vendredi 23 mai 2008

Nouvelles apparitions

Il a été aperçu par quelques personnes et quelques unes d’entre elles, certainement beaucoup plus rares, ont pu le prendre en photo. Il se déplace vite et silencieusement et c’est souvent à votre insu.

Sur ces images vous avez l’impression qu’il est immobile. C’est vrai et c’est normal car vous êtes en train de regarder des photos. En réalité il bouge. Il se déplace dans les transports en commun, et essentiellement dans les couloirs et les stations souterraines. En regardant de plus près, vous constaterez que c’est toujours le même Mickey qui se trouve sur cette photo et sur celle qui illustre le blog de Pousse-Manette. Jamais ils ne se sont concertés et pourtant il faut se rendre à l’évidence. Deux fois de suite et à quelques jours d’intervalle, Mickey a pu être observé se déplaçant dans les transports en commun.

Pour avoir une chance de l’apercevoir, mieux vaut ne pas marcher en regardant où vous mettez les pieds, ou en ayant l’air abattu. Au contraire, il faut regarder en l’air. Car ce n’est pas au niveau du sol qu’il voyage, mais au niveau du plafond. C’est pour cette raison que si peu de personnes, un peu à l’image du monstre du Loch Ness peuvent, prétendre un jour l’avoir vu.

Seuls les enfants sont suffisamment sensibles pour éprouver un quelconque sentiment en le voyant. Certains le montre du doigt en l’appelant joyeusement par son nom alors que d’autres piquent une crise et hurlent en pleurant à sa vue en ces lieux. Allez savoir pourquoi…

Les conducteurs de rames de métro ou de RER sont, de par les fonctions qu’ils exercent, plus nombreux à pouvoir l’observer. En arrivant dans les stations ils sont mieux placés que le voyageur lambda pour les apercevoir. A tel point qu’ils sont maintenant blasés en quelque sorte. Ils ont même intégré ces apparitions dans leur vocabulaire professionnel. Ne parlent-ils pas de s’arrêter à Mickey ?

Ballon

jeudi 22 mai 2008

Colis piégé

Cela faisait longtemps que ça ne lui était pas arrivé. Un colis suspect dans une des gares par laquelle passe le train Maurice bloque complètement le trafic. Nous sommes vendredi soir et il s’était organisé au travail pour partir plus tôt que d’habitude afin de pouvoir effectuer un certain nombre de tâches généralement dévolues au week-end.

Il faut reconnaître que c’et en partie fichu. Son train est bloqué dans une gare depuis maintenant vingt bonnes minutes et il y a a priori peu de chances qu’il redémarre avant longtemps. S’il n’y avait pas eu ce retard, il serait pratiquement arrivé à destination.

Dans son malheur Maurice a un peu de chance quand même. En effet, il est assis, il n’y a pas trop de monde dans sa rame et il ne fait pas trop chaud. S’il était parti cinq minutes plus tard de son bureau, il serait probablement coincé sous terre à la gare Haussmann Saint Lazare au milieu d’une foule excitée dans la pénombre et la touffeur d’une gare souterraine.

Là où il est, il ne fait pas trop chaud car son train stationne à l’extérieur et il pleut. Il y a même quelques éclairs et des coups de tonnerre. C’est l’autre raison pour laquelle ce qu’il avait échafaudé est tombé à l’eau (façon de parler). Maurice aurait aimé tondre sa pelouse. Et bien ce sera pour une autre fois.

En attendant, aucun train ne circule à cause de ce colis suspect. À quoi peut-il ressembler ? Qui a fait cela ? Que se passe-t-il en ce moment dans la gare en question ? Si c’est une blague ou un acte de malveillance (pas un acte terroriste), il espère qu’une enquête sera ouverte et que des moyens et scientifiques seront mis en place pour retrouver l’étourdi, le blagueur ou le malfaisant pour le punir comme il se doit. Combien de milliers de personnes sont bloquées en ce moment ?

Dans son wagon Maurice a pu somnoler quelques instants, histoire d’être en forme avant de rentrer chez lui. Autour de lui plusieurs personnes piquent du nez vers leur livre ou leurs genoux. C’est comique.

Maurice est finalement calme et détendu. Il écrit…

Crocodile

mercredi 21 mai 2008

Iron Man

Cela fait plusieurs fois que j’en vois. À chaque fois un différent. Et cela fait plusieurs fois que j’ai envie de vous en parler. J’attendais comme un déclic, et c’est l’affiche d’un blockbuster annoncé, littéralement qui fait exploser le quartier, sorti dans toutes les salles il y a à peine quelques jours qui m’a décidé à me lancer.

Difficile de l’ignorer, surtout si on passe une grande partie de son temps dans les transports en commun ou sur Internet, Iron Man a débarqué. Son signe distinctif ? Il porte une armure métallique qu’il a fabriquée lui-même. Pourquoi ? Je n’en sais rien en fait, mais je me doute qu’il fait partie de la catégorie des super héros et donc qu’il doit battre les méchants pour sauver la Terre et l’Humanité à lui tout seul.

Après le Surfer d’Argent, voici donc Iron Man, l’homme d’acier, en gros. Le dernier que j’ai vu s’appelait Robert je crois et circulait dans un fauteuil roulant. Celui-là sait voler et je ne connais pas son prénom. Pas plus que je ne connais le prénom des hommes dont je voulais vous parler au départ de ce billet. Ceux-là ne volent pas et ne roulent pas en fauteuil roulant et comme Maurice ils prennent les transports en commun.

Un signe distinctif par rapport aux autres et qui est le point commun qui les rassemble, est le fait qu’ils soient lourdement accessoirisés de divers « bijoux » métalliques. Si jusqu’à présent la tendance était à l’or jaune, c’est maintenant le métal blanc qui a fait son apparition.

Chaînes, bagues, bracelets, colifichets, anneaux, boucles, breloques, chevalières, piercings, montres, le tout à plusieurs exemplaires et de toutes les formes et longueurs, ce qui compte c’est la quantité et le fait que cela soit assorti aux énormes bouchons de carafes fixés à chaque oreille. Il doit y en avoir pour des kilos, autour du cou, à chaque doigt, autour des poignets, dans le nez, les oreilles, les sourcils, sur la langue…

A rendre fou un détecteur de métal dans les aéroports. Ça doit biper de tous les côtés.

Si j’ai un conseil à leur donner, c’est de se tenir éloignés de moi, de ne pas s’approcher de moi à plus de dix mètres. Le temps est à l’orage et je n’ai pas besoin d’un paratonnerre ambulant à proximité !

Iron Man

mardi 20 mai 2008

Comment font-ils ?

Il doit faire au bas mot 30°C dans les rames et pourtant de nombreux usagers ont encore sur le dos une veste voire un manteau. Nombreuses sont les femmes aux épaules nues ou aux manches raccourcies. Nombreux sont les hommes ayant conservé une cravate autour du cou.

Cela fait des mois que Maurice ne porte plus de cravate. Il en a toujours une dans le tiroir de son bureau, pour les grandes occasions car il faut bien admettre que si elle n’est pas obligatoire, par moments elle est bien vue. Sans aller jusqu’à dire que son absence est mal vue, mais ça il ne faut pas le dire… Pour aller avec la cravate qui est dans son tiroir, il porte quand même tous les jours un costume, une chemise avec boutons de manchette et des chaussures noires. Réminiscence sans doute d’une époque où les chaussures qui n’étaient pas noires étaient appelées chaussures jaunes !

Maurice est habillé ainsi tous les jours, sauf le vendredi. Le vendredi ce n’est pas ravioli, mais « casual Friday » (à prononcer kajouôle frailledé). Comme son nom l’indique, la mode nous vient des pays anglo-saxons. Afin de se préparer mentalement au week-end, on s’habille décontracté. Mais attention ! Qui dit décontracté, dit décontracté chic et pas négligé !

Il est donc possible le vendredi de porte des pantalons de toile, des chemisettes ou des polos qui sont tout de même plus légers et permettent à Maurice de voyager dans des conditions un peu plus agréables. Le restant de la semaine, tant que le temps est au beau et que le soleil chauffe, dans les trains c’est l’enfer.

Ce ne sont pas les petites fenêtres ouvertes qui pourront créer un courant d’air suffisamment puissant pour rafraîchir l’intérieur des rames. De toute manière l’air qui y rentre est chaud.

Une solution est de se tenir debout, et d’attendre que ça passe. Le problème est qu’une fois debout, Maurice ne peut plus écrire. Ce n’est pas le Moleskine qui résoudra le problème. Alors finalement Maurice a choisi. Stoïque, il ne se laisse pas dévorer le flanc par un renard sans broncher, il reste simplement assis, à côté d’une fenêtre, dans le sens inverse de la marche, et il écrit, comme en ce moment, pour lui, pour les autres, pour passer le temps. Et il a chaud !

Joueur

lundi 19 mai 2008

Inutilisation prolongée

Le mois de mai et tous ses jours fériés permet à de nombreux voyageurs des banlieues, de prendre quelques jours de vacances et de repos pour faire le pont, dans le style un jour posé = une semaine gagnée (ou presque).

Du coup, et c’est mathématique ou logique, comme vous voudrez, le nombre de personnes utilisant les transports en commun ou se rendant au travail avec une voiture, diminue sensiblement et globalement.

Cette diminution est probablement amplifiée dans le train dans la mesure où de nombreuses personnes en profitent pour changer de mode de transport. Afin de gagner un semblant d’autonomie et de liberté pour un certain nombre de jours, ou pour se dépayser, elles ressortent la voiture du garage et libèrent autant de places supplémentaires dans les trains.

Il y a ainsi à peine moins de circulation et comme il y a moins de voyageurs, la fréquence de passage des trains est modulée par la SNCF ou la RATP. Il n’y a donc pas beaucoup moins de personnes dans les trains puisqu’ils sont moins nombreux.

Maurice lui en a profité pour abandonner le train, sans pour autant prendre sa voiture pour aller travailler, car il a pris quelques jours de congés. Pour tout dire un vendredi situé entre un jeudi férié et un lundi de nouveau férié.

Pendant tout ce temps, son Pass Navigo est resté rangé dans une pochette de sa sacoche, homme sage et organisé qu’il est, afin de ne pas avoir à le chercher le jour venu. Comme quoi l’âge et l’expérience peuvent encore avoir du bon !

C’est ainsi que par un mardi ensoleillé il put le sortir et de nouveau l’utiliser. Vous le croirez ou pas, mais la photo d’identité de son badge, après un séjour prolongé dans l’obscurité, a cligné des yeux !

Station Anvers

vendredi 16 mai 2008

Le chant des oiseaux

En cette période de l’année, les oiseaux donnent de la voix, et pouvoir les entendre est un vrai plaisir. Quoi de plus agréable, le matin, que d’écouter leurs trilles, chants, pépiements et autres gazouillis. Il y en a pas mal qui zinzinulent dans mon quartier.

Le jour où vous en entendrez un jaboter à côté de vous, soit vous êtes au zoo, soit les prévisions de réchauffement global étaient légèrement fausses !

Malheureusement sur le quai de gare de Maurice, tout cela est couvert par la diffusion, au travers de haut-parleurs placés sur le quai, d’émissions de radio. Comme s’il n’y avait pas assez de bruit et de nuisances sonores, la SNCF, pour le confort de ses voyageurs sans doute, diffuse des émissions de radio. Personnellement, il n’a rien demandé et au contraire, il militerait plutôt pour l’arrêt de cette pratique pour plusieurs raisons.

La compréhension : à moins d’être placé sous un haut-parleur, lorsqu’il s’agit de discussions ou du monologue d’un animateur ou du témoignage d’un auditeur, on ne comprend que couic. Tout au plus cela génère-t-il un bruit de fond. Lorsqu’il s’agit d’un morceau de musique, on finit parfois par le reconnaître. Cela dit, pour les nouveautés, Maurice n’est pas un expert en la matière !
Le choix : sont-ce les personnes présentes dans la gare qui choisissent la radio à diffuser ? Pourquoi nous imposeraient-ils leurs choix ? Peuvent-ils monter ou baisser le son ? On dit que la musique adoucit les mœurs. Peut-être, mais quelle musique ?
Le coût : des droits sont certainement payés à la SACEM et il faut entretenir les haut-parleurs. Existe-t-il un partenariat entre la SNCF et une ou des radios commerciales ? A l’heure ou tout augmente, on pourrait commencer par économiser par ici.
Le silence : il est d’or parait-il, alors pourquoi, lorsque c’est possible, ne pas en profiter ?

T’as fini de râler Maurice ?

Couloir RER E

jeudi 15 mai 2008

Il fait beau il fait chaud

C’est probablement la phrase préférée de Mab en ce moment ! Il s’agirait en fait d’une incantation trouvée dans un vieux grimoire et dont la répétition est censée faire germer les graines de tomates. Il faut tourner autour de ses semis en sautillant d’un pied sur l’autre et en agitant un plumeau.

Et s’il fait beau et chaud chez elle, il en est de même là où passe le train de Maurice. Cette chaleur lui permet de faire ce qui lui plait, à savoir partir travailler sans imper ou sans manteau : rien qu’un costume.

Le matin, tout va bien. C’est même un vrai plaisir que de se rendre à la gare dans la fraîcheur matinale, accompagné du chant des oiseaux. Les merles et les tourterelles s’en donnent à cœur joie en ce moment.

Qui n’a jamais chanté ou entendu ceci ?

Réveillez vous, coeurs endormis,
Le dieu d'amour vous sonne.
Vous serez tous en joie mis,
Car la saison est bonne.
Les oiseaux quand sont ravis
En leur chant font merveilles.
Écoutez bien leur devis,
Détoupez vos oreilles…

Ne cherchez plus, c’est de Clément Janequin et cela s’intitule « Le chant des oiseaux ».

Revenons à la fraîcheur matinale. Il faut en profiter au maximum avant de s’enfermer pratiquement toute la journée, soit dans une rame de train, soit dans un bureau climatisé.

Mais le plus difficile, tout du moins le plus désagréable est certainement le retour en fin de journée. Maurice ne s’y habituera probablement jamais. Il appréhende l’arrivée de l’été et des températures infernales et transpire déjà rien qu’à l’idée de se retrouver dans une rame surchauffée d’être restée en plein soleil toute la journée et chargée d’une population transpirante !

On n’y est certes pas encore, mais ça viendra au moins aussi vite que le Pass Navigo à Haussmann Saint Lazare.

En attendant, il ne reste plus qu’à profiter des petits matins frais et ensoleillés.

Escalier RER E

mercredi 14 mai 2008

Maurice ce héros

Les portes du train viennent de se refermer dans un claquement sonore lorsque l’attention de Maurice est attirée par la silhouette d’une jeune femme court, mais élégamment vêtue. Pourquoi cette personne plutôt qu’une autre ? Un sixième sens sans doute… Ce ne sont ni ses longues jambes portées par de fines chaussures à talon, ni l’échancrure de son petit haut près du corps qui ont mis ses sens en alerte.

Notre ami Maurice est le seul à avoir compris le drame qui se déroule dans l’indifférence générale. L’infortunée jeune femme a la main coincée dans la porte et la douleur est telle qu’elle peine à émettre le moindre son.

Elle a le regard d’une biche apeurée, terrorisée et résignée, qui tremble à l’idée de se savoir condamnée face à un loup affamé, et qui attend le coup de grâce.

Il ne prend pas le temps de réfléchir et jaillit de son siège comme un diable à ressort sort de sa boîte. Il a l’impression que le temps s’est arrêté et qu’il vit une expérience extracorporelle, sans doute sous l’effet de l’adrénaline.

Notre ami Maurice se précipite donc, et dans un effort musculaire presque surhumain, s’arc-boute contre la porte et de ses larges épaules repousse la porte afin de permettre à la malheureuse de se libérer.

La jeune femme à la longue chevelure brune et dont le teint légèrement hâlé avait blêmi sous la douleur et la peur, retrouve quelques couleurs et le sourire. Et quel sourire ! Une larme échappée avait fait couler un peu de son eye-liner lui donnant un air à vouloir la consoler encore plus. Maurice la soutient et réalise comme elle peut être frêle et menue dans ses bras musclés.

Soudain, sans s’y attendre, elle se jette contre lui, lui passe les bras autour du cou et le gratifie de deux bises voluptueuses tout en lui glissant un « Merci ! » langoureux au creux de l’oreille.

Il n’en attendait pas tant le bougre ! C’est probablement sa retenue naturelle qui trouble tant Maurice. Cet assaut de tendresse soudain le réveille et c’est avec effroi qu’il réalise qu’il s’était endormi dans le train. Il a juste le temps de ramasser ses affaires éparpillées autour de lui avant de sauter du train dont la sonnerie stridente annonce déjà le départ imminent ! Il a juste le temps de voir le visage ahuri des autres voyageurs. A-t-il hurlé pendant qu’il rêvait ? Il ne le saura jamais. En plus dehors il pleut à verse…

Statue

mardi 13 mai 2008

Disparition annoncée

Cela va arriver très vite maintenant. Un changement dans les habitudes d’un grand nombre de voyageurs des transports en commun en Île de France. Le fameux ticket chic ticket choc va bientôt disparaître pour laisser la place au Pass Navigo.

Cela fait plusieurs années maintenant que le Pass Navigo existe. Maurice a sauté dessus, pas immédiatement à sa création, mais dès que la gare qu’il prend chaque matin a été équipée d’un lecteur de puce électronique.

Fini les queues de fin de mois ou de début de mois. Dorénavant, grâce au prélèvement automatique, on se rend compte du temps qui passe et du mois qui change rien qu’en voyant les interminables files d’attente à côté desquelles Maurice passe d’un pas rapide et joyeux.

À partir du 20 juin, à Haussmann Saint Lazare, c’en sera terminé du ticket. Une page se tourne me direz vous. Tout comme le poinçonneur a disparu, aux Lilas ou ailleurs. Par contre le nombre de personnes passant leur sac à main de façon frénétique sur le lecteur va augmenter de façon exponentielle ! Tout progrès s’accompagne toujours de nouveaux inconvénients.

Cela fait des années que le Pass Navigo existe (si je le répète, c’est da façon intentionnelle). Cela fait des années qu’on parle de supprimer les tickets.Cela fait des années que les mêmes personnes se disent qu’il faut qu’elles passent au Navigo (là je ne répète pas Pass car ça ferait trop). Cela fait des années que certaines d’entre elles me demandent tous les mois comment ça marche, quelles sont les démarches à accomplir, quels sont les justificatifs à fournir…

Bref je m’attends à une belle pagaille d’ici la fin du mois de juin ! Maurice, comme d’habitude, sera aux premières loges.

Au fait, dans sa gare de départ, la disparition est prévue pour le 20 mai !

Pilier RER E

mercredi 7 mai 2008

Mon nouveau cahier

Ça y est, il faut se lancer à un moment ou à un autre. Je veux parler du remplissage de mon nouveau cahier d’idées folles et saugrenues.

Il va tout d’abord falloir que je me fasse à ce nouvel outil. Un cahier est un cahier ? Non ! Dès à présent je me rends compte que la technique d’utilisation est sensiblement différente de celle du carnet à spirales. Il est vrai que je n’ose pas (je me refuse), comme avec les livres, replier complètement la couverture, de crainte de l’abîmer.

Il me faut donc impérativement utiliser ma sacoche comme d’une tablette. Je la pose sur mes genoux afin de pouvoir y poser mon cahier et ça va tout de suite mieux.

Dès le départ, je peux apprécier l’espacement entre les lignes. À vue de nez ça doit faire huit millimètres, ou sept. C’est plus confortable que les carreaux 5x5. Les carreaux ont d’ailleurs disparu. Ne restent que les lignes, ce qui suffit amplement.

C’est Anonyme qui l’autre jour écrivait qu’avec un tel cahier, je ne passerais pas inaperçu. En fait il n’en est rien. Une fois le cahier ouvert on ne voit plus la couverture ! C’est dommage, car l’assemblage des images et des dessins me plait beaucoup.

Quant à la règle des 300 mots, il faudra, une fois que j’aurai rempli une page, que je vérifie par un comptage rapide, si le format d’une page colle avec ce que je me suis imposé.

En parlant de coller, le fait d’avoir retiré ce qui devait être l’étiquette du prix, la couverture est collante à un endroit. Comme pour beaucoup d’autres petites choses, Maurice s’y fera rapidement.

Vous y croirez ou pas, en tous les cas, vous pouvez recompter vous-mêmes : ce texte contient exactement 300 mots ! Étonnant, non ?

Quai RER E

mardi 6 mai 2008

Comment tout gagner

Maurice utilise les transports en commun, mais pas uniquement en semaine. Il lui arrive de se rendre à Paris pendant le week-end pour participer, par exemple, à des balades en roller. La dernière en date fut la randonnée Rollers & Coquillages de dimanche dernier.

L’utilisation des transports en commun évite de se retrouver coincé dans les embouteillages et de tourner pendant des heures pour trouver une place où se garer.

A l’aller les correspondances s’enchaînent rapidement Il faut passer du RER E au RER A puis au Métro. Ce jour-là Maurice et les personnes qui l’accompagnaient eurent de la chance à l’aller et au retour.

A l’aller il leur suffit sans se presser d’atteindre le quai pour qu’un RER ou un métro arrivent. Trop fort !

Au retour, c’est grâce à leur expérience qu’ils purent attraper de justesse une correspondance du RER E. Encore faillirent-ils se faire avoir en beauté !

Le dimanche après-midi, vers la banlieue Est, il faut compter un RER E toutes les demi-heures. Lorsqu’ils prirent le RER A à la Gare de Lyon, connaissant les horaires de départ du RER E à Haussmann-Saint-Lazare et le temps nécessaire à chacun de ces trains pour rejoindre leur point de correspondance à Val-de-Fontenay, ils réalisèrent que ce serait très juste.

Le fait de remonter les rames du RER A à chaque arrêt, afin de se retrouver face à l’escalier de sortie, leur permettrait de gagner de nombreuses secondes à l’arrivée. C’était sans compter sur le fait que la sonnerie annonçant la fermeture des portes était quasiment inaudible ! En voyant les portes se refermer Maurice, dans un réflexe salvateur, réussit à bloquer les portes, à les réouvrir (probablement avec la complicité du conducteur) et à faire monter tout le monde ! Ouf !

Ils ne se firent pas avoir les fois suivantes et se contentèrent de remonter rapidement les rames une à une. Au final, arrivés à destination, leur correspondance était à l’approche. Un dernier sprint pour monter les escaliers et ils étaient sauvés !

Trop fort Maurice !

Passerelle

lundi 5 mai 2008

Nouveau départ

Après avoir abandonné l’écriture pendant quelques mois, Maurice a repris le chemin de la blogosphère et vous rapporte au quotidien ses commentaires éclairés sur la vie de ce monde particulier que sont les transports en commun, ses usagers et ses mœurs parfois étranges.

La fréquence de publication est restée la même, à savoir un billet par jour ouvré travaillé pour Maurice et la longueur de chaque billet ne varie pas, ou peu. Elle tourne toujours aux alentours de 300 mots.

Le thème n’a pas changé non plus. Il y a tant à dire sur cet univers unique en son genre et ses habitants parfois bizarres. J’ai déjà écrit quelque chose sur ce monde de passage qui ne se matérialise qu’au fur et à mesure de l’arrivée de ses habitants.

Par ailleurs Maurice s’attache toujours à fournir une réponse personnalisée à vos commentaires !

Vous aurez probablement noté une modification de la forme. Si la couleur de fond de page reste du même vert-caca-d’oie-terne, chaque billet est dorénavant illustré d’une photo prise par Maurice lui-même. Il n’y a la plupart du temps aucun rapport entre la photo et l’article, c’est juste pour vous faire découvrir ce que voit Maurice et que vous n’avez peut-être pas la possibilité de voir.

Autre changement, mais celui-là vous ne pouvez le voir ni même le deviner, Maurice a abandonné son cahier Impéga 17x22 à spirales et petits carreaux de 180 pages pour le remplacer par un « cahier d’idées folles & saugrenues », cadeau d’une usagère / admiratrice / fan / lectrice / amie (au choix) mais aussi grande utilisatrice des transports en commun, qu’il ne lui reste plus qu’à noircir de ses pattes de mouche (je parle du cahier !).

A noter que cette fois la photo est en rapport avec le texte !

Il ne reste plus qu’à trouver maintenant l’inspiration…

Mon nouveau cahier

mercredi 30 avril 2008

Microcosmos (2/2)

D’autres espèces ont su tirer profit de ce milieu et des êtres vivants qui l’occupent. Encore faut-il, comme Maurice, être un fin observateur et pouvoir les apercevoir. Il en existe deux sortes : un parasite (Saprophytus Detritus) et un prédateur (Tripotanus Gigantus).

On ne les voit en fait pas ailleurs que dans les transports en commun. Pour le premier le voir ne représente pas de danger. Etant parasite, il aura même plutôt tendance à vivre caché. Il se nourrit essentiellement des déchets jetés à même le sol alors que les poubelles ne manquent pas. Ce régime apparemment lui profite car des spécimens longs de plusieurs mètres on pu être observés en plein Paris. Si des reliquats de repas traînent par chez vous c’est que le Saprophytus Detritus n’est pas encore passé. A contrario, si c’est propre, c’est qu’il est venu ! C’est après de longues heures de surveillance caché derrière une énorme poubelle et grâce à quelques vieilles frites bien grasses que Maurice put photographier celui-ci. Malheureusement le déclic de l’appareil photo l’a ensuite fait fuir.

Mille-pattes


Pour le prédateur, c’est une toute autre histoire. Pour un usager des transports en commun, le voir est un danger mortel. C’est ce qui faillit arriver il y a quelques jours à Maurice, alors qu’il se rendait dans Paris. Un énorme spécimen de Tripotanus Gigantus venait de s’emparer de quelques voyageurs inconscients et les emmenait dans son repère, probablement pour y nourrir ses petits. C’est au péril de sa vie, mais pour vous permettre d’assouvir votre curiosité que Maurice décida de suivre (de loin) ce monstre. Il vous en ramène cette photo unique.

Araignée Tuileries


C’est son grand nombre et sa propension à se reproduire rapidement qui permet à la population des usagers des transports en commun de se maintenir et de se développer dans ce monde hostile malgré ces prélèvements sauvages.

mardi 29 avril 2008

Microcosmos (1/2)

Après l’homme et son PC portable, aboutissement d’une évolution étalée sur plusieurs millénaires, voici d’autres espèces étranges que l’on peut apercevoir dans les transports en commun, si l’on est observateur et qu’on se trouve au bon endroit au bon moment.

Tout le monde le sait, la Nature telle que nous la connaissons aujourd’hui, celle dans laquelle nous vivons, n’a pas toujours ressemblé à ce qu’elle est actuellement. Elle est le résultat d’une longue et progressive évolution qui a obligé les organismes vivants que nous connaissons, à s’adapter, sous peine de disparaître.

Il en fut ainsi des dinosaures, des mammouths, des tigres à dents de sabre et des dodos. Que ce soit une météorite, un réchauffement global ou une chasse trop intensive, le résultat fur la disparition d’un grand nombre d’espèces dont on ne retrouve plus que des traces ou la simple évocation. La Nature ayant horreur du vide, elle les remplaça par d’autres espèces. C’est faire un sacré raccourci que de dire que l’usager des transports en commun en est un.

Cela dit tout le monde sait de quoi on parle. On se le représente très bien et même mieux depuis qu’un fou furieux se faisant appeler Maurice prend un malin plaisir à les observer et les décrire. Il en décortiquerait bien quelques unes et en empaillerait quelques autres, mais bon…

Ces spécimens ont des habitudes qui leurs sont propres et vivent dans des conditions particulières, pour ne pas dire dans un milieu hostile. Ils ont su faire preuve d’adaptation et trouvent certainement tout ce dont ils ont besoin pour se vivre et survivre dans un environnement propice à leur développement. Il n’y a qu’à voir l’augmentation rapide de leur population, surtout à certaines heures de la journée. Un peu comme les espèces animales se regroupant autour des points d’eau ou d’une carcasse encore fumante.

Pourtant ils ne sont pas les seuls à fréquenter ces lieux.

Mille-pattes

lundi 28 avril 2008

Homo micro

Karmara, encore elle, se demandait si une des caractéristiques de Maurice est qu’il tapote un micro dans les transports en commun.

La réponse est non ! Pour la simple et bonne raison que Maurice n’a pas d’ordinateur portable. Cela dit s’il en avait un c’est pratiquement sûr et certain qu’il l’utiliserait. Ne serait-ce par exemple que pour écrire les articles de son blog. Il gagnerait du temps car plutôt que d’écrire dans un premier temps sur son petit cahier à spirales et de trouver ensuite du temps pour les taper sur un ordinateur, il préfèrerait pouvoir le faire directement sur un ordinateur.

L’utilisation de laptops par les usagers des transports en commun n’est pas nouvelle. Jusqu’à présent on les voyait plutôt dans les TGV ou les avions, le must des transports en commun. Il n’est plus rare maintenant d’en voir dans les trains de banlieue.

C’est ainsi que Maurice peut régulièrement observer un couple de voyageurs qui utilise à fond ces appareils. Je dis couple car il y a un homme, une femme, ils arrivent ensemble sur le quai et se font un p’tit bisou au moment de se quitter.

Après être montés dans la rame et avant de s’assoir, ils s’accordent sur les sièges à occuper. Le plus souvent ils s’assoient dans le sens inverse de la marche. Je pense qu’ils font cela à cause des reflets sur les écrans car le matin, étant assis dans ce sens, on a le soleil de face (et donc pas sur l’écran).

Une fois assis, Monsieur et Madame extirpent chacun de leur cartable une PC portable et passeront tout le trajet à tapoter chacun dans leur coin, sans s’adresser ni la parole ni un regard, trop absorbés qu’ils sont à faire je ne sais quoi sur leur machine. Sans doute pratiquent-ils le clavardage via bluetooth…

vendredi 25 avril 2008

Chien d'aveugle (2/2)

Revenons cependant à nos moutons…

Décidemment, cette observation n’est pas sans révéler de nouvelles surprises à Maurice. Il est surpris de l’allure rapide à laquelle le chien et son maître sont capables de progresser dans ces couloirs, au milieu de cette foule matinale. L’approche des escaliers mécaniques montants et descendants se fait sans ralentir. À un tel point que Maurice en vient à s’interroger sur l’aveugle en question. Voit-il ou distingue-t-il quand même quelque chose ? Même en lisant un journal ou un livre en marchant on ne peut s’empêcher, à l’approche d’un escalier, de regarder où l’on pose les pieds.

A plusieurs reprises donc Maurice s’est retenu d’intervenir pour de toute manière constater que tout se passait finalement bien. Jusqu’au moment où, arrivé devant une barrière de portillons dont tous les voyants étaient au vert sauf un qui était rouge, Maurice se demanda si le chien saurait choisir le bon. Il avait une chance sur six de se tromper.

Après avoir semblé se diriger vers le rouge, le chien s’engagea finalement dans un portillon qui fonctionne. S’agit-il du hasard ? Le chien a-t-il été conditionné

Et on saute du coq à l’âne pour que je puisse vous faire part de l’anecdote suivante :

Le policier : « Dites Donc, vous n’avez pas vu que le feu était rouge ? »
Le conducteur : « Excusez-moi, mais je suis daltonien… »
Le policier : « Et alors ? Il n’y a pas de feux en Daltonie ? »

Arrivée RER

jeudi 24 avril 2008

Chien d'aveugle (1/2)

L’autre jour Maurice a eu le regard attiré par quelque chose d’inhabituel, mais en fait pas si rare. Un aveugle était guidé par un chien. Ce n’était pas un chien de race tel qu’un labrador ou un berger allemand, mais probablement le croisement d’un berger belge et d’un colley. Du colley il avait la tête, c'est-à-dire un museau très fin et allongé, du berger belge il en avait le pelage.

Maurice a lui-même deux chiens et si cela passe complètement inaperçu aux yeux et surtout aux narines des autres voyageurs ou de ses collègues de bureau ou de ses amis, il n’en est pas du tout de même pour les autres chiens. Ces derniers trouvent Maurice très intéressant et ne se gênent pas pour passer en revue ses bas de pantalons. Il a beau expliquer aux personnes qui sont à l’autre bout de la laisse qu’il sait ce que c’est, qu’il a lui-même des chiens, rien à faire, il a toujours l’impression que ça leur déplaît que leur chien fasse des démonstrations de joie à des étrangers.

C’est ainsi que Maurice fut à moitié surpris lorsqu’il sentit quelque chose de froid et humide se glisser dans sa main gauche. Ce contact ne dura qu’une fraction de seconde mais avait probablement permis au chien d’obtenir tous les renseignements qu’il souhaitait. De son côté Maurice avait en une fraction de seconde compris que le chien était entré en contact avec lui.

Amusé par le comportement du chien et pour une fois que quelque chose de différent se présentait dans son quotidien, Maurice décida de les laisser prendre un peu d’avance pour pouvoir les observer. C’est en effet toujours curieux de voir la progression d’un tel attelage, surtout au milieu de la foule pressée et pas forcément toujours très attentive aux individus qui la composent.

Avec le chien il faut pourtant admettre que tout semble différent. Les personnes venant en sens inverse sont probablement plus attentives à un chien qu’à une canne blanche. Les collisions frontales sont ainsi plus aisément évitées. Eprouverait-on plus de scrupules à bousculer un chien que de taper du pied dans la canne d’un aveugle ? C’est à peine croyable de réaliser par moment comment les autres usagers des transports en commun sont isolés dans leur monde. A se demander parfois des deux lequel est l’aveugle. Celui qui a la canne blanche et les lunettes noires ou bien celui qui ne regarde pas là où il met les pieds ?


RER E Haussmann

mercredi 23 avril 2008

Couloir ou fenêtre ? (2/2)

La seconde raison est l’encombrement de Maurice. Là on aborde la question de son espace vital, mais aussi celui de ses voisins proches, et donc de son confort et de celui des autres. Comme tout le monde, Maurice a des épaules. Le problème c’est qu’il en a peut-être un peu plus que la moyenne. Du coup les places assises étant plutôt étroites, on en vient vite à voyager côte à côte, pour ne pas dire épaule contre épaule. C’est parfois agréable, mais souvent désagréable ! Tout dépend de votre voisin(e). En hiver on se tient chaud. Le problème c’est qu’en plein été on se tient chaud aussi !
Le fait d’être assis à côté d’une fenêtre vous donne, et rien qu’à vous quelques centimètres supplémentaires au niveau des épaules et des bras et vous permet d’en prendre un peu plus à votre aise. C’est pratiquement du luxe.

Enfin, que ce soit le matin ou le soir, Maurice monte en début de ligne, ou quasiment. Au cours de son trajet il verra donc monter et descendre pas mal de personnes. Le fait d’être assis à côté d’une fenêtre lui évitera d’être bousculé chaque fois que quelqu’un voudra monter ou descendre de la voiture. Non seulement il ne sera pas bousculé, mais en plus il ne gênera pas les autres ou bien il ne risquera pas de réceptionner sur ses genoux l’inconscient(e) qui se sera levé avant l’arrête total du train et qui sera déséquilibré en cas de coup de frein intempestif. Une fois de plus, selon la personne que vous réceptionnerez, la situation pour être plus ou moins agréable !

Elle : « Oh, je suis désolée… »
Maurice : « Tout le plaisir est pour moi ! »

Bref, dorénavant pour mieux situer Maurice dans une rame, il suffira de chercher un homme aux épaules larges, assis en sens inverse de la marche et à côté d’une fenêtre !

Foule RER Défense

mardi 22 avril 2008

Couloir ou fenêtre ? (1/2)

J’ai répondu il y a quelques jours à un commentaire de Karmara qui nous exposait sa stratégie d’occupation des banquettes dans les trains. J’écrivais alors que ma façon de faire était différente. Il est maintenant temps de vous en faire part.

Si chacun a sa façon d’appréhender les choses ou bien même si vous ne vous êtes jamais posé la question, pour Maurice il n’y a aucun doute. La question ne se pose pas. C’est fenêtre à 100%, pour au moins trois bonnes raisons.

La première est la recherche de la lumière, en particulier lorsque Maurice voyage et que dehors il fait jour. Comme les tournesols, Maurice a développé un tropisme solaire. Quoi de plus normal après des heures passées sous terre ou à la lumière artificielle. Il faut savoir que par ailleurs l’allumage des lumières dans les trains de banlieue est automatique et s’active lorsque la luminosité extérieure est faible, comme par exemple lorsqu’un train passe dans un tunnel ou lorsque la nuit est tombée. Il suffit parfois que le ciel soit couvert ou qu’il pleuve pour que le système se déclenche. Cela dit, il y a toujours un décalage entre le moment ou l’intérieur du wagon est plongé dans l’obscurité et le moment où l’allumage des lumières a lieu. Du coup si vous êtes assis au milieu du wagon et que la luminosité est suffisamment forte pour ne pas déclencher l’allumage automatique et pas assez vive pour vous permettre de lire confortablement, vous serez alors gênés. Mieux vaut donc être assis près de la fenêtre. Ce qui vaut pour la lecture vaut pour les mots fléchés, les sudokus et pour tous ceux qui écrivent sur une surface non lumineuse. Les utilisateurs de consoles et d’ordinateurs portables sont plus à l’aise dans un environnement sombre que dans la pleine lumière qui génère des reflets sur leurs écrans.

Couloir RER E

lundi 21 avril 2008

Nuage dans le ciel

À part se dire qu'il a plu ou qu'il pleuvra, jusqu'à quel âge distingue-t-on encore quoi que ce soit dans les gros nuages blancs qu'on peut observer par beau temps ?

Etant enfant, ça ne fait aucun doute, on est persuadé de voir des tas de chats, chiens, lapins et chevaux dans le moindre nuage.

Et puis le temps passe, on a d’autres soucis ou d’autres occupations que de passer un peu de son temps à rêvasser le nez en l’air. Peut-être perd-on également sa faculté de rêver ou d’imaginer alors que le temps s’est enfui.

On se dit que ce n’est plus de son âge, qu’on aurait l’air fin à montrer aux autres adultes sa propension à vouloir rester jeune. Rester jeune ou ne pas vieillir ? La question appelle la réponse. C’est évident.

Jusqu’au jour où finalement l’espoir renaît. On se surprend justement, alors qu’on n’a rien d’autre à faire que de regarder dehors par la fenêtre, à observer les nuages. Quand tout à coup un crocodile semble sortir des limbes.

Un crocodile tout en coton, léger comme l‘air et la gueule grande ouverte. Il avance dans le ciel à mesure que le train progresse vers sa destination.

Pour une personne comme Maurice trop occupée par ses obligations personnelles ou professionnelles, les transports en commun sont finalement une bénédiction. Ce n’est en effet pas derrière le volant de sa voiture ou devant son écran d’ordinateur qu’il aurait pu revivre ces quelques instants de nostalgie et de pur bonheur.

Le soleil se couche et bientôt il aura complètement disparu derrière l’horizon, et son bestiaire magnifique avec lui.

Val de Fontenay