchée cette fois.

vendredi 30 mai 2008

L’art de dire les choses (3/3)

Cela dit, même si on est persuadé de recevoir une réponse négative, on peut quand même poser la question. Cela suscitera l’admiration de la part de vos voisins ou voisines. C’est tout de même mieux que de passer pour un mufle ou un goujat !

La question, lorsqu’elle est posée, est souvent la suivante :« Vous ne voulez pas vous asseoir ? ». C’est le genre de question qui induit la réponse. En l’occurrence une réponse négative puisque la négation est déjà dans la question. En fait on propose sa place, mais on aimerait bien dans le même temps que la personne refuse l’invitation. Il serait plus juste de dire : « Voulez-vous vous asseoir ? ».

Il existe une version plus directe. On se lève de son siège et on dit : « Asseyez-vous ! ». Cela peut certes paraître un peu directif. On peut atténuer son propos en rajoutant un « je vous en prie », ou en disant « Venez vous asseoir ! ».

On peut aussi choisir de ne rien dire, de se lever et de désigner la place restée libre à la personne enceinte.

En général les choses se passent simplement mais il peut y avoir des complications.

La femme enceinte peut, avant de finalement accepter, vous remercier de votre offre et la refuser en prétextant qu’elle peut rester debout. Vous insisterez alors en redoublant d’amabilités : « Mais faites donc ! », « Si, si, j’insiste ! », « Non, ça ne me dérange pas ! », « Je descends à la prochaine… ». Évitez une fois de plus d’être trop directif dans le style « Ne discutez pas et asseyez-vous ! ».

Les exemples que j’ai présentés ne sont pas le fruit de mon imagination. Dans la réalité, la plupart du temps, on peut quand même assister à des échanges de civilité, mais la tendance est plutôt à l’individualisme, pour ne pas dire l’égoïsme.

Me trompe-je ?

Banquette

jeudi 29 mai 2008

L’art de dire les choses (2/3)

Il y a ceux qui ont vu, mais qui ne se dissimulent pas. Ils sont assis et à moins de les déloger de force, n’envisagent pas de bouger, et attendent qu’un autre voyageur réagisse et cède sa place.
Enfin il y a ceux qui ont vu, qui ignorent complètement les usages en la matière, et qui n’imaginent pas un instant qu’on puisse céder sa place à quelqu’un d’autre.

Viennent ensuite les réactions.

Ce qui m’a étonné plusieurs fois, c’est le manque de solidarité féminine. Toutes les femmes n’ont certes pas forcément eu d’enfants, mais c’est surprenant de voir que par moment elles ne font pas de cadeau à une femme enceinte. Lorsqu’un ensemble de sièges est occupé uniquement par des femmes, il peut se passer un certain temps avant que l’une d’elle finisse par « craquer » et décide enfin de se lever pour céder sa place, en souriant, mais à contrecœur.

La situation s’inverse si un homme à le « bonheur » de se retrouver au milieu de toutes ces femmes. Celles-ci le regarderont sans rien dire, histoire de lui faire sentir que si quelqu’un doit céder sa place, c’est lui et par conséquent la galanterie et l’esprit chevaleresque c’est pour lui ! Dans ce cas précis, je ne sais pas si on peut parler de solidarité féminine !

Il y a quand même des moments où spontanément quelqu’un proposera sa place. Une femme enceinte de 8 mois se verra offrir plus de proposition que si elle avait été enceinte de 2 mois !

Il y a toujours, non pas une part de risque, mais la possibilité de voir sa proposition refusée. Toutes les femmes enceintes, pour diverses raisons, ne veulent pas forcément s’asseoir. Il faudra ensuite se relever et le bénéfice du repos n’est pas évident si le trajet ne doit durer qu’une ou deux stations.

Lustre

mercredi 28 mai 2008

L’art de dire les choses (1/3)

Les transports en commun sont accessibles à tous, y compris aux femmes enceintes. Il est possible d’en voir à des degrés d’avancement divers de leur grossesse. Ils y a celles qui vont accoucher dans l’heure à venir tellement le ventre et les accessoires qui vont avec sont proéminents, vous l’avez compris je veux parler du nombril en relief, et il y a les autres !

En parlant de nombril, malgré un ventre de femme enceinte de 3 mois, le mien est plutôt en creux ! Mouarf ! On s’en fout !

Pour les femmes enceintes, mais aussi les personnes âgées, ou celles accompagnées d’enfants en bas âge, mais aussi pour les handicapés, des sièges sont réservés. Ils sont peu nombreux, mais ils ont le mérite d’exister.

En période d’affluence, ces sièges sont bien sûr occupés. La nature a horreur du vide. Ce qui est comique, c’est de voir le comportement des voyageurs lorsqu’une femme enceinte (c’est l’exemple que nous prendrons) pointe son ventre dans un train dont tous les sièges sont occupés.

Pour cela, il faut distinguer plusieurs catégories de voyageurs. Pour cela on ne va considérer que ceux étant dans l’entourage immédiat de la radieuse (et encombrante) future maman. Cette liste n’est certainement pas exhaustive, mais elle couvre le plus grand nombre de cas.

Il y a ceux qui n’ont rien vu, et qui ne verront jamais rien car ils sont endormis ou trop accaparés par leur lecture.
Il y a ceux qui ont vu, mais qui le dissimulent. Ils font semblant de ne rien voir, ou font semblant de dormir, regardent ailleurs ou restent obstinément plongés dans leur lecture.

Quai RER

mardi 27 mai 2008

Terminus anticipé (2/2)

Vous avez même constaté à deux reprises que le train s’était arrêté à Mickey comme dirait l’autre, avec diffusion d’un message préenregistré : « La signalisation nous impose cet arrêt. Pour votre sécurité veuillez ne pas ouvrir les portes et rester dans le train… », ou quelque chose dans ce genre là. Comme si, alors qu’il vous reste des kilomètres à parcourir, vous alliez vous amuser, dès le matin, à descendre sur le ballast pour aller pousser le train !

Pourquoi la signalisation impose cet arrêt, ça les usagers ne sont certainement pas suffisamment intelligents pour le comprendre, donc pour ne pas les blesser on préfère ne rien leur dire. Et puis qu’est-ce que ça changerait ?

Toujours est-il que le temps passe. Jusqu’au moment où le message qui tue est finalement annoncé laconiquement par le conducteur : « Suite au retard pris par ce train, le terminus sera Magenta. »

Fermez le ban ! Circulez, il n’y a rien à voir. Pas la peine de rouspéter c’est comme ça et pas autrement. Pour ceux qui ne le savent pas, le train aurait du s’arrêter à Haussmann Saint Lazare. Le message d’explication et d’excuse ou de compréhension sera pour un autre jour.

Il faudra donc descendre de ce train, sous peine de repartir en sens inverse, changer de quai dans une gare inconnue pour en attraper un, déjà bondé, pour arriver à destination, si tout se passe bien. Pour bien commencer la journée, on fait mieux, surtout si on se met à penser qu’on aurait pu rester un quart d’heure de plus au lit !

C’est donc un flot humain qui se précipite, car tout le monde veut passer en premier. Tout comme ceux qui attendent sur le quai et qui veulent monter dans ce train providentiel. Rarement ils ont l’occasion à cette heure de la journée, de monter dan un train vide. Le malheur des uns fait donc le bonheur des autres. La question est maintenant de savoir si c’est un jeu à somme nulle ? La réponse est non !

Tunnel métro

lundi 26 mai 2008

Terminus anticipé (1/2)

Ce n’est pas la première fois que ça arrive, mais on ne s’y fait pas et c’est toujours aussi désagréable.

Quelques minutes auparavant, tout avait l’air de bien se passer. Votre train était à l’heure, vous aviez pu prendre place, comme d’habitude, sur votre siège préféré, le signal avait retenti, les portes s’étaient refermées et le train avait démarré. Vous aviez pu sortir qui un livre de son sac ou fermé les yeux pour continuer une nuit trop courte.

Et puis d’un seul coup, c’est le doute, le questionnement. Sans pour autant avoir avalé une montre ou un horaire détaillé de votre ligne, vous sentez que quelque chose cloche. Ce n’est pas comme d’habitude. Pour une raison qui doit tenir du secret défense, votre train du matin se met à rouler à la vitesse d’un escargot. Étant donnée l’heure matinale, vous vous dites que ça ne peut pas déjà être des problèmes de circulation.

Autour de vous vous remarquez que d’autres voyageurs ont le même visage interrogateur et froncent le sourcil d’un air mécontent. Ont entend des soupirs et des marmonnements. Comme vous ils ont compris que quelque chose ne va pas.

Ça ne sent pas le brûlé, ça ne fuit nulle part, il ne pleut pas, il ne neige pas, vous n’avez pas vu le moindre tyrannosaure affamé à l’horizon, les grévistes sont encore au fond de leur lit ou en train de prendre des forces avant d’aller manifester (ou finalement en profiter pour rester chez eux).

Et puis la même chose s’est répétée plusieurs fois de suite.

Extincteur