vendredi 24 juin 2005

Dur ! Dur !

Il est des matins qui sont parfois difficiles. Vous avez beau être passé par la douche, le petit déjeuner, la ballade matinale en bus et quelques pas sous le soleil déjà radieux alors que la température extérieure est encore fraîche, et pourtant rien à faire, vous ne vous réveillez pas. Le moindre geste se fait machinalement, le regard est en permanence perdu vers l’infini ou bine tourné vers l’intérieur. Même les sons sont assourdis. Vous ne prêtez aucune attention aux conversations qui déjà fusent de toutes parts, pas plus qu’aux annonces faites par les haut-parleurs. Vous percevez le monde extérieur dans lequel vous évoluez et vous avez conscience d’exister. Pourtant c’est comme si vous étiez en train de vivre une expérience extracorporelle. Votre enveloppe physique est bien là, mais votre esprit semble un peu en retrait.

C’est ainsi que machinalement je me retrouve assis à ma place quasiment habituelle et immuable. Ce matin je n’ai pas eu envie de me battre pour m’asseoir à côté d’une fenêtre. J’aurais pu mais la volonté n’y était pas. L’absence de volonté de m’empêche cependant pas de penser à 100 à l’heure et d’écrire d’un jet comme je le fais actuellement. L’écriture est-elle facilitée lorsqu’on et dans un état second ? Il y a belle lurette que je n’ai plus de moquette chez moi.

J’aimerais pourtant me sentir complètement éveillé. Je sais que ça viendra (il faudra bien de toute manière), mais en attendant, je me complais dans cette situation. Conscient inconsciemment de vivre quelque chose de particulier ? Pourquoi vouloir en changer alors que finalement je me sens bien ? Pas si sûr que ça en fait.

jeudi 23 juin 2005

Yo man !

Ces jours-ci on ne peut pas dire que l’imagination soit florissante. En fait je suis encore capable de penser à beaucoup de choses à la fois (parfois sans queue ni tête) mais pas forcément à celles qui ont un rapport avec le thème de ce blog. Je mets ça sur le compte d’une certaine forme de fatigue. Je me couche beaucoup trop tard et je me lève tôt. Tout ça pour ne pas avouer un manque de motivation momentané. En plus je me sens observé. Même si les reflets me les cachent, je suis pratiquement sûr que derrière ces lunettes une paire d’yeux m’observe. C’est vrai qu’on n’est pas nombreux à écrire dans ce train. En fait je suis même carrément le seul.

Une autre raison que je pourrais invoquer est la musique que je suis en train d’écouter en ce moment. Trop mélancolique pour un matin ensoleillé. Il faut que je change pour quelque chose de plus rythmé, plus endiablé. Un remix version rap/rock de « Mission Impossible ». Je m’y croirais presque. Il ne manque plus que l’hélicoptère qui me poursuit. Je zappe. Encore du rap mais ce coup-ci dans le style R&B.

Tiens, je n’avais pas remarqué, il y a une réplique de Barbie (la poupée) presque en face de moi. Aussi rose et blonde que la vraie ! Plus accessoirisée que l’original. Mais on s’en fout.

En fait je suis de mauvaise humeur. Je n’ai pourtant pas oublié mon casse-croûte ce matin. J’ai lu quelque chose qui ne m’a pas plu ce matin et qui me reste sur l’estomac. Insatisfait. I can get no… Ca passera. Bien sûr. Heureusement. Essayons d’avoir des pensées positives. Tiens du coup j’ai trouvé le titre de ce post et déjà je sens que ça va mieux. L’écriture peut aussi être un bon exutoire.

mercredi 22 juin 2005

M. Muscle

Décidemment il faut que vous (mesdemoiselles et mesdames) fassiez un petit détour par la station RER Auber. Bon peut-être pas toutes en même temps, sinon ça risquerait de tourner à l’émeute. Là où pas plus tard qu’hier se trouvait le Chippendale, il y a ce matin un Monsieur Muscles. Un du genre avec des biceps gros comme mes mollets (pas comme mes suisses, parce que ça ferait franchement trop).

Remarquez que même si ça devait être l’émeute au moins il serait protégé par sa vitre triple épaisseur et son hygiaphone. En attendant, à l’heure à laquelle je passe le matin ce n’est pas la bousculade. A part un touriste ou une mamie permanentée de temps à autres, ce n’est pas la foule des grands jours.

Peut-être que la démonstration (pardon le spectacle) a lieu plus tard ? Pouvoir admirer les muscles des bras qui roulent sous la peau et se gonflent alors que d’un air inspiré il attrape pas moins qu’un carnet de 10 tickets 50% Famille Nombreuse. Ca doit valoir le détour, non ? Frapper les touches d’un clavier avec des doigts de mains plus habituées à soulever de la fonte m’a toujours fait sourire. Je ne parle pas des mêmes en train de s’escrimer à envoyer un SMS sur le clavier minuscule d’un téléphone mobile. Quoique cela soit réservé à ceux qui savent écrire phonétiquement.

Et une fois de plus je lance un appel. Pendant que la gent féminine se distrait et se pâme devant Monsieur Univers ou la réplique de Patrick Swayze, où nous les hommes allons nous pouvoir nous divertir ? Il y a pourtant dans toutes les voitures une barre en acier autour de laquelle les « Gogo Dancers » devraient pouvoir faire quelque chose. A priori je ne dois pas voyager aux bonnes heures. Alors si vous savez où et quand ça se passe, merci de penser à moi !

mardi 21 juin 2005

Le Chippendale

Cela fait plusieurs fois que je me dis qu’il faut que j’écrive quelque chose à son sujet. Je passe à pieds presque tous les matins devant l’endroit où il travaille mais comme je n’ai ni mon calepin ni mon stylo en mains à ce moment-là, je ne note rien et du coup je l’oublie, jusqu’à la fois suivante. Et ainsi de suite… Car un portillon passé et dix mètres plus loin je n’y pense déjà plus. C’est donc un miracle si ce matin je pense à lui alors que je monte à peine dans le train. C’est vrai que je suis en permanence à la recherche de l’idée exaltante qui tous les jours me permet de tenir mes lecteurs en haleine !

Donc le Chippendale. Pourquoi un tel surnom ? Tout simplement parce que c’est la première chose qui me vient à l’esprit lorsque je le vois. Il a beau travailler dans les sous-sols de la RATP (à la station Auber en ce moment pour ceux ou celles que ça intéresse), il est bronzé toute l’année, été comme hiver. Certes il n’est pas très grand (je juge par rapport à ma taille), mais il a l’air baraqué. On ne s’en rend compte que lorsqu’il sort de sa guitoune. Enfin et c’est sûrement le détail le plus frappant il a une chevelure remarquable : cheveux longs, lisses et propres, qui retombent sur ses épaules. Pas de serre-tête ni de chouchou. En un mouvement rapide et expert, aidé d’une main ou non, il est capable de les remettre en place très facilement.

A-t-il une double vie ? Guichetier le jour, « Male Dancer » la nuit ? Dommage que ça ne soit pas l’inverse. Je suis sûr que la RATP aurait à y gagner. Glisser quelques billets dans son maillot de bain afin de pouvoir récupérer sa Carte Orange ou sa Carte Vermeil. Par contre ce serait condamner le Pass Navigo auprès de 50 % environ des utilisateurs.

Ps : je suis à la recherche de l’équivalent pour nous les hommes. Si vous savez dans quelle station et à quel guichet ça se passe, soyez sympa, pensez à moi.

lundi 20 juin 2005

Voyage en musique

Ca y est, j’ai franchi le pas, ou plutôt le mur du son. Je voyage maintenant en musique, un écouteur vissé dans chaque oreille. Et j’avoue que ça change tout. Ca donne une autre dimension aussi bien à la musique qu’on écoute, qu’à l’environnement dans lequel on évolue. Du coup je suis presque prêt à prendre pour dix ans de transports en commun en plus. Sachant qu’il me reste plus de 20 ans à faire, ça me fait une belle jambe.

Pouvoir écouter quelques vieux morceaux de groupes d’une autre époque, mais en fait toujours écoutés par mon fils aîné, ça vous donne une autre jeunesse. Quel groupe ? Eh eh eh ! Je veux dire ACDC. Au milieu de la foule, ou en train de remonter un quai bondé de monde, Highway To Hell prend une autre dimension, une autre profondeur. Cela dit je n’en suis pas encore à fredonner en costard cravate des paroles du style

…Tu masques ton visage en lisant ton journal,
Tu marches tel un robot dans les couloirs du métro…


C’est de qui au fait et tiré de quelle chanson ?

De même, un bon classique du blues un lundi matin pluvieux, à attendre le train sur un quai arrosé par le crachin sur fond de ciel gris. Si la tendance est plutôt au rock des principaux groupes du genre des années 70-80, il y a quand même quelques nouveautés. Bon je ne vous dresserai pas une liste exhaustive, mais le spectre est assez large, sauf pour le rap peut-être…

J’insiste, mais regarder défiler les arrières grisâtres des immeubles parisiens à travers un ciel tendu de câbles et autre caténaires, en écoutant du blues, vous plonge dans une autre époque et dans la peau d’un autre personnage.

Un grand merci donc à mon fils aîné qui a bien voulu me laisser son iPod à écran explosé. Je ne peux pas lire les noms des chanteurs ou des groupes ou du titre du morceau que j’écoute, mais peu importe car je les connais par cœur. C’est comme si j’avais un Shuffle de quatre Go.

samedi 18 juin 2005

eiPod

Regardez ce que le lapin a apporté mon Capitaine !

Regardez ce que le lapin a apporté mon Capitaine !

vendredi 17 juin 2005

iPod Generation

Petit coup d’œil circulaire à l’environnement dans lequel je me trouve. Les lectures refleurissent. Livres de poche, magazines, journaux, bandes dessinées. Il faut également constater que les adeptes du lecteur MP3 sont de plus en plus nombreux et de plus en plus équipés. A noter l’apparition de casques de plus en plus monstrueux. Fini les oreillettes discrètes. Maintenant on coiffe le casque de salon, même dans le train. Au moins les voisins ne s’en prennent-ils plus plein les oreilles.

Ils sont de toutes les couleurs, de toutes les formes, de toutes tailles avec ou sans écran de contrôle. Je veux parler des successeurs des walkmans et autres discmans avec ou sans radio, les iPod et autres lecteurs de fichiers de type MP3 ou AIFF. Ou comment emporter avec soi sa collection complète de cd audio.

Il y a eu l’époque des tous premiers téléphones mobiles, avec en particulier le Bibop que les propriétaires arboraient fièrement. Il fallait rester à proximité des bornes et on ne pouvait qu’être appelé je crois. A l’arrivée des premiers GSM beaucoup ont critiqué cet appareil superflu qu’une minorité affichait également de façon ostentatoire. Maintenant qui n’a pas de GSM ?

Les propriétaires de lecteurs MP3 sont-ils plus discrets ? On ne voit en général que dépasser les écouteurs. Le contexte actuel y est certainement pour quelque chose. La peur de se le faire dérober j’imagine. Les seules fois où ils sortent des poches ou des sacs à main, c’est pour changer de morceau ou régler le volume sonore. En fait certains préfèrent le porter autour du cou, à côté du GSM…

Il va falloir envisager d’y passer. Les conversations de mes voisins ou voisines ne m’intéressent pas toujours et cela devrait couvrir le bruit de fond. Et quand je dis ça, j’ai ma petite idée.
Il a franchi le mur du son mon Capitaine !

Il a franchi le mur du son mon Capitaine !

jeudi 16 juin 2005

Voyage au centre de la terre

Une fois n’est pas coutume, il faut que je vous fasse part d’un incident que j’ai vécu l’autre jour. Quand je dis incident, ne vous alarmez pas ! Si j’en parle c’est qu’en fait il s’agit en fait d’un événement qui ne m’était encore jamais arrivé !

Cela s’est passé dans les couloirs, entre le RER E et le RER A. Ceux qui empruntent ce couloir ont pu noter que par endroits on se croirait dans une grotte, pour ne pas dire dans les égouts. De l’eau suinte de tous les murs et remplit les rigoles qui les longent. Rien à voir avec l’eau calcaire que vous avez peut-être déjà pu voir couler goutte à goutte en visitant une grotte. Vu la couleur il n’y a probablement pas que du calcaire qui s’écoule des multiples fentes. Des stalactites se forment parfois sur le haut de la voûte. Des câbles apparents servent de gouttière. Bref c’est la désolation…

J’imagine qu’à force de couler sur ces câbles l’eau a fini par provoquer un court-circuit et fait griller quelque chose. Ce matin là donc, dans le couloir il n’y avait plus de lumière. Les voyageurs devaient avancer vers un escalier descendant plongé dans l’obscurité totale et marcher encore quelques mètres avant de retrouver la lumière salvatrice. Pas question de se guider en mettant la main sur le mur tant il est répugnant... Pas rassurant du tout ! Vous avez beau vous dire que les marches ont toutes la même hauteur, même si vous avez fait le trajet des dizaines de fois avec la lumière, une fois plongé dans le noir, vous êtes complètement perdu. J’espère que personne ne s’est explosé dans cet escalier.

Du coup je repense à un restaurant, à Paris du côté des Halles je crois, où tout se passe dans l’obscurité totale. Le service est assuré par des aveugles (pardon des non voyants) et pendant le repas vous n’avez donc aucun repère visuel. Pratique pour bouffer dans l’assiette de son voisin ou finir son verre dans qu’il s’en rende compte ! Je laisse ça aux autres.

Sauvez nous mon Capitaine !

mercredi 15 juin 2005

Etude de comportement

Afin de me rendre à la gare la plus proche de mon domicile, je dois emprunter le bus. Pour ceux qui ne le sauraient pas, c’est aussi un bon poste d’observation dans lequel il est possible d’étudier à loisir les attitudes de certains spécimens. Il faut bien sûr savoir rester discret afin de ne pas les effaroucher ou d’avoir une influence quelconque sur leur comportement. C’est ainsi qu’il m’est possible d’observer d‘étranges rituels. Toujours les mêmes, avec les mêmes personnes et aux mêmes heures.

Il y a quelques années j’avais lu d’un regard amusé le résultat d’une étude menée par un scientifique. Les conditions de l’analyse étaient exactement les mêmes que celles qu’on doit respecter pour pouvoir étudier des animaux sans influencer sur leur comportement, de manière à ce qu’ils restent naturels. De plus pour que le résultat soit valide il fallait que cette étude soit faite sur plusieurs jours, aux mêmes heures, en occupant le même poste d’observation. L’objet de cette étude était le comportement des vacanciers sur une plage en été.

Selon qu’on y venait en couple, avec ou sans enfants, ou bien seul, les comportements étaient invariables, que ce soit pour l’heure ou l’ordre d’arrivée sur la plage, pour le choix de l’emplacement (au bord de l’eau, en retrait, à côté d’un accès à la plage…), mais aussi pour l’installation. Les rituels étaient immuables, que ce soit le mâle dominant qui s’occupait du plantage du parasol et du gonflage des différentes accessoires, ou de la femelle qui tartinait les petits de crème protectrice… Les horaires étaient importants également, tout comme les activités (jeux, lecture, sieste, drague, châteaux de sable…).

Si mon analyse n’a rien de scientifique elle m’a tout de même permis de constater certaines choses. Ainsi à un arrêt d’autobus où attendent chaque jour à la même heure la même douzaine de personnes depuis des années, des groupes de 3 ou 4 personnes se sont constitués. Et ce n’est qu’une fois montées dans le bus que certaines personnes de certains groupes finissent par dire bonjour à d’autres alors qu’elles auraient eu tout le loisir de le faire avant d’entrer dans le bus…

Je n’échappe pas à la règle, mis à part le fait que je salue tous les matins mes camarades d’arrêt de bus même si j’ai remarqué que certains me le rendent de mauvais gré. Et comme tout le monde j’irai m’asseoir sensiblement à la même place.
Ce train est sans arrêt mon Capitaine !

Ce train est sans arrêt mon Capitaine !

mardi 14 juin 2005

Voyage en RER C

Le choc car un train entre en gare à ce moment là ! Et il est gigantesque ! Enorme ! Immédiatement je cherche à comprendre pourquoi j’ai cette impression. Il me faudra peu de temps pour réaliser qu’en fait le quai est beaucoup plus bas que d’habitude par rapport au train et qu’il faudra lever la jambe pour y monter. Par ailleurs, le plafond de la gare est plus bas que les gares que je fréquente en semaine. De plus le quai n’est pas très large. Je me rends alors compte qu’en temps normal je prends le train soit à l’air libre, soit dans des gares du style « cathédrale » comme à Haussmann-Saint-Lazare ou La Défense. Mon train finit par arriver. Il est à étage et ressemble à ceux qui ont précédé Eole sur l’Est parisien : sièges en skaï, plus de rideaux aux fenêtres, et bien sûr pas de climatisation.

Passée la Bibliothèque François Mitterrand, c’est fou comme le paysage urbain et industriel ressemble à ce que je vois d’ordinaire. Rien ne ressemble plus à la banlieue que la banlieue. Pantin / Choisy-le-Roi même combat. Plus on avance et plus les maisons et les bâtiments sont remplacés par la verdure. A Athis-Mons on longe même carrément la Seine. Juvisy ressemble à une gigantesque gare de triage. Au maximum il doit bien y avoir 40 voies ferrées en parallèle. Sainte-Geneviève-des-Bois c’est la campagne. Les bois sont loin pourtant.

Dehors le soleil brille. La semaine est terminée, même si je n’ai pas encore enfilé la tenue adéquate (banane et gilet multi poches). Plus le train avance, plus il se vide de ses voyageurs. Arrivé à destination je suis le seul dans le wagon. Normal, il est à l’opposé de la sortie de la gare. Les habitués avaient anticipé.

Un coup de fil pour m’assurer que mon comité d’accueil est en place. Je les aperçois. Ils m’attendent à l’ombre des marronniers. Le week-end peut commencer.

En voiture mon Capitaine !

En voiture mon Capitaine !

lundi 13 juin 2005

Voyage en RER B

Quelle aventure ! Comme expliqué précédemment, j’ai eu à modifier mon trajet habituel ce qui m’a permis d’emprunter des lignes différentes de celles que j’ai l’habitude de fréquenter dans les transports en commun. En particulier une portion de la ligne B entre Châtelet-les-Halles et Saint-Michel-Notre-Dame.

Vous êtes toujours là ? Bon. On a beau dire qu’on est toujours dans les transports en commun parisiens, dans la même station, à gauche du quai et non plus à droite, et pourtant déjà je ne me sens plus chez moi, ou plutôt en territoire connu. J’ai l’impression que les gens ne sont pas les mêmes. Ce sont tous des usagers pourtant.

Tout a l’air plus sombre, plus triste. Est-ce la couleur des décorations ou la couleur des murs bleu marine ? Même l’intérieur des trains a l’air plus triste. Ca manque de lumière. Je n’ai heureusement qu’un saut de puce à faire, ma prochaine étape (correspondance) étant à Saint-Michel-Notre-Dame.

Un escalier mécanique gigantesque me facilitera le trajet. Arrivé en haut c’est l’accueil des grands jours. Des dizaines de contrôleurs et contrôleuses filtrent les voyageurs à la recherche d’éventuels fraudeurs. Ca râle pas mal à cause des bousculades et des quatre secondes et six centièmes perdus à cette occasion. Un voyageur sûrement plus intelligent que la moyenne constate à voix haute que les jours de grève il n’y a pas tant de monde pour contrôler. Normal banane, ils sont en grève…

Je montre patte blanche comme tout le monde (enfin presque) et je repars. Un nouvel escalier mécanique de plus qui monte et je me retrouve enfin sur le quai du RER C.

Et c’est le choc !

jeudi 9 juin 2005

Avant que j’m’en aille…

C’est un week-end un peu plus longue la normale qui s’annonce. Vendredi ne sera pas un jour ouvré travaillé pour moi. Par conséquent vous connaissez la règle : pas de travail, pas de post. Il faudra attendre lundi matin (dimanche soir au plus tard) avant de voir quelque chose de nouveau sur ce blog. En attendant je vous demande de bien vouloir prendre votre mal en patience.

Cela dit, ce sera pour moi l’occasion de vivre de nouvelles aventures, dans les transports en commun. En effet, je vais avoir l’occasion de prendre une direction que je n’avais encore jusqu’à présent encore jamais empruntée, et donc voir de nouvelles têtes, de nouvelles rames, de nouveaux paysages, de nouvelles gares. Bref tout ce que Maurice adore !

J’espère du coup pouvoir y puiser suffisamment d’imagination pour être capable d’écrire pour plusieurs jours. J’imagine l’insupportable attente que ce sera pour vous que d’attendre mon retour… Maurice, reviens ! Je vous entends d’ici et ça me peine.

Ma destination ? Le sud de la région parisienne. En l’occurrence Saint-Michel-sur-Orge. C’est un patelin pas très loin de la Francilienne (A 104) où l’on viendra me récupérer en voiture. Mine de rien, plutôt que de repasser par chez moi cela me fera gagner, à cette heure de la journée, plus d’une heure.

Evidemment j ne me séparerai pas de mon calepin et de mon stylo (dont l’encre ne s’écoule pas assez vite), de manière à pouvoir noircir des pages à l’encre bleue. Bon fini de rêvasser, c’est l’heure pour moi d’y aller. A bientôt.

mercredi 8 juin 2005

Des vertus du blog

Il arrive à tout le monde et à Maurice en particulier de se lever du mauvais pied. En général c'est plutôt les jours où il s’est réveillé reposé. Le lundi matin par exemple je suis trop fatigué pour être de mauvaise humeur. Pourtant je pourrais avoir toutes les raisons de l'être puisque le week-end est terminé et qu'il va falloir aller retrouver ses collègues de travail et son boulot. Il ne manquerait plus que le ciel soit gris et pluvieux (quoique je préfère qu'il pleuve un lundi matin plutôt qu'un samedi matin). Toute réflexion faite ce n’est pas le boulot qui rend le plus de mauvaise humeur… Je viens de démontrer que le blog, ou plutôt l’écriture dans un blog, permet de dédramatiser une situation ou de la relativiser.

Tout à chacun peu donc se réveiller plus ou moins mal luné. Partant de ce principe on peut alors intérioriser et garder pour soi sans rien laisser paraître ou alors carrément se laisser aller. Devant n’importe qui, sans se soucier de l’image forcément négative qu’on risque de laisser transparaître.

Il en fut ainsi d’une jeune fille (femme ?) accompagnant ses parents ce matin dans le train. Pour une raison on ne peut plus importante, elle fait la bougne, et évidemment les remarques faites par son papa, avec raison et dans le registre taquin ne font qu’aggraver la situation. Je ne porterai pas de jugement (négatif) car je sais ce que c’est, ayant une fille encore trop jeune pour m’accompagner à cette heure indue, qui ne verrait également aucune raison de ne pas afficher sa mauvaise humeur lorsqu’elle est de mauvais poil, voire ne comprendrait pas. En plus j’aime taquiner.

Les parents en question savent que je publie régulièrement des articles sur un blog dont ils connaissent le sujet. Peut-être le lisent-ils en ce moment ? Nous voyageons régulièrement ensemble dans le train. C’est ainsi que sur le ton de l’humour, et cela m’a fait sourire, la menace, terrible, est tombée : « Méfie-toi ma fille, Maurice pourrait parler de toi sur son blog ! ». Ce n’est pas tombé dans l’oreille d’un sourd, et ce n’est rien de le dire… C’est maintenant chose faite. Maurice a le plus sérieusement décidé de rendre l’affaire publique et disponible au monde entier.

Oyez, oyez !

Melle Sandra G. a oublié son casse-croûte sur le coin de la table de la cuisine ce matin et ça la rend de super mauvais poil !

Fermez le ban !

ps : les photos de la personne concernée suivent. Elles n'ont bien sûr rien à voir avec ce qui figure ci-dessous !

Ca chie Mon Capitaine !

Ca chie Mon Capitaine !

mardi 7 juin 2005

Le chevreuil (2)

Cela fait plusieurs semaines que je n’en ai pas parlé, mais il est toujours là. Je l’aperçois de temps en temps. Tout dépend de la place que j’ai pu prendre au départ en montant dans le train, mais aussi de l’heure car j’ai l’impression que le passage se fait à heure fixe.

Ce matin, pour des raisons professionnelles il a fallu que je parte plus tôt que d’habitude. Lever à 5h20 pour attraper un train à Montparnasse vers 8h15. Il n’y aura pas de temps à perdre (On s’en fout complètement Maurice !).

En attendant le chevreuil donc est toujours là. Son pelage est beaucoup plus clair que celui qu’il avait au sortir de l’hiver. Au milieu des hautes herbes bien vertes on peut difficilement le louper, surtout si comme moi vous êtes au premier étage d’un train. Vu d’une hauteur d’homme il y a de fortes chances qu’il passe inaperçu. Tant mieux pour lui.

Est-ce un mâle ou une femelle ? Je me pose toujours la question. Je pense qu’il s’agit plutôt d’une femelle même si je n’y connais pas grand-chose. Ce chevreuil n’a pas de bois (de cors ou de dagues) et encore moins de cornes ! J’ai également l’impression que son ventre est arrondi, ce qui ne veut pas toujours dire grand-chose (il n’y a qu’à regarder autour de soi pour se rendre à l’évidence !). Le train passe trop vite et du coup l’observation en pâtit. Par ailleurs je ne sais pas à quel moment les petits viennent au monde…

Bref c’est un peu un spectacle du style calendrier du facteur (et non plus des Postes) auquel j’ai droit de temps à autres et qui me permet d’oublier qu’il est à peine 7h00 du matin et que la journée s’annonce longue et difficile (ça y est, je comprends maintenant pourquoi au début j’ai dit que je m’étais levé plus tôt que d’habitude !). Journée d’autant plus difficile que j’ai oublié d’emmener ma petite couverture bleue…
Le lapin de Maurice mon Capitaine !

Le lapin de Maurice mon Capitaine !

lundi 6 juin 2005

Trotinette

C'est le surnom que nous lui avons donné. Vous ne risquez pas de le confondre, il n'y en a plus qu'un seul. Car à un moment donné il y en a eu deux. De toute manière ils étaient complètement différents de par la forme, l'âge et la couleur. Deux donc à prendre le train avec leur trotinette pliante.

Celui qu'on ne voit plus devait avoir dans les 15-16 ans. (Excusez moi, je n'arrive plus à me relire). Il vouait une certaine adoration à son terrible engin. Au point qu'il l'avait customisée de façon plutôt astucieuse ma foi, et avec peu de moyens. Il avait ainsi rajouté à l'avant, sur le guidon, une lampe de poche tenue avec l'équivalent d'un rouleau de scotch invisible. Il pouvait allumer cette lampe grâce à un interrupteur situé sur la poignée du guidon. Pratique pour faire des appels de phare en roulant, sans lâcher le guidon (chose que je ne vous recommande pas). Les roues quant à elles étaient du genre de celles qui font des étincelles lorsqu'elles tournent. Côté vêtement il avait la panoplie qui va avec, à savoir la casquette Burberry's vissée sur le côté, un énorme diamant à chaque oreille et le maillot jaune et vert d'un footballeur célèbre. Le temps qu'il restait dans le train, il le passait à faire la révision complète des 10.000 km. Attendrissant

Trotinette lui est toujours là. Imperturbable. Il vient parfois, mais c'est rare, accompagné de Madame Trotinette. Le couple d'enfer. Lui ressemble au fruit de l'amour défendu entre le Capitaine Haddock et de Indiana Jones. Lorsqu'il débarque, c'est toujours avec sa trotinette sur l'épaule et son chapeau d'Aventurier de l'Arche Perdue sur la tête, été comme hiver. Cela dit je ne l'ai jamais vu à l'oeuvre car il descend toujours deux stations avant moi.

J'en ai vu d'autres par contre, sur le parvis de La Défense, me dépasser et me semer avant que je ne les rattrape, occupés qu'ils étaient à replier leur matériel avant de rentrer dans le bâtiment dans lequel je travaille. Sans parler d'un collègue qui un jour s'est pris un beau gadin par un beau matin ! C'était l'époque où les dalles du parvis étaient brinqueballantes. Il n'avait pas remarqué qu'à son passage une dalle s'était légèrement enfoncée pour faire une marche. La trotinette est restée sur place et lui a fait un soleil par dessus. Il a laissé les genoux d'un costume et s'est fait une entorse du poignet. Terminé la trotinette !

ps : après des mois d'observation, force est de constater que l'utilisation prolongée et quotidienne de la trotinette n'a aucun effet bénéfique sur la bedaine.

vendredi 3 juin 2005

Love story

L'après-midi de nos deux transiliens touchait enfin à sa fin et le MacDo était loin maintenant.

Romance 01

Comme toutes les meilleures choses, les pires ont aussi une fin. C'est le moment des adieux.

Romance 02

Contre mauvaise fortune la transilienne se sentit obligée de faire bon coeur.

Romance 03

Elle avait quand même fait le déplacement, mais la transilienne jura, un peu tard, qu'on ne l'y reprendrait plus.

Romance 04

jeudi 2 juin 2005

Le coup du parapluie

S'il est une chose que je déteste, c'est d'avoir à attendre le bus et prendre le train lorsqu'il pleut. Cela me rend d'humeur maussade. Comme le temps. De plus je ne suis pas franchement équipé pour le mauvais temps. Sur une journée de plus de 12 heures, entre le moment où je quitte la maison et y reviens, je passerai tout au plus entre 15 et 20 minutes à l'extérieur. Suffisamment pour ne pas être suréquipé. Largement suffisant pour être complètement trempé.

Devoir s'abriter sous un minuscule parapluie qui grâce à sa taille loge tout au long de l'année au fond de ma sacoche. Le pauvre est dans un triste état d'ailleurs. Le dernier en date vient d'une journée passée à San Sebastian, au Pays Basque. Les paysages là-bas sont bien verts. Pour ça pas de secret, il faut de l'eau. Et ce jour là de l'eau il en est tombé. Il a jusqu'à présent résisté aux tornades qui se déchaînent souvent à La Défense, mais à quel prix ! Sa housse est décousue (au moins celle-ci je ne l'ai pas perdue). Il est lui-même complètement tordu et pour l'ouvrir il faut un peu le forcer. Le ressort qui sert à le maintenir ouvert est fatigué car il a mal vieilli. Il faut donc s'y prendre à plusieurs reprises pour réussir à le tenir ouvert. Pas très pratique lorsqu'il se met à pleuvoir et qu'une de vos mains est occupée à porter une sacoche par exemple. Tous ces efforts seront ruinés à la moindre bourrasque. Pourquoi ne pas en changer ? J'y suis attaché. Tout simplement.

Evidemment il ne s'agit pas de passer une journée complète sous le déluge. Donc il remplit bien sa fonction, même si en cas de forte pluie, avec un peu de vent, si la tête et les épaules sont protégées, il n'en sera pas de même pour le bas du corps. Enfin, il faudra savoir quoi faire de cette loque dégoulinante en attendant de trouver un endroit où la faire sécher avant quelle ne réintègre le fond de ma sacoche, jusqu'à la prochaine averse.

mercredi 1 juin 2005

La manne

Cette référence à un miracle biblique m'est venue à l'esprit un matin de la semaine dernière. A la sortie du RER, sur le parvis de La Défense, de souriantes jeunes filles en uniforme et équipées d'un grand panier en osier, distribuaient des friandises aux voyageurs pressés. Le succès était évidemment au rendez-vous. A partir du moment où c'est gratuit… Elles avaient beaucoup plus de succès que leurs consoeurs mais néanmoins amies qui distribuaient des prospectus annonçant un prochain festival de jazz.

Donc ce matin-là c'était la distribution gratuite pour chacun d'une barre-de-céréales-au-blé-complet-et-chocolat-riche-en-huit-vitamines-calcium-et-fer, d'un groupe agro-alimentaire helvète et d'une marque dont le nom vous garantit une silhouette de rêve. Pour résumer vous mangez du sucre et du chocolat en vous donnant bonne conscience. En fait pas que des céréales et du chocolat si vous lisez en détail la liste des ingrédients. Car même si cela ne rentre pas dans la composition, vous pourrez y trouver des traces d'arachide, amandes et autres noix et d'œufs. Comment est-ce possible ? Ils n'ont pas nettoyé la presse et la marmite ?

Bref c'est le succès total. Les cartons vides témoignent de l'ampleur de la distribution. Ceci n'est pas sans me rappeler la caravane qui précédait les courses cyclistes, en particulier celle qui dure quatre et non pas trois jours. Tous les gamins, dont j'étais, tendaient les mains en espérant attraper un chapeau en papier, des bonbons, le nec plus ultra étant la casquette publicitaire d'une marque d'insecticide, lancée d'une camionnette sur le toit de laquelle était posée une mouche gigantesque.

Ce matin-là donc il y avait aussi un homme qui tendait lui aussi la main. Il était assis par terre, dix mètres plus loin environ. Entre ses jambes croisées trônait un morceau de carton sur lequel on pouvait lire un résumé de quelques mots de sa situation précaire et de son besoin immédiat. Tout le monde en connaît un. La manne ce matin a été pour lui. Devant le carton un tas de plusieurs dizaines de ces barres chocolatées que bon nombre de voyageurs lui avaient donné, sans façon, à la manière de l'auvergnat. Je ne sais pas si on l'entendra un jour chanter mais je souhaite que cela lui ait réchauffé le cœur.

Le grand a mangé le savon mon Capitaine !

Le grand a mangé le savon mon Capitaine !



ENGLISH VERSION

The manna from heaven

This biblical reference sprung to my mind one morning, last week. At the RER entrance, on the "parvis de La Défense", several smiling young ladies wearing a uniform and equipped with a wicker basket, were distributing sweets to hurried travelers. Success was of course there. When something is given for free… They had more success than their fellow colleagues, but friends nevertheless, who were distributing leaflets for a coming jazz festival.

So this morning was dedicated to a free distribution of muesli-made-of-complete-corn-and-chocolate-with-eight-vitamins-calcium-and-iron, made by a well known Swiss company and of a trade with a name that assures you with a hourglass figure. So you can eat chocolate and sugar and keep your clear conscience. In fact when you read attentively the list of ingredients, you will notice that you there is not only cereals and chocolate. Even if they don't go into the muesli, it is possible that you find tracks of peanuts, almonds and other nuts and eggs. How is it possible ? Did they forget to clean the mixer or the pot ?

Anyway it is a full success. Empty cardboard boxes are testifying of the fullness of the distribution. I can't help thinking about the publicity caravan that was coming prior to a well known cycle race, specially the one that last four and not three days. All the kids, and I was part of them, were begging for hats made of paper or for some sweets, the ultimate being able to get an insect spray advertising cap, thrown from a van on the roof of which was a huge dung fly.

On this particular morning, a man was also begging. He was sitting on the ground, ten meters away from the RER entrance. Between his folded legs was a piece of cardboard on which you could read a summary of his precarious situation and of his immediate need. Everyone knows one of them. The manna from heaven was for him. In front of the cardboard, loads of muesli, given by the travelers, with no manner, in the style of the Auvergnat. I don't know if one day it is possible to hear him sing, but I hope this has warmed his heart.

mardi 31 mai 2005

Il s'appelait Pascal

Nous nous sommes connu sur un quai de gare. A force de prendre le même bus et le même train aux mêmes heures, à force de se dire bonjour de loin pour finalement se faire présenter par un ami commun, il est normal qu'une amitié se soit développée entre nous. Au début on commence à parler de la pluie et du beau temps, du trajet, des combines pour grignoter quelques minutes sur ce trajet. Puis vient le temps du boulot, des tracas quotidiens, des enfants et avec eux le cortège de joies, de peines et de difficultés. On se rend alors compte qu'en plus de la situation familiale, on a pas mal d'autres points communs. Quelques divergences de vue aussi, et de tempérament à mettre peut-être sur le compte de la différence d'âge ou de l'environnement dans lequel chacun s'est développé, bien qu'il semble qu'on ait reçu le même genre d'éducation.

Du coup on commence à s'échanger des conseils, chacun profitant des expériences de l'autre, dans des domaines aussi variés que les relations dans le travail, le jardinage, le bricolage, l'éducation des enfants... On compare nos jeunesses respectives, lui pas loin des volcans, moi au bord de la mer. Bref des discussions et des échanges sans arrières pensées qui font que le temps semble moins long, que les difficultés moins dures à affronter.

Tout cela je l'ai vraiment apprécié, en particulier au moment où justement j'ai eu à faire face à quelques "soucis". J'ai pu compter sur lui, comme l'auvergnat de la chanson dont je vous parlerai bientôt. Nous étions alors quelques uns à former un groupe.

Il nous a quitté brusquement. Au cours d'un week-end. Sans prévenir. Il avait à peine plus de 50 ans, était marié et avait trois enfants. Encore jeunes. A l'époque j'avais écrit à son épouse que je connaissais peu, si ce n'est au travers de ce qu'il avait bien voulu me dire, pour lui faire part, en plus de mon souhait de la voir surmonter sa douleur, de ma tristesse et lui dire avec mes mots ce que nous avions vécu ensemble et ce que je conserverai en mémoire. Plus tard je fus touché, sans le dire à qui que ce soit, lorsqu'à l'enterrement le prêtre reprit quelques unes des expressions de ma lettre. Maintenant je peux l'écrire.

lundi 30 mai 2005

Confidence pour confidence…

Cela fait maintenant plusieurs mois que ce blog existe. C'est pour moi un moyen de vous faire partager des émotions, des sentiments, des moments, bons ou mauvais, que je vis au quotidien (dans les transports en commun). Un moyen également pour moi de faire passer mon humeur, surtout quand elle est mauvaise. Des lecteurs y passent plus ou moins régulièrement, plus ou moins souvent, laissant parfois un commentaire ou une remarque. J'en retrouve parfois des traces à travers la lecture d'autres blogs. Des proches du cercle rapproché des amis me demandent de quoi traiteront les prochains sujets.

Dans une certaine mesure on écrit pour soi, un peu pour les autres aussi. On peut ainsi écrire des mots a priori anodins pour le plus grand nombre, mais destinés à une unique personne qui seule sera capable d'en comprendre le sens (à condition qu'elle lise bien sûr). J'aime savoir que cette personne que je connais puisse se dire en lisant ce blog : « Tiens, ça c'est pour moi ! » ou encore « Tiens, il pense à moi en écrivant ça ». Un peu comme un message qu'on enferme dans une bouteille et qu'on jette à la mer, sans savoir ce qui lui adviendra, mais dont on espère qu'il voyagera loin, au gré du courant pour être trouvé et lu à l'autre bout du monde. Même chose pour ces ballons multicolores qu'on lâche par dizaines, chacun emportant avec lui une étiquette qu'on souhaite voir revenir par la poste. On se plait à rêver.

Dans le cas du blog, c'est gratuit. On se fait plaisir et on peut faire plaisir à quelqu'un. Il n'y a qu'à lire les compliments laissés par endroits (je ne parle pas de mon blog ! ). C'est souvent mérité. Aussi me posé-je la question de savoir si je dois par exemple faire un post sur les personnes avec lesquelles je voyage et avec qui je parle régulièrement. Je sais que certaines me lisent. Pas toutes. Je ne dis pas non, mais pour l'instant je me contenterai de ces private jokes. A une exception près, car il y a toujours des exceptions. Cette exception s'appelle Pascal.

ENGLISH VERSION

Since we are speaking frankly…

It's been several months since this blog exists. For me it is a way to share my emotions with you, my feelings, some good or bad moments I have (in the public transportation). It is also a mean for me to vent my temper, especially when it becomes bad. Some readers come on a regular basis, more or less often, letting a comment or a remark. I can sometimes find a track through what I am reading on other blogs. Some close relations belonging to my friends' circle ask me what will be the next issues.

To a certain extent one's writing for oneself and a bit to please the others too. It is possible to write insignificant things for the great majority of readers, but that can be understood only by one unique reader (if only the post is read of course). I like to know that this person I know may say while reading this blog : "Hey, this is for me !", or "Hey, for sure he is thinking about me when he writes this !".It looks like a message in a bottle. You give it to the ocean without knowing what will come of it, but at the same time we hope that it will travel far away, to be read on the other side of the world. As well for the multicolored balloons that are released, each one of them carrying a label you would like to find one day in your letter box. Everyone is allowed to dream.

With a blog, it is free. You can please yourself or please someone. The only thing you have to do is to read the comments let by readers (I am not speaking about my blog !). They often deserve it. So I ask myself whether or not I have to issue a post about the person I am traveling with and to whom I can speak on a regular basis. I know that some of them are reading my blog. Not all of them. I don't say I won't do it, but for the time being I prefer to concentrate on these private jokes. With one exception, because there are always some exceptions. This exception is called Pascal.