mercredi 30 avril 2008

Microcosmos (2/2)

D’autres espèces ont su tirer profit de ce milieu et des êtres vivants qui l’occupent. Encore faut-il, comme Maurice, être un fin observateur et pouvoir les apercevoir. Il en existe deux sortes : un parasite (Saprophytus Detritus) et un prédateur (Tripotanus Gigantus).

On ne les voit en fait pas ailleurs que dans les transports en commun. Pour le premier le voir ne représente pas de danger. Etant parasite, il aura même plutôt tendance à vivre caché. Il se nourrit essentiellement des déchets jetés à même le sol alors que les poubelles ne manquent pas. Ce régime apparemment lui profite car des spécimens longs de plusieurs mètres on pu être observés en plein Paris. Si des reliquats de repas traînent par chez vous c’est que le Saprophytus Detritus n’est pas encore passé. A contrario, si c’est propre, c’est qu’il est venu ! C’est après de longues heures de surveillance caché derrière une énorme poubelle et grâce à quelques vieilles frites bien grasses que Maurice put photographier celui-ci. Malheureusement le déclic de l’appareil photo l’a ensuite fait fuir.

Mille-pattes


Pour le prédateur, c’est une toute autre histoire. Pour un usager des transports en commun, le voir est un danger mortel. C’est ce qui faillit arriver il y a quelques jours à Maurice, alors qu’il se rendait dans Paris. Un énorme spécimen de Tripotanus Gigantus venait de s’emparer de quelques voyageurs inconscients et les emmenait dans son repère, probablement pour y nourrir ses petits. C’est au péril de sa vie, mais pour vous permettre d’assouvir votre curiosité que Maurice décida de suivre (de loin) ce monstre. Il vous en ramène cette photo unique.

Araignée Tuileries


C’est son grand nombre et sa propension à se reproduire rapidement qui permet à la population des usagers des transports en commun de se maintenir et de se développer dans ce monde hostile malgré ces prélèvements sauvages.

mardi 29 avril 2008

Microcosmos (1/2)

Après l’homme et son PC portable, aboutissement d’une évolution étalée sur plusieurs millénaires, voici d’autres espèces étranges que l’on peut apercevoir dans les transports en commun, si l’on est observateur et qu’on se trouve au bon endroit au bon moment.

Tout le monde le sait, la Nature telle que nous la connaissons aujourd’hui, celle dans laquelle nous vivons, n’a pas toujours ressemblé à ce qu’elle est actuellement. Elle est le résultat d’une longue et progressive évolution qui a obligé les organismes vivants que nous connaissons, à s’adapter, sous peine de disparaître.

Il en fut ainsi des dinosaures, des mammouths, des tigres à dents de sabre et des dodos. Que ce soit une météorite, un réchauffement global ou une chasse trop intensive, le résultat fur la disparition d’un grand nombre d’espèces dont on ne retrouve plus que des traces ou la simple évocation. La Nature ayant horreur du vide, elle les remplaça par d’autres espèces. C’est faire un sacré raccourci que de dire que l’usager des transports en commun en est un.

Cela dit tout le monde sait de quoi on parle. On se le représente très bien et même mieux depuis qu’un fou furieux se faisant appeler Maurice prend un malin plaisir à les observer et les décrire. Il en décortiquerait bien quelques unes et en empaillerait quelques autres, mais bon…

Ces spécimens ont des habitudes qui leurs sont propres et vivent dans des conditions particulières, pour ne pas dire dans un milieu hostile. Ils ont su faire preuve d’adaptation et trouvent certainement tout ce dont ils ont besoin pour se vivre et survivre dans un environnement propice à leur développement. Il n’y a qu’à voir l’augmentation rapide de leur population, surtout à certaines heures de la journée. Un peu comme les espèces animales se regroupant autour des points d’eau ou d’une carcasse encore fumante.

Pourtant ils ne sont pas les seuls à fréquenter ces lieux.

Mille-pattes

lundi 28 avril 2008

Homo micro

Karmara, encore elle, se demandait si une des caractéristiques de Maurice est qu’il tapote un micro dans les transports en commun.

La réponse est non ! Pour la simple et bonne raison que Maurice n’a pas d’ordinateur portable. Cela dit s’il en avait un c’est pratiquement sûr et certain qu’il l’utiliserait. Ne serait-ce par exemple que pour écrire les articles de son blog. Il gagnerait du temps car plutôt que d’écrire dans un premier temps sur son petit cahier à spirales et de trouver ensuite du temps pour les taper sur un ordinateur, il préfèrerait pouvoir le faire directement sur un ordinateur.

L’utilisation de laptops par les usagers des transports en commun n’est pas nouvelle. Jusqu’à présent on les voyait plutôt dans les TGV ou les avions, le must des transports en commun. Il n’est plus rare maintenant d’en voir dans les trains de banlieue.

C’est ainsi que Maurice peut régulièrement observer un couple de voyageurs qui utilise à fond ces appareils. Je dis couple car il y a un homme, une femme, ils arrivent ensemble sur le quai et se font un p’tit bisou au moment de se quitter.

Après être montés dans la rame et avant de s’assoir, ils s’accordent sur les sièges à occuper. Le plus souvent ils s’assoient dans le sens inverse de la marche. Je pense qu’ils font cela à cause des reflets sur les écrans car le matin, étant assis dans ce sens, on a le soleil de face (et donc pas sur l’écran).

Une fois assis, Monsieur et Madame extirpent chacun de leur cartable une PC portable et passeront tout le trajet à tapoter chacun dans leur coin, sans s’adresser ni la parole ni un regard, trop absorbés qu’ils sont à faire je ne sais quoi sur leur machine. Sans doute pratiquent-ils le clavardage via bluetooth…

vendredi 25 avril 2008

Chien d'aveugle (2/2)

Revenons cependant à nos moutons…

Décidemment, cette observation n’est pas sans révéler de nouvelles surprises à Maurice. Il est surpris de l’allure rapide à laquelle le chien et son maître sont capables de progresser dans ces couloirs, au milieu de cette foule matinale. L’approche des escaliers mécaniques montants et descendants se fait sans ralentir. À un tel point que Maurice en vient à s’interroger sur l’aveugle en question. Voit-il ou distingue-t-il quand même quelque chose ? Même en lisant un journal ou un livre en marchant on ne peut s’empêcher, à l’approche d’un escalier, de regarder où l’on pose les pieds.

A plusieurs reprises donc Maurice s’est retenu d’intervenir pour de toute manière constater que tout se passait finalement bien. Jusqu’au moment où, arrivé devant une barrière de portillons dont tous les voyants étaient au vert sauf un qui était rouge, Maurice se demanda si le chien saurait choisir le bon. Il avait une chance sur six de se tromper.

Après avoir semblé se diriger vers le rouge, le chien s’engagea finalement dans un portillon qui fonctionne. S’agit-il du hasard ? Le chien a-t-il été conditionné

Et on saute du coq à l’âne pour que je puisse vous faire part de l’anecdote suivante :

Le policier : « Dites Donc, vous n’avez pas vu que le feu était rouge ? »
Le conducteur : « Excusez-moi, mais je suis daltonien… »
Le policier : « Et alors ? Il n’y a pas de feux en Daltonie ? »

Arrivée RER

jeudi 24 avril 2008

Chien d'aveugle (1/2)

L’autre jour Maurice a eu le regard attiré par quelque chose d’inhabituel, mais en fait pas si rare. Un aveugle était guidé par un chien. Ce n’était pas un chien de race tel qu’un labrador ou un berger allemand, mais probablement le croisement d’un berger belge et d’un colley. Du colley il avait la tête, c'est-à-dire un museau très fin et allongé, du berger belge il en avait le pelage.

Maurice a lui-même deux chiens et si cela passe complètement inaperçu aux yeux et surtout aux narines des autres voyageurs ou de ses collègues de bureau ou de ses amis, il n’en est pas du tout de même pour les autres chiens. Ces derniers trouvent Maurice très intéressant et ne se gênent pas pour passer en revue ses bas de pantalons. Il a beau expliquer aux personnes qui sont à l’autre bout de la laisse qu’il sait ce que c’est, qu’il a lui-même des chiens, rien à faire, il a toujours l’impression que ça leur déplaît que leur chien fasse des démonstrations de joie à des étrangers.

C’est ainsi que Maurice fut à moitié surpris lorsqu’il sentit quelque chose de froid et humide se glisser dans sa main gauche. Ce contact ne dura qu’une fraction de seconde mais avait probablement permis au chien d’obtenir tous les renseignements qu’il souhaitait. De son côté Maurice avait en une fraction de seconde compris que le chien était entré en contact avec lui.

Amusé par le comportement du chien et pour une fois que quelque chose de différent se présentait dans son quotidien, Maurice décida de les laisser prendre un peu d’avance pour pouvoir les observer. C’est en effet toujours curieux de voir la progression d’un tel attelage, surtout au milieu de la foule pressée et pas forcément toujours très attentive aux individus qui la composent.

Avec le chien il faut pourtant admettre que tout semble différent. Les personnes venant en sens inverse sont probablement plus attentives à un chien qu’à une canne blanche. Les collisions frontales sont ainsi plus aisément évitées. Eprouverait-on plus de scrupules à bousculer un chien que de taper du pied dans la canne d’un aveugle ? C’est à peine croyable de réaliser par moment comment les autres usagers des transports en commun sont isolés dans leur monde. A se demander parfois des deux lequel est l’aveugle. Celui qui a la canne blanche et les lunettes noires ou bien celui qui ne regarde pas là où il met les pieds ?


RER E Haussmann

mercredi 23 avril 2008

Couloir ou fenêtre ? (2/2)

La seconde raison est l’encombrement de Maurice. Là on aborde la question de son espace vital, mais aussi celui de ses voisins proches, et donc de son confort et de celui des autres. Comme tout le monde, Maurice a des épaules. Le problème c’est qu’il en a peut-être un peu plus que la moyenne. Du coup les places assises étant plutôt étroites, on en vient vite à voyager côte à côte, pour ne pas dire épaule contre épaule. C’est parfois agréable, mais souvent désagréable ! Tout dépend de votre voisin(e). En hiver on se tient chaud. Le problème c’est qu’en plein été on se tient chaud aussi !
Le fait d’être assis à côté d’une fenêtre vous donne, et rien qu’à vous quelques centimètres supplémentaires au niveau des épaules et des bras et vous permet d’en prendre un peu plus à votre aise. C’est pratiquement du luxe.

Enfin, que ce soit le matin ou le soir, Maurice monte en début de ligne, ou quasiment. Au cours de son trajet il verra donc monter et descendre pas mal de personnes. Le fait d’être assis à côté d’une fenêtre lui évitera d’être bousculé chaque fois que quelqu’un voudra monter ou descendre de la voiture. Non seulement il ne sera pas bousculé, mais en plus il ne gênera pas les autres ou bien il ne risquera pas de réceptionner sur ses genoux l’inconscient(e) qui se sera levé avant l’arrête total du train et qui sera déséquilibré en cas de coup de frein intempestif. Une fois de plus, selon la personne que vous réceptionnerez, la situation pour être plus ou moins agréable !

Elle : « Oh, je suis désolée… »
Maurice : « Tout le plaisir est pour moi ! »

Bref, dorénavant pour mieux situer Maurice dans une rame, il suffira de chercher un homme aux épaules larges, assis en sens inverse de la marche et à côté d’une fenêtre !

Foule RER Défense

mardi 22 avril 2008

Couloir ou fenêtre ? (1/2)

J’ai répondu il y a quelques jours à un commentaire de Karmara qui nous exposait sa stratégie d’occupation des banquettes dans les trains. J’écrivais alors que ma façon de faire était différente. Il est maintenant temps de vous en faire part.

Si chacun a sa façon d’appréhender les choses ou bien même si vous ne vous êtes jamais posé la question, pour Maurice il n’y a aucun doute. La question ne se pose pas. C’est fenêtre à 100%, pour au moins trois bonnes raisons.

La première est la recherche de la lumière, en particulier lorsque Maurice voyage et que dehors il fait jour. Comme les tournesols, Maurice a développé un tropisme solaire. Quoi de plus normal après des heures passées sous terre ou à la lumière artificielle. Il faut savoir que par ailleurs l’allumage des lumières dans les trains de banlieue est automatique et s’active lorsque la luminosité extérieure est faible, comme par exemple lorsqu’un train passe dans un tunnel ou lorsque la nuit est tombée. Il suffit parfois que le ciel soit couvert ou qu’il pleuve pour que le système se déclenche. Cela dit, il y a toujours un décalage entre le moment ou l’intérieur du wagon est plongé dans l’obscurité et le moment où l’allumage des lumières a lieu. Du coup si vous êtes assis au milieu du wagon et que la luminosité est suffisamment forte pour ne pas déclencher l’allumage automatique et pas assez vive pour vous permettre de lire confortablement, vous serez alors gênés. Mieux vaut donc être assis près de la fenêtre. Ce qui vaut pour la lecture vaut pour les mots fléchés, les sudokus et pour tous ceux qui écrivent sur une surface non lumineuse. Les utilisateurs de consoles et d’ordinateurs portables sont plus à l’aise dans un environnement sombre que dans la pleine lumière qui génère des reflets sur leurs écrans.

Couloir RER E

lundi 21 avril 2008

Nuage dans le ciel

À part se dire qu'il a plu ou qu'il pleuvra, jusqu'à quel âge distingue-t-on encore quoi que ce soit dans les gros nuages blancs qu'on peut observer par beau temps ?

Etant enfant, ça ne fait aucun doute, on est persuadé de voir des tas de chats, chiens, lapins et chevaux dans le moindre nuage.

Et puis le temps passe, on a d’autres soucis ou d’autres occupations que de passer un peu de son temps à rêvasser le nez en l’air. Peut-être perd-on également sa faculté de rêver ou d’imaginer alors que le temps s’est enfui.

On se dit que ce n’est plus de son âge, qu’on aurait l’air fin à montrer aux autres adultes sa propension à vouloir rester jeune. Rester jeune ou ne pas vieillir ? La question appelle la réponse. C’est évident.

Jusqu’au jour où finalement l’espoir renaît. On se surprend justement, alors qu’on n’a rien d’autre à faire que de regarder dehors par la fenêtre, à observer les nuages. Quand tout à coup un crocodile semble sortir des limbes.

Un crocodile tout en coton, léger comme l‘air et la gueule grande ouverte. Il avance dans le ciel à mesure que le train progresse vers sa destination.

Pour une personne comme Maurice trop occupée par ses obligations personnelles ou professionnelles, les transports en commun sont finalement une bénédiction. Ce n’est en effet pas derrière le volant de sa voiture ou devant son écran d’ordinateur qu’il aurait pu revivre ces quelques instants de nostalgie et de pur bonheur.

Le soleil se couche et bientôt il aura complètement disparu derrière l’horizon, et son bestiaire magnifique avec lui.

Val de Fontenay

vendredi 18 avril 2008

Comment se faire avoir ?

Un grand nombre des articles de ce blog traitent d’un même sujet, à savoir des habitudes des voyageurs de banlieue. A force de prendre tous les jours depuis des années les mêmes trains dans les mêmes gares et à des horaires immuables, par facilité et par confort, pour ne pas dire par habitude, ils répètent sans cesse les mêmes gestes et reproduisent à l’identique les mêmes scènes.

C’est ainsi qu’ils attendent toujours leur train au même endroit sur le quai ou bien se précipitent les yeux fermés dans les couloirs ou les escalators. Tout cela vous le savez déjà et Maurice prend un malin plaisir à l’observer, l’analyser et vous le rapporter.

Aujourd’hui Maurice reconnaît humblement qu’il ne déroge pas à la règle. Si Maurice changeait perpétuellement de place sur le quai ou dans les trains, comment pourrait-il faire ces observations ?

Mais surtout ce soir cette habitude a failli coûter cher à Maurice. Il a failli ne pas se rendre compte, bien qu’il le sache inconsciemment peut-être, que le train tardif qu’il voulait prendre ce soir attendait sur le quai opposé à son quai habituel.

Il le savait, ou il aurait du s’en souvenir car la mésaventure avait déjà failli lui arriver. Il attendait son train sur le quai habituel jusqu’au moment où il lui a semblé bizarre que 5 minutes avant le départ, aucun train ne soit encore à quai. Un coup d’œil au panneau d’affichage lui permit ce jour-là de comprendre ce qui se passait et de réagir en conséquence. En cas d’erreur, le prix à payer est 30 minutes d’attente supplémentaire. Après une journée de treize heures, ça compte ! C’est le moins qu’on puisse dire.

Et le plus étonnant, ou le plus paradoxal dans l’histoire est que ce sont ces mêmes habitudes de Maurice qui lui ont sauvé la mise : toujours vérifier les panneaux d’information, même plutôt deux fois qu’une. CQFD.

Palais Royal

jeudi 17 avril 2008

Demande de renseignement

C’est assez souvent que Maurice est interrogé par des inconnu(e)s dans le RER. Essentiellement lorsque sur le quai il attend son prochain train. C’est rare qu’on l’arrête en chemin, mais cela peut arriver. Sur le quai, il y a souvent pas très loin d’autres personnes qui comme lui attendent, et pourtant il semblerait qu’on préfère s’adresser plutôt à lui.

A quoi cela peut-il bien tenir ? Son air rassurant ce qui sous-entendrait qu’on peut s’adresser à lui sans crainte ? Son air sérieux qui sous-entendrait qu’on est sûr d’obtenir une bonne réponse ? Son air engageant qui sous-entendrait une certaine disponibilité et une qualité d’écoute ? Son air charmant qui sous-entendrait… C’est certainement la somme de tous ces traits de caractère !

La plupart du temps, les personnes qui posent les questions sont pratiquement au bon endroit. À défaut de trouver un prétexte pour engager la conversation, elles avaient juste besoin d’être rassurées. Maurice ne se souvient pas, étant à Haussmann-Saint-Lazare, d’avoir eu à renseigner un voyageur désirant aller à Bergues.

La question est souvent la même. Ces voyageurs perdus ou inquiets veulent tous savoir d’où part le train pour leur destination ou bien ils veulent la confirmation que leur train partira bien du quai sur lequel ils se trouvent. C’est arrivé plusieurs fois avec des touristes anglo-saxons, allemands ou russes.

Pour reprendre l’exemple de la gare du RER E, il y a quatre quais et effectivement, étant touriste à l’étranger, dans la précipitation ou par défaut d’inattention on peut avoir loupé un aiguillage.

Il arrive aussi que la question soit posée en français et pas en cheutimi. Très souvent Maurice est surpris par la question car il suffit de lever le nez pour lire les indications qui s’affichent sur les panneaux d’information lumineux. Si Maurice peut les lire, pourquoi pas eux ?
Tout simplement parce qu’ils ne savent pas lire.

Métro entrant en station

mercredi 16 avril 2008

Accès interdit (2/2)

Les usagers rentrent et sortent sans rien noter d’anormal et sans se poser de questions. Pourquoi devraient-ils jeter un coup d’œil à l’autocollant rouge vif qui les avertit de l’incident alors qu’ils sont plutôt préoccupés à se battre entre eux pour arriver les premiers aux rares places assises ?

Ainsi le train se remplit-il progressivement et personne n’a remarqué les portes condamnées. Pas même Maurice, faut-il l’avouer…

C’est au moment où le train s’arrête du côté des portes bloquées, et justement à un arrêt où beaucoup de voyageurs vont essayer de descendre du train, que la situation devient très vite stressante et énervant pour les uns et amusante et cocasse pour les autres.

Ceux qui auront le plus chaud sont les passagers qui s’étaient installés à l’étage, du côté opposé de la porte qui fonctionne. Une fois l’escalier descendu en file indienne, ils devront, toujours en file indienne, traverser toute la longueur de la voiture. Ils savent que les arrêtes en gare ne sont jamais très longs. Lorsqu’ils réalisent qu’il y a un risque que le train reparte sans qu’ils aient eu le temps de descendre, alors on peut palper l’excitation.

De la même manière, d’autres nombreux voyageurs sur le quai attendent que ceux qui en descendent soient sortis de la voiture avant d’y monter. Ils sont tous regroupés devant la seule porte qui fonctionne, car ils ont vu que les autres étaient bloquées. Chez eux aussi ont peut palper l’excitation alors que la file indienne des voyageurs qui sortent n’en finit plus.

Oubliant les règles en usage, ils commenceront alors à monter dans le train avant que tout le monde en soit descendu. La pagaille naîtra de l’affrontement de ces deux flux opposés.

Cela dit je n’ai encore jamais vu quelqu’un être empêché de sortir d’une rame à cause d’un embouteillage.


Palais Royal

mardi 15 avril 2008

Accès interdit (1/2)

Il arrive parfois que les usagers des transports en commun voyagent dans des voitures de trains ayant quelques problèmes techniques. Ces problèmes ne les empêchent pas de circuler et a priori ne nuisent pas à la sécurité. Le maintien d’une certaine qualité de confort est accessoire.

Il est un problème technique qui peut irriter, voire énerver, ou amuser. Tout dépend de la position que l’ont tient : observateur ou observé. Maurice s’amuse souvent à observer.

Les portes hors service en sont un bon exemple.

Les voitures du RER E ont équipées de six portes. Trois de chaque côté car selon la configuration de la gare, le quai pourra aussi bien être à gauche qu’à droite. De chaque côté donc vous avez la porte du milieu pour aller en bas à gauche ou à droite et les portes aux extrémités : à gauche pour aller en bas ou en haut à gauche et à droite pour aller en bas ou en haut à gauche. À noter qu’il est possible de traverser une voiture dans le sens de la longueur en passant par le bas.

Maintenant que le décor est planté, il ne reste plus qu’à y faire dérouler l’intrigue.

L‘autre jour la porte du milieu et la porte gauche d’un même côté étaient condamnées. Des autocollants rouge vif étaient collés sur les vitres. On pouvait y lire, de l’intérieur comme de l’extérieur, que l’accès était interdit.

Restent donc quatre portes sur les six, en état de fonctionner : trois d’un côté et une de l’autres. Comme je le disais précédemment, le train s’arrête indifféremment avec un quai à droite ou à gauche. C’est ainsi qu’il peut s’arrêter plusieurs fois de suite du côté où les trois portes fonctionnent.

Arrivée du RER

lundi 14 avril 2008

Le bon sens

C’est toujours curieux de voir l’empressement des voyageurs des transports en commun, et surtout des voyageuses, à vouloir de préférence s’asseoir dans le sens de la marche.

Il n’y a guère que dans les trains de banlieue que tous les sièges sont face à face. C’est la réflexion que Maurice vient de se faire en cherchant l’inspiration pour un nouveau billet.

En y réfléchissant un peu plus, on peut trouver d’autres exemples : certaines places dans les trains de grandes lignes pour les petites familles ou les groupes de quatre personnes, les compartiments de première classe dans le TGV qui peuvent accueillir jusqu’à six personnes, certains bus à trajets essentiellement urbains, dans le métro… En fin de compte les exemples ne sont pas si rares !

Tout à chacun pourra de lui-même procéder à l’observation suivante : dans une rame dans laquelle la plupart des places sont libres, les femmes choisiront d’abord celles qui sont dans le sens de la marche. Il n’est pas rare de voir celles qui se sont trompées changer de place lorsque le train démarre et qu’elles se sont rendu compte de leur erreur.

Les hommes galants et bien intentionnés ont intégré cette habitude. Tout comme au restaurant, on propose aux « dames » la place dos au mur, celle qui est avec la banquette, dans le train, on propose lorsque c’est possible, la place dans le sens de la marche.

L corollaire à cette réflexion est que si vous aurez plus de chance de vous retrouver assis face à une femme en vous asseyant en sens inverse de la marche, et inversement face à un homme en vous asseyant dans le sens de la marche.

Où croyez-vous que Maurice soit assis en ce moment ?

À bon entendeur, salut !

Panneau d'affichage

vendredi 11 avril 2008

Impression neige tombant

Cela aurait pu être le nom donné à une toile impressionniste. C’est à cela que pensa Maurice lundi dernier.

Cela fait maintenant 3 semaines que le printemps est arrivé. Tout du moins sur le calendrier. Dans les faits ça n’est pas encore tout à fait ça. En effet, comme bon nombre de personnes ce matin là, ce furent dix centimètres de neige fraîche que Maurice dut dégager du pare-brise de sa voiture avant de pouvoir décoller avec sa fille.

Les spécialistes de la météo l’avaient certes prévu, mais à aucun moment Maurice n’avait imaginé en voir autant. Tout du moins pensait-il avoir affaire à de la neige fondue. De tout l’hiver il en était tombé assez peu en région parisienne.

La couche blanche qui recouvre tout a au moins le mérite de dissimuler la grisaille des infrastructures ferroviaires. D’autant que ces jours-ci, le soleil est tout de même plutôt rare. Ne parlons même pas de la chaleur de ses rayons.

Le trajet emprunté tous les jours semble différent et du coup agréable. Par la fenêtre à cette heure de la journée, alors que le soleil n’est pas encore levé, on peut apercevoir les deux lignes noires de la voie ferrée sur lesquelles circulent d’autres trains en sens inverse.

La neige qui s’est accumulée sur les bas-côtés et sur les toits des maisons accentue très certainement la luminosité ambiante et donne à ce début de journée une apparence particulière.

Profitons du spectacle avant de rejoindre dans quelques instants la noirceur et l’obscurité des voies souterraines.

Quai sous la neige

jeudi 10 avril 2008

Escalator tout neuf (2/2)

En relisant l’article précédent, Maurice s’est demandé pourquoi il l’avait intitulé « Escalator tout neuf ». Vous aussi peut-être ? Ou bien vous vous posez maintenant la question alors qu’avant ça ne vous avait même pas effleuré l’esprit…

L’idée initiale était de parler d’un escalator qui n’avait pas fonctionné pendant plusieurs semaines pour cause d’entretien. Et puis de fil en aiguille, foi de tricoteur, on en était venu à évoquer le désordre né de l’indisponibilité de ces engins. En fait la semaine dernière, jeudi pour être précis, Maurice s’est rendu compte que l’escalator avait été complètement changé, des marches en passant par les parois métalliques acier brossé et la main courante en caoutchouc noir.

Habituellement lorsqu’un escalator tombe en panne, on procède à des révisions avec remplacement d’une ou deux pièces défectueuses. En fait, à partir du moment où un escalier mécanique s’est arrêté et n’a pas voulu redémarrer, il peut se passer plusieurs jours avant qu’une intervention soit décidée et commence vraiment. Après un arrêt de quelques jours et des réparations plus ou moins longues, il se passera encore quelques jours avant qu’il ne tombe à nouveau en panne. Et ça c’est pas bon signe. À partir du moment où un escalier mécanique tombe en panne, c’est le début de la fin.

Les services techniques interviendront une nouvelle fois, l’indisponibilité sera moins longue et quelques jours plus tard on constatera un nouvel arrêt de la machine.

Le remplacement complet serait-il la solution ?

Toujours est-il que Maurice s’est aperçu qu’il avait maintenant un bel escalator tout neuf, avec des marches toutes propres, des côtés sans rayures et une main courant en caoutchouc rutilante.

Combien de temps cela durera-t-il ? Pour du matériel qui fonctionne 20 heures par jours, 365 jours par an et qui hisse des tonnes de voyageurs tous le jours, avouez que la performance est belle !

RER Défense

mercredi 9 avril 2008

Escalator tout neuf (1/2)

Cela faisait plusieurs semaines que Maurice, mais aussi quantité d’autres voyageurs étaient obligés de modifier leur trajet à cause d’un escalier mécanique en réparation. Tout cela peut vous sembler futile, mais vous n’imaginez pas comment le moindre changement dans les habitudes d’un usager des transports en commun peut le perturber. Surtout lorsque celui-ci n’a pas de tête et qu’il lui faut plusieurs jours d’affilée pour s’habituer à son nouvel environnement. Le but du jeu est de ne pas se retrouver devant un escalator indisponible tout ça parce que depuis la veille vous aviez oublié qu’il était en réparation.

A défaut de ne pouvoir s’en prendre au fabricant d’escalators qui décidément n’est pas capable de fournir du matériel fiable, on ne peut s’en prendre qu’à soi-même. Ce n’est qu’après s’être fait avoir plusieurs fois de suite pour se retrouver devant les barrières de chantier qu’on pense enfin à se décaler de quelques mètres au moment de monter dans le train de manière à ne pas se retrouver face à une barrière une fois arrivé à destination.

Tout ça pour quoi ? Pour gagner quelques secondes sur son temps de trajet et ne pas avoir de traînards devant soi et pouvoir virer en tête pour attaquer les escaliers. L’usager des transport en commun de base tente en permanence d’exploser son record sur un trajet donné.

Il est des jours où Maurice s’en fout complètement. Il en est ainsi par exemple des jours où il sait qu’il a de la marge pour attraper sa correspondance.

Par contre, les fois où il sait que tout se jouera à quelques secondes près, là il ne rigole plus. En effet, un retard de quelques secondes lui vaudrait de perdre un quart d’heure, voire une demi-heure à vouloir attendre le train suivant.

A noter que le matin cette perspective l’énerve moins que le soir. Allez comprendre…


Couloir RER

mardi 8 avril 2008

L'odeur des collants (2/2)

Le wagon est d'un seul coup plongé dans un silence total. Tout le monde avait en fait discrètement suivi la conversation et chacun à présent retenait son souffle. Qu'allait-il bien pouvoir se passer maintenant ?

Le seul bruit est celui que fait Emmanuelle en farfouillant dans son sac à main. Elle en sort une pochette contenant une paire de collants.

Emmanuelle : « Les collants sont maintenant faits dans une matière qui ne file pas et les fabricants mettent dessus un produit qui les empêche de filer. Le produit sent mauvais et son odeur est tenace. Tiens, sens !»

Pendant que Jean-Paul fourre son nez dans les collants neufs sortis de la pochette, l'ensemble des voyageurs a recommencé de respirer et à reprendre ses occupations habituelles.

Emmanuelle : « Les miens sont sans couture. »
Jean-Paul : « Ah… »
Emmanuelle : « Ils ne sont pas non plus préformés. »
Jean-Paul : « ???… »
Emmanuelle : « Ben oui, ce ne sont pas des collants techniques avec la culotte renforcée, ou les remonte-ceci ou les remonte-cela. »
Jean-Paul lui aussi a retrouvé ses esprits.: « J'imagine la tête des copains lorsque je leur raconterai que tu m'as fait sentir tes collants ce matin ! »
Emmanuelle qui d'un seul coup réalise et prend des couleurs dit en rigolant: « T'es c… »


Escalator RER

lundi 7 avril 2008

L'odeur des collants (1/2)

Attention ! L’histoire qui suit n’est pas destinée à tous les publics. Maurice n’a cependant pas les moyens de mettre en place un filtre quelconque qui empêcherait les mineurs d’y accéder. Que les âmes sensibles veuillent bien passer leur chemin. Mab, pose ta tasse si tu ne veux pas faire de bêtises.

La scène se passe dans un train de banlieue, le matin, à une heure de grosse affluence. Un homme et une femme sont assis l'un en face de l'autre. Pour des raisons de confidentialité et afin de ne pas nuire aux réputations de chacun, les prénoms des personnages réels ont été changés.

Jean-Paul, en réajustant son cartable qui glissait de ses genoux : « Tiens, as-tu remarqué que tes collants étaient filés ? »
Emmanuelle se penchant en avant après avoir soulevé son sac à main qui était posé sur ses genoux : « C’est pourtant vrai ! Mince ! Oh et puis de toute façon ça ne se voit pas. »
Jean-Paul : « Ce ne sont que deux petits trous… De toute manière une fois que tu seras debout ta jupe te cachera les genoux.»
Emmanuelle : « Non, ma jupe m'arrive au dessus des genoux. Tant pis. Heureusement que les collants ne sont plus comme avant, sinon ça coûterait une fortune que d’avoir à en racheter tous les quatre matins. »
Jean-Paul : « Ah… »
Emmanuelle : « Les collants ne sont plus faits de la même matière que ceux de nos mères ou de nos grands-mères. Avant le moindre accroc les faisait filer sur toute leur longueur. »
Jean-Paul : « C’est vrai, maintenant que tu en parles, je me souviens de ce que ça pouvait donner un bas ou un collant qui file. Pas top. »
Emmanuelle d’un ton complètement innocent: « D’ailleurs ils ont une drôle d’odeur maintenant. Tu veux les sentir ? »


Gare de banlieue

vendredi 4 avril 2008

Les grandes oreilles

Puisque nous en sommes au registre des évolutions et autres changements, voici une autre transformation à laquelle Maurice a pu assister dans les transports en commun. Celle-ci tient à la taille des écouteurs de baladeurs MP3.

Au tout début de la musique embarquée à bord du célèbre Walkman qui lisait les cassettes audio puis les CD, les écouteurs se faisaient discrets, tout du moins au niveau visuel. De couleur noire, ils tenaient dans le conduit auditif. D’un point de vue sonore il n’était pas rare que certains vous fassent partager leurs moments de défonce de tympans.
Jusqu’au jour où, pour se distinguer, un fabricant décida de vendre des écouteurs blancs. Ce qui au commencement fut un signe de reconnaissance discret pour quelques excentriques passionnés d’une marque à la pomme, fut ensuite copié par d’autres.
On vit alors fleurir des fils blancs et des écouteurs blancs qui tenaient toujours dans le conduit auditif.

Puis dans le cadre d’une course au gigantisme, et probablement pour bénéficier d’une meilleur confort d’écoute, sont apparus les casques. Là, clairement, ce n’est plus la discrétion qui est recherchée. Tout de moins la discrétion visuelle car d’un point de vue sonore, rien ne filtre !

Maurice écoute de temps en temps de la musique ou des émissions de radio avec des écouteurs qui se placent dans le conduit de l’oreille. Par moments, étant donné le niveau sonore ambiant est tellement élevé à l’intérieur des trains, en particulier dans les tunnels, ce genre de casque doit rendre service en isolant son propriétaire des agressions sonores externes.

L’encombrement et l’esthétique ne sont certainement pas les arguments qui auront provoqué l’achat de ce genre de matériel et l’apparition de ces porteurs de casque dans un lieu public laisse Maurice toujours perplexe, d’autant que ça ne donne pas toujours l’air plus intelligent !

Sortie Grande Arche

jeudi 3 avril 2008

Disparition

Dans un article précédent Maurice vous faisait part de quelques unes de ses découvertes, en particulier de l’émergence de certaines pratiques comme celle qui consiste à se détendre les méninges grâce aux consoles de jeux portatives.

Il est également d’autres évolutions qui se font progressivement, mais en sens inverse. On parle dans ce ces de régression. Plutôt que d’assister à une naissance, on constate une disparition progressive, voire totale.

C’est exactement comme si du jour au lendemain vous vous réveilliez en constatant la disparition de oiseaux, ou des papillons, ou des abeilles. Avant ce moment précis, vous aviez bien noté, mais sans y prêter plus d’attention, une diminution progressive, en pesant qu’il s’agissait d’une situation probablement passagère. Peut-être vous étiez vous aussi dit que vous auriez tout le temps de vérifier l’année prochaine. Jusqu’au jour où il vous a fallu vous rendre à l’évidence : il n’y a plus d’oiseaux, il n’y a plus de papillons, il n’y a plus d’abeilles.

Dans les transports en commun il n’y en a certes jamais eu beaucoup. Et le peu qu’on n’a jamais pu y voir est déjà beaucoup. Une seule abeille dans un wagon (ne parlons pas des guêpes) peut causer par mal d’émoi. Il n’est cependant pas rare d’observer des pigeons voyageurs dans les gares. Quoi de plus normal ?

Dans les transports en commun, ce sont les tricoteuses et les brodeuses de tous poils qui ont disparu. Est-ce un signe des temps ? S’agit-il d’une disparition passagère ou d’un épiphénomène ? Le mystère est là… entier.


Point de fuite