lundi 18 septembre 2006

Ce qui change

Maurice se lève maintenant tous les jours une heure plus tôt le matin. Il prend son petit-déjeuner une heure plus tôt, se prépare une heure plus tôt, part travailler une heure plus tôt et du coup arrive une heure plus tôt au travail dont il ne repartira pas une heure plus tôt…

Mais surtout il prend le train une heure plus tôt. Et c’est ça qui nous intéresse. Car qu’est-ce qui change par rapport à ce qu’il a vécu il n’y a pas si longtemps que ça une heure plus tard ?

Pour l’instant on n’abordera pas le fait que Maurice ne prend plus le train seul, puisque maintenant il voyage avec sa fille. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle il a changé ses habitudes.

Le premier constat qu’a pu faire Maurice c’est qu’il y a beaucoup de monde à cette heure matinale. Plus qu’il ne pensait en trouver. Il est vrai que ce RER permettra à bon nombre de voyageurs d’arriver sur leur lieu de travail vers 08h00.

Par ailleurs ces « early birds » comme on les appelle outre-Atlantique sont relativement silencieux. Comme Maurice ils auront fait sonner le réveil tôt et auront du se faire violence pour s’extirper de la chaleur accueillante d’un lit douillet.

Autre constat, il fait toujours nuit au moment où il monte dans le train, alors qu’une heure plus tard il fait jour. Qu’en sera-t-il après le 28 octobre lorsqu’on sera passé à l’heure d’hiver (moins une heure pour ceux qui auraient oublié).

En fait ce n’est pas si désagréable de se lever avant le soleil. On a ainsi le loisir d’assister au lever du jour. C’est d’autant plus agréable que la journée s’annonce ensoleillée. Quand il pleut c’est une autre histoire. Maurice a toujours bien aimé le lever du jour. Allez savoir pourquoi…

vendredi 15 septembre 2006

Cucurbitacée

J’ai déjà vu des rames plus ou moins propres, pour ne pas dire carrément dégueulasses (vous avez comme moi probablement été marqué par l’épisode de l’étron dans la rame de RER…) mais hier soir je dois bien avouer que je fus surpris.

Il en faut pourtant me direz vous pour étonner Maurice. Pourtant ça arrive. Peut-être même plus souvent que vous ne pouvez l’imaginer.

Tout comme moi, en tous les cas pour ceux qui voyagent par les transports en commun, vous avez probablement déjà remarqué des détritus joncher le sol des ouagons : canettes qui roulent à chaque mouvement du train, trognons de pommes jaunis, bouteilles en verre ou en plastique, frites écrasées, journaux, épluchures diverses et variées… Bref tous les reliquats de festins dignes de ceux qui auront laissé une trace de leur passage.

Hier soir c’était différent. Il s’agissait pourtant de nourriture mais j’avoue que je n’aurai pas imaginé quelqu’un en manger dans les transports en commun.

Le sol de la rame du RER A était en effet maculé de pastèque. Comme si on en avait jeté violemment par terre la moitié d’une. Je ne vois pas d’autre explication étant donnée la trace laissée par terre et le fait que des morceaux rouges assez gros soient éparpillés un peu partout au milieu du jus et des pépins noirs.

Si cette pastèque était tombée, parce que quelqu’un l’aurait tout simplement lâchée, je ne pense pas qu’il y en aurait eu partout. Dans le cas présent je ne peux imaginer autre chose qu’un geste volontaire. En plus ce n’est pas tous les jours qu’on prend le RER avec une demie pastèque, non ? Un petit pain au chocolat, une boisson, une pomme… je comprends, mais une pastèque… Ca me laisse perplexe !

Que pensent des voyageurs les personnes chargées du nettoyage des rames ?

jeudi 14 septembre 2006

Conséquences

Le fait de changer ses habitudes a eu pour Maurice deux types de conséquences. Des conséquences positives et des conséquences négatives. En voici une liste qu’il a pu établir après quelques jours de mise en pratique. Il est possible que par la suite et à l’usage cette liste soit modifiée.

Avantages

Le premier de la journée est que maintenant il ne prend plus ses petits déjeuners en solitaire le matin. Il peut lui aussi trouver le bon chemin du labyrinthe des boîtes de céréales et apprendre par cœur la liste des apports journaliers en glucides, protides et lipides, tout en continuant à écouter France Infos (quand ils ne passent pas en boucle des musiques de naze les jours de grève).

Maurice découvre de nouvelles têtes, de nouveaux habitués. Il y aura forcément des choses à dire et à raconter, des observations à faire et il l’espère de nouvelles aventures à vous raconter.

En principe, étant donnée l’heure matinale, il devrait y avoir moins de monde dans le RER. Cela restera à prouver d’autant que la tendance à l’heure actuelle est plus à l’abandon de la voiture au profit des transports en commun.

Inconvénients

Le réveil sonne une heure plus tôt que d’habitude. Et comme pour l’instant il ne se couche pas plus tôt qu’avant, il dort une heure de moins par jour. Il va falloir trouver un nouveau rythme s’il veut tenir le coup le Maurice !

Prenant son petit déjeuner vers 05h30, il faut qu’il attende de sept à huit heures avant de pouvoir déjeuner. C’est parfois long… Il va falloir penser à un petit encas. C’est la saison des pommes en ce moment. Maurice ira faire un tour chez Auchan ou au Monop’ ce midi. Ca lui fera prendre l’air et en plus les pommes c’est bon pour la santé.

Maurice abandonne pour un temps ses compagnons de voyage. En trouvera-t-il de nouveaux ? Un de perdu, dix de retrouvés ? La suite au prochain épisode !

mercredi 13 septembre 2006

Nouvelles habitudes

J’ai commencé à évoquer le sujet il y a quelques jours maintenant. C’est en soi une mini révolution puisque après des années passées au même rythme, à voyager tous les jours sensiblement à la même heure et à monter dans le train sensiblement toujours dans la même voiture, voilà que Maurice change tout. Radicalement.

Même si sa gare de départ reste la même, il ne part plus à la même heure et il ne monte plus au même endroit dans le train.

La raison de ce changement ? Le fait qu’il accompagne maintenant sa fille le matin. Elle poursuit ses études à Paris et devant être sur place à 08h00 pour le début des cours, elle doit partir tôt. Par solidarité et pour l’accompagner, du coup il se lève plus tôt, beaucoup plus tôt, comme elle, et prend le train plus tôt, beaucoup plus tôt. Vous voulez des chiffres ? Je n’en donnerais qu’un seul.

1 (lire une).

Une heure plus tôt ! Pour l’instant c’est énorme, mais Maurice sait que dans le temps la difficulté de se lever une heure plus tôt et de partir une heure plus tôt s’estompera.

Enfin Maurice monte dans le train à un endroit différent de celui qu’il empruntait habituellement de manière à faire gagner quelques secondes à sa fille. De là où ils partent maintenant, la troisième voiture alors qu’auparavant Maurice trustait plutôt la queue du train, une fois arrivée à sa station de correspondance, sa fille sera pratiquement en face de l’escalier mécanique qu’elle devra emprunter pour poursuivre son chemin. Le jour où les trains auront du retard, ce sera toujours ça de pris. Ca arrivera à coup sûr.

Si au cours de ces dernières années l’heure de départ était devenue de plus en plus tardive, ce coup-ci c’est reparti comme en 14 !

mardi 12 septembre 2006

Interlude

Il y a quelques jours Bricol-Girl a eu l'idée mettre sur son site une
photo mutilée. C'était sans compter sur Maurice qui après de longues heures de recherche a finalement retrouvé le document original.

C'eut été dommage de ne pas connaître la vérité.

Pour le récompenser de son travail de recherche Bricol-Girl lui lança un défi : imaginer les paroles échangées entre elle et une autre personne (je ne suis pas sûr de l'avoir identifiée...).

Avant d'aller plus loin jevous invite à y réfléchir à deux fois. Les scènes et le vocabulaire qui vont suivre risquent de choquer les oreilles les plus chastes et les âmes les plus sensibles. Si vous pensez être offensé, alors je vous conseille de ne pas lire plus loin.

Bricol-Girl je t'avais prévenu ! Si c'est insupportable alors il suffira de me demander de les enlever.

Voici donc l'épreuve originale.

Voici la première version où il est question d'échelle : une histoire de fou

Dans cette version il est question d'un jeu télévisé à inscrire au livre des records : le baiser le plus long

Enfin connaissant ta passion pour les tomates... : Ah ! Les belles tomates !

lundi 11 septembre 2006

Des si belles…

Il m’arrive parfois de râler contre certaines personnes qui dans le train ne savent pas se parler sans hurler. Ou bien qui rien trop fort à mon goût et à celui des autres. Il n’y a qu’à voir les haussements de sourcils désabusés et peinés lorsque surpris vous levez la tête en même temps que votre voisin d’en face.

Jusqu’à présent j’avais plutôt affaire à des djeuns, ceux avec un diamant de 20 carats à chaque oreille, la chaîne bling-bling incrustée de diamants elle aussi et le dernier pyjama 3 tailles au-dessus, de couleur pastel et présumé fabriqué par des enfants aux yeux bridés. Ils n’en ont malheureusement pas le monopole.

Ce matin là j’avais tiré le mauvais ouagon. Pas de bol. J’ai changé à la fois d’horaire et de place dans le train et je vous expliquerai pourquoi plus tard.

C’est ainsi que je me retrouvais au milieu d’inconnus à partager la voiture d’un groupe super bruyant. C’en était presque insupportable. En plus la veille au soir de ce matin là il y avait eu du foot à la télé. La France remettait les pendules à l’heure avec l’Italie. Alors forcément il fallait refaire le match. Et les précédents…

Mais ce n’étaient pas eux les plus bruyants. Je veux dire les hommes. En effet ils étaient accompagnés de quelques femmes plus ou moins jeunes. Il y en avait une en particulier juste derrière moi. Elle avait un rire on ne peut plus discret et ne la voyant pas j’imaginais des tas de choses à son sujet. Quel genre de tronche peut bien coller avec un rire pareil ? Nous n’étions pourtant pas Place du Mynck…

On prête habituellement ce genre de rire à la blonde décervelée qui cherche à faire se retourner ceux qui lui tournent le dos ou à celle qui estime que son apparence n’est pas suffisamment tape-à-l’œil pour attirer le mâle.

Je plains les collègues de bureau…

vendredi 8 septembre 2006

L'angoisse

Cela fait maintenant plusieurs jours que Maurice a repris contact avec la blogosphère. Après avoir laissé dépérir son blog, l'avoir se laisser envahir par des messages et des commentaires non sollicités, il a remis le pied à l'étrier. Ou plutôt il a réouvert son calepin et débouché son stylo et renoué avec ses semblables.

Au début ça part toujours bien. Il trouve des tas de choses à dire, il déborde d'idées toutes plus drôles ou folles que les autreS. Il a toujours un tas de choses intéressantes à vous rapporter. Il est ainsi capable dee vous bassiner tous les jours ouvrés avec ses idées plus ou moins tordues.

Et régulièrement la même question le hante. De quoi pourra-t-il bien parler la semain prochaine, ou dans deux jours ou demain ? Car des billets en stock il n'en a pas tant que ça. De même que des idées géniales.

Il faut dire qu'en dehors de son blog il mène une vie parallèle qui ne lui laisse pas toujours le temps de réfléchir de quoi sera fait le lendemain bloguesque. Il bouche alors les trous en écrivant ce genre d'article alors qu'il ne se passe rien d'extraordinaire dans la voiture dans laquelle il voyage.

Il lui reste encore trois arrêts avant d'arriver et une quinzaine de personnes à l'étage, dont trois iPodeurs, un bosseur, deux dormeurs, trois bavards et... une jeune fille en facez de lui qui écrit dans un calepin.

Maurice a beau discrètement loucher pour tenter de lire ce qu'elle écrit, il ne peut voir grand chose. Cela ressemble néanmoins plus à un journal intime qu'elle complète quotidiennement car il est daté et ouvert à la page du jour de la semaine de l'année.

Toujours est-il que le temps passant, il a réussi à écrire ce soir 2 billets supplémentaires qu'il devra taper ensuite sur son nardinateur un de ces soirs.

jeudi 7 septembre 2006

Comment fait-il ?

Cette question je sais qu'au moins un de mes lecteurs se la pose. Il a vécu et vit probablement encore de temps en temps le même genre d'expériences que moi. Pas dans le RER, mais dans le TER. Pas en Région Parisienne, mais en Province. Les spectacles sont les mêmes. Les acteurs sont les mêmes. Il n'y aurait aucune difficulté de les transposer d'un endroit à l'autre. La nature humaine est ainsi faite.

Alors comment Maurice fait-il pour enregistrer toutes ces scènes de la vie ordinaire et vous les restituer ?

En observant en retenant et en notant.

Maurice a toujours sous la main son calepin, ou bien des feuilles blanches ainsi que quelques stylos et crayons. Cela tombe bien d'ailleurs qu'il en ait plusieurs sous la main car il a la fâcheuse habitude de les semer un peu partout. Ou bien sachant qu'il en trouvera dans sa sacoche, va se servir et ne les remet pas forcément en place tout de suite.

En ce moment d'ailleurs il écrit avec un stylo plume à encre rouge, en retournant la plume pour pouvoir écrire en petites pattes de mouche sur sa feuille à petits carreaux. En fait, non, l'écriture est plutôt claire et lisible. Ca dépend si le train secoue ou pas.

Il rature souvent, reprend une phrase ou une expression, se relit de temps en temps pour s'assurer qu'il n'y a pas trop de répétitions, de fautes d'orthographe, que ce qu'il a voulu dire ou faire passer comme message sera compréhensible pour le commun des mortels.

Une fois arrivé chez lui, après avoir dîné et passé une partie de la soirée avec sa petite famille, il saisira son texte sur son nardinateur, apportera encore quelques corrections et publiera dans son blog pour, il l'espère, votre grand plaisir.

mercredi 6 septembre 2006

Grosse fatigue

Je me suis toujours demandé quelle tête je pouvais avoir et quels signes je pouvais monter à mes collègues de travail lorsqu'il me vient soudain un gros coup de barre au cours d'une réunion.

En général c'est plutôt dans l'après-midi alors que mon intervention n'est pas nécessaire, que le sujet ne me passionne pas et n'a pas d'incidence sur mon activité, ou bien encore que celui ou celle qui parle le fait sur un ton monotone, même si le repas du midi est toujours léger et jamais arrosé.

Dans ces moments là je sens mes yeux partir, mais je ne sais pas trop où, alors que mes paupières sont toujours ouvertes, quoique légèrement moins qu'en plein éveil. Il m'arrive également de ressentir comme de légères pertes d'équilibre qui correspondent en fait à un relâchement des muscles et qui donnent l'impression de tomber et qui nous fait sursauter. On se resaisit. C'est le mot juste car du coup on essaye de se raccrocher à tout ce qu'on a sous la main : cahier, stylo, table... Rien de discret donc.

Ce soir j'ai en face de moi une personne qui présente les mêmes symptômes. Nous ne sommes pas en réunion, mais dans le RER. C'est calme, il fait bon (ni trop chaud ni trop froid) et le train roule sans à-coups.

J'ai tout le loisir d'observer ma voisine, en particulier ses yeux. Et maintenant je sais enfin ! Alors que je me demandais où pouvaient bien partir mes yeux, j'ai la réponse devant moi : ils partent en arrière, ils se révulsent.

C'est à la fois horrible et terrible. Horrible car on a l'impression d'être face à un zombi aux yeux blancs, et terrible car maintenant jesais de quoi j'ai l'air en réunion. Rien que ça devrait maintenant me faire passer l'envie.

mardi 5 septembre 2006

L'arche de Noë

Ce matin, comme pratiquement tous les matins de ce mois d’août, il avait plu. Ce n’est pas nouveau et bientôt je n’aurai plus à la préciser car vous l’aurez deviné sans que je l’écrive. Vous aurez également deviné que ce billet commence à dater aussi...

Ce matin donc le quai était humide. Et une fois de plus, des escargots téméraires (des petits-gris) se traînaient le long du grillage qui empêche le voyageur inattentif de tomber sur le bas-côté, d’autres s’aventuraient même au milieu du quai (pour prendre le train ?). Lorsque Maurice les voit ainsi à la merci d’une semelle de chaussure aveugle, il les remet à leur place, dans la végétation, du bout du pied. Il n’est pas le seul à le faire d’ailleurs.

Quelques escargots n’auront pas cette chance. Il n’est qu’à constater le nombre de gastéropodes réduits à l’état de crêpe qui jonchent le sol. Ils ne seront pas perdus pour tout le monde. Une fois les voyageurs montés dans le train, les pies prennent le relais et se chargent du nettoyage.

C’est cette scène de la vie ordinaire qui m’a ainsi donné l’idée de lister les animaux que j’ai pu croiser sur mon trajet quotidien, à pied, en bus, et en RER (A et E) :

Canard (colvert)
Chat
Cheval
Chevreuil
Chien
Corneille
Escargot (petits-gris, des bois)
Faisan
Grenouille (rainette des bois)
Hérisson
Héron (cendré)
Hirondelle
Mésange (bleue, charbonnière)
Moineau
Papillons
Pie
Pigeon
Renard
Souris

Dans le genre exotique, j'ai croisé

Chameau (le modèle à deux bosses)
Lama
Vaches irlandaises
Zébu

Il faut dire que ce jour là un cirque avait décidé de stationner le long de la route qu'emprunte le car !

Enfin ce n'est pas rare de voir des thons. Rouges ou blancs, contrairement aux affirmations de GreenPeace, ils sont loin d'être en voie d'extinction. En méditerrannée peut-être, mais pas sur ma ligne !

lundi 4 septembre 2006

Voyager léger

Il n’est pas encore 7h00 du matin et pourtant Maurice est déjà sur le quai de la gare à attendre son train. Il fait jour mais pas encore suffisamment pour que les éclairages publics soient éteints. Ce matin, comme souvent en ce beau mois d’août, le sol est mouillé. Il a plu cette nuit et les nuages toujours présents dans le ciel semblent se disperser.

C’est l’inverse pour les voyageurs qui commencent à se regrouper petit à petit. L’ambiance est très calme car ils arrivent isolément, en silence. Seuls quelques bonjours sont échangés de loin en loin.

Les oiseaux n’ont pas l’air très chauds pour lancer quelques trilles matinales. La température y est certainement pour quelque chose et aujourd’hui ils sont trop occupés à lisser leurs plumes au fond de leurs nids détrempés.

En attendant donc que son train s’arrête, Maurice peut librement observer ceux qui arrivent et passent devant lui. Les visages ne sont ni gais ni tristes, juste sérieux, peut-être encore un peu fatigués ou mal réveillés. Heureusement l’air frais et vivifiant de ce matin va vite remettre les choses en place.

Et tout à coup c’est l’étonnement et l’incompréhension. Un homme s’avance sur le quai. Il est vêtu d’un costume gris anthracite, d’une chemise rayée et d’une cravate et a des chaussures noires. Et c’est tout ! Il avance les mains dans les poches, sans sacoche, ni sac en bandoulière.

Maurice est toujours chargé comme une mule (normal me direz-vous). Le contenu de sa sacoche est toujours en ligne à l’adresse suivante. Il imagine alors la taille des poches qu’il lui faudrait pour emmener tout son barda : magazine, calepin, stylos, parapluie, clés…

Et sans sacoche ou sans un livre à la main il se sent complètement nu et ne sait plus quoi faire de ses mains.

vendredi 1 septembre 2006

Enigme

Un TGV rouge part lundi matin de la gare d’Angoulême à 6h10.
Il est direct jusqu’à Paris-Montparnasse.
Il ne s’arrêtera donc pas en cours de route.
Sur le tronçon Angoulême-Tours, long de 300 km, le TGV roule à 150 km/h.
Sur le tronçon Tours-Paris long de 200 km, le TGV roule à 300 km/h.

Un TGV bleu part lundi matin de la gare de Paris-Montparnasse à 6h30.
Il n’est direct jusqu’à Paris.
Il s’arrêtera 2 minutes à Tours, 2 minutes à Châtellerault, 2 minutes à Poitiers et 2 minutes à Ruffec.
Sur le tronçon Paris-Tours long de 200 km, le TGV roule à 300 km/h.
Sur le tronçon Tours-Angoulême, long de 300 km, le TGV roule à 150 km/h.

Les distances, les horaires et les vitesses ont été arrondis pour faciliter les calculs.
On considère que les trains n’accélèrent pas et ne ralentissent pas.

Question :

Lorsque les deux TGV se croiseront, lequel sera le plus proche d’Angoulême ?

La calculette est autorisée et vous avez le week-end pour trouver la bonné réponse.

jeudi 31 août 2006

Merci !

J'évoquais l'autre jour l'absence de journaux gratuits pendant le mois d'août. C'était oublier que pendant que les uns se reposent, s'amusent et en profitent, d'autres continuent à b(r)osser dur.

Je tiens à remercier Catherine M. et Dominique F. qui chacun à leur manière ont su apporter un démenti flagrant à mes élucubrations. Le numéro 1683 du Charentais Annonce daté du 31 août en est la preuve !

Je les remercie aussi de pouvoir les compter parmi mes nouveaux et très probablement fidèles lecteurs.

Je les remercie de m'avoir fait parvenir, par porteur spécial très chargé, ces petits cadeaux que je vous invite à découvrir sur ces photos. Il n'y a pas de raison pour ne pas en faire profiter la blogosphère.

J'aurais souhaité faire paraître ce billet plus tôt, mais la livraison fut tardive dimanche et l'impression de la série sur la mousse à raser derrière l'oreille était lancée.

J'espère pour eux que cette attente n'en fut que meilleure et la surprise plus grande. Je suis friand de ce genre d'attention et je n'oublierai jamais le superbe et gigantesque slip kangourou que ces petits canaillous m'avaient offert au soir des nos adieux, il y a presque 20 ans maintenant...

Maurice a retrouvé le sourire (Colgate) et vous salue !

ps : ah ! Ce mélange frais de courgettes, petits pois et basilic...

Gardez le sourire mon Capitaine !

Gardez le sourire mon Capitaine !



Le Charentais Annonce mon Capitaine !

Le Charentais Annonce mon Capitaine !



Catherine brosse dur mon Capitaine !

Catherine brosse dur mon Capitaine !

mercredi 30 août 2006

La barbe (3)

Horreur ! Il sent le paquet de mousse à raser sous ses doigts et réalise alors qu’il s’est baladé non seulement dans Paris, mais aussi dans le métro, dans le RER et dans son entreprise avec ça collé derrière l’oreille. Il se prend alors un coup de chaud, transpire et rougit comme une jouvencelle. Il fait disparaître tant bien que mal la mousse en la collant sous la table. Une fois son forfait accompli, il passe en revue sa deuxième oreille et pousse un soupir de soulagement en constatant que celle-ci ne dissimule rien.

Son manège n’a évidemment pas échappé à ses collègues de bureau qui eux aussi, par mimétisme, procèdent à une inspection plus ou moins discrète et efficace de leurs propres oreilles. C’est un peu comme lorsque vous vous grattez le nez devant quelqu’un. Vous remarquerez qu’aussitôt votre interlocuteur fera la même chose pour s’assurer qu’il n’a rien qui lui pend au nez !

La vérification est faite différemment selon les individus. Certains font une oreille à la fois en penchant la tête sur le côté, une fois à gauche, une fois à droite. D’autres font les deux oreilles en même temps en penchant la tête en avant.

La chef de service, voyant tous les hommes autour d’elle se tirer le lobe des oreilles, imagine alors à son tour que quelque chose cloche chez elle. A-t-elle perdu une de ses boucles d’oreille ? A son tour, et c’est plus fort qu’elle, il faut qu’elle vérifie si tout est en place. Cela lui arrive de temps en temps, pour une raison inconnue, de s’effrayer pour rien en pensant avoir perdu une boucle d’oreille. Aujourd’hui, force est de constater que rien ne manque.

Pensant qu’on se moquait de ses pendentifs ethniques achetés pendant ses vacances sur une place de marché dans le sud de la France, on ne la vit plus jamais les porter.

mardi 29 août 2006

La barbe (2)

Je laissais donc s’éloigner cet homme à la feuille de chou farcie de mousse à raser en me disant que de tout manière il allait s’en rendre compte à un moment ou à un autre, sans l’aide de qui que ce soit.

Pour vous en convaincre, je vais vous expliquer comment cela s’est passé et quelles ont été les conséquences dramatiques de ce qui au départ pouvait sembler drôle et anodin

En fait cela s’est produit au cours de la réunion du matin. C’était la première réunion à laquelle il participait depuis son retour de congés. Vu la façon dont il était bronzé, on ne pouvait pas ne pas se rendre compte qu’il rentrait à peine de congés ce jour là. Il était rentré de vacances la veille au soir, tard dans la nuit, avait du vider sa voiture et s’était finalement écroulé de sommeil, encore plus fatigué qu’il ne l’était avant de partir. Evidemment le réveil avait sonné beaucoup plus tôt que d’habitude, et justement, les habitudes qui permettent de gagner du temps avaient été quelque peu oubliées.

Ainsi, du jour au lendemain, il se retrouve dans cette pièce aveugle, assis autour d’une table avec quelques uns de ses collègues et sa chef de service. Son gobelet de café lyophilisé entre les mains, il repense avec regret à ce qu’il faisait deux jours plus tôt à la même heure.

C’est à ce moment précis qu’il commence à sentir non pas une gêne, mais quelque chose d’à peine perceptible au niveau de l’oreille, sans pouvoir préciser d’avantage ce dont il s’agit. C’est donc plus par réflexe que dans un mouvement réfléchi qu’il attrape machinalement le lobe de son oreille entre le pouce et l’index.

(à suivre…)

lundi 28 août 2006

La barbe (1)

Les femmes, sous nos contrées et à notre époque, connaissent des soucis qui sont propres à leur genre comme par exemple de devoir se raser tout le corps pour plaire ou ne pas faire l’objet de commentaires plus ou moins désobligeants. Les hommes n’ont pas ce problème car le rasage pour eux se limite au visage.

Passés les premiers instants à maudire l’auteur de ces quelques lignes, je devine un froncement de sourcil perplexe chez certain(e)s.. Car la question que chacun se pose est bien évidemment le rapport entre le rasage et les transports en commun. Il est ténu, certes, mais il existe.

J’ai eu une chance inouïe ce matin. Quelle est d’après vous la probabilité d’apercevoir un résidu de mousse à raser derrière l’oreille d’un voyageur dans le RER en plein mois d’août ? Avouez que c’est rarissime ! Même en dehors du RER… Sauf peut-être dans un hospice de petits vieux ?

En fait, ce n’était pas de la mousse à raser, mais du gel de rasage. Je sais de quoi je parle car j’en utilise tous les jours sauf un jour du week-end de temps en temps. Le petit amas de gel donc était coincé entre le lobe de l’oreille et le crâne. Invisible à coup sûr de face et même de profil face au miroir, mais immanquable de dos car sur une peau bronzée il est difficile de ne pas remarquer une tache légèrement luminescente avec un ton bleu pâle.

Quand bien même l’aurais-je voulu, je n’ai pas eu le temps de prévenir l’infortuné. De toute manière je ne m’imagine pas interpellant un inconnu au milieu de la foule pour lui crier :

« Hep ! Monsieur ! Vous avez de la mousse à raser derrière l’oreille ! »

A un copain ou un ami, voire à certains collègues de travail, oui, je le ferai immédiatement, mais pas à un inconnu.

(à suivre…)

vendredi 25 août 2006

Agression (3)

Maintenant que le décor est planté, et étant donnée la manière dont je vous l'ai décrit, je suis convaincu que nombre d'entre vous ont compris comment s'est déroulée l'agression.

Pour les autres, je vais expliquer ce qui s'est passé. Mais tout d'abord, afin d'entretenir un peu plus le suspense il faut situer l'action dans le temps. Je vous épargnerai donc la traditionnelle page de publicité qui permet la plupart du temps de satisfaire une envie pressante et de réajuster les coussins avant de s'abrutir de nouveau devant la boîte à images.

En ce qui concerne l'unité de temps, cela s'est passé en période de pointe, en fin d'après-midi, un jour de semaine. Je ne me rappelle plus précisément l'heure ni le jour. En tous cas, à un moment de la journée où censément vous vous dites que vous ne risquez rien puisque vous êtes loin d'être seuls.

On aurait tendance à penser que la foule vous protège et qu'au contraire le fait de se retrouver isolé expose plus au danger. C'est vrai que passée une certaine heure il n'est pas très rassurant de se retrouver seul sur certaines lignes de trains ou de RER. Mais dans certains cas il est possible de profiter de la foule justement pour commettre un méfait. Cela permet de s'y fondre et de disparaître très rapidement.

Les agresseurs, après avoir frappé leur infortunée victime et lui avoir dérobé sont téléphone portable au milieu des autres voyageurs, sont passés d'une voiture à l'autre pour se perdre dans le train. Personne ne s'est interposé.

Et moi direz-vous ?

Evidemment les passagers des autres voitures n'avaient rien vu ou entendu. Ils ne voyaient que des jeunes sauvageons passer d'une voyageur à l'autre. Le conducteur du train avait été alerté par interphone. Il avait fait le nécessaire pour que des « renforts » soient sur le quai du prochain arrêt.

Cela dit une fois le train arrêté, toutes les portes se sont ouvertes et le chassé-croisé de ceux qui descendent de voiture et de ceux qui montent a permis aux voleurs de disparaître pour de bon.

jeudi 24 août 2006

Agression (2)

Je n'ai pas terminé de vous expliquer comment s'est déroulée l'agression que j'ai commencé de relater dans le post précédent.

Avant de poursuivre, et pour une meilleure compréhension ultérieure, il faut que je vous décrive tout d'abord le décor, l'unité de lieu.

Ces voitures du RER E sont à plusieurs niveaux. Il y en a en fait 3 niveaux différents :

- Le niveau 0 est composé de 3 plateformes (1 centrale et 2 latérales). C'est à ce niveau, qui est à la hauteur du quai, que les voyageurs entrent ou sortent dans une voiture. Grâce à des escaliers, un qui monte et l'autre qui descend, on peut accéder aux niveaux +1 et -1 à partir des 2 plateformes latérales. La plateforme centrale permet d'accéder aux deux niveaux -1 (l'un à gauche l'autre à droite).
- Le niveau +1 est composé de 2 zones qui ne communiquent pas entre elles. On y trouve de nombreux sièges.
- Le niveau -1 est composé de 2 zones qui communiquent par la plateforme centrale. On y trouve également de nombreux sièges.

Il y a très peu de sièges sur les plateformes latérales, et aucun sur la plateforme centrale. Il est donc possible en cas d'affluence de s'y tenir debout et nombreux. En cas de très forte affluence (situation quasi normale), il y a même des voyageurs debout dans les escaliers. Circuler dans la rame est pratiquement impossible sauf à bousculer tout le monde.

Il y a une porte de service à chaque extrémité de voiture. Chaque porte est fermée. On ne peut l'ouvrir qu'avec une clé spéciale dont seuls les agents SNCF devraient disposer. Le péquin moyen n'y passe pas. Certains voyageurs (ils ne portent pas d'uniforme SNCF) ont les moyens d'ouvrir ces portes. Ces portes permettent de passer d'une voiture à l'autre.

mercredi 23 août 2006

Agression (1)

Il y a plusieurs semaines maintenant, j'étais dans une voiture du RER E dans laquelle a eu lieu une agression. Un voyageur a été agressé et volé. Il a dans un premier temps été pris à parti, frappé et on lui a dérobé son téléphone portable. Le tout à une heure de pointe, au milieu d'autres voyageurs.

Sans en avoir été le témoin direct, c'est la première fois que je passe aussi près de ce genre de fait divers que certains qualifient d'incivilité.

Il m'est parfois arrivé d'assister malgré moi à des discussions fortes, très tendues, le plus souvent et chose étonnante du fait de voyageuses. Dans ces circonstances on a toujours l'impression qu'une simple étincelle risquerait de mettre le feu aux poudres, en d'autres termes que les acteurs en viennent à un crêpage de chignon en règle. L'honnête mère de famille se transforme alors en furie ou en marchande de poissons selon le cas. Dommage pour elle car après on ne les regarde plus de la même façon. Maurice déteste la vulgarité.

Fort heureusement l'intervention tonitruante et virile du voyageur dérangé dans sa sieste ou de celui dans l'impossibilité de lire tranquillement le compte-rendu du dernier match de son équipe de foot préférée - Oh ! Oh ! C'est pas bientôt un peu fini c'bordel ? - permet la plupart du temps de calmer les esprits, de faire retomber la tension, mais pas l'animosité et de replonger dans sa lecture favorite. L'approche qui consisterait à calmer les esprits par un - Mais enfin Mesdames, calmez-vous ! - n'aurait aucune chance de réussir.

Il n'est pas rare non plus de voir les gens sourire en appréciant l'échange verbal des deux adversaires du moment. Le spectacle est assuré et gare aux oreilles sensibles ! De si vilains mots dans de si jolies bouches...

mardi 22 août 2006

Les bébés

Les fumeurs c'est une chose, mais il y a une autre catégorie de voyageurs que je cherche à éviter autant que faire se peut. Certains l'appellent les bébés, moi je l'appelle le mouflet teigneux à chandelle. Malheureusement, et comme les autres, je suis tributaire du numéro de siège indiqué sur mon billet.

Dans cette catégorie je range pêle-mêle :

- celui qui attendra que vous vous soyez assoupi depuis 10 secondes pour pousser des hurlements à réveiller les morts
- celui que la mère au bord de la crise de nerfs, parce que pour elle ça dure depuis des mois, ne peut balancer par la fenêtre étant donné qu'on ne peut pas les ouvrir
- celui qui, les yeux rougis de larmes, le tétin vissé dans la bouche et le « nin-nin » cradot et odorant à la main, vient s'essuyer le nez sur la jambe de votre pantalon alors qu'il y a plein d'autres jambes dans le couloir du train
- celui qui au bout de cinq minutes fait passer ses parents pour de mauvais parents incapables et complètement dépassés et les soumet d'emblée au le regard noir et courroucé des autres voyageurs.

La seule chose qu'il réclame, c'est de pouvoir se balader dans l'allée centrale. On peut le comprendre. Rester dans les bras de quelqu'un pendant tout le trajet, ou bien rester assis sans rien dire pendant des heures, c'est insupportable pour lui. D'autant qu'il marche depuis quelques semaines à peine. Il est donc fier de montrer à tout le monde comment, malgré son énorme et pesante couche-culotte, il est capable, tel un château branlant, de se déplacer au milieu d'un train filant à 300 km/h.

Quand je pense qu'il y en a qui trouve ça attendrissant ! Moi j'ai beau me plonger avec mon air le plus sérieux et le plus rébarbatif dans la lecture de mon magazine préféré, le voilà qui justement se cramponne à ma cuisse pour conserver son équilibre.

Il est bien sûr tout content de son exploit et gazouille de joie non feinte. A ce moment-là, tout le monde nous regarde et je me vois donc dans l'obligation de lui décrocher un sourire bien que l'envie de lui soustraire d'un seul coup son point d'appui me démange.

De me voir sourire, derechef il se met aussi à me sourire, c'est un réflexe. Alors comment voulez-vous ne pas trouver ça attendrissant ? Bande de sans cœurs !