Gran Turismo V
Vous le savez maintenant, Maurice accompagne sa fille le matin. Ils prennent le train ensemble. Auparavant ils seront allés à la gare en voiture, historie de gratter quelques minutes de précieux sommeil.
La jeudi matin la fille de Maurice a sport et ce matin-là, à peine arrivée à la gare : « Papa ! J’ai oublié mes affaires de sport à la maison… »
Maurice dans certaines circonstances a de la glace qui lui coule dans les veines. Il n’a pas explosé ni même juré. Il a seulement dit : « C’est pas vrai ? » ou « J’y crois pas… ». Quelque chose dans ce goût là. Et à partir de là, tout va vite. Très vite.
En une fraction de seconde Maurice a le temps de regarder l’heure, de l’ajuster de deux minutes car l’horloge de la voiture n’indique pas l’heure exacte, de calculer le temps restant avant que le train n’arrive et de prendre une décision. Soit on se dit que c’est trop tard et sa fille a des problèmes, car cerise sur le gâteau c’est le premier cours de l’année, soit on se dit : problème pour problème, tentons le coup. Au mieux on fait l’aller-retour et on arrive à temps, au pire elle loupe son train et est en retard, mais avec ses affaires de sport. Après tout ça n’est que du sport…
La fraction de seconde vient de s’écouler et la fille de Maurice s’entend dire : « Accroche-toi, on va chercher ton sac ! ».
Et c’est parti !
La sortie du parking, le tour du rond-point, la traversée de la zone industrielle, le stop, nouvelle ligne droite sur une avenue assez large, virage à angle droit, nouveau rond-point, freinage, virage à gauche… Tout est négocié à la perfection, à grande vitesse, très grande vitesse même.
Pit stop. La fille de Maurice bondit de la voiture et sprinte pour récupérer son sac de sport.
Et c’est reparti en sens inverse. Aussi vite, mais sur un circuit inversé (les connoîsseurs de Gran Turismo apprécieront).
Résultat, ils arrivent à l’heure, avec le sac. Entiers…
Jamais Maurice ne recommencera. Les conditions étaient certes idéales : temps sec, il faisait nuit et il n’y avait pas de circulation, ni de piétons. De plus le circuit était connu par cœur. Il savait au moment de faire demi-tour ce à quoi il s’exposait et exposait les autres, sa fille en particulier. Mais qui ne risque rien n’a rien.
Dorénavant, avant de prtir, il n’oubliera jamais de vérifier que le jeudi matin sa fille emporte son sac de sport.
Le soir venu, au moment du dîner, alors que toute la famille est réunie, la fille de Maurice finit par lâcher : « J’ai compris maintenant pourquoi tu étais si bon à Gran Turismo ! ».
