mardi 5 septembre 2006

L'arche de Noë

Ce matin, comme pratiquement tous les matins de ce mois d’août, il avait plu. Ce n’est pas nouveau et bientôt je n’aurai plus à la préciser car vous l’aurez deviné sans que je l’écrive. Vous aurez également deviné que ce billet commence à dater aussi...

Ce matin donc le quai était humide. Et une fois de plus, des escargots téméraires (des petits-gris) se traînaient le long du grillage qui empêche le voyageur inattentif de tomber sur le bas-côté, d’autres s’aventuraient même au milieu du quai (pour prendre le train ?). Lorsque Maurice les voit ainsi à la merci d’une semelle de chaussure aveugle, il les remet à leur place, dans la végétation, du bout du pied. Il n’est pas le seul à le faire d’ailleurs.

Quelques escargots n’auront pas cette chance. Il n’est qu’à constater le nombre de gastéropodes réduits à l’état de crêpe qui jonchent le sol. Ils ne seront pas perdus pour tout le monde. Une fois les voyageurs montés dans le train, les pies prennent le relais et se chargent du nettoyage.

C’est cette scène de la vie ordinaire qui m’a ainsi donné l’idée de lister les animaux que j’ai pu croiser sur mon trajet quotidien, à pied, en bus, et en RER (A et E) :

Canard (colvert)
Chat
Cheval
Chevreuil
Chien
Corneille
Escargot (petits-gris, des bois)
Faisan
Grenouille (rainette des bois)
Hérisson
Héron (cendré)
Hirondelle
Mésange (bleue, charbonnière)
Moineau
Papillons
Pie
Pigeon
Renard
Souris

Dans le genre exotique, j'ai croisé

Chameau (le modèle à deux bosses)
Lama
Vaches irlandaises
Zébu

Il faut dire que ce jour là un cirque avait décidé de stationner le long de la route qu'emprunte le car !

Enfin ce n'est pas rare de voir des thons. Rouges ou blancs, contrairement aux affirmations de GreenPeace, ils sont loin d'être en voie d'extinction. En méditerrannée peut-être, mais pas sur ma ligne !

lundi 4 septembre 2006

Voyager léger

Il n’est pas encore 7h00 du matin et pourtant Maurice est déjà sur le quai de la gare à attendre son train. Il fait jour mais pas encore suffisamment pour que les éclairages publics soient éteints. Ce matin, comme souvent en ce beau mois d’août, le sol est mouillé. Il a plu cette nuit et les nuages toujours présents dans le ciel semblent se disperser.

C’est l’inverse pour les voyageurs qui commencent à se regrouper petit à petit. L’ambiance est très calme car ils arrivent isolément, en silence. Seuls quelques bonjours sont échangés de loin en loin.

Les oiseaux n’ont pas l’air très chauds pour lancer quelques trilles matinales. La température y est certainement pour quelque chose et aujourd’hui ils sont trop occupés à lisser leurs plumes au fond de leurs nids détrempés.

En attendant donc que son train s’arrête, Maurice peut librement observer ceux qui arrivent et passent devant lui. Les visages ne sont ni gais ni tristes, juste sérieux, peut-être encore un peu fatigués ou mal réveillés. Heureusement l’air frais et vivifiant de ce matin va vite remettre les choses en place.

Et tout à coup c’est l’étonnement et l’incompréhension. Un homme s’avance sur le quai. Il est vêtu d’un costume gris anthracite, d’une chemise rayée et d’une cravate et a des chaussures noires. Et c’est tout ! Il avance les mains dans les poches, sans sacoche, ni sac en bandoulière.

Maurice est toujours chargé comme une mule (normal me direz-vous). Le contenu de sa sacoche est toujours en ligne à l’adresse suivante. Il imagine alors la taille des poches qu’il lui faudrait pour emmener tout son barda : magazine, calepin, stylos, parapluie, clés…

Et sans sacoche ou sans un livre à la main il se sent complètement nu et ne sait plus quoi faire de ses mains.

vendredi 1 septembre 2006

Enigme

Un TGV rouge part lundi matin de la gare d’Angoulême à 6h10.
Il est direct jusqu’à Paris-Montparnasse.
Il ne s’arrêtera donc pas en cours de route.
Sur le tronçon Angoulême-Tours, long de 300 km, le TGV roule à 150 km/h.
Sur le tronçon Tours-Paris long de 200 km, le TGV roule à 300 km/h.

Un TGV bleu part lundi matin de la gare de Paris-Montparnasse à 6h30.
Il n’est direct jusqu’à Paris.
Il s’arrêtera 2 minutes à Tours, 2 minutes à Châtellerault, 2 minutes à Poitiers et 2 minutes à Ruffec.
Sur le tronçon Paris-Tours long de 200 km, le TGV roule à 300 km/h.
Sur le tronçon Tours-Angoulême, long de 300 km, le TGV roule à 150 km/h.

Les distances, les horaires et les vitesses ont été arrondis pour faciliter les calculs.
On considère que les trains n’accélèrent pas et ne ralentissent pas.

Question :

Lorsque les deux TGV se croiseront, lequel sera le plus proche d’Angoulême ?

La calculette est autorisée et vous avez le week-end pour trouver la bonné réponse.

jeudi 31 août 2006

Merci !

J'évoquais l'autre jour l'absence de journaux gratuits pendant le mois d'août. C'était oublier que pendant que les uns se reposent, s'amusent et en profitent, d'autres continuent à b(r)osser dur.

Je tiens à remercier Catherine M. et Dominique F. qui chacun à leur manière ont su apporter un démenti flagrant à mes élucubrations. Le numéro 1683 du Charentais Annonce daté du 31 août en est la preuve !

Je les remercie aussi de pouvoir les compter parmi mes nouveaux et très probablement fidèles lecteurs.

Je les remercie de m'avoir fait parvenir, par porteur spécial très chargé, ces petits cadeaux que je vous invite à découvrir sur ces photos. Il n'y a pas de raison pour ne pas en faire profiter la blogosphère.

J'aurais souhaité faire paraître ce billet plus tôt, mais la livraison fut tardive dimanche et l'impression de la série sur la mousse à raser derrière l'oreille était lancée.

J'espère pour eux que cette attente n'en fut que meilleure et la surprise plus grande. Je suis friand de ce genre d'attention et je n'oublierai jamais le superbe et gigantesque slip kangourou que ces petits canaillous m'avaient offert au soir des nos adieux, il y a presque 20 ans maintenant...

Maurice a retrouvé le sourire (Colgate) et vous salue !

ps : ah ! Ce mélange frais de courgettes, petits pois et basilic...

Gardez le sourire mon Capitaine !

Gardez le sourire mon Capitaine !



Le Charentais Annonce mon Capitaine !

Le Charentais Annonce mon Capitaine !



Catherine brosse dur mon Capitaine !

Catherine brosse dur mon Capitaine !

mercredi 30 août 2006

La barbe (3)

Horreur ! Il sent le paquet de mousse à raser sous ses doigts et réalise alors qu’il s’est baladé non seulement dans Paris, mais aussi dans le métro, dans le RER et dans son entreprise avec ça collé derrière l’oreille. Il se prend alors un coup de chaud, transpire et rougit comme une jouvencelle. Il fait disparaître tant bien que mal la mousse en la collant sous la table. Une fois son forfait accompli, il passe en revue sa deuxième oreille et pousse un soupir de soulagement en constatant que celle-ci ne dissimule rien.

Son manège n’a évidemment pas échappé à ses collègues de bureau qui eux aussi, par mimétisme, procèdent à une inspection plus ou moins discrète et efficace de leurs propres oreilles. C’est un peu comme lorsque vous vous grattez le nez devant quelqu’un. Vous remarquerez qu’aussitôt votre interlocuteur fera la même chose pour s’assurer qu’il n’a rien qui lui pend au nez !

La vérification est faite différemment selon les individus. Certains font une oreille à la fois en penchant la tête sur le côté, une fois à gauche, une fois à droite. D’autres font les deux oreilles en même temps en penchant la tête en avant.

La chef de service, voyant tous les hommes autour d’elle se tirer le lobe des oreilles, imagine alors à son tour que quelque chose cloche chez elle. A-t-elle perdu une de ses boucles d’oreille ? A son tour, et c’est plus fort qu’elle, il faut qu’elle vérifie si tout est en place. Cela lui arrive de temps en temps, pour une raison inconnue, de s’effrayer pour rien en pensant avoir perdu une boucle d’oreille. Aujourd’hui, force est de constater que rien ne manque.

Pensant qu’on se moquait de ses pendentifs ethniques achetés pendant ses vacances sur une place de marché dans le sud de la France, on ne la vit plus jamais les porter.

mardi 29 août 2006

La barbe (2)

Je laissais donc s’éloigner cet homme à la feuille de chou farcie de mousse à raser en me disant que de tout manière il allait s’en rendre compte à un moment ou à un autre, sans l’aide de qui que ce soit.

Pour vous en convaincre, je vais vous expliquer comment cela s’est passé et quelles ont été les conséquences dramatiques de ce qui au départ pouvait sembler drôle et anodin

En fait cela s’est produit au cours de la réunion du matin. C’était la première réunion à laquelle il participait depuis son retour de congés. Vu la façon dont il était bronzé, on ne pouvait pas ne pas se rendre compte qu’il rentrait à peine de congés ce jour là. Il était rentré de vacances la veille au soir, tard dans la nuit, avait du vider sa voiture et s’était finalement écroulé de sommeil, encore plus fatigué qu’il ne l’était avant de partir. Evidemment le réveil avait sonné beaucoup plus tôt que d’habitude, et justement, les habitudes qui permettent de gagner du temps avaient été quelque peu oubliées.

Ainsi, du jour au lendemain, il se retrouve dans cette pièce aveugle, assis autour d’une table avec quelques uns de ses collègues et sa chef de service. Son gobelet de café lyophilisé entre les mains, il repense avec regret à ce qu’il faisait deux jours plus tôt à la même heure.

C’est à ce moment précis qu’il commence à sentir non pas une gêne, mais quelque chose d’à peine perceptible au niveau de l’oreille, sans pouvoir préciser d’avantage ce dont il s’agit. C’est donc plus par réflexe que dans un mouvement réfléchi qu’il attrape machinalement le lobe de son oreille entre le pouce et l’index.

(à suivre…)

lundi 28 août 2006

La barbe (1)

Les femmes, sous nos contrées et à notre époque, connaissent des soucis qui sont propres à leur genre comme par exemple de devoir se raser tout le corps pour plaire ou ne pas faire l’objet de commentaires plus ou moins désobligeants. Les hommes n’ont pas ce problème car le rasage pour eux se limite au visage.

Passés les premiers instants à maudire l’auteur de ces quelques lignes, je devine un froncement de sourcil perplexe chez certain(e)s.. Car la question que chacun se pose est bien évidemment le rapport entre le rasage et les transports en commun. Il est ténu, certes, mais il existe.

J’ai eu une chance inouïe ce matin. Quelle est d’après vous la probabilité d’apercevoir un résidu de mousse à raser derrière l’oreille d’un voyageur dans le RER en plein mois d’août ? Avouez que c’est rarissime ! Même en dehors du RER… Sauf peut-être dans un hospice de petits vieux ?

En fait, ce n’était pas de la mousse à raser, mais du gel de rasage. Je sais de quoi je parle car j’en utilise tous les jours sauf un jour du week-end de temps en temps. Le petit amas de gel donc était coincé entre le lobe de l’oreille et le crâne. Invisible à coup sûr de face et même de profil face au miroir, mais immanquable de dos car sur une peau bronzée il est difficile de ne pas remarquer une tache légèrement luminescente avec un ton bleu pâle.

Quand bien même l’aurais-je voulu, je n’ai pas eu le temps de prévenir l’infortuné. De toute manière je ne m’imagine pas interpellant un inconnu au milieu de la foule pour lui crier :

« Hep ! Monsieur ! Vous avez de la mousse à raser derrière l’oreille ! »

A un copain ou un ami, voire à certains collègues de travail, oui, je le ferai immédiatement, mais pas à un inconnu.

(à suivre…)

vendredi 25 août 2006

Agression (3)

Maintenant que le décor est planté, et étant donnée la manière dont je vous l'ai décrit, je suis convaincu que nombre d'entre vous ont compris comment s'est déroulée l'agression.

Pour les autres, je vais expliquer ce qui s'est passé. Mais tout d'abord, afin d'entretenir un peu plus le suspense il faut situer l'action dans le temps. Je vous épargnerai donc la traditionnelle page de publicité qui permet la plupart du temps de satisfaire une envie pressante et de réajuster les coussins avant de s'abrutir de nouveau devant la boîte à images.

En ce qui concerne l'unité de temps, cela s'est passé en période de pointe, en fin d'après-midi, un jour de semaine. Je ne me rappelle plus précisément l'heure ni le jour. En tous cas, à un moment de la journée où censément vous vous dites que vous ne risquez rien puisque vous êtes loin d'être seuls.

On aurait tendance à penser que la foule vous protège et qu'au contraire le fait de se retrouver isolé expose plus au danger. C'est vrai que passée une certaine heure il n'est pas très rassurant de se retrouver seul sur certaines lignes de trains ou de RER. Mais dans certains cas il est possible de profiter de la foule justement pour commettre un méfait. Cela permet de s'y fondre et de disparaître très rapidement.

Les agresseurs, après avoir frappé leur infortunée victime et lui avoir dérobé sont téléphone portable au milieu des autres voyageurs, sont passés d'une voiture à l'autre pour se perdre dans le train. Personne ne s'est interposé.

Et moi direz-vous ?

Evidemment les passagers des autres voitures n'avaient rien vu ou entendu. Ils ne voyaient que des jeunes sauvageons passer d'une voyageur à l'autre. Le conducteur du train avait été alerté par interphone. Il avait fait le nécessaire pour que des « renforts » soient sur le quai du prochain arrêt.

Cela dit une fois le train arrêté, toutes les portes se sont ouvertes et le chassé-croisé de ceux qui descendent de voiture et de ceux qui montent a permis aux voleurs de disparaître pour de bon.

jeudi 24 août 2006

Agression (2)

Je n'ai pas terminé de vous expliquer comment s'est déroulée l'agression que j'ai commencé de relater dans le post précédent.

Avant de poursuivre, et pour une meilleure compréhension ultérieure, il faut que je vous décrive tout d'abord le décor, l'unité de lieu.

Ces voitures du RER E sont à plusieurs niveaux. Il y en a en fait 3 niveaux différents :

- Le niveau 0 est composé de 3 plateformes (1 centrale et 2 latérales). C'est à ce niveau, qui est à la hauteur du quai, que les voyageurs entrent ou sortent dans une voiture. Grâce à des escaliers, un qui monte et l'autre qui descend, on peut accéder aux niveaux +1 et -1 à partir des 2 plateformes latérales. La plateforme centrale permet d'accéder aux deux niveaux -1 (l'un à gauche l'autre à droite).
- Le niveau +1 est composé de 2 zones qui ne communiquent pas entre elles. On y trouve de nombreux sièges.
- Le niveau -1 est composé de 2 zones qui communiquent par la plateforme centrale. On y trouve également de nombreux sièges.

Il y a très peu de sièges sur les plateformes latérales, et aucun sur la plateforme centrale. Il est donc possible en cas d'affluence de s'y tenir debout et nombreux. En cas de très forte affluence (situation quasi normale), il y a même des voyageurs debout dans les escaliers. Circuler dans la rame est pratiquement impossible sauf à bousculer tout le monde.

Il y a une porte de service à chaque extrémité de voiture. Chaque porte est fermée. On ne peut l'ouvrir qu'avec une clé spéciale dont seuls les agents SNCF devraient disposer. Le péquin moyen n'y passe pas. Certains voyageurs (ils ne portent pas d'uniforme SNCF) ont les moyens d'ouvrir ces portes. Ces portes permettent de passer d'une voiture à l'autre.

mercredi 23 août 2006

Agression (1)

Il y a plusieurs semaines maintenant, j'étais dans une voiture du RER E dans laquelle a eu lieu une agression. Un voyageur a été agressé et volé. Il a dans un premier temps été pris à parti, frappé et on lui a dérobé son téléphone portable. Le tout à une heure de pointe, au milieu d'autres voyageurs.

Sans en avoir été le témoin direct, c'est la première fois que je passe aussi près de ce genre de fait divers que certains qualifient d'incivilité.

Il m'est parfois arrivé d'assister malgré moi à des discussions fortes, très tendues, le plus souvent et chose étonnante du fait de voyageuses. Dans ces circonstances on a toujours l'impression qu'une simple étincelle risquerait de mettre le feu aux poudres, en d'autres termes que les acteurs en viennent à un crêpage de chignon en règle. L'honnête mère de famille se transforme alors en furie ou en marchande de poissons selon le cas. Dommage pour elle car après on ne les regarde plus de la même façon. Maurice déteste la vulgarité.

Fort heureusement l'intervention tonitruante et virile du voyageur dérangé dans sa sieste ou de celui dans l'impossibilité de lire tranquillement le compte-rendu du dernier match de son équipe de foot préférée - Oh ! Oh ! C'est pas bientôt un peu fini c'bordel ? - permet la plupart du temps de calmer les esprits, de faire retomber la tension, mais pas l'animosité et de replonger dans sa lecture favorite. L'approche qui consisterait à calmer les esprits par un - Mais enfin Mesdames, calmez-vous ! - n'aurait aucune chance de réussir.

Il n'est pas rare non plus de voir les gens sourire en appréciant l'échange verbal des deux adversaires du moment. Le spectacle est assuré et gare aux oreilles sensibles ! De si vilains mots dans de si jolies bouches...

mardi 22 août 2006

Les bébés

Les fumeurs c'est une chose, mais il y a une autre catégorie de voyageurs que je cherche à éviter autant que faire se peut. Certains l'appellent les bébés, moi je l'appelle le mouflet teigneux à chandelle. Malheureusement, et comme les autres, je suis tributaire du numéro de siège indiqué sur mon billet.

Dans cette catégorie je range pêle-mêle :

- celui qui attendra que vous vous soyez assoupi depuis 10 secondes pour pousser des hurlements à réveiller les morts
- celui que la mère au bord de la crise de nerfs, parce que pour elle ça dure depuis des mois, ne peut balancer par la fenêtre étant donné qu'on ne peut pas les ouvrir
- celui qui, les yeux rougis de larmes, le tétin vissé dans la bouche et le « nin-nin » cradot et odorant à la main, vient s'essuyer le nez sur la jambe de votre pantalon alors qu'il y a plein d'autres jambes dans le couloir du train
- celui qui au bout de cinq minutes fait passer ses parents pour de mauvais parents incapables et complètement dépassés et les soumet d'emblée au le regard noir et courroucé des autres voyageurs.

La seule chose qu'il réclame, c'est de pouvoir se balader dans l'allée centrale. On peut le comprendre. Rester dans les bras de quelqu'un pendant tout le trajet, ou bien rester assis sans rien dire pendant des heures, c'est insupportable pour lui. D'autant qu'il marche depuis quelques semaines à peine. Il est donc fier de montrer à tout le monde comment, malgré son énorme et pesante couche-culotte, il est capable, tel un château branlant, de se déplacer au milieu d'un train filant à 300 km/h.

Quand je pense qu'il y en a qui trouve ça attendrissant ! Moi j'ai beau me plonger avec mon air le plus sérieux et le plus rébarbatif dans la lecture de mon magazine préféré, le voilà qui justement se cramponne à ma cuisse pour conserver son équilibre.

Il est bien sûr tout content de son exploit et gazouille de joie non feinte. A ce moment-là, tout le monde nous regarde et je me vois donc dans l'obligation de lui décrocher un sourire bien que l'envie de lui soustraire d'un seul coup son point d'appui me démange.

De me voir sourire, derechef il se met aussi à me sourire, c'est un réflexe. Alors comment voulez-vous ne pas trouver ça attendrissant ? Bande de sans cœurs !

lundi 21 août 2006

Tabac froid

Voyager en TGV n'est en définitive pas si difficile que ça. C'est supportable. On peut même y trouver certains avantages. Pas d'embouteillages dans lesquels perdre des heures, si ce n'est quelques retards, ceux de plusieurs heures étant exceptionnels. La fatigue en moins pour certains trajets, surtout en hiver lorsqu'il pleut ou qu'il neige. On se sent nettement plus en sécurité.

Non, la seule chose qu'il faudra supporter, c'est son voisin de banquette ou certains voisins de voiture.

A mon sens, le pire des voyageurs à supporter, c'est le fumeur. Surtout lorsqu'il est assis à côté de vous. Celui-là, ou celle-là d'ailleurs, je ne peux pas le sentir. Les TGV sont enfin non-fumeurs. Des fumeurs il en existe toujours. Auparavant ils se regroupaient dans une voiture réservée aux fumeurs ou bien, ne supportant pas de voyager dans une voiture enfumée et empestant le tabac froid, ils allaient s'y rendaient en cours de voyage pour en griller une de temps en temps.

Maintenant la seule possibilité pour les fumeurs qui ne peuvent s'en passer, est d'aller en griller une à chaque arrêt. A l'annonce du prochain arrêt on les voit se précipiter en file indienne, la cigarette et le briquet à la main. Sur le quai, qu'il pleuve ou qu'il vente, on les voit tirer comme des malades sur un mégot fumant car deux minutes d'arrêt c'est peu pour en fumer une complètement. Au prix du tabac, il ne faudrait pas gaspiller, n'est-ce pas ?

Au signal annonçant la fermeture des portes, après avoir tiré une dernière et longue fois sur un résidu de filtre incandescent, un pied sur le marchepied, la bouche en cul de poule ils rejettent consciencieusement la fumée à l'extérieur de la voiture et soulagés viennent se rasseoir à votre côté pour vous faire profiter de leur haleine « Spécial Tabac Froid ».

vendredi 18 août 2006

Voisin Voisine

Prendre le TGV ou les transports en commun en général, c'est accepter de partager avec les autres. Le pire comme le meilleur. La banquette comme l'accoudoir.

A partir du moment où l'autre voyageur montre autant de bonne volonté que vous, partager la banquette est relativement simple dans la mesure où c'est justement l'accoudoir central qui délimitera l'espace de chacun. Une fois l'accoudoir abaissé, l'espace vital de chacun est marqué. Abaisser l'accoudoir revient à marquer son territoire et à tracer la limite à ne pas dépasser, de façon courtoise mais claire et déterminée.

On se regarde toujours et on se sourit d'un air entendu en marmonnant des mots d'excuse lorsqu'on abaisse l'accoudoir. Pas vrai ?

L'accoudoir est unique et fait figure de frontière. Mais ce n'est pas une ligne imaginaire. L'accoudoir a une surface. Il s'apparente plus à une zone de sécurité, voire un territoire occupé que chacun est en droit de revendiquer. Ce territoire pourra être occupé à tour de rôle. Mais certains n'hésitent pas à se l'approprier de façon unilatérale. Une forme détournée et moins noble du célèbre « J'y suis, j'y reste ! » de Mac Mahon. On n'imagine pas le nombre de conflits larvés et de batailles d'accoudoir qui peuvent se dérouler dans un TGV en période de pointe. C'est terrible.

L'intervention des Casquettes Bleues ou l'envoi d'une force d'interposition est l'exception.

Afin d'éviter tout risque d'embrasement et parce que c'est son choix, en général, lorsque Maurice occupe le siège côté fenêtre, il s'appuie contre la fenêtre et lorsqu'il est côté couloir, il a tendance à se pencher vers l'allée centrale.

L'accoudoir est donc un no man's land, une DMZ, un terrain inondable qu'il ne revendique pas mais qu'il occupera de temps à autre ne serait-ce que pour passer de la fesse gauche à la fesse droite.

jeudi 17 août 2006

Un fauteuil pour deux

L'installation dans le TGV se fait toujours avec une petite appréhension. Maurice n'aime pas trop que quelqu'un, pensant trouver une place libre, se soit installé à sa place. D'une part il faut faire dégager l'intrus et d'autre part s'asseoir à une place réchauffée par un postérieur étranger. Il arrive que cet intrus dorme ou fasse semblant de dormir, pensant ainsi bénéficier d'une certaine mansuétude. Même chose pour les personnes du soit disant sexe faible qui d'un sourire charmeur pensent obtenir ses bonne grâces. Que nenni ! Hors d'ici tout à l'heure et que je ne vous y reprenne plus ! Prenez vos cliques et vos claques et dégagez sur le champ !

Non mais…

Une fois votre place repérée et vidée, vous pouvez enfin vous asseoir. Et là, comme dirait l'autre, vous avez alors deux possibilités : soit la place voisine de la votre est libre, soit elle est occupée.

Si elle est libre, pas de problème, vous pouvez vous installer tranquillement et même profiter de la place restée libre pour vous étaler nonchalamment en espérant presque égoïstement que personne ne viendra s'y installer au cours du voyage.

Si elle est occupée, d'un coup d'oeil expert, tout en échangeant les amabilités de circonstances, vous prenez la mesure de votre nouveau voisin de banquette avec lequel il faudra composer, de façon imposée, pendant un moment. Vous aurez le même comportement lorsqu'une personne viendra occuper la place qui jusqu'à présent était libre.

Enfin, rares sont les cas où vous regrettez que la banquette ne soit pas moins large. La plupart du temps, que vous voyagiez à côté d'une asperge qui picore des biscuits secs arrosés d'eau minérale ou d'une baleine qui ingurgite des sandwichs jambon-fromage arrosés de coca, la banquette a toujours la même dimension.

Vos genoux ne diront pas le contraire.

mercredi 16 août 2006

Il est 5 heures…

C'est devenu une habitude, au mois d'août Maurice rejoint sa « petite » famille tous les week-ends. Et pour le faire il n'a rien trouvé de mieux que de prendre le train. Le TGV pour être plus précis. Il peut ainsi profiter un peu plus de cet univers et y prolonger son immersion : plus tard le vendredi et plus tôt le lundi. En effet le départ a lieu le vendredi soir, après une bonne semaine de travail et le retour s'effectue le lundi matin, suffisamment tôt pour être à l'heure au bureau.

Le voyage du retour, le lundi matin, se passe toujours dans le plus grand calme. Maurice monte dans un train occupé par un certain nombre de voyageurs qui ont du se lever encore plus tôt que lui. Ce sera d'ailleurs le dernier arrêt avant le terminus du train un peu plus de deux heures plus tard. Ce ne sont ni l'arrêt du train ni le va-et-vient de voyageurs dans le wagon qui viendront troubler le calme.

Une fois installé, Maurice ne pense plus qu'à retrouver un semblant de sommeil qui ne sera perturbé que par le bruit de la perforeuse du contrôleur de billets. Pour ceux qui en ont déjà fait l'expérience, le confort spartiate d'un siège de TGV en seconde classe ne vaut pas un bon Epéda multi-spires. Il est par ailleurs impossible d'étendre les jambes. Pas question non plus de se laisser aller sur l'épaule de son voisin ou de sa voisine. Heureusement que la clim' n'est pas montée à fond le matin, car un mauvais courant d'air froid sur le pauvre petit cou sensible de Maurice et c'est le torticolis assuré !

Mince, mon doudou est resté dans mon sac de voyage. Il va falloir que je me lève !

Il est 5 heures
Maurice s'éveille
Il est 5 heures
Maurice a sommeil…

vendredi 11 août 2006

Météo des plages

Force est de constater que bon nombre d'usagers des transports en commun sont absents ces jours-ci. Partis sous d'autres cieux sans aucun doute. C'est chacun son tour. Pour moi ce fut le mois précédent. Et apparemment je ne suis pas le seul dans ce cas étant donnée la mine bronzée que l'on peut observer sur certains et certaines.

Il n'a pas du y avoir de la neige partout car on ne voit pratiquement pas de bras en écharpe ou de béquilles dans les trains. C'est vrai qu'avec la chaleur qu'il a fait…

Ainsi pour ceux qui sont partis et qui ont sur place la possibilité d'accéder à internet, voici quelques nouvelles qui, je n'en doute pas, ne leur provoqueront pas de pincement au cœur :

- Malgré de nombreux départs de vacanciers, du fait de la baisse de la fréquence des rames de RER, on est toujours aussi serrés dans les voitures.
- Malgré des températures plutôt fraîches pour la saison, il fait toujours aussi chaud dans les rames.
- Malgré de nombreuses promesses d'amélioration de la communication aux usagers, on ne sait toujours pas les trains s'arrêtent en pleine voie et sont en retard.

Enfin, en parlant de plage, n'oublions pas celle de Paris. J'irai probablement y faire un tour un de ces soirs y retrouver quelques animateurs à roulettes de ma connaissance. Avec la pluie, le vent et des températures sous les 20° C ça ne doit pas être très différent des plages bretonnes en plein mois d'août (la pêche à pied à marée basse en moins).

C'était mercredi ma fête et demain samedi nous fêterons les Clarisse.
Vous ne verrez pas le soleil se lever ni se coucher tellement il fera gris.
Vous aurez le plaisir de me retrouver mercredi de la semaine prochaine en attendant je vous souhaite à toutes et à tous une agréable journée et un bon week-end.

jeudi 10 août 2006

Le chaud Paris

En cette période de l’année où l’on pense plutôt aux champs de blé parsemés de gentils coquelicots sous le soleil, aux vaguelettes venant s’échouer à vos pieds au bord d’une plage de sable chaud, ou bien encore selon la région, à une boisson anisée ou une boisson houblonnée servie dans un verre perlé de buée, il y a quand même quelque chose qui ne tourne pas rond.

Aussi incroyable que cela puisse paraître, en ce matin de période censée être estivale, le chauffeur du bus avait remis le chauffage ! Il faut dire qu’il ne faisait vraiment pas chaud ce matin. Mais quand même !

A l’inverse, quelques minutes plus tard je me retrouvais dans un des endroits les plus chauds de la capitale. Un de ces endroits fréquentés par une foule bigarrée et compacte, une foule composée de personnes plus ou moins habillées.

Je me retrouvais donc au milieu de ces corps déjà moites qui se contorsionnent pour se faire une place non pas sur la piste de danse au son de rythmiques endiablées, mais sur la plateforme de la rame du RER, au son de la sonnerie de fermeture des portes.

Et là pour être chaud, c’est chaud !

Quelques personnes se cramponnent aux barres non pas pour assurer le spectacle d’une séance de « lap dancing » mais pour ne pas perdre l’équilibre. A la différence d’une discothèque où tout le monde se regarde plus au moins ou cherche à capter le regard de l’autre et où les sourires sont de sortie, ici c’est plutôt l’inverse. Les regards sont fixes, complètement éteints et pour ce qui est des sourires…

Heureusement la séance ne dure pas trop longtemps et une fois sorti à l’extérieur, après avoir respiré un bol d’air frais, vous penserez à autre chose.

mercredi 9 août 2006

Vaches maigres

Il est dit qu’au mois d’août la France tourne au ralenti. Ce n’est pas tout à fait exact. Il existe des contre-exemples frappants. Prenons le Blog de Maurice par exemple. Le mois d’août à peine commencé et le voici qui démarre sur les chapeaux de roues. Combien de temps tiendra-t-il ? On verra bien.

En attendant, s’il alimente quotidiennement pour l’instant son blog, il n’en est pas de même pour les journaux gratuits. Ils ont disparu. Complètement. Plus rien n’est distribué ou mis à disposition de la cohorte des voyageurs. Les Métro, 20 Minutes, ParuVendu, A Nous Paris, Sport… A croire qu’ils sont partis au bord de la mer pour être distribués, gratuitement également, et hebdomadairement aux petits baigneurs. Quel bonheur que de faire un Sudoku allongé sur le sable ou de lire les dernières aventures d’Anitta Hilton !

Si j’ai remarqué leur disparition, c’est que quelque part ça me manque et que c’était rentré dans mes habitudes quotidiennes que de les rechercher. C’est en sortant du RER que je trouvais cette lecture facile facilement, à condition de ne pas arriver trop tard ni trop tôt. En fait seules la BD de Garfield de l’un et la page Pipole de l’autre m’intéressaient. J’imagine qu’après le long week-end du 15 août les choses rentreront dans l’ordre. Je ne manquerais pas de vous tenir informé, vous pouvez compter sur moi.

Il en va de même pour la distribution d’échantillons gratuits. Une glace « Tripeul Tchoklaïte » même au format réduit serait la bienvenue de temps en temps. Certes il ne fait pas si chaud que ça pour l’instant. On ne peut pas parler de torpeur estivale. Mais qui sait, si M. Magnum m’entend ou me lit…

mardi 8 août 2006

Nouvelle occupation

Ce n’est un secret pour personne et vous êtes sans doute nombreux à en posséder un, la mode dans les transports en commun en particulier est aux baladeurs numériques. Rien de tel pour rendre ce monde parallèle un peu plus supportable ou pour s’évader du quotidien. Un peu de musique et tout de suite tout autour de vous semble prendre une autre apparence.

Cela dit, avant de pouvoir apprécier le dernier tube de l’été, ze compil’ du siècle, la version remixée version dance de Jordi ou encore la dernière petite suite de Beethoven, il faudra passer un certain temps à une occupation jusqu’alors réservée aux brodeuses, aux tricoteuses et aux pêcheurs.

Il s’agit du démêlage de nœuds, et même de paquets de nœuds car dans ces circonstances c’est rare qu’ils soient seuls. Ils sont livrés par paquets. En effet, aussi incroyable que cela puisse sembler, vous aurez beau ranger consciencieusement vos écouteurs, qui dans sa poche de chemise, qui dans sa sacoche ou encore son sac à main, il n’y a rien à faire, vous y aurez droit.

Le rituel est donc immuable et concerne de plus en plus de personnes. Après s’être assis, bon nombre de voyageurs sortent un paquet de nœuds et commencent à le démêler avec plus ou moins de bonheur. C’est en les regardant opérer qu’on trouvera que certains ne sont vraiment pas dégourdis et s’y prennent mal. En tout cas pas comme vous l’auriez fait. A un tel point qu’on aurait presque envie de leur prendre des mains pour le faire à leur place.

Une fois cette tâche accomplie, vous pourrez alors vous visser les écouteurs dans les oreilles, monter le volume de votre baladeur, regarder avec un sourire aux lèvres la foule compacte alignée à l’entrée de la voiture juste en face de vous, vous placer de dos, vous imaginer en première ligne de la Bande des Pêcheurs et fredonner un m’tit monte d’ssus et rentrant en marche arrière dans la voiture au son des fifres et tambours !

lundi 7 août 2006

De quoi parlions-nous ?

De quoi parlions-nous déjà ? Ah oui ! Des transports en commun. Et plus précisément des aventures de Maurice dans le RER, le métro, le bus, le train, dans les transports en commun donc. En fait d'aventures il s'agit plutôt de ses heurs et malheurs (au fait, Sam et Zette ça parle à quelqu'un ?).

Vous y découvrirez ainsi tout ce que Maurice peut observer dans ces lieux, que ce soit gai ou triste, bien ou mal. Mais aussi tout ce qu'il peut voir ou regarder, entendre ou écouter, sentir ou ressentir, imaginer ou rêver, aimer ou détester.

Ce blog est pour lui un moyen de décrire de façon légère ou caricaturale l'environnement quotidien qui est le sien, mais aussi celui de milliers de personnes qu'il côtoie bon gré mal gré. C'est aussi un moyen de détailler les habitudes, les comportements, les tics et les manies des autres voyageurs. Une tribune lui est ainsi offerte pour vous faire part de ses réflexions, de ses commentaires. Pour vous il saura identifier les tendances, les modes en sous-sol, les répliques cultes avant l'heure.

Souhaitez-vous connaître les secrets et la dure réalité d'un autre monde, d'un monde parallèle ouvert à tous et dans lequel on ne fait que passer, un monde que chacun peut découvrir (à condition d'être muni d'un billet dûment composté ou validé), un monde avec ses héros, ses princesses, ses palais, ses animaux fantastiques, ses sentiers battus mais aussi ses mystères et ses dangers ?

Ce blog est fait pour vous.

Que vous recherchiez de l'action ou du suspense, si cela ne vous fait pas peur, si vous vous sentez le courage, si vous n'avez VRAIMENT rien d'autre à faire, alors revenez régulièrement sur ce blog y lire les derniers épisodes de cette saga extraordinaire et époustouflante.

N'en abusez cependant pas à en devenir accro !