vendredi 8 avril 2005

Laissez descendre

Encore un comportement que je voudrais stigmatiser. C'est celui des voyageurs sur le quai qui empêchent ceux qui veulent sortir de voiture d'en descendre, afin d'être le premier à pouvoir monter.

Au moment de l'affluence, les hauts parleurs le répètent sans cesse : « Laissez descendre d'abord ! ». Des autocollants géants ont même été collés par terre dans certaines stations de métro, en face de chaque porte de rame. En trois mouvements on explique schématiquement qu'il faut d'abord laisser descendre avant de monter et ce avant que le signal sonore retentisse pour ne pas gêner la fermeture des portes. Juste au cas où vous n'auriez pas entendu le message qui vous est seriné depuis des années. A croire que tous les jours ce sont des personnes différentes qui prennent les transports en commun.

Comme pour ces voyageurs, il m'est arrivé d'être des deux côtés de la barrière. Un jour pour descendre, un autre jour pour monter. Lorsque j'attends pour monter, je m'efface. C'est-à-dire que je dégage le passage que je laisse libre et ouvert. Quitte à pousser ceux qui se trouvent dans mon dos, même si ça les fait râler. Ca n'empêche pas quelques uns de se planter carrément devant la porte, face au flux descendant, quitte à se faire emporte par le flot de voyageurs. Malheur aux deux ou trois dernières personnes à sortir de la voiture. Il faudra qu'elles redoublent d'effort pour faire face à la vague montante et ne pas se faire renvoyer dans leurs 22.

Cette référence rugbystique pour vous avouer que la pratique régulière de ce sport pendant de nombreuses années parmi les avants m'a permis de connaître des situations « similaires ». Quand il s'agira pour moi de pousser pour pouvoir m'extraire de la masse, ce sera un jeu d'enfant. Pour sûr vous en entendrez quelques uns râler, à la satisfaction de ceux qui m'emboîteront le pas… sans oublier la mienne !

Petit clin d'œil pour les connoîsseurs, j'ai également participé activement à de nombreux chahuts, Tiens bon d'sus et autres rigodons ! Je ne suis donc pas trop dépaysé.

jeudi 7 avril 2005

Pause

Cela fait maintenant plusieurs semaines que j'ai commencé à publier des notes et des pensées sur ce blog. J'ai jusqu'à présent réussi à le faire de façon plutôt régulière. Un billet par jour ouvré travaillé. Repos le week-end. Quels constats puis-je faire ? Quelles leçons puis-je tirer ?

Tout d'abord ce qui m'a amusé au départ à un moment donné a commencé à m'ennuyer. Je me suis imposé un quota de production. Et puis le caractère contraignant a finalement laissé la place à une certaine forme de plaisir. Décrire pour les autres mais aussi pour moi ce que je vois et vis au quotidien me permet peut-être et dans ne certaine mesure, de supporter ce que certains qualifient d'insupportable.

Si on décide un jour de mettre à disposition de la Terre entière ses écrits, quels qu'ils soient, c'est pour qu'ils soient lus, éventuellement commentés. Côté lecteurs ça ne se bouscule pas. Les recherches faites à partir de Google ne donnent rien. Il faudrait donc taper l'adresse de ce blog par hasard pour le trouver. Aucune chance. Je vais donc changer de stratégie. Plutôt que de laisser venir, je vais essayer de susciter l'intérêt. On verra bien. De toute manière ça ne peut pas être pire.

Sur le fond je remarque que la plupart de mes articles sont plutôt critiques. Sans pour autant (penser) me situer dans la tranche des grincheux et des vieux schnocks qui ne supportent pas grand-chose et encore moins leur prochain, cela traduirait-il une difficulté croissante à supporter le comportement des autres ? Certes la promiscuité des transports ne peut qu'exacerber de tels sentiments.

Du coup j'en viens à me poser des questions. Face à une majorité, j'ai l'impression d'être le seul à nager à contre courant. Qui a trot, qui a raison ? Est-ce moi qui suis à côté de la plaque ? Difficile de savoir. Ma voisine de banquette actuelle a peut-être les mêmes états d'âme.

Chacun reste dans son coin, perdu dans son monde personnel. Les regards se croisent à peine. Chacun pour soi…

Les portillons

Tout cela ne fait que concerner l'expression célèbre « se bousculer au portillon ».

Force est de constater que le progrès n'aide pas toujours. Dans le gare RER de La Défense comme ailleurs, l'accès aux quais se fait en passant d'abord par un portillon. Vous avez le choix entre la fente pour le classique ticket (quotidien, hebdomadaire ou mensuel) ou le lecteur de carte à puce (Navigo). Le problème se présente sous différents aspects.

Il y a tout d'abord les portillons réservés aux tickets. Le porteur de Navigo qui s'y est engouffré y passe à condition de sortir son ticket de sa pochette. Et ça prendra du temps car c'est une manipulation qu'il a perdu l'habitude de faire.
Le voyageur muni d'un ticket de métro (Paris intra muros) se fera coincer également car il n'est pas dans la zone de tarification autorisée. Et ça bouchonne…
Même chose pour celui qui sortira de sa poche un ticket déjà utilisé par ce qu'il a balancé le non utilisé par erreur. Ca bouchonne…
Sans parler des fentes bouchées de façon malveillante par un chewing-gum ou une boulette de papier. Ce n'est qu'au moment où on cherchera à introduire son ticket qu'on s'en rendra compte. Il faut faire demi-tour et remonter le courant des autres voyageurs qui se sont engouffrés à votre suite et qui se feront coincer également Et ça bouchonne…

Venons en maintenant aux lecteurs de Navigo. Combien de personnes mettent-elles leur carte au fin fond de leur sacoche ou de leur sac à main ? La lecture est possible à travers une couche de cuir, de tissus et autre matière, mais jusqu'à un certain point. Au-delà ces voyageurs seront obligés de frotter vigoureusement leur sac sur le lecteur et ce d'autant plus fort que le portillon refuse de s'ouvrir. Même conséquence : ça bouchonne…

Et pour couronner le tout, la moitié des portillons est hors service tout au long de l'année.

mardi 5 avril 2005

Les collègues de travail

Si vous en avez l’occasion et si vous n’avez vraiment rien d’autre à faire, tendez l’oreille et écoutez les conversations de vos voisins et voisines. N’en abusez pas.

C’est ainsi que vous saurez tout de Anitta* qui a changé de coiffure et qu’on n’avait pas reconnue. Elle non plus d’ailleurs. Ci-dessous un extrait du dialogue entre deux femmes.
Et je lui ai dit : « Mais tu as changé de coiffure ? »
Et elle me répond : « Oui. »
Et je lui dis : « Je ne t’avais pas reconnu ! »
Et elle me dit : « Moi non plus je ne t’avais pas reconnu »

Et ainsi de suite. Il y a des moments où on regrette de ne pas pouvoir ouvrir les fenêtres en grand pour que le vacarme couvre tout ça. D’après ce que j’ai compris ni l’une ni l’autre n’avait dans un passé récent essayé de rencontrer l’autre. Ca faisait longtemps qu’elles ne s’étaient pas vues.

On apprend également dans ces grands moments les derniers potins du bureau. A en entendre certains ou certaines, les chefaillons n’ont qu’à bien se tenir. Ils ou elles ne sont pas prêts de se laisser faire. Rien ne sera non plus épargné sur la nouvelle qui vient d’être recrutée et qui est déjà bien vue du chef : « Et pourquoi d’après toi tu crois qu’elle a été embauchée celle-là ? »

Avec l’arrivée du printemps fleurissent dans les trains les premières branches d’arbustes qui iront orner le bureau de ces dames dans une bouteille d’eau du contrat minceur reconvertie en vase pour l’occasion. J’imagine sans peine le petit napperon posé sur l’écran façon télé et la série de photos des membres de la famille pendant les dernières vacances d’été au camping municipal de Trifouillis-les-Dindons en Bretagne. Ah cette soirée d’élection de la Miss Camping 2004 !

Le must cette année est, paraît-il, le set complet composé du tapis de souris et du mug personnalisé avec la photo du petit dernier…

* Les prénoms ont volontairement été changés.

lundi 4 avril 2005

Peinture fraîche

Il arrive certains jours que le train entrant en gare soit complètement repeint, et pas aux couleurs SNCF. Le résultat est remarquable au sens propre du terme. Il aura probablement fallu des heures de travail sans être dérangé pour arriver à un tel résultat. Et certainement beaucoup moins que pour nettoyer et remettre en état. Même chose pour le budget. Il aura fallu dépenser une fortune en bombes de peinture (quoique…), mais certainement moins que pour le coût de la remise en état.

Une fois monté à l’intérieur de la voiture, il faudra se résigner à trouver une autre occupation que de regarder par la fenêtre.

Du coup, si on prête un peu attention à ce qui nous entoure, on s’aperçoit que tout se qui se trouve à portée de bras (et de bombe), qui présente une surface place, qui est visible depuis le siège de votre train est couvert de peinture. Les propriétés privées (maisons, entreprises) ne sont pas épargnées.

Les graffitis sont les plus nombreux. Rien de bien sensationnel. Comme ma signature, ils sont illisibles. Certaines fresques par contre, je dois l’avouer, sont assez bien réalisées. Dans un style qui leur est propre, certes, mais pour moi qui n’ai aucune imagination et aucun don pour dessiner, j’avoue parfois tomber en admiration. Pourquoi ne pas y voir une certaine forme d’art ? Comparé à certaines « œuvres » contemporaines achetées des fortunes pour remplir par exemple un musée d’art contemporain en bordure de mer…

Je n’ai par contre aucun intérêt pour les graffitis que je compare au comportement de certains animaux qui pour marquer leur territoire doivent pisser aux quatre coins régulièrement pour couvrir l’odeur de leurs congénères.

vendredi 1 avril 2005

Poisson d'avril

J'ai eu beau chercher, je n'ai rien vu de particulier, ni rien entendu. Peut-être avais-je la tête ailleurs. Ca ne semble pas avoir été le cas partout. L'article qui suit a été honteusement copié dans les news de Yahoo! Il devrait être possible d'en lire une version papier dans vos journaux gratuits favoris.

MARSEILLE (AFP) - La SNCF n'a pas failli à la tradition du 1er avril, en multipliant les messages cocasses vendredi gare Saint-Charles à Marseille.
"Le TGV en partance pour les Bahamas n'est accessible qu'aux voyageurs munis de palmes", crachait le micro, à l'attention de voyageurs tour à tour interloqués, circonspects, et finalement amusés.

"Les voyageurs munis de billets se terminant par 56 ont gagné un week-end dans un poste d'aiguillage" : à intervalles réguliers, la sono a distillé une trentaine d'annonces pas toujours immédiatement saisies, compte tenu de l'écho renvoyé par la verrière de la gare.

Autre morceau choisi: "Eloignez-vous de la bordure du quai... car j'entends siffler le train. Que c'est triste un train qui siiiffle dans le soooir", parodiant un vieux succès de Richard Anthony.

La SNCF avait mis à contribution pour l'occasion Simone Héraut qui, depuis 25 ans, prête sa voix à la compagnie près de 100.000 fois par jour dans toutes les gares SNCF.

Mémorable journée...

jeudi 31 mars 2005

Dis moi ce que tu lis

J'ai évoqué l'autre jour la diversité des journaux gratuits, magazines et prospectus qui sont distribués gratuitement et qui permettent aux nombreux voyageurs de passer le temps en s'informant à peu de frais. Ce ne sont pas les seules lectures qui fleurissent dans les trains. En fonction du jour de la semaine ou de l'heure de la journée, vous pourrez voir apparaître des magazines ou des journaux à diffusion locale, régionale, nationale voire internationale.

En tête viennent un journal comme l'Equipe et un magazine télé (Télé Loisirs) sans oublier évidemment Le Parisien. Les sportifs s'informent des événements passés et des résultats sportifs du week-end tandis que les inconditionnels de la télévision se préparent leur programme une semaine à l'avance. Ca c'est de l'organisation car j'avoue être plutôt du genre à chercher le programme télé au dernier moment pour me rendre à l'évidence une fois de plus que je ferai mieux d'aller me coucher.

Les hebdomadaires féminins, Femme Actuelle en particulier, ont la côte et les pages régimes sont les plus lues: "manger sans grossir", régime avant les congés, perdre des kilos en huit jours, 15 jours, un mois... Des tonnes de kilos en trop sont perdus chaque jours. On n'en parle pas assez!

Le Monde apparaît forcément plutôt le soir, assez rarement quand même, mais plus souvent que Libération, Le Figaro ou l'Humanité. A noter le mercredi le succès du Canard Enchaîné et en fin de semaine quelques magazines (L'Express et Le Point).

Du côté des livres, ça dépendra de la mode ou de l'engouement du moment. Le "Da Vinci Code" a eu ses heures de gloire récemment en attendant de voir fleurir "Anges et démons". Pour ma part je guette la sortie du prochain Harry Potter et je n'attendrai pas la version française.

mercredi 30 mars 2005

En raison d'un incident...

... grave de voyageur...

Derrière cette phrase "politiquement correcte" se cache la plupart du temps le suicide d'un désespéré, pour parler crûment. Pourquoi dire les choses autrement ? C'est sans doute ce qui s'est passé mardi soir à La Défense. Il était 18h30 lorsqu'une escouade de pompiers, de policiers et d'agents de la RATP a ramené un corps sans vie sur une civière. Les mesures prises pour éloigner les éventuels curieux ou voyeurs en témoignent. De même que la marche lente des brancardiers : il n'y avait plus aucune urgence à ce moment là. Le corps était proprement emballé. Rien ne dépassait du brancard. Pas de bouteille d'oxygène, pas de perfusion.

Une personne (adulte? adolescent? homme? femme?) a décidé de mettre fin à ses jours. Qui aura prêté attention à cet "incident" si ce n'est les personnes qui à ce moment voulaient accéder au bout du quai? De toute manière c'était trop tard.

Le ou la malheureuse avait mis toutes les chances de son côté en attendant le train à sa sortie du tunnel. Imparable pour le conducteur... et aucun risque de se louper...

Ne restent que les proches.

mardi 29 mars 2005

Retour à la normale

Comme anticipé au cours de la semaine dernière, l'arrêt de travail des conducteurs du réseau Paris-Est a finalement pris fin vendredi, début du week-end pascal. Je n'ai aucune idée de ce qui a pu être négocié pour mettre un terme à un mouvement qui me semble être complètement disproportionné par rapport aux enjeux. Toujours est-il qu'en ce mardi les trains circulent normalement. Le passage à l'heure d'été semble digéré même si la plupart des voyageurs ont l'air un peu plus éteints ce matin. J'appréhende cette semaine qui a priori me semble monotone par rapport à celle qui vient de s'achever et qui aura été riche en événements: arrivée du printemps, grève des transports en commun et changement d'heure.

Il va falloir faire preuve d'imagination et être attentif à ces petits détails qui permettent de rendre le quotidien moins monotone.

En ce qui me concerne, cette semaine a commencé par la rencontre d'une connaissance (un voisin) que je n'avais pas croisée depuis un certain temps. J'ai ainsi pu profiter dès le matin de son haleine senteur cendrier-tabac-froid et prendre des nouvelles de ses petits ennuis de santé. Le trajet m'a semblé bien long ce matin. Suffisamment long pour connaître les détails de sa prochaine extraction de varice et de son arthrose du coccyx dont la douleur peut être atténuée par des massages dont je vous passe volontiers les détails.

Il s'en est fallu de peu que mon petit déjeuner ne reparte en sens inverse.

vendredi 25 mars 2005

La contagion

Le mouvement social initialement cantonné au réseau Paris-Est s'étend maintenant au réseau Paris-Nord. Excusez les camarades du Nord pour le retard de la réaction, mais le réveil n'a pas sonné. En attendant il y a toujours aussi peu de trains, autant de bus et de plus en plus d'embouteillages? Ceux qui vont travailler malgré les bâtons qu'on leur met dans les jambes ou dans les roues le font de bonne grâce. Ont-ils vraiment le choix? Moi pas trop. En plus je n'ai pas d'autre choix que les transports en commun.

On a cependant l'impression maintenant que le mouvement de quelques privilégiés se fait dans l'indifférence générale. C'est vrai que ce n'est pas agréable, mais n'est-ce pas aussi le propre de la nature humaine que de s'adapter à tout? Tout au plus les voyageurs de la région Est et Nord (ce sont les seuls concernés), s'indignent-ils des raisons et des motivations de cette grève de plus parmi les nombreuses autres. On reconnaît même les propos des fiers voyageurs racontant les efforts et ruses déployés pour parvenir à temps jusqu'à son lieu de travail, de ceux ayant survécu à l'étouffement et à la chaleur d'une mêlée.

Le décalage entre les revendications posées par cette minorité de grévistes au pouvoir de nuisance énorme et la situation dans laquelle évoluent et vivent la plus grande majorité de ces voyageurs est hallucinante. La grève s'installant dans le temps, on commence à être rôdé. C'est vrai que le premier jour on doit faire face à un chamboulement de ses habitudes, on va perdre du temps, être en retard, mais on retrouve très vite ses marques.

Hier matin quand je levais les yeux de mon cahier et que je regardais les gens autour de moi, j'imaginais que chacun avait son lot de soucis, de problèmes, de difficultés. Comment qualifier un tel comportement corporatiste, si ce n'est pour dire qu'il est égoïste ? Ils se sont même pris par le passé aux enfants en les empêchant de se rendre sur les lieux d'examen.

jeudi 24 mars 2005

Au secours !

Notre fidèle lecteur du Var, Jean-Pierre Liégois, nous envoie une question. "Quelles sont les raisons qui ont poussé une certaine catégorie de personnel à déclencher un mouvement social reconductible sur le réseau Est?". Vous connaissez la bonne volonté de notre équipe de rédacteurs. Ils sont partis à la recherche de la réponse et voici ce qu'ils nous ramènent.

D'après la direction de la SNCF à Paris-Est la grève est motivée par "un refus de l'application des règles statutaires de promotion des conducteurs de train au sein de l'entreprise, fondées sur l'expérience et la qualité des services assurés". Certains syndicats refusent l'idée que leur direction "ne continue pas de conserver l'ancienneté comme argument d'avancement".

Incroyable ! Dans le genre je veux le beurre, l'argent du beurre et le sourire de la crémière, il y en a qui s'imposent. Pouvoir saboter son boulot, son entreprise et ses clients, fournir une prestation à ch... en toute impunité en refusant d'être noté ! Obtenir des augmentations de salaire automatiquement sur la base de l’ancienneté ! Tout le monde appréciera. C'est l'apologie de la médiocrité, la revendication du droit à la nullité, l'hommage sans risque au courage de la part d'une faction de privilégiés ayant la sécurité de l'emploi, qui font acte de présence un peu plus de 20 heures par mois, voyagent gratis et partiront en retraite à 50 ans… Ils n’ont pas de concurrence et un énorme pouvoir de nuisance.

Un retour sur terre de temps à autre ne ferait pas de mal. Du haut de leur nuage ils ont complètement perdu le sens de la réalité. Ils sont complètement réfractaires à toute évolution et ignorants du monde qui les entoure et dont ils profitent et s'accrochent désespérément à leurs privilèges et aux zacquits sociaux. Quelle dignité...

Une époque formidable

C'était lundi soir la première soirée du mouvement social qui touche le réseau Est et qui a été reconduit de 24 heures pour prendre fin jeudi. Encore un effort camarades et bientôt ce sera le week-end. En bonus vous aurez le lundi de Pâques pour vous remettre. En attendant c'est un train toutes les heures au tarif syndical. En temps normal, aux heures de pointe, les voitures sont bien remplies. Lorsqu'on supprime trois trains sur quatre elles sont plus que plus que plus que remplies.

Les voitures se remplissent dès leur arrivée en gare. Les derniers "rentrés" se cramponnent à la porte de peur d'être éjectés. Ils devront tenir de longues minutes dans cette position inconfortable en attendant que les portes se referment. Ceux qui ont eu la "chance" de monter les premiers baignent déjà dans leur jus et dans celui des autres. D'autres enfin, qui n'ont pas pu monter faute de place, patientent à proximité des voitures avec l'espoir de profiter de la bousculade du départ pour s'enfoncer dans le magma humain.

Dans ces moments de grands rassemblements, on partage tout. Le contact, mais surtout les odeurs, les souffles chauds dans la nuque, les haleines acides et fétides, l'odeur du tabac froid, les parfums chers ou bon marché, la transpiration aigrelette ou à l'oignon, le graillon des mangeurs de hamburgers. Et puis il y a le bruit, car en fait toutes ces personnes n'arrêtent pas de parler. On se piétine et on se bouscule dans la fausse bonne humeur et la résignation peut se lire dans beaucoup de regards. Tout le monde râle unanimement à l'unisson lorsque le conducteur annonce que le départ du train sera retardé suite à un tirage de signal d'alarme. Tout le monde grogne aussi de la même manière lorsque les corps s'écrasent les unes les autres au moment du freinage brutal du train.

Au bout d'une heure de ce traitement, mes vêtements sont trempés et puent. Ils sont bons pour la teinturerie. Encore quelques jours ç ce rythme et ma garde-robe va y passer. Une courte nuit de repos et on remettra ça demain et les jours suivants, bon pied, bon oeil.

mardi 22 mars 2005

C'est reparti

J'avais tort de m'inquiéter. Les sujets ne manquent finalement pas. Je craignais de tomber à court d'idées et assez rapidement ne plus savoir quoi écrire. C'était sans compter sur la bonne volonté que mettent tous les jours la RATP, la SNCF, les bus et leurs voyageurs à varier les plaisirs et renouveler des situations qui finalement ne sont pas si monotones que ça si on sait y regarder de près. A moins que ce ne soit leur propension à vous pourrir une journée.

Ca y est ! La SNCF est à nouveau en grève. Par suite d'un mouvement social sur la région de Paris-Est, la circulation des trains sera perturbée lundi 21 mars et mardi 22 mars. Dès vendredi soir des zagents zélés distribuaient aux voyageurs des tracts, non pas syndicaux mais patronaux, précisant les horaires prévus au départ et à destination de Paris-Est et Haussmann Saint Lazare. En gros un train toutes les heures. Avec bien évidemment des horaires qui ne correspondent pas du tout aux horaires habituels et donc aux horaires de ramassage des bus. Il faudra prévoir de longues minutes d'attente sur le quai en attendant un train déjà bondé. Avec en prime la promesse de la SNCF de faire évoluer le trafic en mettant en place des trains supplémentaires en fonction des possibilités offertes par les prises de services des zagents (agent SNCF c'est quand même plus ronflant que employé SNCF).

Cette fois je n'ai pas posé de journée de congé. Après tout seul le réseau SNCF Paris-Est semble concerné. J'ai changé mes habitudes et j'ai fait appel à la RATP et à son RER A. Ce matin ça a bien marché. Mis à part le fait que la lumière ait été éteinte pendant plusieurs minutes, plongeant les voitures dans une obscurité quasi totale sous les tunnels (mesure de représailles ou de solidarité?), j'ai pu lire confortablement assis jusqu'à ma destination finale.

lundi 21 mars 2005

Décidément les jours se suivent et se ressemblent

Vendredi matin, alors qu'un brouillard épais s'était abattu en région parisienne, les mauvais esprits ont encore frappé. Un incident au niveau de la voie ferrée oblige la SNCF à interrompre le trafic vers Paris pour une durée indéterminée. Les voyageurs désirant se rendre sur le lieu de travail, les étudiants et les autres sont coincés car les solutions de repli lorsqu'on est pris de court ne sont pas foison. Dans ces moments là il vaut mieux réagir vite. Et la réaction est d'autant plus rapide qu'on a des années de pratique derrière soi. Quelles sont les solutions?

Attendre? Un jour ou l'autre la voie sera réparée. Compte tenu de la teneur du message, ça risque de prendre un certain temps mais le voyageur est vacciné. Retourner chez soi se coucher et prétexter une grippe ou une gastro? A force de servir cet argument vous risquez d'éveiller les soupçons. Surtout un vendredi matin.
Faire du stop? La gare est mal située pour ça et les personnes qui passent par là à cette heure du matin ne vont sûrement pas dans ou vers Paris. Appeler quelqu'un pour y aller en voiture? A c't'heure ceux qui font le trajet en voiture sont déjà coincés dans les bouchons.

A part la première solution, les autres ne sont pas envisageables. Il reste cependant le bus. Justement il y en a un qui doit arriver dans 5 minutes environ pour desservir une gare RER. L'aubaine ! Malheureusement nous sommes plusieurs dizaines à avoir eu la même idée pratiquement au même moment. La bataille sera rude. Beaucoup de voyageurs ne pourront monter dans le bus. D'autres voyageront debout. Très peu seront assis. Lorsque le bus arrive, c'est la curée. Il faut pourtant se résigner à laisser descendre les voyageurs dont c'est le terminus. Le chauffeur du bus est respectueux du règlement. Quelles que soient les circonstances, on monte par devant et on descend par derrière. Sauf que dans le cas présent, c'est une prise d'assaut en règle à laquelle on assiste. La brèche ouverte à l'avant laisse déferler un flot de voyageurs alors que la même vague de voyageurs à l'arrière est bloquée par ceux qui descendent. La vague descendante l'emporte finalement malgré la volonté du chauffeur de vouloir fermer les portes arrières pour faire respecter le règlement. Ceux qui on vu le Seigneur des Anneaux se rappelleront la scène de la prise de la forteresse de Minas Tirith par les Orques. Finalement le flot humain sera plus fort. Je fais attention à ne pas piétiner les plus petits que moi. Il se passera encore quelques minutes avant que le bus démarre. Entre-temps les voyageurs du train suivant sont arrivés. Ils se sont rendu compte du problème et se sont rués sur le bus de la même manière. Seulement pas de chance, il est déjà plein comme un oeuf. 100% de déchets. Même chose tout au long du parcours où il sera impossible aux personnes qui attendent aux arrêts de monter dans le bus.

En ce qui me concerne, durant toute la durée du voyage je ne verrai rien depuis la fenêtre à cause du brouillard et de la buée. Au final j'aurai mis 45 minutes de plus que d'habitude.

Je pense avoir eu de la chance...

vendredi 18 mars 2005

RER qui rame

Cela fait plusieurs jours de suite maintenant que le RER A au départ de La Défense et à destination de Paris est retardé le soir. Vous me direz qu'on n'est pas à une minute près. Et bien si justement. Surtout lorsque vous devez attraper une correspondance et que cette correspondance se fait toutes les 15 minutes environ, et même 30 minutes à certains moments de la journée. La minute de retard vous coûte cher au final. Un quart d'heure au tarif syndical, une demi-heure plus tard dans la soirée. Et je ne mentionne que le temps de trajet en train. En effet, au-delà d'une certaine heure vous ne trouverez plus de bus à votre arrivée en gare.

C'est chaque fois la même chose, dès que je veux rentrer plus tôt que d'habitude, un problème me retarde lamentablement. Et les causes sont diverses. Hier l'erreur a été de miser sur le mauvais cheval. Deux RER étaient à quai et je ne suis pas monté dans celui qui est parti en premier. Un regard sur ma montre... C'est bon, j'ai encore le temps. J'ai vite déchanté lorsque j'ai constaté qu'il ne bougeait pas. De plus comme il avait stationné plus longtemps que d'habitude à quai, forcément il avait eu le temps de bien se remplir. C'est enfin le signal du départ. Des retardataires profitent de ces dernières fractions de secondes pour monter. Le train démarre et durant tout le trajet coups de frein et accélérations se succèderont. La masse des voyageurs suit un mouvement complètement inverse du sens de déplacement du train. Il freine sèchement et tout le monde se retrouve devant. Un lâcher de frein brutal suivi d'une accélération et tout le monde se retrouve à l'arrière comme un seul homme. A force de coups de frein et d'accélérations, je constate que ma marge de manoeuvre a fondu comme neige au soleil. J'ai juste le temps de voir les portes de ma correspondance se fermer à mon arrivée sur le quai.

Je suis sûr d'avoir le prochain.

jeudi 17 mars 2005

Putain de soirée

"La situation des trains est perturbée. Nous vous remercions pour votre compréhension". C'est exactement le genre de message qu'on n'a pas envie d'entendre. Surtout après une dure journée de travail. D'autant qu'il fait chaud ce soir. Comme il gèle encore le matin on s'habille chaud avant de partir de chez soi. On est toujours en mars donc pas question de se découvrir d'un fil et encore moins de faire ce qu'il nous plait. Bref il faisait 0°C ce matin, 20°C le soir. On ne sait plus comment s'habiller. C'est des soucis tout ça. En plus un très jeune enfant énervé et sûrement fatigué n'arrête pas de pleurer. C'est à ce moment-là qu'on se rend compte que le train est arrêté depuis un certain temps à quai et qu'il n'a pas redémarré. Et le fameux message retentit. Quelques instants plus tard un train Corail vient s'arrêter à notre hauteur. C'est un train pour Mulhouse. Ceux-là ne sont pas encore arrivés. Le bébé n'en finit pas de pleurer. La chaleur, les cris, l’arrêt qui se prolonge. C'en est trop. J'en profite pour changer de voiture. Aucun risque que le train parte sans moi. D'autres messages sont diffusés sur les haut-parleurs. "Incident sur un train en gare de ...?". "Circulation interrompue...". Les messages se succèdent. Tous plus incompréhensibles les uns que les autres. Le conducteur du train s'y met aussi. On nous répète de plusieurs façons différentes que le train est arrêté. Une tentative de comique de répétition ? Cela fait quand même sourire, voire rire la plupart des voyageurs pris au piège. Et bien sûr on nous remercie pour notre compréhension. Ce qui est râlant c'est que je suis presque arrivé à destination. Un quart d'heure vient de passer. C'est long. Je demande par téléphone une ex-filtration car je sens que c'est mal parti ce soir. Un nouveau message: "La fin de l'incident est prévisible...". Quelle bande de rigolos. Je sors du train, longe le quai, sors de la gare. La voiture qui vient m'arracher à ce cauchemar arrive dix minutes plus tard. Les trains sont toujours à quai.
Dis Papa, c'est loin Mulhouse?

Le dépotoir

Avez-vous déjà jeté un coup d'oeil par la fenêtre des RER lorsqu'ils circulent à l'air libre? Regardez par terre, le long de la voie et jusqu'à deux ou trois mètres au delà. C'est la désolation. Et en même temps une bonne illustration de la société dans laquelle nous vivons. Des centaines, des milliers de détritus. Certains sont "tombés" du train : canettes métalliques multicolores et plus ou moins oxydées, bouteilles en verre, bouteilles en plastique, sacs en plastique, mouchoirs en papier, journaux, mégots, débris de verre. D'autres ont plus probablement été "déposés" par des riverains de la voie ferrée : débris de métal, morceaux de plastique, jouets, vêtements, chaussures, pneus, roues, chaises, appareils ménagers, bidons, rouleau de moquette, canapés, gravats. Un vrai inventaire à la Prévert. Mais pas très poétique. On a l'impression de rouler au beau milieu d'une décharge d'ordures. La façade fait illusion mais il ne vaut mieux pas être trop regardant sur les coulisses. On dispose pourtant partout de poubelles et de moyens de collecte et de ramassage. Mais c'est tellement plus simple de laisser tomber par terre un papier plutôt que de le mettre dans sa poche ou dans son sac en attendant de trouver une poubelle dans la rue, sur un quai, au bureau ou chez soi. Même chose à proximité des restaurants fast-food. Une fois le menu emporté, on en abandonne les boîtes, gobelets et papiers au fil de son repas. Et pire. Je ne sais pas comment ça se passe maintenant, mais il n'y a pas si longtemps que ça, il était possible de déposer au milieu des voies en pleine gare de l'Est l'ultime reste de son repas. L'utilisation des toilettes des trains à l'arrêt dans les gares était interdite, mais les portes grandes ouvertes. Une fois le train parti ne restaient sur les traverses que des monticules marron et rose. Et là où il y a de la gêne...

mardi 15 mars 2005

Presse gratuite

Lorsque vous voyagez par les transports en commun, il y a certains jours où il vaut mieux voyager léger de manière à pouvoir porter les divers journaux, magazines, tracts et autres publicités qui seront distribués régulièrement et gratuitement sur votre parcours. Dans le désordre (on a la presse que l'on mérite) :

Quotidien : Metro, 20 Minutes
Hebdomadaire : Economie Matin (lundi), ParuVendu (jeudi), Sport (vendredi), A Nous Paris (RATP)
Mensuel : Newzy (Business People Magazine)
Aléatoirement : programmes immobiliers pour habiter à deux pas de là où vous travaillez, festivals de musique, bons de réduction inutilisables pour le lancement de produits inintéressants, grands marabouts mediums pour qu'il ou elle revienne, nouveaux produits (soupes, bonbons, boissons énergétiques, chewing-gums...)
Au moment des élections : les membres locaux des différents partis politiques vous remettent en souriant leur programme de la main à la main (c'est le seul moment où vous les verrez)
Au moment des grèves : tracts syndicaux.

A peine distribués et déjà les poubelles et le bas des escalators en sont pleins. Si une grosse averse avec du vent mouille le papier, alors personne n'en prendra et la totalité partira directement à la poubelle. Des forêts entières chaque jour?

lundi 14 mars 2005

C'est toujours pareil

C'est tous les jours même rituel, à la même heure, au même endroit et avec les mêmes personnes. Les voyageurs se retrouvent sur le quai et attendent à l'endroit précis où une porte s'arrêtera. Des groupes se forment donc à intervalle régulier. Cela leur permettra d'entrer les premiers dans la voiture pour rejoindre la ou les places qu'ils occupent habituellement. Eventuellement "réserver" plusieurs sièges pur ceux qui voyagent en groupe. Près de la fenêtre, dans le sens de la marche, en haut, en bas, au milieu, au début, à la fin, une rangée de six sièges, de deux...

Je le sais car je fais la même chose ! J'évite certaines places où je ne loge pas. J'évite également la place juste à côté en me disant que la probabilité d'y voir s'asseoir une personne, disons corpulente, est élevée de nos jours. Elle déborderait forcément de mon côté et rendrait le trajet encore plus inconfortable. En fonction du moment de la journée, je préfèrerai une fenêtre à un couloir. On y est moins dérangé lorsque les autres voyageurs montent ou descendent du train.

Ce qui est valable le matin l'est également le soir. Selon la voiture choisie on a plus de chance de retrouver telle ou telle personne. A l'inverse on peut en éviter de se retrouver par exemple dans la voiture de la demi-douzaine de pipelettes qui se parlent sans s'écouter de leur week-end, de leur mari, de leur dernier achat, de la façon dont elles font revenir les oignons avant de faire cuire la viande, de la maladie du petit dernier et des tracasseries du chef. La vie quoi...

vendredi 11 mars 2005

Retour à la normale

Maurice a repris le travail ce matin. Par la même occasion il a retrouvé ses compagnons de transport qui lui ont fait part des difficultés qu'ils ont rencontrées hier. Pour un même point de départ et un même point d'arrivée, mais à des horaires différents, les expériences sont plutôt contrastées. Ceux qui n'ont eu aucun problème à l'aller le matin ont par contre connu une grosse galère au retour le soir. A l'inverse ceux qui avaient eu des difficultés le matin n'en ont pas eu le soir. Dans tous les cas plus d'une heure de temps de trajet en plus, dans des conditions lamentables. Comme quoi le monde est bien fait, non? Pour obtenir une si parfaite égalité il faut admettre qu'on ne peut pas parler de l'enfer. Il n'y a qu'au paradis des grèves que tous les usagers sont égaux.

Au fait, si on veut du monde dans les rues, ne serait-il pas mieux de manifester le samedi par exemple? Les seuls trains qui rouleraient ne seraient utilisés que par les manifestants. Aucune plainte à attendre de ce côté-là. Pas de retenue sur salaire pour la majorité des salariés. Bref que des bénéfices.

Tout le monde était donc de retour, comme si de rien n’était, à chercher son ticket devant le portillon ou à vouloir être le premier arrivé à l'escalator et comme c'est vendredi, à trimballer sa valise à roulettes derrière soit sans se préoccuper des autres. De là à penser qu'hier c'était presque mieux...

Pendant ce temps, à quelques kilomètres d'ici, en Espagne on se souvient des victimes des attentats meurtriers commis à Atocha près de Madrid. Là était l'enfer.