samedi 18 juin 2005
vendredi 17 juin 2005
iPod Generation
Petit coup d’œil circulaire à l’environnement dans lequel je me trouve. Les lectures refleurissent. Livres de poche, magazines, journaux, bandes dessinées. Il faut également constater que les adeptes du lecteur MP3 sont de plus en plus nombreux et de plus en plus équipés. A noter l’apparition de casques de plus en plus monstrueux. Fini les oreillettes discrètes. Maintenant on coiffe le casque de salon, même dans le train. Au moins les voisins ne s’en prennent-ils plus plein les oreilles.
Ils sont de toutes les couleurs, de toutes les formes, de toutes tailles avec ou sans écran de contrôle. Je veux parler des successeurs des walkmans et autres discmans avec ou sans radio, les iPod et autres lecteurs de fichiers de type MP3 ou AIFF. Ou comment emporter avec soi sa collection complète de cd audio.
Il y a eu l’époque des tous premiers téléphones mobiles, avec en particulier le Bibop que les propriétaires arboraient fièrement. Il fallait rester à proximité des bornes et on ne pouvait qu’être appelé je crois. A l’arrivée des premiers GSM beaucoup ont critiqué cet appareil superflu qu’une minorité affichait également de façon ostentatoire. Maintenant qui n’a pas de GSM ?
Les propriétaires de lecteurs MP3 sont-ils plus discrets ? On ne voit en général que dépasser les écouteurs. Le contexte actuel y est certainement pour quelque chose. La peur de se le faire dérober j’imagine. Les seules fois où ils sortent des poches ou des sacs à main, c’est pour changer de morceau ou régler le volume sonore. En fait certains préfèrent le porter autour du cou, à côté du GSM…
Il va falloir envisager d’y passer. Les conversations de mes voisins ou voisines ne m’intéressent pas toujours et cela devrait couvrir le bruit de fond. Et quand je dis ça, j’ai ma petite idée.
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Maurice
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jeudi 16 juin 2005
Voyage au centre de la terre
Une fois n’est pas coutume, il faut que je vous fasse part d’un incident que j’ai vécu l’autre jour. Quand je dis incident, ne vous alarmez pas ! Si j’en parle c’est qu’en fait il s’agit en fait d’un événement qui ne m’était encore jamais arrivé !
Cela s’est passé dans les couloirs, entre le RER E et le RER A. Ceux qui empruntent ce couloir ont pu noter que par endroits on se croirait dans une grotte, pour ne pas dire dans les égouts. De l’eau suinte de tous les murs et remplit les rigoles qui les longent. Rien à voir avec l’eau calcaire que vous avez peut-être déjà pu voir couler goutte à goutte en visitant une grotte. Vu la couleur il n’y a probablement pas que du calcaire qui s’écoule des multiples fentes. Des stalactites se forment parfois sur le haut de la voûte. Des câbles apparents servent de gouttière. Bref c’est la désolation…
J’imagine qu’à force de couler sur ces câbles l’eau a fini par provoquer un court-circuit et fait griller quelque chose. Ce matin là donc, dans le couloir il n’y avait plus de lumière. Les voyageurs devaient avancer vers un escalier descendant plongé dans l’obscurité totale et marcher encore quelques mètres avant de retrouver la lumière salvatrice. Pas question de se guider en mettant la main sur le mur tant il est répugnant... Pas rassurant du tout ! Vous avez beau vous dire que les marches ont toutes la même hauteur, même si vous avez fait le trajet des dizaines de fois avec la lumière, une fois plongé dans le noir, vous êtes complètement perdu. J’espère que personne ne s’est explosé dans cet escalier.
Du coup je repense à un restaurant, à Paris du côté des Halles je crois, où tout se passe dans l’obscurité totale. Le service est assuré par des aveugles (pardon des non voyants) et pendant le repas vous n’avez donc aucun repère visuel. Pratique pour bouffer dans l’assiette de son voisin ou finir son verre dans qu’il s’en rende compte ! Je laisse ça aux autres.
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mercredi 15 juin 2005
Etude de comportement
Afin de me rendre à la gare la plus proche de mon domicile, je dois emprunter le bus. Pour ceux qui ne le sauraient pas, c’est aussi un bon poste d’observation dans lequel il est possible d’étudier à loisir les attitudes de certains spécimens. Il faut bien sûr savoir rester discret afin de ne pas les effaroucher ou d’avoir une influence quelconque sur leur comportement. C’est ainsi qu’il m’est possible d’observer d‘étranges rituels. Toujours les mêmes, avec les mêmes personnes et aux mêmes heures.
Il y a quelques années j’avais lu d’un regard amusé le résultat d’une étude menée par un scientifique. Les conditions de l’analyse étaient exactement les mêmes que celles qu’on doit respecter pour pouvoir étudier des animaux sans influencer sur leur comportement, de manière à ce qu’ils restent naturels. De plus pour que le résultat soit valide il fallait que cette étude soit faite sur plusieurs jours, aux mêmes heures, en occupant le même poste d’observation. L’objet de cette étude était le comportement des vacanciers sur une plage en été.
Selon qu’on y venait en couple, avec ou sans enfants, ou bien seul, les comportements étaient invariables, que ce soit pour l’heure ou l’ordre d’arrivée sur la plage, pour le choix de l’emplacement (au bord de l’eau, en retrait, à côté d’un accès à la plage…), mais aussi pour l’installation. Les rituels étaient immuables, que ce soit le mâle dominant qui s’occupait du plantage du parasol et du gonflage des différentes accessoires, ou de la femelle qui tartinait les petits de crème protectrice… Les horaires étaient importants également, tout comme les activités (jeux, lecture, sieste, drague, châteaux de sable…).
Si mon analyse n’a rien de scientifique elle m’a tout de même permis de constater certaines choses. Ainsi à un arrêt d’autobus où attendent chaque jour à la même heure la même douzaine de personnes depuis des années, des groupes de 3 ou 4 personnes se sont constitués. Et ce n’est qu’une fois montées dans le bus que certaines personnes de certains groupes finissent par dire bonjour à d’autres alors qu’elles auraient eu tout le loisir de le faire avant d’entrer dans le bus…
Je n’échappe pas à la règle, mis à part le fait que je salue tous les matins mes camarades d’arrêt de bus même si j’ai remarqué que certains me le rendent de mauvais gré. Et comme tout le monde j’irai m’asseoir sensiblement à la même place.
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mardi 14 juin 2005
Voyage en RER C
Le choc car un train entre en gare à ce moment là ! Et il est gigantesque ! Enorme ! Immédiatement je cherche à comprendre pourquoi j’ai cette impression. Il me faudra peu de temps pour réaliser qu’en fait le quai est beaucoup plus bas que d’habitude par rapport au train et qu’il faudra lever la jambe pour y monter. Par ailleurs, le plafond de la gare est plus bas que les gares que je fréquente en semaine. De plus le quai n’est pas très large. Je me rends alors compte qu’en temps normal je prends le train soit à l’air libre, soit dans des gares du style « cathédrale » comme à Haussmann-Saint-Lazare ou La Défense. Mon train finit par arriver. Il est à étage et ressemble à ceux qui ont précédé Eole sur l’Est parisien : sièges en skaï, plus de rideaux aux fenêtres, et bien sûr pas de climatisation.
Passée la Bibliothèque François Mitterrand, c’est fou comme le paysage urbain et industriel ressemble à ce que je vois d’ordinaire. Rien ne ressemble plus à la banlieue que la banlieue. Pantin / Choisy-le-Roi même combat. Plus on avance et plus les maisons et les bâtiments sont remplacés par la verdure. A Athis-Mons on longe même carrément la Seine. Juvisy ressemble à une gigantesque gare de triage. Au maximum il doit bien y avoir 40 voies ferrées en parallèle. Sainte-Geneviève-des-Bois c’est la campagne. Les bois sont loin pourtant.
Dehors le soleil brille. La semaine est terminée, même si je n’ai pas encore enfilé la tenue adéquate (banane et gilet multi poches). Plus le train avance, plus il se vide de ses voyageurs. Arrivé à destination je suis le seul dans le wagon. Normal, il est à l’opposé de la sortie de la gare. Les habitués avaient anticipé.
Un coup de fil pour m’assurer que mon comité d’accueil est en place. Je les aperçois. Ils m’attendent à l’ombre des marronniers. Le week-end peut commencer.
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lundi 13 juin 2005
Voyage en RER B
Quelle aventure ! Comme expliqué précédemment, j’ai eu à modifier mon trajet habituel ce qui m’a permis d’emprunter des lignes différentes de celles que j’ai l’habitude de fréquenter dans les transports en commun. En particulier une portion de la ligne B entre Châtelet-les-Halles et Saint-Michel-Notre-Dame.
Vous êtes toujours là ? Bon. On a beau dire qu’on est toujours dans les transports en commun parisiens, dans la même station, à gauche du quai et non plus à droite, et pourtant déjà je ne me sens plus chez moi, ou plutôt en territoire connu. J’ai l’impression que les gens ne sont pas les mêmes. Ce sont tous des usagers pourtant.
Tout a l’air plus sombre, plus triste. Est-ce la couleur des décorations ou la couleur des murs bleu marine ? Même l’intérieur des trains a l’air plus triste. Ca manque de lumière. Je n’ai heureusement qu’un saut de puce à faire, ma prochaine étape (correspondance) étant à Saint-Michel-Notre-Dame.
Un escalier mécanique gigantesque me facilitera le trajet. Arrivé en haut c’est l’accueil des grands jours. Des dizaines de contrôleurs et contrôleuses filtrent les voyageurs à la recherche d’éventuels fraudeurs. Ca râle pas mal à cause des bousculades et des quatre secondes et six centièmes perdus à cette occasion. Un voyageur sûrement plus intelligent que la moyenne constate à voix haute que les jours de grève il n’y a pas tant de monde pour contrôler. Normal banane, ils sont en grève…
Je montre patte blanche comme tout le monde (enfin presque) et je repars. Un nouvel escalier mécanique de plus qui monte et je me retrouve enfin sur le quai du RER C.
Et c’est le choc !
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jeudi 9 juin 2005
Avant que j’m’en aille…
C’est un week-end un peu plus longue la normale qui s’annonce. Vendredi ne sera pas un jour ouvré travaillé pour moi. Par conséquent vous connaissez la règle : pas de travail, pas de post. Il faudra attendre lundi matin (dimanche soir au plus tard) avant de voir quelque chose de nouveau sur ce blog. En attendant je vous demande de bien vouloir prendre votre mal en patience.
Cela dit, ce sera pour moi l’occasion de vivre de nouvelles aventures, dans les transports en commun. En effet, je vais avoir l’occasion de prendre une direction que je n’avais encore jusqu’à présent encore jamais empruntée, et donc voir de nouvelles têtes, de nouvelles rames, de nouveaux paysages, de nouvelles gares. Bref tout ce que Maurice adore !
J’espère du coup pouvoir y puiser suffisamment d’imagination pour être capable d’écrire pour plusieurs jours. J’imagine l’insupportable attente que ce sera pour vous que d’attendre mon retour… Maurice, reviens ! Je vous entends d’ici et ça me peine.
Ma destination ? Le sud de la région parisienne. En l’occurrence Saint-Michel-sur-Orge. C’est un patelin pas très loin de la Francilienne (A 104) où l’on viendra me récupérer en voiture. Mine de rien, plutôt que de repasser par chez moi cela me fera gagner, à cette heure de la journée, plus d’une heure.
Evidemment j ne me séparerai pas de mon calepin et de mon stylo (dont l’encre ne s’écoule pas assez vite), de manière à pouvoir noircir des pages à l’encre bleue. Bon fini de rêvasser, c’est l’heure pour moi d’y aller. A bientôt.
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mercredi 8 juin 2005
Des vertus du blog
Il arrive à tout le monde et à Maurice en particulier de se lever du mauvais pied. En général c'est plutôt les jours où il s’est réveillé reposé. Le lundi matin par exemple je suis trop fatigué pour être de mauvaise humeur. Pourtant je pourrais avoir toutes les raisons de l'être puisque le week-end est terminé et qu'il va falloir aller retrouver ses collègues de travail et son boulot. Il ne manquerait plus que le ciel soit gris et pluvieux (quoique je préfère qu'il pleuve un lundi matin plutôt qu'un samedi matin). Toute réflexion faite ce n’est pas le boulot qui rend le plus de mauvaise humeur… Je viens de démontrer que le blog, ou plutôt l’écriture dans un blog, permet de dédramatiser une situation ou de la relativiser.
Tout à chacun peu donc se réveiller plus ou moins mal luné. Partant de ce principe on peut alors intérioriser et garder pour soi sans rien laisser paraître ou alors carrément se laisser aller. Devant n’importe qui, sans se soucier de l’image forcément négative qu’on risque de laisser transparaître.
Il en fut ainsi d’une jeune fille (femme ?) accompagnant ses parents ce matin dans le train. Pour une raison on ne peut plus importante, elle fait la bougne, et évidemment les remarques faites par son papa, avec raison et dans le registre taquin ne font qu’aggraver la situation. Je ne porterai pas de jugement (négatif) car je sais ce que c’est, ayant une fille encore trop jeune pour m’accompagner à cette heure indue, qui ne verrait également aucune raison de ne pas afficher sa mauvaise humeur lorsqu’elle est de mauvais poil, voire ne comprendrait pas. En plus j’aime taquiner.
Les parents en question savent que je publie régulièrement des articles sur un blog dont ils connaissent le sujet. Peut-être le lisent-ils en ce moment ? Nous voyageons régulièrement ensemble dans le train. C’est ainsi que sur le ton de l’humour, et cela m’a fait sourire, la menace, terrible, est tombée : « Méfie-toi ma fille, Maurice pourrait parler de toi sur son blog ! ». Ce n’est pas tombé dans l’oreille d’un sourd, et ce n’est rien de le dire… C’est maintenant chose faite. Maurice a le plus sérieusement décidé de rendre l’affaire publique et disponible au monde entier.
Oyez, oyez !
Melle Sandra G. a oublié son casse-croûte sur le coin de la table de la cuisine ce matin et ça la rend de super mauvais poil !
Fermez le ban !
ps : les photos de la personne concernée suivent. Elles n'ont bien sûr rien à voir avec ce qui figure ci-dessous !
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mardi 7 juin 2005
Le chevreuil (2)
Cela fait plusieurs semaines que je n’en ai pas parlé, mais il est toujours là. Je l’aperçois de temps en temps. Tout dépend de la place que j’ai pu prendre au départ en montant dans le train, mais aussi de l’heure car j’ai l’impression que le passage se fait à heure fixe.
Ce matin, pour des raisons professionnelles il a fallu que je parte plus tôt que d’habitude. Lever à 5h20 pour attraper un train à Montparnasse vers 8h15. Il n’y aura pas de temps à perdre (On s’en fout complètement Maurice !).
En attendant le chevreuil donc est toujours là. Son pelage est beaucoup plus clair que celui qu’il avait au sortir de l’hiver. Au milieu des hautes herbes bien vertes on peut difficilement le louper, surtout si comme moi vous êtes au premier étage d’un train. Vu d’une hauteur d’homme il y a de fortes chances qu’il passe inaperçu. Tant mieux pour lui.
Est-ce un mâle ou une femelle ? Je me pose toujours la question. Je pense qu’il s’agit plutôt d’une femelle même si je n’y connais pas grand-chose. Ce chevreuil n’a pas de bois (de cors ou de dagues) et encore moins de cornes ! J’ai également l’impression que son ventre est arrondi, ce qui ne veut pas toujours dire grand-chose (il n’y a qu’à regarder autour de soi pour se rendre à l’évidence !). Le train passe trop vite et du coup l’observation en pâtit. Par ailleurs je ne sais pas à quel moment les petits viennent au monde…
Bref c’est un peu un spectacle du style calendrier du facteur (et non plus des Postes) auquel j’ai droit de temps à autres et qui me permet d’oublier qu’il est à peine 7h00 du matin et que la journée s’annonce longue et difficile (ça y est, je comprends maintenant pourquoi au début j’ai dit que je m’étais levé plus tôt que d’habitude !). Journée d’autant plus difficile que j’ai oublié d’emmener ma petite couverture bleue…
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lundi 6 juin 2005
Trotinette
C'est le surnom que nous lui avons donné. Vous ne risquez pas de le confondre, il n'y en a plus qu'un seul. Car à un moment donné il y en a eu deux. De toute manière ils étaient complètement différents de par la forme, l'âge et la couleur. Deux donc à prendre le train avec leur trotinette pliante.
Celui qu'on ne voit plus devait avoir dans les 15-16 ans. (Excusez moi, je n'arrive plus à me relire). Il vouait une certaine adoration à son terrible engin. Au point qu'il l'avait customisée de façon plutôt astucieuse ma foi, et avec peu de moyens. Il avait ainsi rajouté à l'avant, sur le guidon, une lampe de poche tenue avec l'équivalent d'un rouleau de scotch invisible. Il pouvait allumer cette lampe grâce à un interrupteur situé sur la poignée du guidon. Pratique pour faire des appels de phare en roulant, sans lâcher le guidon (chose que je ne vous recommande pas). Les roues quant à elles étaient du genre de celles qui font des étincelles lorsqu'elles tournent. Côté vêtement il avait la panoplie qui va avec, à savoir la casquette Burberry's vissée sur le côté, un énorme diamant à chaque oreille et le maillot jaune et vert d'un footballeur célèbre. Le temps qu'il restait dans le train, il le passait à faire la révision complète des 10.000 km. Attendrissant
Trotinette lui est toujours là. Imperturbable. Il vient parfois, mais c'est rare, accompagné de Madame Trotinette. Le couple d'enfer. Lui ressemble au fruit de l'amour défendu entre le Capitaine Haddock et de Indiana Jones. Lorsqu'il débarque, c'est toujours avec sa trotinette sur l'épaule et son chapeau d'Aventurier de l'Arche Perdue sur la tête, été comme hiver. Cela dit je ne l'ai jamais vu à l'oeuvre car il descend toujours deux stations avant moi.
J'en ai vu d'autres par contre, sur le parvis de La Défense, me dépasser et me semer avant que je ne les rattrape, occupés qu'ils étaient à replier leur matériel avant de rentrer dans le bâtiment dans lequel je travaille. Sans parler d'un collègue qui un jour s'est pris un beau gadin par un beau matin ! C'était l'époque où les dalles du parvis étaient brinqueballantes. Il n'avait pas remarqué qu'à son passage une dalle s'était légèrement enfoncée pour faire une marche. La trotinette est restée sur place et lui a fait un soleil par dessus. Il a laissé les genoux d'un costume et s'est fait une entorse du poignet. Terminé la trotinette !
ps : après des mois d'observation, force est de constater que l'utilisation prolongée et quotidienne de la trotinette n'a aucun effet bénéfique sur la bedaine.
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vendredi 3 juin 2005
Love story
L'après-midi de nos deux transiliens touchait enfin à sa fin et le MacDo était loin maintenant.
Comme toutes les meilleures choses, les pires ont aussi une fin. C'est le moment des adieux.
Contre mauvaise fortune la transilienne se sentit obligée de faire bon coeur.
Elle avait quand même fait le déplacement, mais la transilienne jura, un peu tard, qu'on ne l'y reprendrait plus.
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jeudi 2 juin 2005
Le coup du parapluie
S'il est une chose que je déteste, c'est d'avoir à attendre le bus et prendre le train lorsqu'il pleut. Cela me rend d'humeur maussade. Comme le temps. De plus je ne suis pas franchement équipé pour le mauvais temps. Sur une journée de plus de 12 heures, entre le moment où je quitte la maison et y reviens, je passerai tout au plus entre 15 et 20 minutes à l'extérieur. Suffisamment pour ne pas être suréquipé. Largement suffisant pour être complètement trempé.
Devoir s'abriter sous un minuscule parapluie qui grâce à sa taille loge tout au long de l'année au fond de ma sacoche. Le pauvre est dans un triste état d'ailleurs. Le dernier en date vient d'une journée passée à San Sebastian, au Pays Basque. Les paysages là-bas sont bien verts. Pour ça pas de secret, il faut de l'eau. Et ce jour là de l'eau il en est tombé. Il a jusqu'à présent résisté aux tornades qui se déchaînent souvent à La Défense, mais à quel prix ! Sa housse est décousue (au moins celle-ci je ne l'ai pas perdue). Il est lui-même complètement tordu et pour l'ouvrir il faut un peu le forcer. Le ressort qui sert à le maintenir ouvert est fatigué car il a mal vieilli. Il faut donc s'y prendre à plusieurs reprises pour réussir à le tenir ouvert. Pas très pratique lorsqu'il se met à pleuvoir et qu'une de vos mains est occupée à porter une sacoche par exemple. Tous ces efforts seront ruinés à la moindre bourrasque. Pourquoi ne pas en changer ? J'y suis attaché. Tout simplement.
Evidemment il ne s'agit pas de passer une journée complète sous le déluge. Donc il remplit bien sa fonction, même si en cas de forte pluie, avec un peu de vent, si la tête et les épaules sont protégées, il n'en sera pas de même pour le bas du corps. Enfin, il faudra savoir quoi faire de cette loque dégoulinante en attendant de trouver un endroit où la faire sécher avant quelle ne réintègre le fond de ma sacoche, jusqu'à la prochaine averse.
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Maurice
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mercredi 1 juin 2005
La manne
Cette référence à un miracle biblique m'est venue à l'esprit un matin de la semaine dernière. A la sortie du RER, sur le parvis de La Défense, de souriantes jeunes filles en uniforme et équipées d'un grand panier en osier, distribuaient des friandises aux voyageurs pressés. Le succès était évidemment au rendez-vous. A partir du moment où c'est gratuit… Elles avaient beaucoup plus de succès que leurs consoeurs mais néanmoins amies qui distribuaient des prospectus annonçant un prochain festival de jazz.
Donc ce matin-là c'était la distribution gratuite pour chacun d'une barre-de-céréales-au-blé-complet-et-chocolat-riche-en-huit-vitamines-calcium-et-fer, d'un groupe agro-alimentaire helvète et d'une marque dont le nom vous garantit une silhouette de rêve. Pour résumer vous mangez du sucre et du chocolat en vous donnant bonne conscience. En fait pas que des céréales et du chocolat si vous lisez en détail la liste des ingrédients. Car même si cela ne rentre pas dans la composition, vous pourrez y trouver des traces d'arachide, amandes et autres noix et d'œufs. Comment est-ce possible ? Ils n'ont pas nettoyé la presse et la marmite ?
Bref c'est le succès total. Les cartons vides témoignent de l'ampleur de la distribution. Ceci n'est pas sans me rappeler la caravane qui précédait les courses cyclistes, en particulier celle qui dure quatre et non pas trois jours. Tous les gamins, dont j'étais, tendaient les mains en espérant attraper un chapeau en papier, des bonbons, le nec plus ultra étant la casquette publicitaire d'une marque d'insecticide, lancée d'une camionnette sur le toit de laquelle était posée une mouche gigantesque.
Ce matin-là donc il y avait aussi un homme qui tendait lui aussi la main. Il était assis par terre, dix mètres plus loin environ. Entre ses jambes croisées trônait un morceau de carton sur lequel on pouvait lire un résumé de quelques mots de sa situation précaire et de son besoin immédiat. Tout le monde en connaît un. La manne ce matin a été pour lui. Devant le carton un tas de plusieurs dizaines de ces barres chocolatées que bon nombre de voyageurs lui avaient donné, sans façon, à la manière de l'auvergnat. Je ne sais pas si on l'entendra un jour chanter mais je souhaite que cela lui ait réchauffé le cœur.
ENGLISH VERSION
The manna from heaven
This biblical reference sprung to my mind one morning, last week. At the RER entrance, on the "parvis de La Défense", several smiling young ladies wearing a uniform and equipped with a wicker basket, were distributing sweets to hurried travelers. Success was of course there. When something is given for free… They had more success than their fellow colleagues, but friends nevertheless, who were distributing leaflets for a coming jazz festival.
So this morning was dedicated to a free distribution of muesli-made-of-complete-corn-and-chocolate-with-eight-vitamins-calcium-and-iron, made by a well known Swiss company and of a trade with a name that assures you with a hourglass figure. So you can eat chocolate and sugar and keep your clear conscience. In fact when you read attentively the list of ingredients, you will notice that you there is not only cereals and chocolate. Even if they don't go into the muesli, it is possible that you find tracks of peanuts, almonds and other nuts and eggs. How is it possible ? Did they forget to clean the mixer or the pot ?
Anyway it is a full success. Empty cardboard boxes are testifying of the fullness of the distribution. I can't help thinking about the publicity caravan that was coming prior to a well known cycle race, specially the one that last four and not three days. All the kids, and I was part of them, were begging for hats made of paper or for some sweets, the ultimate being able to get an insect spray advertising cap, thrown from a van on the roof of which was a huge dung fly.
On this particular morning, a man was also begging. He was sitting on the ground, ten meters away from the RER entrance. Between his folded legs was a piece of cardboard on which you could read a summary of his precarious situation and of his immediate need. Everyone knows one of them. The manna from heaven was for him. In front of the cardboard, loads of muesli, given by the travelers, with no manner, in the style of the Auvergnat. I don't know if one day it is possible to hear him sing, but I hope this has warmed his heart.
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mardi 31 mai 2005
Il s'appelait Pascal
Nous nous sommes connu sur un quai de gare. A force de prendre le même bus et le même train aux mêmes heures, à force de se dire bonjour de loin pour finalement se faire présenter par un ami commun, il est normal qu'une amitié se soit développée entre nous. Au début on commence à parler de la pluie et du beau temps, du trajet, des combines pour grignoter quelques minutes sur ce trajet. Puis vient le temps du boulot, des tracas quotidiens, des enfants et avec eux le cortège de joies, de peines et de difficultés. On se rend alors compte qu'en plus de la situation familiale, on a pas mal d'autres points communs. Quelques divergences de vue aussi, et de tempérament à mettre peut-être sur le compte de la différence d'âge ou de l'environnement dans lequel chacun s'est développé, bien qu'il semble qu'on ait reçu le même genre d'éducation.
Du coup on commence à s'échanger des conseils, chacun profitant des expériences de l'autre, dans des domaines aussi variés que les relations dans le travail, le jardinage, le bricolage, l'éducation des enfants... On compare nos jeunesses respectives, lui pas loin des volcans, moi au bord de la mer. Bref des discussions et des échanges sans arrières pensées qui font que le temps semble moins long, que les difficultés moins dures à affronter.
Tout cela je l'ai vraiment apprécié, en particulier au moment où justement j'ai eu à faire face à quelques "soucis". J'ai pu compter sur lui, comme l'auvergnat de la chanson dont je vous parlerai bientôt. Nous étions alors quelques uns à former un groupe.
Il nous a quitté brusquement. Au cours d'un week-end. Sans prévenir. Il avait à peine plus de 50 ans, était marié et avait trois enfants. Encore jeunes. A l'époque j'avais écrit à son épouse que je connaissais peu, si ce n'est au travers de ce qu'il avait bien voulu me dire, pour lui faire part, en plus de mon souhait de la voir surmonter sa douleur, de ma tristesse et lui dire avec mes mots ce que nous avions vécu ensemble et ce que je conserverai en mémoire. Plus tard je fus touché, sans le dire à qui que ce soit, lorsqu'à l'enterrement le prêtre reprit quelques unes des expressions de ma lettre. Maintenant je peux l'écrire.
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lundi 30 mai 2005
Confidence pour confidence…
Cela fait maintenant plusieurs mois que ce blog existe. C'est pour moi un moyen de vous faire partager des émotions, des sentiments, des moments, bons ou mauvais, que je vis au quotidien (dans les transports en commun). Un moyen également pour moi de faire passer mon humeur, surtout quand elle est mauvaise. Des lecteurs y passent plus ou moins régulièrement, plus ou moins souvent, laissant parfois un commentaire ou une remarque. J'en retrouve parfois des traces à travers la lecture d'autres blogs. Des proches du cercle rapproché des amis me demandent de quoi traiteront les prochains sujets.
Dans une certaine mesure on écrit pour soi, un peu pour les autres aussi. On peut ainsi écrire des mots a priori anodins pour le plus grand nombre, mais destinés à une unique personne qui seule sera capable d'en comprendre le sens (à condition qu'elle lise bien sûr). J'aime savoir que cette personne que je connais puisse se dire en lisant ce blog : « Tiens, ça c'est pour moi ! » ou encore « Tiens, il pense à moi en écrivant ça ». Un peu comme un message qu'on enferme dans une bouteille et qu'on jette à la mer, sans savoir ce qui lui adviendra, mais dont on espère qu'il voyagera loin, au gré du courant pour être trouvé et lu à l'autre bout du monde. Même chose pour ces ballons multicolores qu'on lâche par dizaines, chacun emportant avec lui une étiquette qu'on souhaite voir revenir par la poste. On se plait à rêver.
Dans le cas du blog, c'est gratuit. On se fait plaisir et on peut faire plaisir à quelqu'un. Il n'y a qu'à lire les compliments laissés par endroits (je ne parle pas de mon blog ! ). C'est souvent mérité. Aussi me posé-je la question de savoir si je dois par exemple faire un post sur les personnes avec lesquelles je voyage et avec qui je parle régulièrement. Je sais que certaines me lisent. Pas toutes. Je ne dis pas non, mais pour l'instant je me contenterai de ces private jokes. A une exception près, car il y a toujours des exceptions. Cette exception s'appelle Pascal.
ENGLISH VERSION
Since we are speaking frankly…
It's been several months since this blog exists. For me it is a way to share my emotions with you, my feelings, some good or bad moments I have (in the public transportation). It is also a mean for me to vent my temper, especially when it becomes bad. Some readers come on a regular basis, more or less often, letting a comment or a remark. I can sometimes find a track through what I am reading on other blogs. Some close relations belonging to my friends' circle ask me what will be the next issues.
To a certain extent one's writing for oneself and a bit to please the others too. It is possible to write insignificant things for the great majority of readers, but that can be understood only by one unique reader (if only the post is read of course). I like to know that this person I know may say while reading this blog : "Hey, this is for me !", or "Hey, for sure he is thinking about me when he writes this !".It looks like a message in a bottle. You give it to the ocean without knowing what will come of it, but at the same time we hope that it will travel far away, to be read on the other side of the world. As well for the multicolored balloons that are released, each one of them carrying a label you would like to find one day in your letter box. Everyone is allowed to dream.
With a blog, it is free. You can please yourself or please someone. The only thing you have to do is to read the comments let by readers (I am not speaking about my blog !). They often deserve it. So I ask myself whether or not I have to issue a post about the person I am traveling with and to whom I can speak on a regular basis. I know that some of them are reading my blog. Not all of them. I don't say I won't do it, but for the time being I prefer to concentrate on these private jokes. With one exception, because there are always some exceptions. This exception is called Pascal.
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samedi 28 mai 2005
En attendant lundi
Vous ne savez pas quoi faire ce week end? Peu importe votre niveau en anglais. Si vous avez quelques minutes, allez faire un tour par là
Enfin, avant d'aller voter, je vous laisse réfléchir à ce nouveau "projet" qui en fait rêver quelques uns...
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vendredi 27 mai 2005
Le 5ème élément : l'amour
Pour ceux qui ont vu le film et tant pis pour les autres, le 5ème élément qui permet une fois de plus à Bruce Willis de sauver notre planète de la désintégration, c'est l'amour. Y a-t-il de l'amour dans les transports en commun ? Possible. Sûrement. Cela dit, lorsqu'on évoque les transports en commun, ce n'est pas à l'amour qu'on pense en premier nécessairement. Ni en deuxième, ni en troisième d'ailleurs…
Sauf à parler des avions (autre moyen de transport en commun) et de son fameux "Mile-High Club » qui en fait fantasmer plus d'un, on peut aussi citer le récent et moins connu « Mile-Deep Club » pour les usagers du Tunnel sous la Manche (et pas pour ce que vous pensez !). On fantasme plus sur les toilettes ou les sièges inclinables d'un avion de ligne que sur ceux des trains (de lignes aussi). Faire l'amour dans les toilettes d'un avion à 50.000 pieds au dessus de l'Océan Indien et à destination de l'Ile Maurice est certainement plus bandant que dans le Paris - Remiremont, avec toute la poésie qui va avec ! En ce qui concerne la faisabilité, depuis le tragique 11 septembre, les choses ont cependant changé. L'avantage devrait revenir du côté du train.
D'autres que moi y ont réfléchi. A force de se regarder les uns les autres, ou d'observer les autres, on finit toujours par laisser aller son imagination. J'en veux pour preuve cette analyse faite par une femme (Anne Roumanoff pour ne pas la citer), qui constate que « si dans les avions les stewards sont souvent beaux mais homo, dans les trains les contrôleurs ne sont pas très beaux mais toujours hétéro.... ». Sur les uns elle a posé le regard et laissé aller son imagination. Les autres ont posé le regard sur elle et lui ont fait part de leur imagination.
Tout cela bien sûr est extrême. Il ne s'adresse pas au commun des mortels que nous sommes et pour qui l'amour dans les transports en commun s'exprime plutôt à grands coups d'ignorance ou d'indifférence et de mépris… Avec parfois une éclaircie sous la forme d'un croisement de regards ou d'un sourire à peine ébauché. Et il y a quelques yeux dans lesquels on pourrait facilement se noyer…
Quel est le nombre d'idylles nées d'une rencontre dans les trains de banlieue où il n'est pas possible d'avoir la moindre intimité ? S'il s'avère qu'il est possible de bâtir le début d'une relation, alors on peut sauver le monde.
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jeudi 26 mai 2005
Le 5ème élément : la terre
C'était jusqu'ici assez facile d'associer le feu, l'air et l'eau avec des éléments qu'on trouve dans les transports en commun, respectivement la chaleur, les odeurs et la transpiration. Pour le quatrième élément de la série, la terre, j'utiliserai une des forces que nous subissons en permanence sur notre planète Terre, plus ou moins selon qu'on habite au niveau de la mer ou en altitude, ou selon les caprices de la météo. Nous y voilà ! Vous l'avez compris, j'ai pensé à la pression. Pas celle que je peux m'offrir en demi après une grosse chaleur, bande d'ivrognes ! Je parle de la force physique qui s'exerce sur nos épaules. Dans les trains surchargés on ressent une certaine forme de pression, pas seulement au niveau des épaules. Cette pression peut être terrible par moment. Elle variera selon l'affluence des voyageurs.
Lorsque le train est bondé, tout le monde ne peut pas s'agripper à une barre ou à un objet solidement fixé, comme une poignée de porte ou un dossier de banquette. Ainsi les gens se tiennent et se maintiennent les uns les autres. Lors d'un démarrage en douceur ou lorsque le train roule, même à pleine vitesse, de façon régulière, il n'y a pas de problème particulier, mis à part le fait qu'on est « un peu » serré. La masse compacte de voyageurs va se déplacer d'un bloc et corrigera d'elle-même son mouvement, ceux qui peuvent se tenir retenant plus ou moins les autres.
Par contre, en cas de coup de frein brutal, même les plus costauds ne pourront retenir le déplacement de tous ces corps. La force d'inertie est monstrueuse. Malheur à ceux qui sont entre une paroi et la masse des voyageurs ! Ils devront attendre la fin du freinage pour être soulagés. De même si le freinage brutal est suivi immédiatement d'un redémarrage tout aussi soudain. L'effet de déplacement de la foule sera amplifié par le mouvement de reprise d'équilibre qu'elle avait entamé par réflexe lors du freinage. C'est ce qu'on appelle se faire prendre à contre-pied. Quand on est seul, ça passe, à plusieurs dizaines dans un espace clos, ça fait des dégâts (note pour les connoîsseurs : imaginez le rigodon final de la bande des pêcheurs dans une rame de RER). Et dans ces cas là, si vous avez le loisir d'observer les grimaces des autres voyageurs, ne vous privez pas du spectacle !
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mercredi 25 mai 2005
Le 5ème élément : l’eau
L’eau, symbole de la vie par excellence, dont nous sommes composés en grande partie… C’est l’objet de ce troisième épisode, après le feu et l’air. Car de l’eau on en trouve aussi dans les transports en commun. L’eau dont je vais vous parler est de celle qui se rappelle à notre bon souvenir lorsque les événements ou l’environnement dans lequel nous évoluons tendent à nous la faire rendre. En d’autres termes, lorsque nous transpirons.
En 2003, année de la fameuse canicule qui a permis à certains de venir travailler le lundi de Pentecôte, des températures extrêmes ont été atteintes dans les trains. A voir l’état de liquéfaction avancée de nombreux voyageurs à ce moment là, j’imagine les hectolitres de sueur qui ont transpiré de milliards de pores pour finalement s’évaporer sans procurer la moindre sensation de fraîcheur.
Généralement, quand on évoque l’eau ou lorsqu’on pense à de l’eau, on a plutôt tendance à l’imaginer fraîche, limpide, pure et claire. On peut éventuellement penser à celle tiède dans laquelle on se plonge voluptueusement l’heure du bain venue. Et bien sûr, en cas de grosse chaleur, à la fraîcheur de celle qui nous permettra de supporter ce moment pas toujours agréable.
En attendant, celle que nous dégorgeons dans le RER lors des grosses chaleurs a plutôt le goût salé de grandes dégoulinades tiédasses qui détrempent les vêtements. On n’ignore plus rien alors des dessous de bras de nos congénères, des sous-vêtements féminins qui font office de gouttières, des chemises ou T-shirts détrempés dans le dos. Les gros en particulier ne sont pas à la fête. Dans ces conditions, mieux vaut éviter de se frotter à son voisin…
A l’inverse, en hiver, les voitures étant chauffées (il arrive en été qu’elles le soit aussi et qu’en hiver elles ne le soient pas, mais bon…), l’eau ramenée dans les voitures les jours de pluie couvrira de buée toutes les fenêtres. Et je ne parle pas des voitures ayant stationné sous la pluie toute la nuit avec les fenêtres grandes ouvertes !
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Le 5ème élément : l'air
L'air respiré dans les trains en sous-sol est-il encore de l'air? En tous les cas il n'a rien à voir avec celui que je respire chez moi à l'orée d'une forêt ou bien que j'ai pu respirer à la montagne ou au bord de le Mer du Nord. Cet air a déjà été respiré par des milliers de personnes, a été empoussiéré par le déplacement des rames et il a été aussi bien parfumé par les trains (huile de graissage, odeur de caoutchouc brûlé, moteur électrique surchauffé, plaquettes de freins rougies...), que par les quelques "restaurants" en sous-sol (style graillon de fast food made in the USA, fromage brûlé des croque-monsieurs), sans oublier l'effluve plus ou moins subtile laissée par chacun d'entre nous. Et dans ce domaine on a parfois affaire à des champions.
J'ai également un problème. Je suis sensible aux odeurs. En fait j'ai un nez et je détecte trop facilement la moindre odeur, donc forcément les petites et les mauvaises. Et pour celles-ci, je ne dirai pas que je ne les supporte pas car elles ne me rendent pas malade, mais je les trouve désagréables. Je suis moins incommodé par l'odeur d'un lapin ou un faisan tué à la chasse la veille et que je vais vider, que par l'odeur au petit matin d'un voisin qui pue le tabac froid.
Dès le matin ça m'agresse. Et ils sont encore nombreux malgré la chute sensible du nombre de fumeurs en France. Leurs cheveux, leurs vêtements, leur peau... tout est imprégné de cette odeur. A croire qu'ils ont passé la nuit dans un cendrier plein et du coup j'imagine qu'ils ont des mégots plein les poches.
Un autre exemple ? Certains parfums féminins et eaux de toilette masculines. Dans ce domaine comme dans beaucoup d'autres, trop c'est trop, le mieux est l'ennemi du bien, etc. Des banalités me direz vous. Pourtant certaines fragrances sont parfois écoeurantes. Comment expliquer chez vous le soir en rentrant que vous étiez scotché dans le train à une femme s'étant déversé la moitié d'un flacon de Shalimar avant qu'elle ne quitte le bureau. Ne semblerez-vous pas suspect? N'éveillerez-vous pas les soupçons?
Enfin, sans pour autant vouloir lister de façon exhaustive les différents parfums sentis dans ces lieux, une mention toute particulière à ceux qui ne savent pas dans quel rayon trouver du déodorant et à ceux qui de façon furtive, et dans l'anonymat de la foule, vous lâchent une caisse discrète mais franchement nauséabonde et persistante.
ENGLISH VERSION
Is the air you are breathing in the RER still air ? Anyway it has nothing to see with the one I can breathe at home, at the edge of a forest or the one I could breathe in the mountains or along the North See. This air has been already breathed by thousands of persons, was covered with dust by the moving of trains and has been also perfumed by the trains (lubricating oil, burned rubber smelling, overheated engines or break pads...), and by the so called underground "restaurants" (burn fat style produced by USA made fast foods, burned cheese coming from "Croque-Monsieurs"), and I should not forget to mention the more or less subtle effluvium let by each one of us. In some cases you can face real champions from time to time.
I also have a problem. I am sensitive to smells. In fact (like everyone), I have a nose and I can easily detect the least of the smells, by the way small ones and bad ones. And for those ones, I won't say I can't support them because I am not sick, but I really think they are unpleasant. I am less bothered by the smell of a dead rabbit or pheasant killed during a hunting the day before when I have to clean out them, than by the smell of stale cigarette smoke in the early morning.
In the early morning I feel like if I were attacked. And they are numerous even with the recent and important decrease in the number of smokers. Their hair, their clothes, their skin… everything is impregnated with this smell. It looks like they spent their night in an ashtray and then I can imagine them with their pockets full of cigarettes butts.
Another example ? Some feminine perfumes or male after-shaves. In this area like in many others, too much is too much and it’s better to leave well alone. You think it’s a common place? Some fragrances are sometimes disgusting. How will you explain the feminine smell on your suit, tonight when you are back home ? By saying you were stuck in the train to a woman who had poured onto her half a bottle of Shalimar before leaving her office ? For sure you will look suspicious !
As a conclusion, without trying to list all the smell you could smell in the train, I have a special award to those persons who don’t know where to buy a deodorant and to those who in a furtive way , taking the advantage of the anonymity of a crowd, are able to release a smelly fart frankly putrid and persistent.
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