lundi 16 avril 2007

Si c'temps-là i'continue

Sous certaines contrées, une chanson, célèbre localement, nous met en garde contre de fortes chutes de neige qui risquent d’atteindre le bas du dos. C’est de la mi-février, en passant jusqu’aux alentours du début du printemps qu’il est possible de l’entendre. Nous en sommes certes un peu éloignés maintenant, mais le titre en lui-même garde toute sa saveur.

En cette période où les thermomètres et baromètres ne savent plus où donner de l’aiguille, ce n’est pas de la neige qu’on risque de voir tomber, ni même de l’eau. Ce sont plutôt les usagers des transports en commun qui jusqu’à présent pouvaient se faire du mouron au sujet de la chaleur seulement aux mois de juillet et août.

Dorénavant va-t-il falloir endurer la grosse chaleur de mi-avril à mi-octobre, soit la moitié de l’année ? La plupart des rames des trains circulent ou stationnent en plein soleil et les tunnels sont en permanence réchauffés par les moteurs électriques des rames. La climatisation est quasi inexistante et on peut comprendre pour certains l’avantage qu’il y a à prendre sa voiture.

C’est donc en pensant déjà au retour du soir que Maurice a repris le chemin du travail ce matin avec une certaine appréhension. Sans compter les pics de pollution qui atteignent des sommets. Pas besoin de mesure pour s’en rendre compte. Un brouillard jaunâtre bouche l’horizon. Sans doute le pollen des bouleaux qui s’en donnent à cœur joie en ce moment !

Sous les contrées dont je vous parlais plus haut et que j’ai retrouvé l’espace d’un week-end, lors de fortes chaleurs, on parle de brume de mer, quand ce n’est pas du brouillard ou un ciel si bas. C’est à la fois frais, humide et iodé ! Rien à voir donc et beaucoup plus supportable, quitte à enfiler un petit gilet ou un K-way!

vendredi 30 mars 2007

Ce n’est qu’un au revoir

Rassurez-vous, contrairement à ce que vous avez pu imaginer en lisant ce titre, je ne pars pas ! Sauf, bien sûr pour ceux ou celles qui n’attendent que ça !

Ce matin l’ambiance dans le train n’était pas à la morosité. Profitant d’une nouvelle journée de grève dans l’éducation nationale, Maurice a pu faire la grasse matinée et du coup retrouver des compagnons de voyage qui ne sont pas aussi matinaux que lui et qu’il n’avait pas vu depuis longtemps.

Et pour l’un d’eux, c’était la dernière fois qu’il prenait le train pour aller travailler. C’était son dernier jour de travail. Il sera en retraite ce soir. On a beau se dire qu’on est content pour lui, quelque part, au fin fond de soi-même ce n’est pas si réjouissant que ça. Une petite voix, certes faible, vous laisse tout de même entendre que c’est un peu le début de la fin. Et que si pour lui c’est maintenant, pour les autres ça viendra aussi un jour. Forcément.

Mais oublions tout ça pour rester sur des notes gaies.

Il s’est bien sûr fait chambré. Une fois le wagon rempli, l’annonce a été faite à la cantonade.

Il lui a été demandé de faire la bise à toutes les femmes présentes. On lui a demandé où étaient les bouteilles, les croissants…

Les voyageurs étrangers à ce moment, même ceux dont la lecture fut perturbée par le bruit du chahut et des conversations enjouées, n’ont pu s’empêcher de sourire et d’avoir un petit mot pour lui lorsqu’il descendit à Magenta, et que tout le monde entonna un joyeux « Ce n’est qu’un au revoir » !

Espérons que cette dernière journée ne sera pas gâchée ce soir par une absence de trains, ou des incidents inexpliqués générant des heures de retard, comme ce fut le cas plusieurs fois cette semaine.

lundi 26 mars 2007

Strip Tease

En attendant que Maurice revienne, il vous offre ce Strip Tease.
La nudité peut choquer.
Âmes sensibles s'abstenir...

Strip tease

jeudi 22 mars 2007

Happy Birthday Belette !

Ce matin n’était pas un matin comme les autres. C’est en effet la première fois que Maurice prenait le train le jour de l’anniversaire de sa fille préférée.

Ce matin, au réveil, il ne lui avait pas souhaité un bon anniversaire. D’apparence tout semblait se dérouler comme un jour ordinaire. Pourtant Maurice avait tramé quelque chose dans le secret, afin de lui faire une petite surprise.

C’est toujours amusant de faire comme si on avait oublié de souhaiter l’anniversaire de quelqu’un. La personne concernée sait, forcément, que c’est le jour de son anniversaire, et s’attend à ce qu’on lui souhaite. Cela dit, si on lui souhaite tout de suite, l’effet escompté de la surprise risque de perdre de sa saveur. Donc, quitte à passer pour un sans-cœur, on fait comme si de rien n’était, sachant que l’autre vous reproche peut-être votre oubli, mais sans l’avouer. Au moment de dévoiler ce que vous avez préparé, vous savez que tout sera oublié !

Il en fut ainsi ce matin. Réveil, petit-déjeuner, préparatifs, départ en voiture pour la gare, attente du train… tout se passe comme pour une journée classique. Ce n’est qu’un fois installés à leurs places habituelles que les choses se mirent en place.

Tout d’abord Maurice extirpa son iPod de son sac, l’alluma et rechercha la musique qu’il venait juste de rajouter. Un « Happy Birthday To You » interprété par les Fêtards et extrait du disque 4 de la compil’ « Faire la fête ». Entre parenthèses, pas le genre que Bra écoute régulièrement, mais pas non plus du genre auquel vous pensez !

Maurice lui passa les écouteurs et lui remit un paquet cadeau. La Belette (c’est son surnom), put alors fébrilement déballer son petit cadeau en musique ! Son sourire franc ne laissa aucun doute sur le plaisir qu’elle éprouva à ce moment-là ! Il était temps de sortir le gâteau d’anniversaire : une de ses portions de gâteau dans un emballage individuel, pratique à mettre dans la poche !

Pour les bougies et le Champomy, on attendra ce soir !

mercredi 21 mars 2007

Accrochez-vous !

En repensant l’autre jour à l’article que j’avais écrit au sujet de la barre qui dans les transports en commun permet aux voyageurs de garder leur équilibre, en imaginant les techniques que chacun d’entre vous a pu développer pour faire face à l’adversité, une anecdote m’est revenue.

Cela s’est passé il y a quelques années dans une ville portuaire du Nord de la France. Et bien entendu l’action se déroule dans les transports en commun. En l’occurrence il s’agit d’un autobus car le tramway ne fonctionnait déjà plus. Un groupe de trois personnes comme on n’en voit plus monte dans le bus. On peut distinguer un adulte d’une cinquantaine d’année et deux adolescents. Ils sont tous les trois habillés en aube et l’un des adolescents porte une grande croix, celle que l’on porte en tête d’une procession d’enterrement.

Certes ce n’était pas un enterrement à Ornans, mais si vous avez l’occasion de voir ce tableau cela vous donnera une idée des personnages.

Dans le bus, une âme charitable a laissé une place assise au prêtre. Les enfant de chœur sont debout dans le bus au milieu d’autres personnes qui ne leur prêtent pas plus d’attention que ça dans la mesure où il n’y avait, à ce moment-là, rien d’extraordinaire à voir un prêtre, non pas en soutane, mais en aube, accompagné par des enfants de chœur.

Celui qui est chargé de la croix la tient verticalement et discute gaiement avec son camarade.

Tout se passe bien jusqu’au moment où le bus se met à freiner brutalement. Les voyageurs se retrouvent alors déséquilibrés et dans un ultime réflexe, s’agrippent à la croix, pensant avoir affaire à une barre du bus !

Il faut imaginer la scène ! Un groupe de voyageurs au regard ahuri, cramponnés à la croix pensant avoir affaire à un support digne de confiance, et partant à la dérive dans le bus !

J’en ris encore !

mardi 20 mars 2007

Lecture et transports

Publié le 14-03-2007 à 14:56 sur le site Web du journal gratuit Métro

On lit dans les transports en commun
Pour passer le temps ou ne pas en perdre, 56 % des Métronautes disent lire dans les moyens de locomotion publics

lecture


Encore quatre stations de métro, le temps de finir son chapitre ou de lire quelques articles de journaux. Parce que les transports en commun sont des lieux propices à la lecture pour 56 % des 229 Métronautes qui ont répondu au sondage. Près d'un sur trois (27 %) déclare lire de temps en temps. 10 % ne lisent jamais et 7 % rarement.

lundi 19 mars 2007

Vue imprenable

Le fait de se retrouver dans la position debout au milieu d’une foule compacte de voyageurs peut parfois amener à des situations cocasses. En temps normal chaque individu considère naturellement l’espace qui l’entoure comme étant son périmètre de sécurité. A partir du moment où ce périmètre est franchi, la personne se sent envahie, voire agressée.

Dans les transports en commun, lorsqu’il y a foule, ces périmètres sont pulvérisés. Vous vous retrouvez au milieu d’une foule compacte, serré des tous les côtés. En général vous ne choisissez pas la personne contre laquelle vous serez collé pendant des minutes plus ou moins longues. Tout dépend de la personne en question, car il faut bien avouer que certaines circonstances sont moins désagréables que d’autres !

C’est ainsi que vous aurez parfois tout le loisir d’observer de très près le crâne dégarni du petit monsieur qui est juste devant vous, qu’il soit face à vous, qu’il vous tourne le dos ou bien qu’il soit de profil. Aucun pore de sa perruque en peau de fesse n’aura plus de secret pour vous. Il ne manquerait plus qu’une mouche prenne cette surface lisse pour une piste d’atterrissage pour que le tableau soit complet.

Si certaines se plaignent de voyager avec le nez à hauteur des aisselles des autres voyageurs, il pourra arriver aux plus chanceux d’avoir le nez perdu dans la généreuse poitrine d’une charmante voyageuse ou bien d’avoir la vue plongeante sur les Grandes Jorasses. Là, il est difficile de regarder à droite et à gauche sans passer par le centre, avec au passage l’échange de sourires réciproques, malicieux d’un côté, un peu gêné de l’autre ! C’est pas le moment de perdre un écouteur de l’iPod, vous risqueriez de ne pas le retrouver…

Au passage vous m’excuserez de n’avoir trouvé, malgré une recherche intensive, que cette photo qui illustre cet article de façon partielle. Je n'ai pas été fichu de trouver de photo de décolleté...

Terry

vendredi 16 mars 2007

Nouveaux uniformes SNCF

La SNCF a dévoilé il y a quelques jours les nouveaux uniformes des agents SNCF. Ils sont la création de Christian Lacroix, qui décidemment se spécialise dans l’habillage des transports en commun. Après le personnel d’Air France, l’intérieur des TGV et bientôt le tramway de Montpellier, ce sont dès à présent les contrôleurs SNCF qui passent entre ses aiguilles.

On devrait pouvoir les voir défiler dans les voitures au mois de juin prochain. Cela dit il faudra des heures d’entraînement pour passer de la marche à la dix heures dix à la démarche du mannequin ! Ne rêvons pas trop quand même…

Les uniformes sont toujours gris mais égayés par des touches de violet et de vert.

Je ne résiste pas à vous dévoiler ces quelques clichés trouvés sur internet. Sans être un grand prophète j’imagine très bien le couple qui ne me contrôlera jamais… On n’a que ce qu’on mérite, pas vrai ?

Uniformes SNCF

mercredi 14 mars 2007

Pour une poignée de poignets

L’observation de toutes ces mains et de tous ces poignets permet parfois de voir d’autres curiosités.

Eté comme hiver, vous pourrez observer dans le RER le port de gants chez certaines personnes, des femmes en général. Pas des gants Mappa, ni des gants chirurgicaux, non, tout simplement des gants en cuir, le plus souvent noirs.

Pour ne pas s’abîmer les ongles ? Pour ne pas mettre sa main en contact avec les milliards de germes qui se baladent le long de ces barres métalliques ? Pour dissimuler un diamant ou une bague qui pourrait attiser la convoitise ? Peu importe la raison en fait, mais avouez que c’est étrange.

Dans le domaine des bijoux, la variété est toujours présente, quel que soit le genre. Hommes ou femmes, tous et toutes peuvent être aussi bien en être dépourvus que lourdement accessoirisés, le top étant pour les hommes le port de la chevalière avec les initiales. Je ne sais pas d’où vient cette mode ou cette tradition. Le plus curieux est que je pensais que c’était le fait d’hommes d’un certain âge déjà, la cinquantaine environ, par exemple, alors qu’en fait on peut voir que les jeunes ne sont pas en reste pour autant. Que penser aussi des femmes qui portent deux ou trois bagues à chaque doigt ? Que ce sont des collectionneuses ? Oui, mais de quoi !

Que dire d’autre à ce sujet si ce n’est que les bijoux ont eux aussi leur mode. Là, je m’adresse plus particulièrement aux femmes, à celles qui avec quelques perles et un peu de fil à pêche ou de fil en laiton, sont capables de fabriquer de jolies bagues, pour elles-mêmes ou leurs copines qui, moins habiles manuellement, leur auront passé commande.

On pourrait disserter longuement aussi sur les montres, les bracelets et gourmettes. Peut-être une autre fois ?

mardi 13 mars 2007

Voyageur à la barre (3)

Il y a parfois tant de personnes agglutinées autour de cette fameuse barre, qu’il est parfois comique d’essayer de deviner à qui appartient telle ou telle main.

De quoi sont faites ces mains ? Il y a un peu de tout. Au toucher on pourra distinguer les froides, les chaudes, les sèches ou encore les humides, les molles, les rêches. On pourrait presque en faire soit un inventaire à la Prévert soit une reprise d’une chanson à succès de Pierre Perret.

Quant à l’observation, là il y a de tout. Toutes les couleurs, avec ou sans ongles, masculines ou féminines, de la taille de battoirs ou frêles et diaphanes jusqu’à l’équivoque.

On ne peut pas faire état des mains accrochées aux barres sans évoquer les inévitables contacts. C’est arrivé à tout le monde et il est parfois amusant d’observer les comportements de chacun à cette occasion.

La règle non écrite et non dite consiste à surtout ne pas toucher ou effleurer toutes ces mains et tous ces doigts étrangers.

Certaines mains ont une fâcheuse tendance à glisser vers le bas car leurs propriétaires soit ne serrent pas suffisamment la barre ou bien ont les mains moites, comme les chaussettes de Mimoun après un marathon ! A un moment donné cette main glissante entrera en contact avec votre main ou celle d’un autre voyageur. Quelles sont les réactions dans ces cas là ?

La plupart pratiqueront la fuite ou la glissade vers le bas, pour éviter le contact. Mais c’est reculer pour mieux sauter. Cette technique a ses limites. En ce qui me concerne, je préfère tenir bon et même exercer une légère pression vers le haut pour rappeler à l’autre voyageur l’existence de sa main baladeuse. La plupart du temps elle remontera de quelques centimètres avant de recommencer sa descente… Et ainsi de suite.

Moralité, lorsque je rentre chez moi ou que j’arrive au bureau, la première chose que je fais est de me laver les mains. L’eau est noire…

lundi 12 mars 2007

Voyageur à la barre (2)

Lorsque les voyageurs sont tous à peu près de la même taille, naturellement ils auront tendance à s’agripper à la même hauteur, au niveau de l’épaule, qu’ils soient proches ou loin de la barre en question. Vous pouvez faire le geste en même temps pour vérifier mes propos ! Imaginez que vous ayez à attraper une barre, qu’elle soit juste à côté de vous ou à une longueur de bras. N’avais-je pas raison ?

Quand il s’agit donc d’attraper une barre déjà occupée, la largeur de la main est un autre facteur déterminant. Selon l’espace disponible laissé entre deux mains, on pourra saisir la barre à pleine main ou se contenter de la pincer du bout du pouce et de l’index.

Il y a certaines circonstances où empoigner la barre n’est pas toujours très plaisant. On peut répugner à saisir un objet parfois tiède et humide qui sera passé entre des mains à l’hygiène parfois plus que douteuse.

Qui sait si celui qui vient de lâcher la barre n’avait pas les doigts couverts de verrues ? Et celui qui vient de se curer le nez ? Ou bien encore celui qui vient de se gratter le c.. ou les c… ? Il y a aussi les petits boudins sans ongles auxquels il ne reste plus qu’un semblant de lunule. Il y a aussi les mains blessées, ou infectées par on ne sait quoi.

Les mains de certaines professions sont reconnaissables. Il en va ainsi pour les mécaniciens, les peintres ou les maçons. Il m’est arrivé d’avoir à faire ce genre de choses et je me souviens de l’état dans lequel étaient mes mains à ce moment-là. Pour les autres professions, c’est moins facile de deviner.

Nombreuses sont les mains dont les ongles des doigts portent le deuil ! Ça ne fait pas très soigneux…

vendredi 9 mars 2007

Voyageur à la barre (1)

S’il n’avait pas eu un comportement étrange, je ne l’aurais probablement pas remarqué. C’est donc l’attitude d’un voyageur en particulier qui m’a donné l’idée de cet article.

Ce matin, il y avait pas mal de monde dans le RER A. Dans ce cas, une fois monté, chacun cherche un point d’appui supplémentaire pour éviter de se faire balader et de bousculer les autres voyageurs lorsque le train accélère, freine ou tourne. Le passager qui m’a inspiré avait une main et un avant-bras velus comme il en existe peu.

Un certain nombre de barres verticales ont été placées dans les voitures de manière à pouvoir s’y accrocher. Cela dit, en période d’affluence et si vous arrivez après les autres, vous constaterez qu’il y a déjà pas mal de mains accrochées.

Il faut alors repérer l’emplacement qui convient le mieux. Il y a plusieurs facteurs qui rentrent en ligne de compte afin de pouvoir faire son choix. Je ne veux même pas prendre en considération des éléments tels que la superbe jeune fille (ou du beau jeune homme c’est selon) qui fait de la «pole dance » au milieu de la voiture, ni même la présence des Fatals Picards de passage à Paris avant de défendre les couleurs de la France au prochain concours de l’Eurovision en mai prochain. Je remercie au passage Fong sans lequel je serais passé complètement à côté de cette info. Entre nous c’est pas gagné…

La taille du voyageur en est un. Une personne de grande taille n’aura pas de mal à attraper le haut de la barre. A l’inverse, une personne de petite taille visera plutôt le milieu ou la partie inférieure de la barre. Le problème commence à se poser lorsque tous les voyageurs rassemblés autour d’une barre sont tous sensiblement de la même taille.

jeudi 8 mars 2007

Concentré de lecture

Cela a dû aussi vous arriver un jour ou l’autre.

Un livre ouvert sur les genoux, confortablement installée, autant qu’on puisse l’être sur une banquette du RER, elle est plongée dans la lecture de son roman. Tout du moins c’est à première vue ce que l’on pourrait penser. En l’observant plus attentivement, on se rend compte que ce n’est pas tout à fait le cas.

En effet, depuis que j’ai commencé à écrire, c’est-à-dire il y a un peu plus de dix minutes maintenant, je n’ai pas l’impression qu’elle ait souvent tourné la page de son livre. En tournant légèrement la tête de côté et en regardant sur ma gauche, je peux lire des mots comme Comté de Kindle, New York Times, tribunal. C’est très certainement un roman politico judiciaire comme les Américains savent les écrire et qui pourtant n’a pas l’air de la passionner plus que ça.

Son centre d’intérêt actuel tourne plutôt au bout de ses doigts et à la pointe de ses cheveux blonds.

C’est vrai qu’on ne peut pas toujours être concentré en permanence. Particulièrement lorsque l’on est dans le train. On peut facilement se laisser distraire par un élément extérieur ou bien laisser son esprit divaguer à l’évocation d’un souvenir ou d’une situation qu’on aurait pu vivre ou qu’on imagine que trop bien.

Et donc en observant de nouveau ma voisine, j’ai l’impression que c’est ce qui vient de lui arriver. Au bout de quelques instants, elle se résout à récupérer son marque-page en bois à tête d’ours, à délicatement refermer son livre et le ranger dans son sac.

D’autant qu’elle est arrivée à destination puisqu’au premier signe de ralentissement du train, elle se lève pour se diriger vers les portes. Souhaitons lui que le trajet du retour sera plus propice à la lecture.

mercredi 7 mars 2007

Ça se recompte

C'est un sujet que j'ai abordé à plusieurs reprises dans ce blog et qui je le sais intéresse plus particulièrement les lectrices : c'est le tricot dans les transports en commun. Il paraît que cette activité connaît un engouement sans pareil en ce moment. J'ai même entendu parler d'un projet gigantesque qui consisterait à recouvrir la Tour Eiffel d'une immense chaussette tricotée. S'agit-il d'un vrai projet ou d'un fantasme supplémentaire de mon imagination débordante ?

Toujours est-il que cette voyageuse tricoteuse, je ne l'ai pas rêvée. Elle était bien réelle et toute à son ouvrage. Elle avait entre les mains deux aiguilles qui semblaient être en bois vernis et de taille moyenne, ni grosses ni fines.

Ce qui m'a le plus marqué, c'est la laine qu'elle utilisait. Elle était de couleur bleu pâle, mais ce n'est pas le plus important. Elle utilisait une laine que je n'avais jamais vue jusqu'à présent. Ce n’est pas ma spécialité, loin s’en faut !

C’était donc un fil sur lequel couraient d’autres petits fils longs de 2 à 3 centimètres environ, comme une frange ou comme une guirlande électrique avec ses petites ampoules. Le résultat du tricot était surprenant car il donnait quelque chose d’épais, qui semblait très doux et j’étais comme fasciné de voir progresser le travail, maille après maille.

Vint à un instant donné le moment de la vérification, qui consiste de temps en temps à vérifier que le compte de mailles est toujours correct. Il faut alors répartir l’ouvrage de façon régulière sur une aiguille de manière à dégager les mailles pour pouvoir les compter.

Une première fois, de façon apparemment confiante, mais avec tout de même une pointe d'appréhension. Puis une seconde fois, probablement en se disant que le premier compte n’était pas juste. Le troisième comptage se fit plus lentement et se termina par une petite grimace.

Ces comptages successifs venaient de confirmer ce que sans doute elle redoutait. La pelote fut alors ramassée, le fil regroupé, l’ouvrage roulé autour des aiguilles et le tout placé dans un sac en plastique.

Ce soir il faudra vraisemblablement défaire quelques rangs.

mardi 6 mars 2007

Matériel hors service

Depuis quelques mois, la gare a été équipée de nouvelles portes automatiques. Auparavant nous avions droit à des portes à battant qu’il fallait pousser pour rentrer ou sortir de la gare. Bien sûr, rares étaient les voyageurs qui retenaient la porte pour le suivant et lorsque des voyageurs qui voulaient rentrer croisaient des voyageurs qui voulaient sortir, c’était le bazar car tous se sentaient aussi prioritaires les uns que les autres.

Celui qui se retrouvait seul et en sens inverse du flux était bon pour tenir la porte ouverte sans pouvoir entrer ou sortir, en attendant de pouvoir entre ou sortir donc.

Ces portes étaient assez lourdes à manœuvrer, mais même les frêles jeunes femmes y parvenaient. C’était des portes métalliques (inox brossé ?) avec des parois en verre.

Régulièrement le verre était explosé à hauteur des pieds ou des coudes et toujours remplacé, plus ou moins vite. Je n’ai jamais compté précisément le nombre de fois où il a fallu les remplacer, mais cela se compte en plusieurs dizaines de fois.

Depuis quelques mois donc, ces portes à battant ont été remplacées par des portes coulissantes. Dès qu’on s’en approche, elles s’ouvrent automatiquement ! C’est magique ! Et bien pratique car du coup l’ouverture est plus large et on n’a plus à se faire de politesses !

Il n’y a plus de cadre métallique, seulement quatre grandes plaques de verre feuilleté. Deux de chaque côté qui coulissent l’une sur l’autre. Depuis quelques jours elles sot maintenues ouvertes en permanence. C’est en effet au moins la troisième fois qu’il va falloir les changer toutes les quatre car évidemment elles ont de nouveau été saccagées.

Certains abris bus ont connu les mêmes problèmes. Leurs parois en verre feuilleté ne résistaient pas au jet de billes en acier. Après des dizaines de remplacements, quelqu’un a eu une idée géniale : remplacer les parois en verre par du grillage métallique !

En ce qui me concerne, quitte à ne plus être protégé du vent et de la pluie, je me contenterai d’un simple poteau pour matérialiser l’arrêt. Et je me plais à penser que ma feuille d’impôts apprécierait aussi ! Tant pis pour les affiches Aubade…

lundi 5 mars 2007

Questionnaire gourmand ...

Un grand merci à Madeleine d’avoir (pour une fois !) pensé à moi. C’est donc sans me faire prier, bien que je préfère lire les réponses des autres plutôt que d’y répondre moi-même, que je me suis résolu à apporter ma pierre à l’édification des masses ! Je réponds à un questionnaire par. C'est fait !


Si vous étiez coincé(e) sur une île pour le reste de votre vie, et que vous ayez à choisir une seule cuisine (française, italienne...), laquelle adopteriez-vous ? Pourquoi ?

J’aime toutes les cuisines, que ce soit la française, l’italienne, l’indienne, la marocaine, la tunisienne, l’algérienne, la créole, la chinoise, la japonaise… Et quand bien même les anglais en auraient une, je suis sûr que je l’aimerais aussi !

Quel est l'aliment ou le plat le plus inhabituel que vous ayez goûté ?

Rien de bien inhabituel. Par contre j’aimerais avoir l’occasion de goûter des insectes ou des larves cuisinés.

Quel est l'aliment ou le plat le plus inhabituel que vous ayez goûté et aimé ?

Ce n’est ni un plat, ni un aliment, mais un très grand vin : Château Pétrus !

Quels aliments évitez-vous de manger (que ce soit à cause d'allergies, d'un régime alimentaire précis ou juste parce que vous n'aimez pas) ?

Le beurre, la charcuterie, le fromage… Et pourtant j’adore ! Mais il y a tant d’autres choses toutes aussi bonnes !

Est-ce que vous cuisinez ?

Oui ! Cela m’est arrivé, cela m’arrive et cela m’arrivera. La recette du Tian Tomates Aubergines va faire date ! J’aime regarder les émissions de télévision relatives à la cuisine et feuilleter des livres de cuisine, surtout ceux avec de belles photos ! Sinon, mais je ne suis certainement pas le seul dans ce cas là, je suis un champion du barbec’ et préposé à tout ce qui est plumage, dépeçage, écaillage, vidage, épluchage, découpage, ouverture de coquillages…

Quel est le plat que vous préparez lorsque vous souhaitez faire plaisir ?

Filet mignon de porc à l’orange.

Lorsque vous allez au restaurant, quel plat préférez vous choisir ?

Celui que les autres regretteront de ne pas avoir choisi ! Cela m’arrive de temps en temps !

Au restaurant, avez-vous déjà demandé à ce que l'on vous change un plat ou un vin ?

Oui, un vin bouchonné.

Organisez-vous de grands repas pour le plaisir de cuisiner ?

Ça c’est plutôt du ressort de Mme Maurice qui est beaucoup plus à l’aise que moi dans ce domaine et qui n’hésite pas à innover pour son plaisir, mais aussi et surtout pour celui des autres !

Quel est l'aliment dont vous ne pourriez pas vous passer ?

Le pain.

Et pour ne pas faillir à la tradition, je transmets ce questionnaires à cinq personnes. Par rordre alphabétique cela donne ceci : Ally, Bérangère, Mab, Nathalie K., et Sammy pour respecter la parité !

vendredi 2 mars 2007

De la fréquentation du RER (4)

Décidément les jours se suivent et ne se ressemblent pas. Enfin pas complètement. Le RER A est quand même pas mal chargé en ce moment. Un article l’autre jour dans la presse qualifiait cette ligne de la plus nippone de toutes. C’est paraît-il la seule ligne où des Agents d’Accompagnement aident les portes à se refermer quand un ventre, un postérieur, un bras où un sac dépasse ! Ce ne sont pas vraiment des pousseurs, bien qu’ils prennent des gants avec les voyageurs…

Ce matin il y en a un qui a dû trouver le temps long entre Charles De Gaulle Etoile et La Défense. J’étais juste en limite de porte, dos au quai, avec quantité de voyageurs en face de moi et sur les côtés. Un homme a quand même décidé de monter alors que le signal sonore retentissait et que de toute évidence la voiture était pleine. En s’arc-boutant comme un malade, il a bien sûr réussi à nous tasser un peu plus. Je le sentais qui se débattait comme un beau diable dans mon dos, mais en pure perte. Je le sentais trembler sous l’effort ! Je n’ai rien fait pour me retenir lorsque le train faisait bouger la masse des voyageurs. Au contraire, j’accentuais un peu plus la pression !

J’attendais la moindre protestation, mais rien n’est jamais venu. Probablement avait-il compris ou bien était-il complètement à bout de souffle ?

À part cela le soir, j’ai eu droit à un gamin pleurnichard. Cela m’a rappelé que les vacances scolaires n’était pas terminées. La mère (il l’appelait maman) n’avait pas l’air d’être plus gênée ou incommodée que ça.

Enfin arrivé en gare, une femme attendait un voyageur. Elle tenait deux énormes chiens en laisse. Me voyant les regarder avec un certain intérêt, elle me demanda :
« Voulez-vous caresser mes deux gros Saint Bernard ? »
« Euh… Je voudrais bien Madame, mais moi c’est Maurice, pas Bernard ! »

jeudi 1 mars 2007

De la fréquentation du RER (3)

Comment allons-nous terminer la semaine ? Au vu de cette troisième journée, force est de constater que les choses ne s’améliorent pas. Au contraire. Et même le matin maintenant. Moi qui partais confiant en début de semaine, il va falloir que je maitrise un peu mieux mon optimisme naturel.

Les choses se sont un peu plus dégradé hier matin. Cela a commencé par une annonce lapidaire, faite par une voix féminine. En raison d’un problème d’exploitation, le train … est supprimé. De plus amples informations vous seront communiquées ultérieurement… et bla et bla et bla et bla !

Sur ce, les écrans d’informations retranscrivent la mauvaise nouvelle : SUPPRIME. Enfin le silence retombe, de même que les épaules des voyageurs. Certains parmi eux décident de rebrousser chemin. Rentrent-ils se coucher chez eux ? La majorité, stoïque, s’apprête à affronter la suite des évènements. S’ensuit alors une série d’annonces à la fois farfelues et contradictoires, qui ne font même plus sourire, mais qui sont la marque de fabrique de la SNCF.

C’est alors qu’un convoi de deux locomotives, crachant une fumée noire chargée de sous-produits pétroliers plus ou moins brûlés, nous passe sous le nez. Il est possible qu’elles aillent tirer ou pousser une rame tombée au champ d’honneur, foudroyée dans l’exercice de ses fonctions, en pleine force de l’âge.

Afin de ne pas vous saouler ou vous écœurer avec une autre succession d’annonces et de messages tous plus hermétiques et contradictoires les uns que les autres, je préfère aller droit au but : le train fut finalement bel et bien supprimé et le suivant n’alla pas à Haussmann Saint-Lazare, mais à la Gare de l’Est.

Cet incident fera les gorges chaudes d’un certain nombre de voyageurs, en particulier le groupe bruyant qui s’est installé à côté de moi et qui revécut intensément les événements passés. Delarue avec ses boires et déboires en a pris aussi pour son grade !

mercredi 28 février 2007

De la fréquentation du RER (2)

Hier j’ai probablement été optimiste. Ou tout du moins je réalise qu’on ne peut pas déduire une tendance sur la base de l’observation d’une seule journée. En effet, ce soir dans le RER A rien ne différenciait la situation que j’ai vécue de celle que j’ai pu vivre en dehors de la période des vacances scolaires.

Autant ce matin encore les voyageurs étaient détendus, autant ce soir, ils l’étaient beaucoup moins, voire plus du tout. À croire que finalement les vacanciers et les grincheux sont déjà revenus.

Arrivé sur le quai du RER quelle ne fut pas ma surprise de constater que le quai était noir de monde, et ce sur plusieurs rangs. Dans ces cas-là, l’expérience paye. Mieux vaut avoir ses marques et être capable de réagir vite. En effet, si la rame arrive déjà bondée dans la station, il y a de fortes chances qu’un certain nombre de voyageurs restent à quai au moment où elle repartira. En ce qui me concerne je préfère que ce soit les autres.

C’est dans ces conditions qu’il faut savoir ruser. L’endroit où se positionner sur le quai devient alors essentiel et stratégique. C’est sur cet emplacement bien précis que repose la réussite de l’entreprise.

Il va falloir être mobile, au milieu de la foule compacte qui piétine sur place pour pouvoir, juste après avoir identifié le type de train qui rentre en gare, et il y en a trois sortes différentes, se déplacer de manière à se retrouver juste devant une porte au moment où le train s’arrêtera.

Le reste est un jeu d’enfant. Il faudra bien sûr jouer des coudes et savoir résister aux autres voyageurs qui moins prévoyants ou moins chanceux, devront compenser le manque de technique par l’utilisation de la force ! Et dans ce cas-là les femmes ne sont pas les dernières à pousser, croyez moi !

mardi 27 février 2007

De la fréquentation du RER (1)

Me voici donc de retour, après une dure journée de labeur, pour comme promis, vous tenir informés de l'état des lieux dans les transports en commun au cours de cette première journée de la deuxième semaine des vacances scolaires de la région parisienne ! Ouf !

Résultat des courses ? La différence est quand même sensible. Il y a moins de monde que d’habitude, c’est indéniable.

Du coup cela se ressent immédiatement sur le comportement des voyageurs qui sont moins agressifs, même si par exemple une jeune voyageuse est assise sur le strapontin devant la porte de sortie à La Défense, avec en plus sa grosse valise à roulettes devant ses genoux. À elle seule elle bloque la moitié de la sortie et pourtant les gens se font des politesses à qui mieux-mieux. Il ne faudrait peut-être pas pousser car à ce rythme ceux qui sont derrière vont finir par se faire coincer.

En temps normal, elle se serait fait insulter et piétiner. Sa grosse valise à roulette aurait probablement été entraînée par le flot furieux des voyageurs furieux.

Comme quoi il suffirait de pas grand-chose pour améliorer le caractère des gens. Même chose en voiture. Il suffit qu’il y ait moins de circulation pour que les gens redeviennent sympas entre eux.

Bien sûr me direz-vous, et à juste titre, il y aura toujours l’éternel insatisfait, celui qui ne prend pas le temps d’apprécier la différence et qui, quelles que soient les circonstances, vous bousculera sans vergogne pour gagner une place sur l’escalator. Au passage, il se prendra un petit croc-en-jambe vengeur et suffisamment léger pour être qualifié de non-intentionnel ! Oups ! Petit sourire compatissant du niais qui se repend et se répand en excuses !

Mais pour l’instant oublions les grincheux et profitons de l’instant présent. Ils doivent être en ce moment en train de reproduire les mêmes schémas devant les tire-fesses ou les œufs, à transpirer sous leur doudoune et à patauger dans la semoule !