lundi 21 avril 2008

Nuage dans le ciel

À part se dire qu'il a plu ou qu'il pleuvra, jusqu'à quel âge distingue-t-on encore quoi que ce soit dans les gros nuages blancs qu'on peut observer par beau temps ?

Etant enfant, ça ne fait aucun doute, on est persuadé de voir des tas de chats, chiens, lapins et chevaux dans le moindre nuage.

Et puis le temps passe, on a d’autres soucis ou d’autres occupations que de passer un peu de son temps à rêvasser le nez en l’air. Peut-être perd-on également sa faculté de rêver ou d’imaginer alors que le temps s’est enfui.

On se dit que ce n’est plus de son âge, qu’on aurait l’air fin à montrer aux autres adultes sa propension à vouloir rester jeune. Rester jeune ou ne pas vieillir ? La question appelle la réponse. C’est évident.

Jusqu’au jour où finalement l’espoir renaît. On se surprend justement, alors qu’on n’a rien d’autre à faire que de regarder dehors par la fenêtre, à observer les nuages. Quand tout à coup un crocodile semble sortir des limbes.

Un crocodile tout en coton, léger comme l‘air et la gueule grande ouverte. Il avance dans le ciel à mesure que le train progresse vers sa destination.

Pour une personne comme Maurice trop occupée par ses obligations personnelles ou professionnelles, les transports en commun sont finalement une bénédiction. Ce n’est en effet pas derrière le volant de sa voiture ou devant son écran d’ordinateur qu’il aurait pu revivre ces quelques instants de nostalgie et de pur bonheur.

Le soleil se couche et bientôt il aura complètement disparu derrière l’horizon, et son bestiaire magnifique avec lui.

Val de Fontenay

vendredi 18 avril 2008

Comment se faire avoir ?

Un grand nombre des articles de ce blog traitent d’un même sujet, à savoir des habitudes des voyageurs de banlieue. A force de prendre tous les jours depuis des années les mêmes trains dans les mêmes gares et à des horaires immuables, par facilité et par confort, pour ne pas dire par habitude, ils répètent sans cesse les mêmes gestes et reproduisent à l’identique les mêmes scènes.

C’est ainsi qu’ils attendent toujours leur train au même endroit sur le quai ou bien se précipitent les yeux fermés dans les couloirs ou les escalators. Tout cela vous le savez déjà et Maurice prend un malin plaisir à l’observer, l’analyser et vous le rapporter.

Aujourd’hui Maurice reconnaît humblement qu’il ne déroge pas à la règle. Si Maurice changeait perpétuellement de place sur le quai ou dans les trains, comment pourrait-il faire ces observations ?

Mais surtout ce soir cette habitude a failli coûter cher à Maurice. Il a failli ne pas se rendre compte, bien qu’il le sache inconsciemment peut-être, que le train tardif qu’il voulait prendre ce soir attendait sur le quai opposé à son quai habituel.

Il le savait, ou il aurait du s’en souvenir car la mésaventure avait déjà failli lui arriver. Il attendait son train sur le quai habituel jusqu’au moment où il lui a semblé bizarre que 5 minutes avant le départ, aucun train ne soit encore à quai. Un coup d’œil au panneau d’affichage lui permit ce jour-là de comprendre ce qui se passait et de réagir en conséquence. En cas d’erreur, le prix à payer est 30 minutes d’attente supplémentaire. Après une journée de treize heures, ça compte ! C’est le moins qu’on puisse dire.

Et le plus étonnant, ou le plus paradoxal dans l’histoire est que ce sont ces mêmes habitudes de Maurice qui lui ont sauvé la mise : toujours vérifier les panneaux d’information, même plutôt deux fois qu’une. CQFD.

Palais Royal

jeudi 17 avril 2008

Demande de renseignement

C’est assez souvent que Maurice est interrogé par des inconnu(e)s dans le RER. Essentiellement lorsque sur le quai il attend son prochain train. C’est rare qu’on l’arrête en chemin, mais cela peut arriver. Sur le quai, il y a souvent pas très loin d’autres personnes qui comme lui attendent, et pourtant il semblerait qu’on préfère s’adresser plutôt à lui.

A quoi cela peut-il bien tenir ? Son air rassurant ce qui sous-entendrait qu’on peut s’adresser à lui sans crainte ? Son air sérieux qui sous-entendrait qu’on est sûr d’obtenir une bonne réponse ? Son air engageant qui sous-entendrait une certaine disponibilité et une qualité d’écoute ? Son air charmant qui sous-entendrait… C’est certainement la somme de tous ces traits de caractère !

La plupart du temps, les personnes qui posent les questions sont pratiquement au bon endroit. À défaut de trouver un prétexte pour engager la conversation, elles avaient juste besoin d’être rassurées. Maurice ne se souvient pas, étant à Haussmann-Saint-Lazare, d’avoir eu à renseigner un voyageur désirant aller à Bergues.

La question est souvent la même. Ces voyageurs perdus ou inquiets veulent tous savoir d’où part le train pour leur destination ou bien ils veulent la confirmation que leur train partira bien du quai sur lequel ils se trouvent. C’est arrivé plusieurs fois avec des touristes anglo-saxons, allemands ou russes.

Pour reprendre l’exemple de la gare du RER E, il y a quatre quais et effectivement, étant touriste à l’étranger, dans la précipitation ou par défaut d’inattention on peut avoir loupé un aiguillage.

Il arrive aussi que la question soit posée en français et pas en cheutimi. Très souvent Maurice est surpris par la question car il suffit de lever le nez pour lire les indications qui s’affichent sur les panneaux d’information lumineux. Si Maurice peut les lire, pourquoi pas eux ?
Tout simplement parce qu’ils ne savent pas lire.

Métro entrant en station

mercredi 16 avril 2008

Accès interdit (2/2)

Les usagers rentrent et sortent sans rien noter d’anormal et sans se poser de questions. Pourquoi devraient-ils jeter un coup d’œil à l’autocollant rouge vif qui les avertit de l’incident alors qu’ils sont plutôt préoccupés à se battre entre eux pour arriver les premiers aux rares places assises ?

Ainsi le train se remplit-il progressivement et personne n’a remarqué les portes condamnées. Pas même Maurice, faut-il l’avouer…

C’est au moment où le train s’arrête du côté des portes bloquées, et justement à un arrêt où beaucoup de voyageurs vont essayer de descendre du train, que la situation devient très vite stressante et énervant pour les uns et amusante et cocasse pour les autres.

Ceux qui auront le plus chaud sont les passagers qui s’étaient installés à l’étage, du côté opposé de la porte qui fonctionne. Une fois l’escalier descendu en file indienne, ils devront, toujours en file indienne, traverser toute la longueur de la voiture. Ils savent que les arrêtes en gare ne sont jamais très longs. Lorsqu’ils réalisent qu’il y a un risque que le train reparte sans qu’ils aient eu le temps de descendre, alors on peut palper l’excitation.

De la même manière, d’autres nombreux voyageurs sur le quai attendent que ceux qui en descendent soient sortis de la voiture avant d’y monter. Ils sont tous regroupés devant la seule porte qui fonctionne, car ils ont vu que les autres étaient bloquées. Chez eux aussi ont peut palper l’excitation alors que la file indienne des voyageurs qui sortent n’en finit plus.

Oubliant les règles en usage, ils commenceront alors à monter dans le train avant que tout le monde en soit descendu. La pagaille naîtra de l’affrontement de ces deux flux opposés.

Cela dit je n’ai encore jamais vu quelqu’un être empêché de sortir d’une rame à cause d’un embouteillage.


Palais Royal

mardi 15 avril 2008

Accès interdit (1/2)

Il arrive parfois que les usagers des transports en commun voyagent dans des voitures de trains ayant quelques problèmes techniques. Ces problèmes ne les empêchent pas de circuler et a priori ne nuisent pas à la sécurité. Le maintien d’une certaine qualité de confort est accessoire.

Il est un problème technique qui peut irriter, voire énerver, ou amuser. Tout dépend de la position que l’ont tient : observateur ou observé. Maurice s’amuse souvent à observer.

Les portes hors service en sont un bon exemple.

Les voitures du RER E ont équipées de six portes. Trois de chaque côté car selon la configuration de la gare, le quai pourra aussi bien être à gauche qu’à droite. De chaque côté donc vous avez la porte du milieu pour aller en bas à gauche ou à droite et les portes aux extrémités : à gauche pour aller en bas ou en haut à gauche et à droite pour aller en bas ou en haut à gauche. À noter qu’il est possible de traverser une voiture dans le sens de la longueur en passant par le bas.

Maintenant que le décor est planté, il ne reste plus qu’à y faire dérouler l’intrigue.

L‘autre jour la porte du milieu et la porte gauche d’un même côté étaient condamnées. Des autocollants rouge vif étaient collés sur les vitres. On pouvait y lire, de l’intérieur comme de l’extérieur, que l’accès était interdit.

Restent donc quatre portes sur les six, en état de fonctionner : trois d’un côté et une de l’autres. Comme je le disais précédemment, le train s’arrête indifféremment avec un quai à droite ou à gauche. C’est ainsi qu’il peut s’arrêter plusieurs fois de suite du côté où les trois portes fonctionnent.

Arrivée du RER

lundi 14 avril 2008

Le bon sens

C’est toujours curieux de voir l’empressement des voyageurs des transports en commun, et surtout des voyageuses, à vouloir de préférence s’asseoir dans le sens de la marche.

Il n’y a guère que dans les trains de banlieue que tous les sièges sont face à face. C’est la réflexion que Maurice vient de se faire en cherchant l’inspiration pour un nouveau billet.

En y réfléchissant un peu plus, on peut trouver d’autres exemples : certaines places dans les trains de grandes lignes pour les petites familles ou les groupes de quatre personnes, les compartiments de première classe dans le TGV qui peuvent accueillir jusqu’à six personnes, certains bus à trajets essentiellement urbains, dans le métro… En fin de compte les exemples ne sont pas si rares !

Tout à chacun pourra de lui-même procéder à l’observation suivante : dans une rame dans laquelle la plupart des places sont libres, les femmes choisiront d’abord celles qui sont dans le sens de la marche. Il n’est pas rare de voir celles qui se sont trompées changer de place lorsque le train démarre et qu’elles se sont rendu compte de leur erreur.

Les hommes galants et bien intentionnés ont intégré cette habitude. Tout comme au restaurant, on propose aux « dames » la place dos au mur, celle qui est avec la banquette, dans le train, on propose lorsque c’est possible, la place dans le sens de la marche.

L corollaire à cette réflexion est que si vous aurez plus de chance de vous retrouver assis face à une femme en vous asseyant en sens inverse de la marche, et inversement face à un homme en vous asseyant dans le sens de la marche.

Où croyez-vous que Maurice soit assis en ce moment ?

À bon entendeur, salut !

Panneau d'affichage

vendredi 11 avril 2008

Impression neige tombant

Cela aurait pu être le nom donné à une toile impressionniste. C’est à cela que pensa Maurice lundi dernier.

Cela fait maintenant 3 semaines que le printemps est arrivé. Tout du moins sur le calendrier. Dans les faits ça n’est pas encore tout à fait ça. En effet, comme bon nombre de personnes ce matin là, ce furent dix centimètres de neige fraîche que Maurice dut dégager du pare-brise de sa voiture avant de pouvoir décoller avec sa fille.

Les spécialistes de la météo l’avaient certes prévu, mais à aucun moment Maurice n’avait imaginé en voir autant. Tout du moins pensait-il avoir affaire à de la neige fondue. De tout l’hiver il en était tombé assez peu en région parisienne.

La couche blanche qui recouvre tout a au moins le mérite de dissimuler la grisaille des infrastructures ferroviaires. D’autant que ces jours-ci, le soleil est tout de même plutôt rare. Ne parlons même pas de la chaleur de ses rayons.

Le trajet emprunté tous les jours semble différent et du coup agréable. Par la fenêtre à cette heure de la journée, alors que le soleil n’est pas encore levé, on peut apercevoir les deux lignes noires de la voie ferrée sur lesquelles circulent d’autres trains en sens inverse.

La neige qui s’est accumulée sur les bas-côtés et sur les toits des maisons accentue très certainement la luminosité ambiante et donne à ce début de journée une apparence particulière.

Profitons du spectacle avant de rejoindre dans quelques instants la noirceur et l’obscurité des voies souterraines.

Quai sous la neige

jeudi 10 avril 2008

Escalator tout neuf (2/2)

En relisant l’article précédent, Maurice s’est demandé pourquoi il l’avait intitulé « Escalator tout neuf ». Vous aussi peut-être ? Ou bien vous vous posez maintenant la question alors qu’avant ça ne vous avait même pas effleuré l’esprit…

L’idée initiale était de parler d’un escalator qui n’avait pas fonctionné pendant plusieurs semaines pour cause d’entretien. Et puis de fil en aiguille, foi de tricoteur, on en était venu à évoquer le désordre né de l’indisponibilité de ces engins. En fait la semaine dernière, jeudi pour être précis, Maurice s’est rendu compte que l’escalator avait été complètement changé, des marches en passant par les parois métalliques acier brossé et la main courante en caoutchouc noir.

Habituellement lorsqu’un escalator tombe en panne, on procède à des révisions avec remplacement d’une ou deux pièces défectueuses. En fait, à partir du moment où un escalier mécanique s’est arrêté et n’a pas voulu redémarrer, il peut se passer plusieurs jours avant qu’une intervention soit décidée et commence vraiment. Après un arrêt de quelques jours et des réparations plus ou moins longues, il se passera encore quelques jours avant qu’il ne tombe à nouveau en panne. Et ça c’est pas bon signe. À partir du moment où un escalier mécanique tombe en panne, c’est le début de la fin.

Les services techniques interviendront une nouvelle fois, l’indisponibilité sera moins longue et quelques jours plus tard on constatera un nouvel arrêt de la machine.

Le remplacement complet serait-il la solution ?

Toujours est-il que Maurice s’est aperçu qu’il avait maintenant un bel escalator tout neuf, avec des marches toutes propres, des côtés sans rayures et une main courant en caoutchouc rutilante.

Combien de temps cela durera-t-il ? Pour du matériel qui fonctionne 20 heures par jours, 365 jours par an et qui hisse des tonnes de voyageurs tous le jours, avouez que la performance est belle !

RER Défense

mercredi 9 avril 2008

Escalator tout neuf (1/2)

Cela faisait plusieurs semaines que Maurice, mais aussi quantité d’autres voyageurs étaient obligés de modifier leur trajet à cause d’un escalier mécanique en réparation. Tout cela peut vous sembler futile, mais vous n’imaginez pas comment le moindre changement dans les habitudes d’un usager des transports en commun peut le perturber. Surtout lorsque celui-ci n’a pas de tête et qu’il lui faut plusieurs jours d’affilée pour s’habituer à son nouvel environnement. Le but du jeu est de ne pas se retrouver devant un escalator indisponible tout ça parce que depuis la veille vous aviez oublié qu’il était en réparation.

A défaut de ne pouvoir s’en prendre au fabricant d’escalators qui décidément n’est pas capable de fournir du matériel fiable, on ne peut s’en prendre qu’à soi-même. Ce n’est qu’après s’être fait avoir plusieurs fois de suite pour se retrouver devant les barrières de chantier qu’on pense enfin à se décaler de quelques mètres au moment de monter dans le train de manière à ne pas se retrouver face à une barrière une fois arrivé à destination.

Tout ça pour quoi ? Pour gagner quelques secondes sur son temps de trajet et ne pas avoir de traînards devant soi et pouvoir virer en tête pour attaquer les escaliers. L’usager des transport en commun de base tente en permanence d’exploser son record sur un trajet donné.

Il est des jours où Maurice s’en fout complètement. Il en est ainsi par exemple des jours où il sait qu’il a de la marge pour attraper sa correspondance.

Par contre, les fois où il sait que tout se jouera à quelques secondes près, là il ne rigole plus. En effet, un retard de quelques secondes lui vaudrait de perdre un quart d’heure, voire une demi-heure à vouloir attendre le train suivant.

A noter que le matin cette perspective l’énerve moins que le soir. Allez comprendre…


Couloir RER

mardi 8 avril 2008

L'odeur des collants (2/2)

Le wagon est d'un seul coup plongé dans un silence total. Tout le monde avait en fait discrètement suivi la conversation et chacun à présent retenait son souffle. Qu'allait-il bien pouvoir se passer maintenant ?

Le seul bruit est celui que fait Emmanuelle en farfouillant dans son sac à main. Elle en sort une pochette contenant une paire de collants.

Emmanuelle : « Les collants sont maintenant faits dans une matière qui ne file pas et les fabricants mettent dessus un produit qui les empêche de filer. Le produit sent mauvais et son odeur est tenace. Tiens, sens !»

Pendant que Jean-Paul fourre son nez dans les collants neufs sortis de la pochette, l'ensemble des voyageurs a recommencé de respirer et à reprendre ses occupations habituelles.

Emmanuelle : « Les miens sont sans couture. »
Jean-Paul : « Ah… »
Emmanuelle : « Ils ne sont pas non plus préformés. »
Jean-Paul : « ???… »
Emmanuelle : « Ben oui, ce ne sont pas des collants techniques avec la culotte renforcée, ou les remonte-ceci ou les remonte-cela. »
Jean-Paul lui aussi a retrouvé ses esprits.: « J'imagine la tête des copains lorsque je leur raconterai que tu m'as fait sentir tes collants ce matin ! »
Emmanuelle qui d'un seul coup réalise et prend des couleurs dit en rigolant: « T'es c… »


Escalator RER

lundi 7 avril 2008

L'odeur des collants (1/2)

Attention ! L’histoire qui suit n’est pas destinée à tous les publics. Maurice n’a cependant pas les moyens de mettre en place un filtre quelconque qui empêcherait les mineurs d’y accéder. Que les âmes sensibles veuillent bien passer leur chemin. Mab, pose ta tasse si tu ne veux pas faire de bêtises.

La scène se passe dans un train de banlieue, le matin, à une heure de grosse affluence. Un homme et une femme sont assis l'un en face de l'autre. Pour des raisons de confidentialité et afin de ne pas nuire aux réputations de chacun, les prénoms des personnages réels ont été changés.

Jean-Paul, en réajustant son cartable qui glissait de ses genoux : « Tiens, as-tu remarqué que tes collants étaient filés ? »
Emmanuelle se penchant en avant après avoir soulevé son sac à main qui était posé sur ses genoux : « C’est pourtant vrai ! Mince ! Oh et puis de toute façon ça ne se voit pas. »
Jean-Paul : « Ce ne sont que deux petits trous… De toute manière une fois que tu seras debout ta jupe te cachera les genoux.»
Emmanuelle : « Non, ma jupe m'arrive au dessus des genoux. Tant pis. Heureusement que les collants ne sont plus comme avant, sinon ça coûterait une fortune que d’avoir à en racheter tous les quatre matins. »
Jean-Paul : « Ah… »
Emmanuelle : « Les collants ne sont plus faits de la même matière que ceux de nos mères ou de nos grands-mères. Avant le moindre accroc les faisait filer sur toute leur longueur. »
Jean-Paul : « C’est vrai, maintenant que tu en parles, je me souviens de ce que ça pouvait donner un bas ou un collant qui file. Pas top. »
Emmanuelle d’un ton complètement innocent: « D’ailleurs ils ont une drôle d’odeur maintenant. Tu veux les sentir ? »


Gare de banlieue

vendredi 4 avril 2008

Les grandes oreilles

Puisque nous en sommes au registre des évolutions et autres changements, voici une autre transformation à laquelle Maurice a pu assister dans les transports en commun. Celle-ci tient à la taille des écouteurs de baladeurs MP3.

Au tout début de la musique embarquée à bord du célèbre Walkman qui lisait les cassettes audio puis les CD, les écouteurs se faisaient discrets, tout du moins au niveau visuel. De couleur noire, ils tenaient dans le conduit auditif. D’un point de vue sonore il n’était pas rare que certains vous fassent partager leurs moments de défonce de tympans.
Jusqu’au jour où, pour se distinguer, un fabricant décida de vendre des écouteurs blancs. Ce qui au commencement fut un signe de reconnaissance discret pour quelques excentriques passionnés d’une marque à la pomme, fut ensuite copié par d’autres.
On vit alors fleurir des fils blancs et des écouteurs blancs qui tenaient toujours dans le conduit auditif.

Puis dans le cadre d’une course au gigantisme, et probablement pour bénéficier d’une meilleur confort d’écoute, sont apparus les casques. Là, clairement, ce n’est plus la discrétion qui est recherchée. Tout de moins la discrétion visuelle car d’un point de vue sonore, rien ne filtre !

Maurice écoute de temps en temps de la musique ou des émissions de radio avec des écouteurs qui se placent dans le conduit de l’oreille. Par moments, étant donné le niveau sonore ambiant est tellement élevé à l’intérieur des trains, en particulier dans les tunnels, ce genre de casque doit rendre service en isolant son propriétaire des agressions sonores externes.

L’encombrement et l’esthétique ne sont certainement pas les arguments qui auront provoqué l’achat de ce genre de matériel et l’apparition de ces porteurs de casque dans un lieu public laisse Maurice toujours perplexe, d’autant que ça ne donne pas toujours l’air plus intelligent !

Sortie Grande Arche

jeudi 3 avril 2008

Disparition

Dans un article précédent Maurice vous faisait part de quelques unes de ses découvertes, en particulier de l’émergence de certaines pratiques comme celle qui consiste à se détendre les méninges grâce aux consoles de jeux portatives.

Il est également d’autres évolutions qui se font progressivement, mais en sens inverse. On parle dans ce ces de régression. Plutôt que d’assister à une naissance, on constate une disparition progressive, voire totale.

C’est exactement comme si du jour au lendemain vous vous réveilliez en constatant la disparition de oiseaux, ou des papillons, ou des abeilles. Avant ce moment précis, vous aviez bien noté, mais sans y prêter plus d’attention, une diminution progressive, en pesant qu’il s’agissait d’une situation probablement passagère. Peut-être vous étiez vous aussi dit que vous auriez tout le temps de vérifier l’année prochaine. Jusqu’au jour où il vous a fallu vous rendre à l’évidence : il n’y a plus d’oiseaux, il n’y a plus de papillons, il n’y a plus d’abeilles.

Dans les transports en commun il n’y en a certes jamais eu beaucoup. Et le peu qu’on n’a jamais pu y voir est déjà beaucoup. Une seule abeille dans un wagon (ne parlons pas des guêpes) peut causer par mal d’émoi. Il n’est cependant pas rare d’observer des pigeons voyageurs dans les gares. Quoi de plus normal ?

Dans les transports en commun, ce sont les tricoteuses et les brodeuses de tous poils qui ont disparu. Est-ce un signe des temps ? S’agit-il d’une disparition passagère ou d’un épiphénomène ? Le mystère est là… entier.


Point de fuite

mardi 1 avril 2008

Comptage

Ils étaient plusieurs dizaines l’autre jour sur les quais du RER E, à la station Haussmann Saint Lazare, à compter le nombre de voyageurs qui descendaient des trains. Un compteur devant chaque porte, vêtu de la veste siglée au nom de l’entreprise chargée de cette mission, un compteur mécanique à la main, une planchette avec une feuille et un stylo pour noter le chiffre obtenu.

1 clic par voyageur lors des faibles affluences.
1 clic pour 5 ou 10 selon le cas, à partir du moment où des flots de voyageurs se déversent sur le quai…

Ils étaient encore présents au soir de cette longue journée, aux mêmes endroits. Maurice lui, était à ce moment-là sur le chemin du retour. Si le matin Maurice avait été compté, là il monterait dans un train dont les voyageurs en sortant seraient comptés.

Leur journée avait probablement été une succession de moments intenses, lorsque le train arrive et qu’il faut au milieu de la foule faire le décompte des voyageurs, et des moments d’ennui quand après avoir rapporté son chiffre au chez d’équipe il faut attendre le prochain train. Entre deux trains, rien de mieux à faire que de papoter avec son collègue compteur, assis sur les bancs de pierre en attendant l’arrivée de la prochaine rame.

La journée pour eux aussi avait du être longue et fatigante. En fait elle avait du être aussi longue que la mienne ! Maurice était plus fringant ! Il avait encore suffisamment de ressources pour rentrer chez lui !

Les compteurs quant à eux étaient pour la plupart complètement affalés, voire allongés sur les bancs en pierre, amorphes, le regard perdu dans le vide.

En y pensant bien, Maurice se retrouve dans le même état, mais en comptant les moutons ! De là à dire que les usagers des transports en commun sont des moutons…


picots

lundi 31 mars 2008

Sac à dos

La société des loisirs a permis à des personnes de plus en plus nombreuses, de s’adonner à la détente, qu’elle soit sportive ou non.

C’est ainsi qu’apparurent les premiers campeurs et les premiers randonneurs. Bien sûr, à aucun moment vous ne les avez imaginés partir découvrir le vaste monde les mains dans les poches. On général on les représente, et on se les représente, harnachés d’un sac à dos.

Qu’ils soient en toile, en cuir ou en matières synthétiques, ils font maintenant partie du paysage. Rappelez-vous, il y a plusieurs mois, Maurice évoquait une marque célèbre et spécialisée dans les sacs en tous genres. Leur aspect indéniablement pratique et l’évolution de la mode ont fait passer ces sacs du statut d’objet usuel réservé à une utilisation essentiellement vacancière à celui de must qu’on ne dissimule pas et qu’on trimbale partout.

Qui dit partout dit bien sûr dans les transports en commun. C’est là que les choses commencent à se gâter. En effet, trop rares sont les possesseurs de tels sacs à ne pas avoir remarqué l’excroissance dorsale qu’ils véhiculent. Il en va ainsi des collégiens, lycéens et étudiants de tous poils, mais aussi des employés et des cadres du secteur public comme du secteur privé. La gent féminine n’est pas exclue de ce recensement.

Les porteurs de ces sacs ne seraient pas conscients de l’espace qu’ils occupent, en particulier lorsqu’ils effectuent un quart ou un demi tour au milieu d’une foule compacte.

Au Japon il est paraît-il mal vu, lorsqu’il y a beaucoup de monde dans les transports en commun, de garder son sac sur le dos, car il prend la place d’un personne. Dans le même registre, nos voisins belges ont démarré ce qu’ils appellent à juste titre une campagne de courtoisie qui reprend un certain nombre de comportements qui s’ils étaient corrigés, rendraient la vie plus agréable pour tous.

Le prochain qui me bouscule, je lui colle un atemi courtois !

arrivee train

vendredi 28 mars 2008

Traces de doigts

Le progrès technique aidant, de plus en plus de voyageurs possèdent maintenant un téléphone, un mobile, une console de jeux, un lecteur MP3, un palm, un Blackberry, bref le joujou dernier cri qui fait tout et qu’on ne dissimule plus. Si leur utilité est différente d’un appareil à l’autre, ils ont au moins un point commun : un écran ou une coque sur lesquels le moindre effleurement laissera une belle empreinte digitale.

Ces écrans sont de plus en plus grands et les matériaux utilisés de plus en plus lisses et brillants. Pour certains modèles, les écrans sont tactiles et à défaut d’utiliser un stylet, le bout du doigt fera l’affaire.
Ce ne sont pas les chaussettes multicolores ou les étuis en cuir dans lesquels ils sont amoureusement enveloppés qui les protègeront pour autant.

Pour ceux qui ne possèdent ni téléphone, ni mobile, ni console de jeux, ni lecteur MP3, ni palm ou Blackberry, on pourrait faire une analogie avec les lunettes. Cela dit, on n’est pas en train de coller ses grosses mains pleines de gros doigts crasseux aussi souvent sur ses lunettes que sur son iPod. On retrouvera cependant les mêmes maniaques en permanence en train de chasser la moindre petite trace que ceux dont les verres sont pratiquement opaques…

C’est ainsi que dans les transports en commun, en particulier, mais ailleurs également, vous pourrez voir de plus en plus de personnes frotter leur appareil.

Les techniques diffèrent d’un individu à l’autre et les différences tiennent la plupart du temps à la tenue vestimentaire. En effet, vous pourrez observer ceux qui utilisent le revers de leur cravate, ceux qui préfèrent la jambe de leur pantalon, la manche de leur manteau, un pan de chemisier ou le bas d’un T-Shirt.

Et vous, vous êtes plutôt quoi ?

marches

jeudi 27 mars 2008

Consolez moi

Il y a quelques jours maintenant, Maurice constatait que les choses n’avaient pas changé dans les transports en commun. En fait, là comme ailleurs, il arrive que certains changements se fassent progressivement, pour ne pas dire de façon insidieuse, sans qu’on le réalise vraiment.
Et puis un jour, c’est l’évidence, on se rend compte qu’une évolution a eu lieu. Ce qui jusqu’à présent ne se produisait jamais est maintenant une chose acquise et fréquente.
C’est peut-être à ce genre de phénomène que Maurice assiste.

Jusqu’à une époque récente, les passe-temps favoris des voyageurs étaient la lecture et les jeux (mots croisés, fléchés). Puis vinrent les téléphones portables, les sudokus et les fameux lecteurs MP3.

On assiste maintenant à l’apparition des consoles de jeux. Vous me direz que ça existe depuis longtemps et que Maurice ne devait pas avoir les yeux en face des trous pour ne pas s’en être rendu compte plus tôt. Certes. Qui n’a jamais joué avec les jeux de son téléphone portable, de son iPod, de son Palm, voire de son BlackBerry ou de sa PSP ? A part pour la PSP, il s’agissait de jeux courts et juste bons à passer le temps.

Maintenant, c’est le jeu intelligent qui fait fureur. Ou plutôt le jeu censé vous rendre plus intelligent. On a commencé à les voir fleurir au moment de la fête des Mères, allez savoir pourquoi… Bref, tout le monde veut maintenant se muscler les neurones grâce aux jeux cérébraux.

Foi de Maurice, et on ne peut que s’en réjouir, le niveau intellectuel du voyageur de base va crever les plafonds ! Il serait temps !

escalator

mercredi 26 mars 2008

Passage forcé

Maurice évoquait hier le comportement des voyageurs pressés et impatients dans les sas réservés aux handicapés, aux poussettes et aux voyageurs munis de grosses valises à roulettes.

Des scènes similaires ont lieu là où des portillons spéciaux ont été installés pour ces mêmes voyageurs (les handicapés, les poussettes et les valises à roulettes). Il s’agit d’un passage avec deux portes plus larges que la normale et d’un fonctionnement un peu différent. Ce système fonctionne aussi bien dans un sens que dans l’autre, pour entrer ou pour sortir. Les portes s’ouvrent dans le sens de la marche du voyageur qui a introduit son ticket. Les portes s’ouvrent quelques secondes après avoir validé son titre de transport, 2 ou 3 seulement mais dans certaines circonstances ça peut paraître une éternité, et elles restent ouvertes pendant quelques secondes avant de se refermer automatiquement, le temps de laisser passer le voyageur.

La logique, pour ne pas dire la moindre des politesses, serait que la priorité soit accordée à celui qui a validé son titre de transport. A fortiori lorsqu’il s’agit d’une des personnes pour lesquelles ces portes ont été mises en place.

Vous l’aurez deviné, ça ne se passe pas tout à fait de cette manière là !

Le voyageur de base, toujours aussi pressé et peu soucieux de son prochain, aura repéré que ces portes allaient s’ouvrir. Comme il se passe un certain temps avant l’ouverture, plusieurs personnes attendent de part et d’autre l’ouverture automatique. Pour eux le jeu en vaut probablement la chandelle car soit ils n’ont pas de billet et vont pouvoir passer sans problème, soit ils gratteront quelques secondes car ils évitent un détour de 15 mètres à tout casser et le passage par un portillon individuel souvent en panne ou sur lequel une voyageuse s’échine à faire passer et repasser frénétiquement son sac à main au fond duquel se trouve son Pass Navigo…

Et c’est la ruée !

Le mouvement sera d’autant plus rapide et musclé qu’il y aura de personnes de part et d’autre, car tout chacun veut passer en premier avant que les portes ne se referment ! Quant aux handicapés, poussettes et autres valises à roulettes, une fois les portes refermées, qu’ils se débrouillent ! Les autres sont déjà loin !

mardi 25 mars 2008

Rien n’a changé

C’est le constat que Maurice se faisait ce matin en partant travailler. Pourquoi ce jour-là plutôt qu’un autre ? Peut-être à cause du fait qu’il est de plus en plus conscient du fait qu’il n’a pas écrit d’article sur son blog depuis belle lurette. Il manque le petit déclic qui relancera la machine. Peut-être à cause des quelques messages laissés sur son blog par des lecteurs (pour ne pas dire lectrices) trop longtemps délaissés mais toujours présents et actifs sur la toile.

Rien n’a changé donc. Ou si les choses ont changé, ce n’est pas dans le sens d’une amélioration. Les voyageurs sont toujours aussi égoïstes, aveugles et sans cervelle. Il n’est qu’à les voir tous les jours, pensant gagner du temps et gratter quelques places au concours du voyageur le plus rapide et le plus malin, s’entasser dans les sas réservés aux personnes à mobilité réduite (les zandicapés) et attendant que le portillon veuille bien s’ouvrir alors que le système n’accepte pas plusieurs personnes afin de lutter contre la fraude.

Il faut voir leur énervement palpable lorsqu’ils réalisent le piège dans lequel ils se sont jetés, pensant gagner quelques secondes en allant plus vite que les autres. Étant immobilisés, ils ont tout le loisir de voir les autres passer sans souci. Ils regardent par-dessus l’épaule de la personne qui est devant pour vérifier qu’elle passe correctement son badge sur le lecteur ou qu’elle a un billet valide. Dans leur énervement, aucun ne prête attention au message diffusé par la machine leur disant de bien vouloir sortir.

Quand bien même ils voudraient s’extraire de ce cul de sac, c’est avec difficulté qu’ils le feront vu le nombre de personnes qui s’entassent déjà derrière eux !

Comment cela se termine-t-il ? Maurice n’en a aucune idée. La scène pour lui n’a duré que quelques secondes, le temps de passer devant ce fameux sas. Il faudra qu’il pense ce soir en rentrant chez lui, à jeter un coup d’œil pour voir où ils en sont restés !

mercredi 28 novembre 2007

Soirée Onwheelz White !

Quatrième édition des soirées ONWHEELZ

Samedi 1er décembre
de 20h à 2h

Gymnase de l'ASPTT
242 rue de Bercy
Paris 12ème

C'est la "White Party" ! Alors à vos vêtements blancs et débrouillés comme confirmés, venez faire la fête avec nous !!!

Du bon son : disco, funk, house... et des animations (démo de slalom, de roller dance) vous attendent !

Entrée: 7euros en pré vente ou 10euros sur place.

Voici le lien pour vous inscrire !

http://onwheelz.rollerdisco.free.fr/

Soirée On Wheelz White